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Les tribulations d'une Gondwanaise

De
276 pages
Le Gondawana est un supercontinent qui englobe le continent africain, l'un des continents les plus riches et paradoxalement aussi le plus pauvre. Avec beaucoup d'humour, l'auteur témoigne de cette réalité qu'elle vit au travers de ses missions et partage sa perception des choses en proposant au lecteur de la suivre dans ce voyage pas comme les autres : le quotidien de ses concitoyens gondwanais qui subissent les conséquences d'une aide au développement peu logique et mal ajustée, menant à des situations truculentes, cocasses, abracadabrantes, burlesques et caricaturales.
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Le Gondwana est un superconînent qui se serait formé il y a 600 millions d’années et qui englobait toutes les terres de l’hémisphère sud du globe terrestre. L’une de ces terres n’était autre que le conînent africain qui s’avère être l’un des conînents les plus riches de cee planète et, paradoxalement, aussi le plus pauvre. Pour y remédier, chaque année, des milliards de dollars y sont déversés au nom du développement économique et social. Malgré cela, la pauvreté est en constante progression. Quelque chose ne tourne pas rond. Avec beaucoup d’humour, l’auteure témoigne de cee réalité qu’elle vit au travers de ses missions et partage sa percepîon des choses en proposant au lecteur de la suivre dans ce voyage pas comme les autres : le quoîdien de ses concitoyens gondwanais qui subissent les conséquences d’une aide au développement peu logique et mal ajustée, menant à des situaîons truculentes, cocasses, abracadabrantes, burlesques et caricaturales. À l’image de ce Gondwana dont les sols regorgent de richesses, ce Gondwana ensoleillé, savoureux et plein de joie de vivre, ce sujet, qui peut être lourd et parfois dramaîque, est abordé à travers cee légèreté de l’être inébranlable propre aux Gondwanais. Et comme ils le disent si bien eux-mêmes et en toutes circonstances : « Ça va aller ! »
Elle est aussi coach et praîcienne de la méthode révoluîonnaire « Appreciaîve Inquiry », qui souîent le changement basé sur une exploraîon appréciaîve de ce qui est.
Photo de couverture : @ Dirk Florent Thies.
ISBN : 978-2-343-11045-5 27
LakhsaraMINTD
Les tribulations d’une Gondwanaise
À la recherche des lois perdues
Les tribulations d’une Gondwanaise
Lakhsara MINTDLes tribulations d’une GondwanaiseÀ la recherche des lois perdues
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-11045-5 EAN : 9782343110455
Sommaire
Papa....................................................................................7 Glossaire ..........................................................................15 Le Gondwana-, c’est comment ? ..................................19 Nul n’est censé ignorer la loi ...........................................37 Le temps, le Blanc et le Gondwanais… Dieu est grand quoi ! ................................................................................57 Les préparatifs du voyage ................................................65 Le voyage.........................................................................69 L’hôtellerie au Gondwana................................................89 Et le tourisme au Gondwana ? .......................................107 Regardons en face ce que nous n’avons pas vraiment envie de voir ! ..........................................................................117 Et la formation à Washington-, c’est comment ?........127 Vous êtes invitée… Mais où…? ....................................135 Et l’Internet au Gondwana ? Ça va un peu ! ..................145 Le suivi en ligne ? Ça marche comment ? .....................153 Et l’archivage ? Ça va un peu … ...................................161 Et la carte d’endité-là?Y’a quoi ?................................173 Lebest of… des formations.Ouay! ..............................183 Et la famille ? Et la santé ? Et les enfants ? Bon, ça peut aller… ............................................................................191
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…Et tout ça-, ce n’est pas une preuve ?......................205 Du découragement… parce que ça arrive souvent ! ......219 Pour votre confort, voir les prestations de l’hôtel… Passage obligé si… ........................................................223 Voyage de retour de mission..........................................229 Le fonctionnaire-, il est content !Y’a quoi ?..............237 Multinationale Halal ! C’est comment ? ........................249 Ça va un peu… malgré tout ...........................................257 Pour finir… ....................................................................263 Remerciements...............................................................267
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Papa
Je ne sais si tu m’entends ? Mais je le souhaite de toutes mes forces. Tu m’as dit un jour, alors que tu étais alité, qu’au travers de mes lettres je t’ai apporté un autre regard sur l’Afrique. Un regard ni blanc ni noir, à la fois blanc et noir, mais certainement pas gris. Tu m’as dit que les Afri-cains méritaient que ce regard soit partagé avec eux. Et tu as insisté sur « l’importance et l’urgence de publier », ce sont tes mots. J’ai eu le sentiment que tu regrettais que je ne l’aie pas fait plus tôt. Entre-temps, tu nous as quittés. Tu as été un Papa hors du commun et malheureusement, je ne l’ai compris que très tard. J’en suis désolée. Mais le plus important c’est que je l’ai compris. Je t’aime très fort et tu me manques beaucoup. Tu manques aussi aux tiens, tout ce monde qui t’aime, qui te chérit, et qui est resté dans ton sillage. Crois-moi, ils souffrent tous de ce grand vide dans lequel tu les as laissés. J’ai essayé de faire mon deuil. C’est un long processus. Cela dit, aujourd’hui, je pense avoir assez de recul pour honorer l’un de tes vœux. J’espère que je serai à la hauteur.
Je suis née sur la branche la plus verte de l’arbre. Je fais donc partie de l’élite africaine, de par mes racines. J’en fais partie aussi parce que, comme beaucoup d’autres heu-reusement, j’ai eu la chance d’avoir accès à une éducation de qualité grâce à toi. Tu étais un homme moderne et vi-sionnaire mais cela ne t’a pas empêché de rester très con-servateur. Tu as toujours mis un point d’honneur, en tant que chef traditionnel, à sauvegarder cette chefferie très ancienne. C’est la raison pour laquelle elle jouit encore d’un grand respect dans notre société, aujourd’hui fragili-
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sée. J’avoue que c’est un héritage très lourd à porter et à honorer. Nous faisons de notre mieux. Maman étant occi-dentale, je participais de ces métis qui connaissent aussi bien le monde africain traditionnel que le monde occiden-tal moderne. Je les connais sur le bout des doigts, d’autant plus que tu as eu la présence d’esprit de toujours nous maintenir en équilibre, précaire certes, entre ces deux mondes diamétralement opposés. Je me présenterai ici comme une Gondwanaise bêta. J’imagine déjà ton sourire. J’ai toujours le sentiment d’être un caméléon et par consé-quent de toujours devoir m’adapter aux circonstances très colorées dans lesquelles j’ai la chance d’évoluer. Être mé-tisse c’est être tout à la fois, et en même temps scindée. Tout dépend des circonstances. Pour illustrer cette com-plexité, je voudrais te raconter cette anecdote : j’avais une amie française qui me répétait tout le temps que j’étais vraiment une Blanche, comme si elle cherchait à se rassu-rer quant à mon identité. C’est tout ce qu’il y a de plus naturel. Un jour je l’ai invitée en brousse. Le lendemain, après m’avoir vue communiquer avec les gens du village, elle se retourne vers moi, me regarde droit dans les yeux, et me dit : « Non, finalement tu es une Mauritanienne pure. » Je ne suis donc pas la seule à chercher une identité non répertoriée. Je réalise que cette identité est unique dans sa multiplicité. C’est juste moi. Le lecteur risque d’être désorienté parfois et tant mieux. En effet, en fonc-tion du contexte, il rencontrera la bourge, la baroudeuse, l’aristocrate, la fille du désert, la consultante, la fille du village, la Blanche et la Noire. Et c’est toujours moi. Mais s’il est désorienté, c’est bon signe. C’est cette complexité que tu as comprise à travers mes écrits et qui t’a poussé à me demander pardon lors de l’avant-dernière fête deTa-1 baski, quand le pardon est sacré. Pardon de n’avoir réalisé 1 Tabaskiou l’Aïdal-Adha (« fête » du sacrifice), appelé aussiAīdal-
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que très tardivement la complexité et la douleur engen-drées par ton union avec une femme blanche. À part le fait que j’étais très gênée que ce soit toi qui me demandes par-don, tu ne peux pas imaginer le bien que cela m’a fait et la force que cela m’a procuré. Je te remercie du fond du cœur d’avoir eu le courage de faire cemea culpamagnifique.
Beaucoup pensent encore que le fait que je sois métisse et en plus de faire partie de l’aristocratie africaine tradition-nelle facilite mon existence. C’est tout le contraire. Néan-moins, même si cela a longtemps été un fardeau, c’est à présent devenu une richesse dont j’ai envie de faire profi-ter le continent tout entier.
Depuis ma plus tendre enfance j’ai grandi avec ton combat quotidien pour une justice juste, ta défense de la cause des femmes et ton désir ardent de vraie démocratie et de déve-loppement. Oui, tu avais déjà compris que le développe-ment passait par l’éducation des femmes. J’ai même con-tribué à l’expression de certains de tes signaux d’alarme au plus haut niveau. Malheureusement, tu es parti déçu par l’évolution des choses, et je le regrette. Tu m’as fait com-prendre que l’Afrique souffrait essentiellement demédio-cratie et d’inaptocratie, freins principaux à son dévelop-pement. Tu as eu des moments d’espoir qui ont été très vite balayés devant cette régression économique et sociale, et dont les premiers à en payer le prix sont justement les femmes et les enfants pour lesquels tu te battais depuis ton plus jeune âge. Avant-gardiste tu l’étais, et comment !
Kabīr (la « grande fête »), ou encore la « fête » du mouton. Les musulmans sacrifient un mouton ou un bélier, mais aussi d’autres animaux comme des vaches ou des chèvres et parfois même des coqs dans certains pays (pauvreté oblige). L’animal est égorgé, couché sur le flanc gauche et la tête tournée vers La Mecque, après la prière et le sermon de l’aïd. C’est la fête la plus importante de l’islam.
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