Les troubles bipolaires - de la cyclothymie au syndrome maniaco-dépressif 2e édition

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La terminologie «troubles bi-polaires» correspond à ce qui était autrefois présenté comme psychose maniaco-dépressive. Cette pathologie mentale grave affecte des millions de personnes. Plus de 12 % de la population mondiale serait concernée. Cet ouvrage brosse un état des lieux pour proposer traitement et réduction des troubles psychosociaux. Un vademecum clinique pour praticien.
Publié le : mercredi 23 février 2011
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EAN13 : 9782100562244
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Préface

On peut faire remonter l'histoire du trouble bipolaire à la description de la psychose maniaco-dépressive par E. Kraepelin et, avant lui, de la « folie circulaire » par J.-P. Falret et de la « folie à double forme » par M. Baillarget. Plus précisément, c'est dans la 6e édition de son traité, publié en 1899, qu'Emil Kraepelin formalise le diagnostic de « folie maniaco-dépressive » qu'il considérait comme une psychose constitutionnelle distincte de la démence précoce. Les différentes formes de ce qui deviendra le trouble bipolaire sont toujours d'actualité.

Le trouble bipolaire n'a cessé de couvrir une réalité clinique de plus en plus vaste. Il se subdivisa très vite en trouble bipolaire de type I (avec des épisodes maniaques) et de type II (avec uniquement des épisodes hypomaniaques éventuellement associés à des épisodes dépressifs majeurs) d'une part, et trouble cyclothymique associant, pendant au moins deux ans, de nombreux épisodes hypomaniaques et des phases sub-syndromiques d'épisodes dépressifs majeurs sans période intercritique supérieure à deux mois.

Pour argumentée qu'elle fût, la distinction entre les différentes formes de troubles bipolaires ne fit pas l'unanimité. De fait, à la suite de Goodwin et Jamison (1990), certains auteurs néokraepeliniens ont plaidé en faveur d'une réunification du trouble bipolaire et des troubles dépressifs très récurrents ; ils estimaient que le nombre des récidives avait une valeur plus discriminante que la nature maniaque ou dépressive de celles-ci, se fondant, entre autres, sur l'histoire familiale de ces patients et sur l'efficacité des thymorégulateurs pour certains sous-groupes d'unipolaires ayant de nombreux épisodes.

Par ailleurs, la question de l'autonomie du trouble bipolaire de type II, dans une perspective de classification catégorielle, ou son inscription dans un continuum entre trouble unipolaire et bipolaire de type I reste sans réponse. Il pourrait donc y avoir une dimension maniaco-dépressive allant des épisodes dépressifs, isolés ou récurrents, au trouble bipolaire II jusqu'au type I… Cette approche dimensionnelle se traduirait par une réduction progressive des intervalles libres et aurait comme pôle extrême de sévérité le trouble bipolaire à cycles rapides. Cette accélération du rythme des récurrences avec l'évolution de la maladie, particulièrement chez les bipolaires, est attestée par une analyse des registres de cas danois (8 000 unipolaires et 2 000 bipolaires) qui retrouve 1,6 fois plus de rechutes chez les bipolaires et un risque de récurrence qui augmente plus vite à chaque accès que chez les unipolaires (Kessing et Andersen, 1999).

L'idée d'un continuum existe également au sein même du trouble bipolaire ; elle est défendue par Akiskal. Renonçant à la notion classique de personnalité, il suggère l'existence de traits de caractère résultant du trouble bipolaire et qui en représenterait une forme très atténuée. Il décrit les tempéraments « cyclothymique » et « hyperthymique » qui seraient au trouble cyclothymique et au trouble bipolaire type II ce qu'est le tempérament dysthymique au trouble du même nom.

La question de l'avenir nosographique du trouble bipolaire dans le DSM-V et dans la CIM 11 n'est pas totalement tranchée ; ce qui n'empêche pas leur prise en charge thérapeutique de continuer à évoluer.

Si le statut nosologique de la bipolarité est toujours source de débats, le patient souffrant d'un trouble bipolaire est encore trop souvent diagnostiqué plusieurs années après le début de ses troubles, pâtissant ainsi d'un retard considérable dans la mise en route d'un traitement adapté et de nombreuses conséquences médicales et psychosociales aggravant encore la vie de ce patient.

Les professionnels de santé trouveront dans ce livre une description claire des symptômes exprimés, de l'origine multifactorielle de la maladie et de ses traitements.

En effet, au-delà du traitement d'un épisode aigu, l'objectif de la prise en charge thérapeutique est de prévenir la survenue d'une rechute ou d'une récidive et d'offrir au patient une qualité de vie optimale. Cette prise en charge s'amorce dès que les symptômes (maniaques, mixtes ou dépressifs) commencent à s'amender et se prolonge pendant des années, pour ne pas dire toute la vie. Elle doit être adaptée à la forme clinique du trouble bipolaire, à ses modalités évolutives, au caractère partiel ou total de la rémission obtenue au décours de la phase aiguë du traitement, mais aussi aux caractéristiques du patient (son âge, son niveau socio-éducatif, sa personnalité, sa demande de soin…).

Si la pharmacothérapie est incontournable pour le trouble bipolaire, il est préconisé de lui associer des mesures d'assistance psychosociale et/ou une prise en charge psychothérapeutique.

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