Lost in Management. La vie quotidienne des entrepr

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L'entreprise serait, dit-on, le lieu de l'autorité, du pouvoir et du commandement vertical.


La réalité, telle que peut l'observer le sociologue de terrain, est le plus souvent très éloignée de cette supposée dictature. S'appuyant sur dix-huit enquêtes et près de huit cents interviews, François Dupuy montre que les entreprises sont en passe de perdre le contrôle d'elles-mêmes : le pouvoir est descendu d'un ou plusieurs crans pour se disperser à la base, au niveau des intermédiaires et des exécutants. Et lorsque, poussés par une compétition grandissante, les dirigeants tentent de reprendre le contrôle par la mise en œuvre de " process " et de " reportings ", le résultat est à l'inverse de l'effet escompté : plus les décisions se multiplient, moins le contrôle est grand...


Dans de nombreuses entreprises, le problème est aujourd'hui de reconstruire une maîtrise minimale de la direction et de ses managers sur l'organisation et ses personnels en redécouvrant les vertus de la confiance et de la simplicité.



François Dupuy est sociologue des organisations. Il a enseigné à l'INSEAD et dans de nombreuses business schools à travers le monde. Aujourd'hui consultant auprès de grandes entreprises dans toute l'Europe, il est l'auteur de plusieurs livres, dont La Fatigue des élites (La République des idées/Seuil, 2005).


Publié le : mardi 25 février 2014
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EAN13 : 9782021042351
Nombre de pages : 276
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Lost in management
Du même auteur
L'Administration en miettes (avec JeanClaude Thœnig) Fayard, 1985
La Loi du marché L'électroménager en France, aux ÉtatsUnis et au Japon (avec JeanClaude Thœnig) L'Harmattan, 1986 Le Client et le Bureaucrate Dunod, 1997 L'Alchimie du changement Problématique, étapes et mise enœuvre Dunod, 2001
Sociologie du changement Pourquoi et comment changer les organisations Dunod, 2004 La Fatigue des élites Le capitalisme et ses cadres La République des idées/Seuil, 2005
François Dupuy
Lost in management La vie quotidienne des entreprises e auXXIsiècle
Éditions du Seuil
ISBN9782757836620 re (ISBNpublication)9782020986908, 1
© Éditions du Seuil, 2011, à l'exception de la langue anglaise
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Merci à Dominique et à Camille. Elles ont bien mérité de la sociologie.
Introduction
Pourquoi consacrer un ouvrage à la vie quotidienne des entreprises etdans?les entreprises en ce début de siècle Parce qu'il me semble y avoir une certaine urgence à le faire, tant les discours tenus par et sur ces organisations reflètent peu la réalité concrète.
Un discours idéologique
D'un côté, celui des entreprises ellesmêmes, notam ment quand elles s'adressent à leurs salariés : ce discours devient rapidement abstrait, codifié et pour tout dire idéo logique. C'est en effet une grande surprise pour l'obser vateur extérieur de constater chaque jour le rapport pour le moins compliqué que ces organisations ont avec la réalité. Celleci, dans sa complexité, fait peur parce qu'elle ne correspond pas à ce que l'on souhaiterait qu'elle soit. Son appréhension est donc « filtrée » par le biais d'un vocabulaire convenu, codé, un ensemble de mots, de notions parfois très vagues qui sont d'autant plus rituellement acceptées par les acteurs qu'elles ont un rap port bien lointain avec leur propre réalité. Ainsi vaton parler de « valeurs », sans se soucier outre mesure de s'assurer qu'elles correspondent bien à des comportements effectifs et récurrents et donc que l'on a
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mis en place les systèmes de gestion (les fameuses « poli tiques RH ») qui servent à les générer ; on va édicter des chartes présentant des « principes de management », vision idéaliséeou plus simplement « marketing » des tiné à l'extérieurqui n'a que peu de rapports avec l'action quotidienne des uns et des autres. Bref, les contraintes effectives de l'action collective, la dimension essentiellement systémique de celleci sont niées au profit d'affirmations volontaristes ou, pire, de notions qui rejettent sur les comportements individuels la responsabi lité de ce qui ne résulte en fait que de l'incompréhension que les uns et les autres ont de la marche réelle d'un ensemble humain. Cela n'a évidemment qu'un temps ! C'est ce qui me fait dire par exemplemais ce n'est qu'une illustrationque tel ou tel mot « icône » du management moderne a de bonnes chances de disparaître aussi vite qu'il est apparu et que cela n'émouvra personne. Ainsi, je ne donne pas cher de l'avenir des notions de « leader » et de « leader ship ». Voilà pourtant des mots qui sont aujourd'hui mis à toutes les « sauces managériales ». Pas un programme de formation de cadres digne de ce nom qui ne soit «leader ship forcoachs » ». Pour les consultants, « et autres spécialistes, c'est une mine d'or ! Mais, à y regarder de près, on s'aperçoit vite que le « leader » est d'autant plus mis en avant que la complexité de l'action collective est mal maîtrisée. Or, précisément, cette responsabilité, celle de maîtriser l'action collective, est celle des « chefs » qui, confrontés à la difficulté d'y faire face, forment leurs subordonnés à l'exercice du leadership en espérant que les qualités des individus compenseront l'absence d'un raisonnement construit sur le fonctionnement des organi sations humaines. Quelle meilleure illustration peuton en trouver que les déboires de la gestion de projet, un peu partout, dans l'industrie automobile ou chez les sous
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