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Laëtitia Perret Lui 20 ans Moi Perpétuité Ecrire c’est hurler en silence Illustration : Néro Publié dans la Collection Electrons Libres, Dirigée par Amélia Varin
© Evidence Editions 2017
À mes parents,
À mon frère,
À mes proches,
À ceux qui ont rejoint les anges trop vite,
Merci à ceux qui m’ont soutenue, aidée, accompagnée, encouragée durant toutes ces années et encore aujourd’hui.
Préface
Après 16 ans de combat, suite à un évènement des plus douloureux pour moi, j’ai voulu écrire cette partie de ma vie parce qu’aujourd’hui, enfin, j’ai trouvé une certaine sagesse de vie. Mon regard a changé, mon sourire a changé, mais mon cœur lui, est intact. Il s’est même enrichi d’amour, de douceur, de paix, de sérénité. J’écris pour témoigner. Je pense tout bas, j’écris tout fort ce que je ne crie pas. Si ces quelques pages pouvaient apporter des conseils, des encouragements pour aider des fem mes, j’en serais la plus heureuse. Je me suis débrouillée seule pour trouver de l’aide , c’est peut-être pour cela que j’ai mis autant de temps pour m’en sortir.
Alors si je peux vous aider à gagner quelques années.... Lisez-moi, écoutez-moi, mais ne me jugez pas.
Mon enfance, Ma famille,
Mes amours
Jusqu’à l’année deux mille, année de mes dix-huit ans, j’étais une fille comme beaucoup de jeunes filles à cet âge, insouciante, bien dans ma peau, le regard pétillant. J’avais toujours ce sourire que mes proches adoraient sur toutes les photos de famille, et comme toute jeune fille de mon âge, j’avais des projets p lein la tête... Le désir de fonder une famille m’a toujours fait envie, j’ai toujours voulu être mère à vingt-cinq ans. Pourquoi cet âge et pas un autre? Je ne sais pas ! Je voulais me marier, avoir ma petite famille à moi, mon petit cocon douillet. Mon enfance a été très douce, avec des parents attentionnés et aimants. Je n’ai jamais manqué de rien. Je me rappe lle de mes anniversaires, c’était toujours un jour de fête ! Des anniversaires avec l es copines autour de gâteaux faits maison par ma maman, des bonbons et surtout plein d e cadeaux ! La maison de mon enfance dans laquelle je vivais avec mes parents était entourée de verdure, d’arbres et un ruisseau coulait tranquillement au fond du jardin. Chaque saison avait son paysage et son charme. Je suis une grande amoureuse de la nature et des animaux, peut-être dû à mon lieu de vie quand j’étais petite.
Souvent quand j’étais adolescente, j’allais faire d es balades à vélo et je me retrouvais la plupart du temps devant une ferme où je passais des heures à jouer avec les chats, à admirer les robes majestueuses des chevaux, à écouter les poules caqueter. Il y avait des lapins, des oies, des chiens, le paradis pour moi. Partager ma vie avec des animaux est vital, j’ai grandi avec des chats, des chiens, des oiseaux, c’est mon équilibre. Avec chaque animal qui partage ma vie, je tisse une très belle histoire d’amour, leur départ est toujours déchirant, mais je ne peux pas vivre sans eux. Chacun m’apporte tellement d’amour et de pureté. Aujourd’hui, mes trois chats et mon chien font partie de ma vie, chaque journée passée près d’eux est une jo urnée remplie d’amour. Mes noëls étaient magiques! Le sapin a toujours été décoré de toutes les couleurs, de lumières, de décorations et qu’il sentait bons! Le vrai sapin avec ses belles épines que mes chat adoraient faire tomber. Les soirs de noël, mes parents laissaient une papillote, une clémentine et un verre de vin pour le Père Noël, sur la table de la salle à manger, à côté du sapin, un rituel de chaque année. Mon père me disait toujours que le Père Noël devait prendre des forces pour aller distribuer les autres cadeaux à tous les enfants. J’ai su plus tard que, pendant toutes ces années, c’était mon père qui s’amusait, tel un grand enfant à manger et boire ce qui était sur la table, pour notre plus grand bonheur avec mon frère. Le
matin de noël, il avait pris l’habitude de venir me réveiller pour aller découvrir ce qu’il y avait sous le sapin. Il n’osait pas y aller tout seul... Les yeux émerveillés nous découvrions nos cadeaux chaque année. J’adore la magie de Noël! Même adulte!
Mon frère, Christophe, est né au mois de février, u ne nuit d’éclipse. J’avais huit ans. J’ai joué à la poupée avec lui, comme beaucoup de grande s sœurs, j’imagine! Bon, j’avoue que jouer à la voiture sur le tapis du salon ne m’a pas toujours emballée...Il est un peu maladroit, casse coup, un deuxième Pierre Richard.... Il va être une des rares personnes à se prendre un poteau sur le trottoir lorsqu’il tr averse un passage piéton sans regarder devant lui. Depuis tout petit il a toujours été très doué pour le dessin. Il pouvait reproduire n’importe quel modèle. Assez bluffant pour son âge! Il disait de moi que j’étais « sa deuxième maman ». Après toutes ces années, il est devenu un bel homme, bien dans sa peau et qui a réussi sa vie professionnelle avec su ccès. Je suis fière de lui, pour son parcours qui n’a pas été toujours facile. Avec ses blessures il s’est construit une belle vie. Il me protège ou du moins il essaie. C’est moi qui me retrouve être la petite sœur.
Mes parents? Je les adore! Mon père est brun et avec des yeux verts magnifiq ues. J’aurais toujours aimé hériter de son regard, mais la nature n’a pas voulu. La communication avec mon père n’a pas toujours été de s plus simples. Nos chemins se sont séparés lors du divorce de mes parents. Son absence a été dure à accepter et cela a entrainé de grandes blessures en moi. Sa place reste dans mon cœur et je garde en tête de tendres souvenirs. Petite, quand il rentrait le soir du travail, il me ramenait toujours des petits cadeaux, des bonbons, des peluches, des pin’ s, un peu plus grande c’était du parfum, des minis orchidées, c’est peut-être de là que vient mon adoration pour cette fleur maintenant, qui sait? Je me souviens aussi des soirées devant la télé ou j’avais toujours besoin de « mon moment » de câlins. Lovée contre lu i, j’adorais qu’il me caresse la tête. J’ai appris à danser la valse avec lui, ce fut mon premier partenaire de danse. Il adorait mes gâteaux faits maison et toujours râtés pour la présentation, mais c’est comme ça qu’il les aimait. Ma mère est b rune aux yeux marrons. Et la nature pour le coup a fonctionné... j’ai les yeux marrons. Elle est douce, gentille, attentionnée, toujours à l’écoute et toujours présente dans ma vie. Elle a fait de son mieux et donné tout ce qu’elle a pu pour m’apporter un soutien et du ré confort durant toutes ces années, et parallèlement elle a élevé seule mon frère. Je suis fière d’elle, de son courage et de sa patience devant l’adversité. Ma mère nous a toujours tout consacré, elle nous a donné sa vie. Je me rappelle et je pense qu’elle aussi s’en souvient, des heures qu’on a pu passer à faire mes devoirs d’école et surtout des dictées! Horrible! Je suis une grande phobique des piqûres, et quand j’étais petite, elle avait mis en place un rituel, si je ne tombais pas dans les pommes au moment des rendez-vous pour les vaccins ou prise de sang, j’avais droit à un cadeau. Aujourd’hui ça ne marche plus et je m’évanouis toujours! Nous essayons encore avec nos vies respectives, de passe r du temps ensemble, autour d’un verre, une balade, un resto, une virée shopping. Un peu philanthrope, ma mère pense toujours au bien-être des autres avant de se préoccuper d’elle-même.
À l’école j’étais une enfant plutôt studieuse. Je n ’ai jamais redoublé de classe. Je me
mettais toujours au fond par discrétion et surtout par timidité. J’étais une enfant calme, posée. En tout cas, si j’avais pu être invisible aux yeux des autres cela m’aurait drôlement arrangé. J’ai quitté le milieu scolaire à dix-sept ans. J’ai fait deux ans dans un lycée professionnel pour obtenir un BEP de secrétaire. En suite, je souhaitais faire un bac professionnel en alternance dans la même branche, m ais mon employeur m’a fait faux bond quinze jours avant la rentrée scolaire. Je n’ai pas trouvé d’école pour m’inscrire en si peu de temps. J’ai trouvé un emploi de caissière et je me suis lancée dans le monde du travail, pensant reprendre plus tard mes études, ma is une fois indépendante financièrement, je n’ai plus eu envie de retourner sur les bancs de l’école.
Le travail de caissière m’a beaucoup aidé à vaincre ma timidité. Avec mes premiers salaires, j’ai décidé de passer mon permis de condu ire. Mes premières leçons de conduites ont été très stressantes. Mon angoisse? Ne pas arriver à passer les vitesses. J’avais beaucoup de mal à tenir mon volant comme il se doit, dix heures - quatorze heures, alors mon prof m’a fait faire pas mal de cours en montagne. Avec les virages j’ai vite compris. Avec mes premières économies, j’ai pu m’offrir ma première voiture, une Citroën Saxo Bic, vitres teintées et montées sport s’il vous plait. Ce job m’a permis de rencontrer mon premier amour de jeunesse, Bruno. C’ était sérieux entre nous. Nous étions collègues dans la même société. Nous partagi ons nos déjeuners ensemble pratiquement tous les jours. Et de fil en aiguille nous nous sommes installés ensemble, dans son appartement. Je vivais très mal la séparation de mes parents alors partir vivre chez Bruno était pour moi une échappatoire et...