Ma pauvre vie

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.« Si vous voulez bien, remontons ensemble le temps.
Il a été écrit que l’Arche de Noé s’est posé sur le mont Ararat, en Arménie.
En l’an 550 après Jésus-Christ, l’Arménie était un grand pays, et c’était le seul peuple chrétien en terre du moyen orient.
Par ce fait, il était un relais, ou une terre d’accueil pour les croisés au moyen âge.
La terre d’Arménie a toujours été en conflit avec ses voisins qui étaient musulmans.
En 1915, l’Arménie a été envahie par les Russes, la Perce, et les Turcs.
Qui se sont partagé le pays, avec de grands massacres que l’on connaît à présent.
On parle d’un génocide de 1 million et demi de morts.
Et c’est ainsi que l’on retrouve, parmi les gens qui fuyaient le pays, un homme âgé, mon grand-père, sa femme, très jeune, ma grand-mère, qui tenait un bébé dans ses bras, ma mère. »


Publié le : mercredi 26 août 2015
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EAN13 : 9782332994714
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ISBN numérique : 978-2-332-99469-1

 

© Edilivre, 2015

Chapitre premier
Mes origines, et mon enfance

Si vous voulez bien, remontons ensemble le temps.

Il a été écrit que l’Arche de Noé s’est posé sur le mont Ararat, en Arménie.

En l’an 550 après Jésus-Christ, l’Arménie était un grand pays, et c’était le seul peuple chrétien en terre du moyen orient.

Par ce fait, il était un relais, ou une terre d’accueil pour les croisés au moyen âge.

La terre d’Arménie a toujours été en conflit avec ses voisins qui étaient musulmans.

En 1915, l’Arménie a été envahie par les Russes, la Perce, et les Turcs.

Qui se sont partagé le pays, avec de grands massacres que l’on connaît à présent.

On parle d’un génocide de 1 million et demi de morts.

Et c’est ainsi que l’on retrouve, parmi les gens qui fuyaient le pays, un homme âgé, mon grand père, sa femme, très jeune, ma grand-mère, qui tenait un bébé dans ses bras, ma mère.

Ils avaient une chèvre pour le lait de ma mère, mon grand père portait un tapis sur l’épaule, et avait quelques pièces d’or, pour différents négoces.

Ce petit monde se dirigeait vers « Constantinople », ou Istanbul maintenant.

Car en aide aux réfugiés, 3 pays avaient envoyé des bateaux de secours, Les Etats-Unis, l’Angleterre, et la France.

Ma grand-mère avait travaillé dans son pays, pour les bonnes sœurs françaises, et donc connaissait quelques mots de ce pays, c’est donc tout naturellement que mes grands-parents ont choisi le bateau Français.

Arrivée en France, à Marseille, quand les autorités ont demandé à ma grand-mère l’âge de ma mère, elle a répondu : « Elle est née à l’époque des concombres ».

C’est ainsi, que ma mère n’a jamais connu sa date de naissance, elle avait environ 2 ans.

Le parcours des Arméniens à travers le monde, est simple, les bateaux qui débarquent, à New York, à Londres, et à Marseille.

Puis les remonter dans les pays.

Donc pour mes parents, ils sont remontés sur la capital, Paris.

Mon grand-père était menuisier, il y avait du travail à la Rochelle, les grands chantiers navals.

C’est là qu’est née la sœur de ma mère Jeannette.

De retour sur Paris, naissance de la seconde sœur de ma mère Nella, elle est née le jour de Noël, d’où son prénom « Noëlla ».

Voilà donc cette famille installée dans le quartier de Belleville, dans le 20ème arrondissement de Paris.

Mon grand-père était menuisier, il était âgé.

C’est donc ma grand-mère qui travaillait, elle vendait des fruits et légumes, sur une charrette, au bord d’un trottoir, cela s’appelait : « Marchand de quatre saison ».

Ma grand-mère était une sacrée bonne femme, elle a été l’une des premières femmes en France, à avoir son permis automobile. Oui.

Mon grand-père fréquentait un café de son quartier, ou se retrouvait des arméniens.

C’est comme cela, qu’il a rencontré mon père qui était tailleur.

Qui lui a dit : « Si tu me donnes ta fille en mariage, je te ferais un costume gratuit ».

C’est comme cela, que ma mère sans connaître son futur époux, se retrouva mariée à 15 ans et demi.

Mon père vivait à l’hôtel, après le mariage, il a pris un petit logement de deux pièces.

Mon grand-père était heureux de savoir que sa fille était enceinte.

Il disait : « Ce sera un garçon, et je le ferais sauter sur mes genoux ».

Le pauvre, il est mort 15 jours avant ma naissance.

Je suis venu au monde, le 30 août 1936, à Paris.

Ma mère avait environ 16 ans.

Nous habitions un logement dans un vieil immeuble, au 3ème étage, au 27 rue Pali Kao, toujours dans le quartier de Belleville, à Paris 20ème.

Je me souviens parfaitement de ce logement, un vieil escalier, les w-c entre étages, sur le palier du 3ème, 4 portes pour 4 logements.

Mon père avait le logement à gauche du palier, on entrait directement dans la pièce principale de 3 m sur 4 m, il y avait en entant à droite un buffet Henri III, en face de la porte d’entrée, il y avait une grande table de travaille, pour le métier de mon père, à droite de cette table, une machine à coudre,

Contre le mur, et à gauche de cette table une porte, qui donnait sur la chambre.

A gauche de la porte d’entrée, il y avait un poêle à charbon devant une cheminée.

En face du buffet Henri III, donc le 4ème mur, il y avait une fenêtre, qui donnait sur une cour.

Devant cette fenêtre se trouvait une petite table, sur laquelle nous mangions.

Il y avait après le poêle à charbon, une porte sans porte, qui donnait sur un réduit de 1 mètre carré, c’était la cuisine, un petit évier, un petit réchaud, un compteur de gaz, et un placard. Avec une toute petite fenêtre.

La chambre se composait d’un lit, une armoire, une commode, et un meuble radio à lampes, avec un tourne-disque. Avec une fenêtre qui donnait sur cour.

J’ai été long à décrire le logement de mon père, mais ce logement qui était lugubre, mon père y a vécu toute sa vie.

Les seuls souvenirs que j’ai de mon enfance, dans ce logement, c’est que mon père me piquait les doigts avec ses aiguilles, ou me brûlait le bout des doigts avec son briquet, quand je n’étais pas sage.

Ma mère était une gamine, elle jouait avec moi comme avec une poupée, mon père était un danseur de tango, et chaque samedi soir, il allait danser dans le quartier, et à minuit il revenait avec sa chemise trempée de sueur, demandait à ma mère une autre chemise, et repartait danser.

Ma mère m’a raconté que mon père l’a frappait.

Ma mère avait 20 ans, quand elle à quitté mon père, j’avais 4 ans.

Elle s’est réfugiée chez ses parents, elle m’a raconté que mon père nous cherchait pendant un mois, avec un rasoir, pour tuer ma mère.

A cette époque, ma grand-mère travaillait dans une petite usine de fabrication de meubles de radio, comme vernisseuse au tampon, rue des Pyrénées à Paris 20ème.

C’est naturellement que ma grand-mère, à fait rentré ma mère dans son travail.

Cela ne lui plaisait pas du tout, il faut dire que ma mère était très belle, genre Rita Hayworth.

Elle m’a raconté qu’un jour, en relevant sa jupe pour accrocher ses bas, le patron l’a vue.

On va écourter, elle est devenue la maîtresse du patron.

Monsieur Lemaître était marié sans enfant.

Il a entretenu ma mère pendant des années, et sans le connaître, c’est lui qui a payé mon éducation.

Je peux dire qu’à partir de cette période, ma mère a toujours eue de l’argent, toute sa vie.

J’allais à l’école maternelle avec ma tante Nella, qui elle, allait à l’école des filles.

Je vivais chez ma grand-mère, avec mes deux tantes, à Belleville.

Un jour mon père me vole à ma tante à la sortie de l’école.

Je me souviens qu’il m’avait emmené dans une pension pas loin de Paris.

J’avais peur des blagues des grands, qui mettaient des draps sur la tête, et me faisait croire au Croquemitaine.

Ma mère m’a fait rechercher par la gendarmerie.

Après m’avoir récupéré, nous avons habité un studio, qui était le rendez-vous de M. Lemaitre avec ma mère.

Ce studio était au 25 de la rue des Grands Champs à Paris 20ème.

A coté d’un grand garage, et pas loin d’un cinéma, et du métro Buzenval.

Ce studio était au 1er étage, en haut de l’escalier à gauche, avec les w-c sur le palier.

Sur ce même palier, il y avait la concierge, madame Andréa.

L’immeuble était très propre, ma mère a gardé ce studio quasiment toute sa vie.

On entrait sur un couloir en L. Sur la droite de ce couloir, il y avait la porte d’un grand placard, puis une petite cuisine avec fenêtre, et une pièce de 4 mètres sur 4 mètres.

Comme j’étais en trop, ma mère m’a mit dans une pension de bonnes sœur à Saint Mandé.

Je me souviens que le soir dans notre lit, il fallait dormir avec les bras croisés sur la poitrine, et oui.

Je sortais de cette pension une fois par semaine.

Nous arrivons dans les années 1942, 1943, la guerre. L’occupation Allemande.

Ma mère avait un hôtel payé par M. Lemaître, a coté de la place de l’Etoile, une petite rue qui donnait sur l’avenue Wagram, elle recevait à l’époque les Allemands.

J’étais tout jeune, ma mère m’avait acheté des patins à roulette, et quand j’étais en permission je faisais du patin avenue Wagram, et le tour du pâté de maison.

Je peux dire que j’étais un enfant gâté, je n’ai rien connu de la guerre.

Ma mère m’avait placé hors de Paris, à Marines à 50 kms de Paris, dans une famille.

Qu’est ce que j’ai pu faire comme bêtises, avec des copains et la grande fille de la famille.

Il y avait un dépôt de train, des michelines, nous avions cassé des carreaux pour pénétrer dans ce hangar.

Et on jouait dans les wagons.

On regardait passer les trains.

Notre jeu était de mettre des cailloux sur le rail, et après le passage du train ou d’une locomotive, on récupérait la poudre, pour se la mettre sur le visage.

Et forcement un jour, on s’est fait prendre par un cheminot qui nous à engueulé.

C’est étrange mais je n’ai rien connu de la guerre.

Puis, je passe sur les détails, à la fin de la guerre, elle avait un autre amant, M. Bacos, un médium d’origine indien d’Amérique, et avec lui, et l’argent de M. Lemaître, elle à crée et monter un bar Américain, qui s’appelait « Casa Bacos » au 3 rue Labie à Paris 16ème.

Je me souviens de cette période fantastique.

Nous habitions un très grand appartement, pas loin de l’avenue des Ternes à Paris 16ème, a coté d’une église et d’une école, pas loin du bar Américain.

Un grand appartement, pour vous dire, je faisais du patin à roulettes dans les couloirs de l’appartement, avec mon chien, un berger allemand, au nom de « BOY », qui me tirait.

Le dimanche avec ma mère, nous allions au bois de Boulogne, je faisais du patin à roulettes, j’étais heureux, c’était le bon temps.

J’allais à l’école à coté.

La décoration de ce bar était super, un style Cow-boy et Indien, avec un sous-sol qui avait une piste de danse lumineuse, et un petit cabinet de voyance, ou Bacos faisait ses consultations.

A l’arrière il y avait la cuisine et un petit appartement.

Le barman s’appelait Matéo, un Italien, sa femme, la copine de ma mère se nommait Véronique.

Le grand bar en bois était une merveille, il y avait des vitrines qui représentaient des scènes de village indien, ou un ranch de cow-boy, sous le comptoir, on regardait à travers 4 grosses vitres rondes sur le comptoir.

C’était un bar Américain, la clientèle était de classe.

Nous avions comme client, « Sessue Hayakawa » un acteur Japonais, des clients, et entre autre, un bande d’aviateurs Américain, j’étais leur copain.

On y croit ou n’y croit pas, mais quand ma mère a demandé de faire mon thème a Bacos, j’ai gardé toute ma vie, le petit bout de papier, sur lequel était écrit, les grandes lignes de ma vie, mon mariage, mes enfants, mon divorce, mon infirmité, et ma mort en 2011.

Et tout est arrivé comme il était prévu et programmé, car nous sommes tous programmé. On a le droit de ne pas y croire, chacun est libre de ses pensées.

J’ai eu une enfance de rêve, imaginé, en 1946, à Noël, on me réveille pour me dire que le père Noël était passé, J’avais 10 ans, en pyjama on me traîne dans le bar.

Et là toutes lumières fermés, sur le sol, un train électrique avec sa lampe frontale, qui tournait. Un train électrique en 1946.

« Joyeux Noël Garo » s’était mon petit surnom. Les lumières s’allument, il y avait tous les clients qui applaudissaient, et toute l’équipe d’aviateurs Américain, qui avaient volé pour moi un Mickey, plus grand que moi, qui faisait de la publicité devant un grand cinéma de Paris, et ils avaient tous signé sur le Mickey. Un vrai rêve.

A cette époque je peux dire que j’étais un gosse gâté, je me souviens que je ne travaillais pas à l’école, j’étais toujours le dernier de la classe, il faut dire pour ma défense, que je changeais d’école tous les 6 mois, je suis passé par les grandes écoles, genre, lycée Janson, lycée Gerson, dans le 16ème, des écoles de curé.

Et une école Russe.

J’avais plein d’argent dans mes poches, et je faisais ce que je voulais.

Un jour je me promenais avec un ami de ma mère place de l’étoile, on passe devant un marchand de journaux, je m’arrête pour acheter un journal, je donne un billet de mille francs, le marchand me rend la monnaie sur 100 frs, je lui dis que j’ai donné un billet de mille frs, il prend a témoin les personnes autour de lui :

« Ce gamin prêtant qu’il m’a donné un billet de mille, quel menteur ».

J’ai retrouvé l’ami de ma mère en pleurant, il avait vu la scène, et est allé voir le marchand pour lui dire que c’était lui le voleur.

Cela m’a marqué pour la vie, ne faire confiance à personne.

Je vais vous raconter une petite histoire :

Nous habitions pas loin des Champs-Elysées, et le samedi après midi, j’allais au cinéma, j’avais 10 ans, tout seul, je choisissais mes films, donc un jour, je rentre dans une salle pour voir un film, à la sortie, il faisait beau, je rentre dans une autre salle, et je regarde un second film, à la sortie, il faisait beau, et je me dis :

J’ai le temps de voir un troisième film.

Et je rentre à nouveau dans une autre salle.

A la sortie, il faisait nuit, je me suis rendu compte qu’il était tard, et j’ai pressé le pas pour rentrer à la maison, il était 22 h30.

Entre temps ma mère s’est inquiétée, elle a téléphoné partout, puis elle est allée au commissariat de police, et là elle s’est fait disputer par les policiers, qui lui ont dit :

« A dix ans vous laisser votre fils, sortir à jusqu’à 22 heures ».

Quand je suis rentré à la maison, au bar, j’ai reçu la plus grande raclée de ma vie, des gifles, des coups de pieds, et elle avait raison, je ne savais plus ou me réfugier, je me souviens j’étais sous les banquettes du bar.

Avec le bar Américain, ma mère avait acheté une brasserie à Cannes, « La Brasserie du 20ème siècle » sont emplacement était exceptionnel, imaginez, à la sortie de la gare de Cannes, et situé entre deux cinéma, Cannes en ce temps là, n’était pas ce qu’il est maintenant, ma mère a eue l’occasion d’acheter à l’époque, des terrains en friches, en haut de l’avenue de la victoire, la grande avenue qui part de la gare vers Grâce, pour rien.

Plus tard ces terrains sont devenus des pompes à essence et des immeubles, elle n’a pas su prévoir l’avenir.

Donc pendant les vacances, j’allais avec ma mère à Cannes, et j’allais au mois d’aout à Antibes, dans une pension de vacance, qui s’appelait « Val Mar ».

Je me souviens d’un anniversaire, puisque c’était le 30 août, j’avais reçu un billet de 10.000 Frs de l’époque, cela représente beaucoup d’argent, je suis allé avec mes copains dans un magasin de jouets, et j’ai payé des jouets à tous, la vie de château, quoi.

On se souvient toujours de ces moments là.

Le temps passait, et à Paris, ma mère avait vendu le bar, et la brasserie de Cannes.

Nous revenons au studio du 25 rue des grands champs.

Sur la demande de ma grand-mère, elle avait acheté un terrain avec une cabane en bois dessus, à sa mère, et pour elle en face, un terrain de 5.000 mètres, sur la commune de « Mouans-Sartoux », a coté de Grâce, à l’époque ce terrain était planté de roses pour les parfumeries.

Plus tard on reparlera de ce terrain, qu’elle a laissé en friche pendant des années.

Nous habitions le studio qu’elle n’avait jamais abandonné, dans le 20ème, pour toujours rencontrer M. Lemaître qui était toujours présent dans sa vie.

Elle avait quitté Bacos, nous étions tout les deux dans ce studio.

Je prenais le métro chaque matin pour aller à l’école à l’autre bout de paris.

Lycée Janson, et Gerson, et une école Russe à coté de la place du Trocadéro.

J’allais voir mon père de temps en temps, il était toujours tailleur, et toujours dans son petit logement, jusqu’au jour ou, je ne sais pas ce qu’il lui a prit, chez lui il m’a embrassé sur la bouche, je peux vous dire que j’ai été dégoûté, et pendant des années, je ne suis plus allé le voir, quand ma mère me disait :

« Vas voir ton père » j’allais au cinéma, et disais que j’avais vu mon père.

Ma mère avait une bonne copine de toujours, son mari était barman au bar Américain, elle s’appelait véronique, et j’avoue à présent que c’était le fantasme de mon enfance et de mon adolescence, elle était brune et très belle.

Parmi les connaissances de ma mère, il avait un Arménien, qui avait une mûrisserie de bananes, et il conseilla à ma mère de me mettre dans un collège Arménien.

J’avais 11 ans, je ne connaissait pas un mot de ma langue d’origine, le collège « Samuel Moorat » était sur la commune de Sèvres, au métro Pont de Sèvres, c’était une pension de curés aux anciennes méthodes, sortie une fois par mois, avec la visite des parents le deuxième dimanche de chaque mois, nous avions un uniforme, avec casquette et galons, obligation de parler l’arménien 24 h sur 24, messe chaque matin, et prière avant chaque repas, et messe en soirée.

Bref, la prison, quoi, et moi pauvre petit français, j’étais noyé dans la masse, nous étions 110, je me souviens de mon numéro : 69.

La punition principale, était de lire un livre en arménien, pendant la moitié du repas du midi ou du soir, dans le silence total, et quand la petite cloche sonnait, on allait s’asseoir à la table de notre classe, ensuite nous avions le droit de parler.

Le nombre de fois que j’ai lu, ce n’est pas possible. Le réfectoire était une grande salle, avec la table des curés sur une estrade, dans un bout de salle, et les tables des différentes classes, en ligne et en face des curés.

Une autre punition, lorsque nous faisions du chahut dans le dortoir, un curé arrivait, silence total, il obligeait tout le dortoir, de nous mettre à genoux devant notre lit, sur le carrelage, pendant une demi-heure ou 1 heure.

Sans oublier un pion qui était comme une brute, il nous donnait des coups de poing sur les tempes, on l’appelait « gorille » il avait plein de poils sur les mains.

Il va sans dire, qu’il y avait des bons moments, les blagues des copains, les récrés, les visites des parents, et la sortie une fois par mois, chez nous.

Comme c’était le seul collège arménien en France, il y avait des camarades, qui venaient de Marseille ou de Lyon, les pauvres ne pouvaient pas aller chez eux le jour de permission, ils étaient obligé d’attendre Noel, Pâques, et les grandes vacances.

Je me souviens d’un camarade qui venait du Caire.

Parmi nous il y avait un copain qui était fou de piano, et dans le grand bâtiment des curés, il y avait à coté du grand salon de réception, une pièce ou il y avait un piano.

Et chaque fois que nous allions en récréation, pour jouer dans les cours, soit au foot, soit à autre chose, lui il courrait rejoindre cette petite pièce ou se trouvait le piano, il jouait jusqu’à ce qu’un curé entendait le son du piano, et bien sur, la punition tombait.

Ce copain nous en reparlerons bien plus tard, il s’appelait Garavarenz, il épousera la sœur de Charles Aznavour, et composera des dizaines de musiques de films.

Moi mon truc, entre autres, c’était de faire des échanges avec les copains, de toutes sortes de fournitures. Je rentrais à l’école après les grandes vacances, avec un cartable, je ressortais en fin d’année avec trois cartables plein.

Cela allait de la boite de compas, a la boite de peinture, en passant par des dictionnaires, des cahiers, etc…

Pendant la récré, il y avait dans les jardins de l’établissement, à l’arrière qui était une colline en escalier, un terrain de football en haut, et chaque palier était un terrain de jeu.

Un copain de nos âges, car il y avait les petits, les moyens, et les grands, je parle donc des moyens, qui avait un ballon de foot, un vrai en cuir, que son père lui avait payé.

Comme il avait le seul ballon de foot du collège, il était le copain des grands qui s’étaient accaparé le terrain de football.

Et moi je visais ce fameux ballon, donc je proposais des tas de trucs, à ce copain pour lui échanger ce fameux ballon, il refusait toujours.

Moi tenace, un jour j’ai mis le paquet, je ne me rappelle plus combien de boites de peinture, et boite de compas j’ai mis sur la table, mais j’avais réussi à faire l’échange, et tout fière d’avoir ce ballon, avec ma classe nous avons pris possession du terrain de foot.

C’était sans compter la dénonciation des grands aux curés, qui nous ont convoqué pour nous punir, en disant que tous trafics était interdit, il a bien fallu rendre ce ballon avec punition bien sur.

Cela à du me marquer, puisque j’en parle 50 ans plus tard, c’est peut-être pour cette raison que je suis conservateur, et que ce qui est à moi, est à moi. C’est mon gros défaut.

C’est drôle, j’ai toujours eu un coté de commerçant, au collège les curés et les élèves étaient orthodoxe, nous étions 4 garçons à être catholique.

Pour prendre l’Ostie le dimanche matin à la messe, nous avions la chance, d’aller à l’église de Sèvres en ville, pour se faire confesser le samedi en fin d’après midi, et pour cela en uniforme avec la casquette on sortait de l’établissement, quelle aubaine.

Les grands me donnaient des sous pour acheter des revues de femmes nues, à l’époque cela s’appelait « Paris Hollywood » des fois je rapportais 6 ou 7 revues, cachées sous mes vêtements.

J’avais trouvé un moyen de gagner des sous, j’achetais des billes en sacs, que je revendais à l’unité.

Sur le chemin qui menait à l’église, il y avait un jardin avec un toboggan, et nous nous amusions bien, mais un jour mon pantalon se déchira sur ce toboggan, par un clou qui dépassait.

Je me souviens avoir acheté du fil et des aiguilles, et dans un café, aux toilettes, j’ai recousus mon...

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