Margot, reine d'Usson

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Prenant appui sur ses Mémoires qu'elle rédigea à partir de 1594, sur sa correspondance, sur les mémoires des témoins de son temps et sans omettre les pamphlets qui ne l'épargnèrent point, le présent ouvrage retrace la vie de Marguerite de Valois, plus connue sous le sobriquet de reine Margot, durant son séjour forcé à Usson, en Auvergne. Après plusieurs années de grandes difficultés, la malheureuse épouse d'Henri de Navarre, parviendra à réunir autour d'elle une petite cour brillante et cultivée.
Publié le : lundi 20 juin 2011
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EAN13 : 9782304009446
Nombre de pages : 143
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2 Titre
Margot, reine d'Usson

3Titre
Alain Mourgue
Margot, reine d'Usson
La relégation de Marguerite de Valois
en Auvergne
Essai historique
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit 2008
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-00944-6 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304009446 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-00945-3 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304009453 (livre numérique)

6 8 Prologue

PROLOGUE
Marguerite de Valois, plus connue du grand
public sous le sobriquet de Margot à partir de la
publication du roman d’Alexandre Dumas, ins-
pire de nombreux historiens et écrivains depuis
quelques décennies. Centré sur l’épisode de son
mariage avec Henri de Navarre et du massacre
de la saint Barthélemy, le cinéma s’est emparé
du personnage. L’actrice Isabelle Adjani incarne
désormais pour un large public la femme aux
amours scandaleuses que les pamphlets ont im-
posée aux romanciers et même aux historiens
les plus sérieux.

Quelques ouvrages récents et plus exigeants
de vérité ont, toutefois, tenté avec des fortunes
diverses, de rompre avec la légende afin de ré-
tablir l’image de celle qui fut - certes une grande
amoureuse - mais également une jeune femme
cultivée, mariée au futur Henri IV contre son
inclination et mal aimée d’une mère - Catherine
de Médicis – soucieuse avant tout de l’intérêt du
royaume. Entraînée dans le tourbillon sanglant
9 Margot, reine d’Usson
des guerres de religion, rejetée par son mari et
détestée par son frère devenu roi de France
sous le nom d’Henri III, elle fut menacée, arrê-
tée, emprisonnée et contrainte de vivre en exil
pendant près de 20 ans au château d’Usson en
Auvergne. Son consentement au divorce que
voulait obtenir d’elle son volage époux devenu
roi de France en 1589 après l’assassinat d’Henri
III, fut le prix à payer pour lui permettre de re-
venir à Paris et y vivre en paix les dix dernières
années de sa vie.
Le présent ouvrage s’applique à restituer aus-
si fidèlement que possible les années de son exil
en Auvergne depuis sa fuite d’Agen menacée
par les troupes royales, en 1585, jusqu’à son re-
tour dans la capitale du royaume en 1605.

Prenant appui sur ses Mémoires qu’elle rédi-
gea à partir de 1594, sur sa correspondance, sur
les mémoires des témoins de son temps et sans
omettre les pamphlets qui ne l’épargnèrent
point, nous tenterons de mieux connaître la vie
de Marguerite de Valois durant son séjour forcé
à Usson. Parmi celles et ceux qui ont composé
la petite mais brillante cour qu’elle anima dans
son château auvergnat, notre regard s’attardera
plus longuement sur quelques personnalités
connues ou méconnues qui ont, très certaine-
ment, exercé à son égard une influence signifi-
cative.
10 Prologue
Ce modeste essai contribuera, espérons-nous,
à effacer un peu l’image de la scandaleuse reine
Margot des pamphlets et des ragots au profit de
la véritable Marguerite de Valois, reine de
France.
11
D’AGEN À CARLAT
Les intrigues de Marguerite auprès de la Li-
gue catholique conduite par Henri de Guise, un
ancien amant, qui complote plus ou moins ou-
vertement contre le roi, incitent Henri III à
chasser sa sœur de la cour. Le fait est sans pré-
cédent. Nous sommes en 1583 et le processus
qui va inéluctablement conduire la reine de Na-
varre et future reine de France en exil pour de
longues années est enclenché. Son départ
s’accompagne d’humiliations : Henri III, croi-
sant son cortège, l’ignore, fait fouiller sa litière
et arrêter certains de ses serviteurs qu’il inter-
roge lui-même à propos d’un éventuel avorte-
ment.
De plus, averti des rumeurs relatives au com-
portement de Marguerite, Henri de Navarre re-
fuse de la recevoir. Il réclame à Henri III des
explications et des compensations. Il n’est guère
réjoui à l’idée de revoir sa femme dont il est sé-
paré depuis des années. Il est tout occupé à la
conduite de la guerre et à sa liaison avec sa
nouvelle maîtresse, Diane d’Andoins, comtesse
13 Margot, reine d’Usson
de La Guiche, plus connue sous le nom de Co-
risande. Marguerite reste pendant ce temps dans
l’incertitude, entre la cour de France et celle de
Navarre, attendant que les négociations abou-
tissent. Henri de Navarre profite de la tension
pour s’emparer de Mont de Marsan qu’Henri
III accepte de lui céder pour clore l’incident.
Quant à l’infortunée proscrite, elle n’emprunte
pas le chemin le plus direct pour retrouver son
mari qu’elle ne rencontrera que huit mois plus
tard. Rejetée par son époux et menacée par son
frère, elle s’engage résolument aux côtés de la
Ligue.
En avril 1585, à la tête d’une petite armée le-
vée par François Robert marquis de Lignerac,
bailli des montagnes, Marguerite de Valois réus-
sit à s’emparer d’Agen qui fait partie de sa dot
et dont elle est comtesse. De Lignerac est un
farouche adversaire des huguenots. En 1574, le
vicomte de Lavedan, chef protestant avait dé-
truit son château de Pleaux-Soubeyre. François
de Lignerac était parvenu, l’année suivante, à
reprendre Pleaux et à ordonner la construction
d’une enceinte fortifiée pour défendre la ville.
Pour l’heure, Marguerite appuyée par le bailli
marche sur Tonneins et met le siège devant Vil-
leneuve sur Lot. Henri de Navarre est contraint
d’envoyer des troupes contre elle. Marguerite
est défaite. Ses troupes doivent lever le siège de
Villeneuve et se réfugier à Agen dont le nouvel
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