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Marine Le Pen prise aux mots. Décryptage du nouveau discours frontiste

De
318 pages

À l'heure où Marine Le Pen s'impose sur la scène politico-médiatique et engrange des scores électoraux sans précédent, il est urgent de décrypter la logique de son discours et d'expliquer son efficacité rhétorique. Que dit-elle qui parle tant à tant d'électeurs ? Avec quels mots, quels mythes, quelles images parvient-elle à faire mouche là où la parole politique semble partout ailleurs discréditée ? Et dit-elle autre chose que son père ?


Pour la première fois, une analyse littéraire et statistique de près de cinq cents textes permet de mesurer très précisément l'originalité de cette nouvelle parole frontiste. Discours, éditoriaux, entretiens radio et télévisés des deux présidents successifs du Front national sont passés au crible d'un double traitement informatique et rhétorique afin de cerner au plus près continuités et différences.


Dans sa stratégie de " dédiabolisation ", Marine Le Pen a entrepris de réécrire le code frontiste : elle en a modernisé le vocabulaire, les thèmes et l'image. Mais derrière le changement de style, le sens de l'offre politique du Front national a-t-il changé ? Il n'est pas certain qu'il suffise d'adopter les mots de la République pour en porter véritablement les valeurs.



Professeure de littérature française à Stanford University, Cécile Alduy est l'auteur de Politique des "Amours" (Droz, 2007) sur l'émergence de l'identité nationale à la Renaissance.


Professeur-associé à l'Université Paris-Est-Créteil en communication politique et publique, Stéphane Wahnich a coécrit Le Pen, les mots (La Découverte, 1997).




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Marine Le Pen prise aux mots
Cécile Alduy Stéphane Wahnich
Marine Le Pen prise aux mots
Décryptage du nouveau discours frontiste
ÉDITIONS DU SEUIL e 25, bd RomainRolland, Paris XIV
9782021172102 ISBN
© Éditions du Seuil, février 2015
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www.seuil.com
À Manuel, chroniqueur politique C. Alduy
À Élodie, qui sait à quoi tout cela mène À mes enfants, qui ont la force de ceux qui savent où ils vont S. Wahnich
Note au lecteur
Ce livre est le fruit d’une collaboration entre deux spécialistes de disciplines complémentaires. Pour plus de transparence pour le lecteur et par respect du travail de chacun, nous indiquons ici qui est l’auteur des différentes sections. Cécile Alduy a rédigé l’introduction, la première partie (« Les mots »), la deuxième partie (« Mythologies »), la conclusion, les annexes I et II et l’index. Stéphane Wahnich a rédigé la troisième partie (« Les condi tions d’une réception favorable »), ainsi que les pages « Démo cratie et républicanisme », « Le naturalisme », « La morale chrétienne », « Le grand dépoussiérage historiographique » et « Un nationalisme généralisé ? » dans la première partie. Les sections « De nouveaux thèmes » et « Le mariage pour tous » de la première partie ont été écrites à quatre mains.
Introduction
Il aura suf d’un mot. Un mot de trop. Un mot de plus dans la longue histoire des dérapages de JeanMarie Le Pen. Un mot qui cette fois menace de briser net sa relation avec salle cadette et de le mener au bord de l’exclusion du parti qu’il a luimême fondé. Un mot censé révéler l’abîme qui sépare Marine Le Pen de son père. Ce 6 juin 2014, pour son « Journal de bord n° 366 » diffusé sur le site du Front national, JeanMarie Le Pen, cravate rose pâle et pochette assortie, est de bonne humeur : le Front national vient denir premier avec un score historique de 25 % aux élections européennes du 25 mai. Quelques mois plus tôt, le parti qu’il a créé en 1972 a remporté onze mairies, dont HéninBeaumont et e le 7 arrondissement de Marseille, là encore une première. Très en verve dans sa vidéo hebdomadaire, il moque les artistes qui ont déclaré leur opposition au Front national : Yannick Noah, Madonna, Guy Bedos… « Monsieur Bruel aussi ? » relance son interlocutrice. JeanMarie Le Pen prend la balle au bond : « Ah oui… On fera une fournée la prochaine fois. » « Fournée ». Le mot est lâché, et la polémique ne se fait pas attendre. Depuis sa sortie sur les chambres à gaz, « point de détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale », en 1987, la carrière politique de JeanMarie Le Pen a été ponctuée de jeux
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MARINE LE PEN PRISE AUX MOTS
1 de mots douteux et d’allusions racistes ou antisémites : invaria blement, ils suscitent un tollé et lui assurent une surexposition médiatique le temps de la polémique. Ce qui change en 2014, c’est que son propre parti comme sa proprelle le condamnent. Marine Le Pen vient de voir sa stratégie de dédiabolisation porter ses fruits : depuis son élection à la présidence du parti en janvier 2011, elle a imposé une tolérance zéro parmi ses cadres et militants pour tout propos, signe ou geste qui pourrait 2 rappeler l’héritage antisémite encombrant du Front national . Elle apporte du sang neuf, de jeunes cadres qui parlent bien, un discours franc mais respectueux, un sens de l’humour qui met les auditeurs de son côté. Déjà, elle a l’œil sur la présiden tielle 2017. Et il n’est pas question que ce long et patient travail de normalisation soit saboté par un mot de trop. Dans le concert de condamnations qui pleut sur l’ancien leader du Front national, Marine Le Pen regrette « une faute
1. « Durafour crématoire » en 1988, « Yaka MiamMiam » pour KoYamgnane, secrétaire d’État chargé de l’Intégration en 1991, etc. Au er 1 janvier 2014, JeanMarie Le Pen avait été condamné dixneuf fois par la justice pour ses propos, notamment pour « apologie de crime de guerre » (1971), « provocation à la haine, la discrimination et la violence raciale » (1987, 1990), « diffamation » (1992), « injure publique » (1993), « banalisation de crimes contre l’humanité, consentement à l’horrible », etc. 2. Ainsi de l’expulsion en avril 2011 d’Alexandre Gabriac, photo graphié en train de faire un salut nazi, ou en décembre 2013 de trois candidats Front national, dont AnneSophie Leclère, pour ses propos et montages graphiques racistes à l’encontre de la garde des Sceaux Christiane Taubira. Voir Romain Rosso,La Face cachée de Marine Le Pen; Valérie Igounet,, Paris, Flammarion, 2011 Le Front national de 1972 à nos jours. Le parti, les hommes, les idées, Paris, éd. du Seuil, 2014 ; « Ces candidats que le FN écarte pour se dédiaboliser »,Le Monde, 28 novembre 2013.
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