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Médecine traditionnelle et médecine scientifique

De
198 pages
Voici une confrontation entre une médecine occidentale scientifique et un ensemble de pratiques de soins dites médecine traditionnelle. Comment envisager un système de soins dans lequel collaborent deux traditions médicales, occidentales et africaines : quelles sont les conditions permettant d'établir une collaboration entre toutes ces pratiques soignantes pour avoir un système de soins qui tienne compte de l'histoire sociale et culturelle des peuples d'Afrique ?
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SimonPierreE.MVONENDONG
Médecine traditionnelle et médecine scientifique
Pour une médecine interculturelle en Afrique
Médecine traditionnelle et médecine scientifique Pour une médecine interculturelle en Afrique
Études africaines Collection dirigée par Denis Pryen Dernières parutions Simon-Pierre E. MVONE-NDONG, La rationalité de la médecine traditionnelleen Afrique,2014. Mariella VILLASANTE CERVELLO,Le passé colonial et les héritages actuels en Mauritanie, État des lieux de recherches nouvelles en histoire et en anthropologie sociale, 2014. Abdoulaye Aziz NDAW,Sécurité pour l’émergence du Sénégal, 2014. Patrick HINNOU,Négocier la démocratie au quotidien,2014. Chrysostome CIJIKA KAYOMBO,Quelles stratégies pour une éducation idéale en Afrique ?, 2014. Augusto OWONO-KOUMA,:Les essais de Mongo Beti développement et indépendance véritable de l’Afrique noire francophone, 2014. Augustin Jérémie DOUI-WAWAYE,Repenser la sécurité en République centrafricaine, 2014. Martin ELOUGA (dir.),Les Tikar du Cameroun central. Ethnogenèse, culture et relations avec les peuples voisins, 2014. Mohamed Abdoulay DIARRA,Profession : marabout en milieu rural et urbain. L’exemple du Niger, 2014. Charles-Pascal TOLNO,Afrique du Sud, Le rendez-vous de la violence,2014. Koffi Matin YAO,Famille et parentalité en Afrique à l’heure des mutations sociétales, 2014. Titus MWAMBA KALEMBA,La qualité de l’éducation dans les écoles secondaires et centres professionnels salésiens de Lubumbashi. Résultats d’une enquête, 2014. Théophile ZOGNOU,Protection de l’environnement marin et côtier dans la région du golfe de Guinée,2014. Lambert MOSSOA,Où en est l’urbanisation en Centrafrique ?, 2014. Marc-Laurent HAZOUMÊ,Réinventer l’Université. Approches de solutions pour l’emploi des jeunes au Bénin, 2014. Hygin Didace AMBOULOU,Le droit des sûretés dans l’espace OHADA, 2014. Bernard-Gustave TABEZI PENE-MAGU,La lutte d’un pouvoir dictatorial contre le courant de la démocratisation au Congo-Kinshasa, 2014. Hygin Didace AMBOULOU,Le droit du développement et de l’intégration économique dans l’espace OHADA, 2014.
Simon-Pierre E. MVONE-NDONG
MEDECINE TRADITIONNELLEET MEDECINE SCIENTIFIQUEPour une médecine interculturelle en AfriqueL’Harmattan
Du même auteur Bwiti et christianisme, approche philosophique et théologique, 2007Médecine traditionnelle.Approche éthique et épistémologique de la médecine au Gabon, 2008 Imaginaire de la maladie au Gabon, 2009 Médecine et recherche publique au Gabon, 2009 La nature, entre rationalité et spiritualité, 2008 Melan et christianisme, 2011 Santé et précarité au Gabon. Le système santé gabonais comme un texte, 2011 © L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-05252-6 EAN : 9782343052526
À cette souffrance secrète qui creuse ma pensée : si je ne peux en guérir, je travaille néanmoins pour sauver les autres
Introduction générale L’objet de nos recherches porte sur la rationalité médicale et ses enjeux éthiques et épistémologiques, sa crise interculturelle et les distorsions internes. Nous confrontons deux médecines, la médecine moderne et la médecine traditionnelle, d’où le titre général des présents travaux, à savoir :rationalité médicale interculturelle.Il s’agit donc de travaux qui se poursuivent en prolongement des recherches menées à Lyon pendant nos études doctorales ce, au sein des différentes équipes de recherches : Réseau Interdisciplinaire d’Éthique et Société (RISES) ; Institut de Recherches philosophiques de Lyon (IRPHIL) et comme chercheur invité le Centre Interdisciplinaire d’Éthique de l’Université Catholique de Lyon (CIE). Ces travaux s’insèrent aisément dans les champs disciplinaires suivants : anthropologie médicale comparée et les problématiques interculturelles, tout en conservant la spéculation philosophique. Le cadre institutionnel dans lequel se déroulent nos travaux est l’Institut de Recherches en Sciences humaines (IRSH) ce, particulièrement au laboratoire des dynamiques sociales.Ce sont des travaux qui rendent compte de la confrontation entre deux médecines : une médecine occidentale scientifique et un ensemble de pratiques de soins ayant la prétention d’être une médecine. Ces travaux ont pour objet de créer un cadre d’échanges entre les pratiques de la médecine moderne et celle de cette médecine dite traditionnelle. Il est par conséquent question d’envisager un système de soins dans lequel collaborent deux traditions médicales, occidentales et africaines : qu’elles en sont les conditions épistémologiques, voire éthiques permettant d’établir
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une collaboration entre toutes ces pratiques soignantes pour avoir un système de soins qui tienne compte de l’histoire sociale et culturelle des peuples d’Afrique ? Il s’agit donc de se demander, au fond s’il l’on ne fait généralement pas un usage abusif du terme « médecine ». Il serait par conséquent nécessaire de dissocier, comme le fait Platon, la « médecine de l’âme » (laquelle est de la philosophie) et la médecine des « corps » (laquelle serait la médecine académique). C’est une interrogation à laquelle ne peuvent échapper nos présentes recherches. Il est question de préciser à travers les pratiques thérapeutiques que nous rencontrons, ce qu’est en effet ce que nous appelons génériquement de la médecine traditionnelle et de voir comment l’incorporer dans le système national de soins. Le fait est qu’il soit possible qu’un médecin traditionnel puisse bien n’être en réalité qu’unprêtreou un psychiatre et non pas un médecin à proprement parler. Le fait de ne pas pouvoir le situer peut être source de difficultés majeures pour la collaboration entre ce qu’est la médecine académique occidentale et ce qu’il appelle par médecine. Telle est d’ailleurs la difficulté épistémologique qu’Hippocrate a pu résoudre en effectuant une rupture décisive entre le sacré et l’expérience en médecine. Le sacré, tel est d’ailleurs le problème que nous devons résoudre en parlant de médecine par rapport à la psychologie de l’Africain : par son rapport au sacré et compte tenu des pratiques de la médecine traditionnelle africaine, peut-on rigoureusement envisager d’entendre cette médecine traditionnelle africaine comme une médecine ? Si l’on répond par l’affirmative, alors ce serait faire un procès à l’orientation de médecine hippocratique et concevoir qu’il soit possible de fonder une médecine sur du sacré et accepter qu’une telle
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médecine mérite véritablement son nom. Dans le cadre des pratiques de la médecine dite traditionnelle africaine, notre questionnement porte en premier lieu la nosologie africaine, la perception de la maladie, la démarche de guérison, les pratiques de guérison et les mythes qui en constituent le fondement. Les thèmes de nos recherches prennent donc une orientation épistémologique qui nous invite à interroger les problèmes de santé dans le contexte socioculturel africain. Nous tentons de comprendre les stratégies et les trajectoires thérapeutiques en contexte socioculturel africain. Il est essentiellement question de poser la problématique de la santé, de la maladie et de la prise en charge du malade dans un contexte culturel qui est fonction d’une vision du monde caractéristique de l’homme religieux. Les pratiques thérapeutiques traditionnelles auraient pour fondement la conception d’un univers dans lequel existeraient des réalités invisibles qu’il n’est pas donné à tout le monde de les percevoir. Dans ce monde, il y a, non seulement les morts qui ne sont pas morts, mais également une multitude d’êtres invisibles, dont différents ordres de génies et d’esprits. La thérapeutique s’organise ainsi en fonction de cette vision du monde : les soins sont généralement prodigués par des génies protecteurs alors que les mauvais génies sont la cause de la maladie. De ce fait, étudier la problématique de la santé, de la maladie ou de la guérison en Afrique, c’est s’engager à analyser à travers plusieurs approches des sciences sociales les trajectoires thérapeutiques. C’est dans cette perspective que nous convoquons divers domaines des sciences humaines afin de confronter les deux médecines qui prennent en charge la santé de l’homme africain.
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