Mérigot Marchès

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Mérigot Marchès a tout juste une vingtaine d'années lorsqu'il entre dans l'histoire du grand brigandage. En cette année 1379, les chemins du royaume de France sont sillonnés de « routiers », redoutables combattants démobilisés et privés de solde durant les trêves qui émaillent la guerre de Cent Ans. Sa participation à la prise par ruse du château de Ventadour en Limousin, près d'Ussel, est son premier « exploit. » D'une bravoure reconnue, Mérigot devient rapidement le chef d'une bande armée qui, au nom du suzerain anglais mais agissant le plus souvent pour son propre compte, mène la vie dure aux seigneurs d'Auvergne. Il n'hésite pas à s'attaquer aux biens d'un des plus puissants personnages du royaume de France, le duc de Berry.
Publié le : dimanche 19 juin 2011
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EAN13 : 9782748187427
Nombre de pages : 111
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2 Titre
Mérigot Marchès

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Titre
Alain Mourgue
Mérigot Marchès
Gentilhomme brigand 1360-1391
Essais et Documents
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit, 2007

www.manuscrit.com
ISBN : 2-7481-8742-3 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748187427 (livre imprimé)
ISBN : 2-7481-8743-1 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782748187434 (livre numérique)

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8 Mérigot Marchès
PROLOGUE
En ce quatorzième siècle, la France tourne le
dos à trois cents ans de développement
économique. La tension qui dure depuis deux
siècles entre les royaumes d’Angleterre et de
France au sujet de la Guyenne s’exacerbe dans
les années qui suivent la mort de Philippe le
Bel. Le souverain laisse derrière lui trois fils et
une fille, Isabelle qui épouse en 1308 Édouard
II, roi d’Angleterre.
Louis, l’aîné des trois garçons, monte sur le
trône en 1314. Doté d’une médiocre
intelligence, Louis X le Hutin est un esprit
querelleur et vindicatif. Il met à profit les dix-
huit mois de son règne pour conduire à la
pendaison le Premier Ministre de son père,
ordonner l’assassinat de sa première femme,
Marguerite de Bourgogne accusée d’adultère,
enliser son armée en Flandre dans une
campagne militaire catastrophique et assécher le
Trésor. Il est assassiné en 1316 à l’âge de vingt
sept ans. Il laisse derrière lui sa seconde épouse,
Clémence de Hongrie, enceinte de quatre mois
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et Jeanne de Navarre, une enfant qu’il a eu de
son premier mariage et que l’on a mariée à
Philippe comte d’Évreux. Depuis trois siècles, il
est le premier roi Capétien à disparaître sans
laisser de descendance mâle. Nommé Régent du
Royaume, Philippe de Poitiers, son frère cadet,
se prend à rêver du trône à l’annonce de la
disparition troublante du petit Jean auquel la
reine Clémence vient de donner la vie quelques
jours plus tôt. Le fils posthume de Louis étant
déclaré mort, Philippe cherche le moyen
d’écarter la petite Jeanne de la succession au
trône. Il parvient à convaincre les juristes de
trouver un texte ou un usage sur lequel il pourra
légitimement s’appuyer pour parvenir à ses fins.
Invoquant une prétendue loi salique des anciens
Francs selon laquelle une femme ne pouvait
régner, les barons du Royaume écartent Jeanne
dont la couronne était réclamée par son mari.
En guise de lot de consolation, Philippe, qui
vient d’être proclamé roi de France, leur cède la
Navarre. Le recours à la loi salique va constituer
un précédent juridique et politique redoutable
qui va peser lourd dans l’avenir du royaume.
Nonobstant les conditions contestables dans
lesquelles il est devenu souverain, Philippe V le
Long manifeste un véritable talent politique et
commence à redresser la situation du Royaume.
Malheureusement, son oeuvre est rapidement
abrégée. Il meurt en 1322 sans descendance
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mâle. En vertu des nouvelles règles
successorales, c’est tout naturellement son frère,
Charles IV le Bel, qui devient roi. Son règne
s’achève à Vincennes en 1328. Il n’a qu’une
fille, Blanche.
Désormais, il ne reste aucun mâle descendant
directement des Capétiens.
Le plus proche dans la lignée est, sans
conteste, le jeune Édouard III, alors âgé de
seize ans, qui règne à Londres assisté de sa
mère, la Régente Isabelle de France. Isabelle,
qui a fait déposer et assassiner son mari
Édouard II avec l’aide de Roger Mortimer
l’année précédente, n’a aucun mal à convaincre
son fils de revendiquer la couronne de France.
S’inscrivant dans le droit fil des relations
conflictuelles que connaissent les deux pays, la
Cour de France rejette catégoriquement l’idée
qu’Édouard III d’Angleterre, vassal du roi de
France, puisse accéder au trône. C’est alors que
la fameuse loi salique est à nouveau invoquée
pour rappeler qu’Isabelle ne pouvant pas
régner, sa descendance mâle ne le peut pas
davantage. La prétention d’Édouard est rejetée
au profit de Philippe, fils de Charles de Valois,
frère de Philippe le Bel. Philippe est donc le
cousin germain d’Édouard III. Il est
incontestablement plus éloigné de la branche
régnante des Capétiens que le jeune homme qui
règne à Londres et qui s’estime injustement
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