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Mes-Sages (II)

De
110 pages

Ce Livre Vous veut du Bien...

Il entre en connivence d’inconscient à inconscient, il invite au voyage, il s'insinue au fil des mots. Et sans heurt et sans contrainte, il dépose en esprit l'écume émolliente des meilleures intentions.

Ce livre commence par le début d’une vie ; il raconte l’histoire d’une enfant et de ses étranges aventures au pays de la croissance. Il vous parle de l’Afrique, du Brésil et du pays de l’Imaginaire... Il raconte l’insondable, le mystère du sauvage, l’impalpable lien qui relie les êtres et les choses. Il est question d’esprit qui parle et de conversation animale, de la recherche des sources de la connaissance et des surprenants pouvoirs de la pensée.

En fait, toutes ces choses de l’enfance sont encore là, elles nous attendent et ne demandent qu’à servir !


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Couverture
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Cet ouvrage a été composé par Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com
Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-332-98438-8
© Edilivre, 2015
A tous, ceux que j’aime. (*)
(*) comme une simple virgule peut changer beaucoup de choses…
Préface
Lorsque nous voyons les mouvements des poissons dans l’eau, si nous sommes vraiment présents à l’événement, il arrive que nous ayons une toute petite impression de ce que signifie cette expression « être comme un poisson dans l’eau ». Avec quelle souplesse, quelle légèreté et fébrilité ces merveilleux systèmes vivants, beaucoup plus gentils et communicatifs que l’on pense, n’inscrivent-ils pas un trajet imprévisible dans un espace liquide, fluide et silencieux ? Ils ne laissent pas de trace, sans que leur passage ne soit pour autant dénué de conséquences pour l’avenir… Empreintes, pour l’instant, difficiles à formuler.
La lecture du livre de Michèle Quintin communique une expérience semblable qui s’inscrit dans le corps et l’esprit du lecteur. L’incroyable histoire d’une vie, de la vie, dans notre aquarium à nous, situé quelque part dans un continuum en expansion au niveau galactique et temporel, lui est ainsi racontée. Merci à l’auteur d’avoir pu nous faire passer un petit courant d’air frais d’émerveillement… comme l’oiseau qui célèbre la vie en y ajoutant sa petite ligne musicale à une partition multivocale, jouée sans chef d’orchestre… et sans assistance d’ailleurs.
Frans Goetghebeur est président national de l’U.B.B. (Union Bouddhique Belge). Depuis 20 ans, il est l’administrateur de l’Institut Tibétain de Belgique. Il est rédacteur du livre « La Voix du Tibet ». Il est le traducteur de Lama Karta, représentant sa Sainteté le Dalaï Lama dans notre pays. Il anime de nombreux événements humanistes et, avec les grandes universités de notre pays, il organise des rencontres est-ouest, des conférences pour aider au dialogue inter-religieux et philosophique et pour faire connaître l’histoire et la richesse de la philosophie bouddhiste.
Dans le bleu incandescent des Mémoires Soudain cette blanche Aspiration. Je me laissai séduire par l’Ignorance Et je plongeais dans l’Oubli…
Car après la naissance, Il y a la renaissance. Sans cette absurde méconnaissance, Je n’aurais pas eu à me reconstruire.
Aujourd’hui, dans le temple d’un Corps, Sortie des cendres de l’Innocence Je sais que j’ai dix mille ans Et je revis encore, encore…
Préludes
Mythe d’Hathor-Tefnout, Montagne des morts, sous le règne d’Hatchepsout, reine d’Egypte (-1504, -1483).
Pré
sàges
Nous sommes tous avides de clarté. Mais avez-vous déjà remarqué que c’est par temps de grands brouillards, alors que le bout du chemin est parfaitement indistinct, que l’astre solaire peut enfin être regardé en plein ? Il adopte une pâleur lunaire enfin accessible à notre sensibilité rétinienne. Et alors que tout s’estompe et s’enfonce dans une sorte de vapeur laineuse, son disque se découpe avec une précision incisive.
Signe… signe et signe.
Blancheur incandescente sur fond d’inconsistance… è (Ravi Asshamshi Barang, Inde, II s.)
Cela pourrait commencer au début. Lorsque j’ouvris les yeux, tout était clair. En fait, ce n’était pas aux tout premiers instants, je pense, c’était un peu plus tard, au moment où l’on a quitté cette chambre et où les yeux bien nettoyés des scories de la naissance, j’ai pu enfin les ouvrir grands et larges. Dans ces espaces, d’abord très distinctement humides, je pus accueillir de grandes taches claires, non hostiles, tels ces grands lacs limpides reflétant simplement nuages et bleuté du ciel. Bien-sûr, ce ne fut que bien plus tard que je sus que c’étaient leurs visages, souriants, qui s’inclinaient sur moi. Et à partir de là, toujours j’ai ressenti cette sorte d’avidité du regard… tout était intéressant à capter. Les battants de mes paupières s’ouvraient et je recevais, comme porte ouverte et confiante, ce que l’extérieur voulait bien me donner et… à l’intérieur, je ressentais comme si c’était… page blanche, blanche plage,… et plume volante.
Les premiers temps ont été d’une certaine manière assez simple : on répondait à mes besoins, les choses étaient naturellement faciles. Il y avait de l’affection et même de l’amour. Une sorte d’entente parentale qui m’était fort agréable. Ils commençaient, en fait, une nouvelle vie en Afrique. J’ai donc bénéficié de ce pétillement dans l’atmosphère familiale que, seule, la nouveauté et le goût de l’aventure suscitent ! D’autre part, sous ces Tropiques, la chaleur lourde des après-midi me gavait de longs moments tranquilles ; j’ai pu ainsi aussi profiter de l’indolence et de la torpeur.
Et tout ceci m’a permis de ressentir que je commençais bien… à zéro ou plutôt à vide, telle une bonne page blanche… De toute évidence, je n’héritais pas d’une page chiffonnée, raturée ou déjà écrite… A vide et avide, je commençais donc cette nouvelle vie apparemment sans bagage et sans contentieux. Entre torpeur et exubérance, mon cœur battait gentiment la mesure. Cependant, il y avait quelque chose d’extraordinaire dans tout cela. Comment l’expliquer ? D’une manière assez incroyable, sans savoir… je savais déjà ! Les choses étaient ce qu’elles étaient et puis voilà. Je les savais avant de les connaître. Le monde m’était d’une évidence inimaginable ! Quelle étrange impression que cet état de fait, vous ne trouvez pas ?
La page était donc bien blanche… et j’y voyais s’inscrire, avec mes yeux grands ouverts, une histoire… mon histoire. Dans ces moments de fulgurance et de clairvoyance dont je vous ai parlé, il m’arrivait de pressentir qu’il y avait un secret insoupçonné, au-delà de la reconnaissance ou du juste agencement des choses ! Je pressentais une cohérence sublime, une cohésion insoupçonnée, un centre à tout cela… J’attendais un signe. Je l’appréhendais. Je l’appréhendais même avec une certaine impatience. Et un jour… au beau milieu d’un carré blanc de fenêtre, je le découvris. Il était là. De toute évidence, il devait être là depuis très longtemps… Il semblait si bien là… que c’était comme s’il
y était depuis toujours ! Blanc sur blanc, je le voyais, détouré avec une précision incisive sur fond cotonneux et inconsistant. Un signe dessiné aussi net et tranchant que le fil du présent ! Et le fil de son disque m’entraînait, lancinant… entre clair et mouvant. C’était un rond « Je sais tout » sur un tout « ce que je ne sais pas ». Avec ce jeu de belles nuances dans la pâleur ouatée… tout cela restait magnifiquement vaporeux et précisément très clair ! Sans paroles, car je naviguais encore à cet âge dans l’informulé, j’entrevoyais dans ces blanches connivences toutes sortes de possibles… toutes sortes d’accointances appétissantes, fantaisistes et indécentes… entre le monde et mes sens. C’est à partir de là que mes sens s’aiguisèrent et s’offrirent au monde !
Maintenant, avec le recul, nous pourrions simplement considérer que c’était le signe d’une bonne naissance… et que je suis née bien curieuse. Mais restons clairs, dans les premiers temps, j’attendais simplement calme et tranquille que tout me fût révélé… Et tout me parlait ! Avec cette certitude naturellement obstinée propre à l’innocence, il me suffisait d’ouvrir les yeux pour m’approprier le tout. Comme si je n’avais jamais connu autre chose. Comme si ce tout grand monde – là devant – et ma seule petite personne – ici dedans – n’étaient en fait qu’une seule et même chose. Pas d’espace, pas de distance entre nous… j’étais ce que je voyais, à peu de choses près. Ce n’est qu’un peu plus tard, par un heureux hasard et discriminations successives que je mis vraiment le doigt dans le réel. Je fis signe au signe et je signai même cet exploit… Vous allez voir.
Au balcon de mes yeux, filtrant néanmoins par les longs cils dont j’avais généreusement hérité du côté de maman, mes impressions devinrent… impressionnantes. Captant de plus en plus loin, des formes de plus en plus captivantes, elles me semblèrent pratiquement à portée de main. Et regards et mains qui s’ignoraient jusqu’alors, firent joyeusement alliance. En bon voisin du dessus, ce fut l’œil qui fit le premier pas. Quoique la jambe n’ait encore rien à faire dans le cours de cette histoire, ce fût par un malencontreux balancement de celle-ci que mon monde bascula… J’allais tomber lorsque la main, à droite, se posa sans hésitation devant moi et, tout en rétablissant la situation, se retrouva ainsi à portée de vision. Le regard s’intéressa tout de suite à cet étrange “ petit crabe ” à cinq doigts. Et de drôle de potelée, la main devint drôlement emportée… et la plus remuante des complices.
Appelée donc par la vue à se joindre à sa belle excitation, la main accompagna dès lors à chaque fois du geste mon incroyable appétence de sensationnel… Le monde devenait par trop tentant ; tant et si bien que je tentai de l’attraper. Je désirais le palper, cet appétissant… d’abord par tous les pores apeurés d’un petit bout de doigt boudiné… puis très vite, par grands brassages et “ agrippages ”. Et des doigts à la bouche, il n’y avait qu’un pas, si je puis dire… Et avant que de l’explorer de pieds fermes, je me mis à savourer ce monde sur toutes ses textures ! Bonne salivation et sérieuse mastication pour le connaître à ma façon ! Tout ceci était proprement délicieux. Et quand je dis proprement, comprenez-moi bien, c’était propre… et en plus, savoureux. Petite digression pour vous expliquer : propre car ce qui me protégea de ne pas mettre tout et n’importe quoi à la bouche, fût en fait le fruit de ma première frustration. Et oui, ce qui aurait pu paraître comme terriblement amer me permit sans doute d’éviter bien des maladies. En Afrique, à l’époque, il valait mieux être prudent au niveau de la santé. Maman, elle-même, supportait mal le climat chaud et humide. Elle avait beaucoup maigri et n’avait plus beaucoup de lait à me donner. Je fus donc sevrée rapidement… par contre, je mis très longtemps à me résigner à ne plus téter. Voici ce qui se passait : ma langue se poussait irrésistiblement en avant et entamait alors une petite danse titillante et suçotante… ce qui empêchait évidemment toute autre intrusion buccale pendant ce temps. Belle autoprotection n’est-ce pas ? Et ensuite, bercée par le rythme lascivement régulier de la succion, la main se déposait… les paupières s’alourdissaient… retenant ma curiosité captive sous une frange ciliaire. Bien à l’abri, je glissais alors sur le sobre velours de la quiétude. Entre intérieur et extérieur, pas
l’ombre d’un doute, les choses passaient bien. Tout s’aplanissait, les contours menaçants prenaient des allures alléchantes… et je pouvais à nouveau baigner, comme aux tout premiers temps de mon existence, dans une sorte de tranquillité bien édifiante.
C’est dans cet état, que pour la deuxième fois, je le vis… le signe se révélait à moi, non seulement dans toute sa blancheur mais dans son reflet, à terre. Quelque peu atterrée, je le vis s’avancer ; il semblait me chercher. Simple breloque “ pendiloquante ” pour tout autre que moi, la blanche boule de cristal qui renvoyait du plafond cette drôle de pâleur solaire, me fit faire mon premier signe d’allégeance envers la grande Clarté. Je lui suis encore et toujours fidèle aujourd’hui !
Mais continuons notre récit. Je vis donc le signe de lumière s’approcher de moi jusqu’à me toucher… Assez soudainement, ma main s’alluma. Après le premier saisissement, je sentis la douceur d’une caresse, chaude, encourageante et vivifiante. En confiance, je confiai alors à ce globe affable la tendresse de ma paume. Puis, sans aucun doute par hommage, je la lui tendis haut et fort. C’est alors que par petits mouvements ronds, la main levée s’interposa entre la lumière et mes yeux ; me plongeant en alternance entre ombre et luminescence. Je pus ainsi m’imprégner longuement de cette hésitation lumineuse. Je sentais que le geste apprivoisait le soleil. Par petits signes, la main se jouait de la lumière… Je compris très vite que j’avais quelque chose à dire, ou à faire si vous préférez, dans cette belle orchestration… je soupçonnais même, dans une certaine mesure, avoir le pouvoir d’en mener la musique.
Calfeutrée derrière mes paupières entrouvertes, je ressentis aussi cette sorte de pétillement lumineux comme provocant ; il suscitait un picotement doux aux bords des yeux et posait des étoiles dans les recoins. C’était presque irritant. Derrière mon apparente torpeur, j’absorbais une autre information importante. Le sombre s’apprivoisait aussi. Je pouvais interrompre sa faconde scintillance en baissant simplement les paupières – sans l’ombre d’un remords – comme on baisse simplement le son d’une radio intempestive. Je croyais être un maître de lumière. Bien mal m’en prit. J’appris, en même temps, que tout est éphémère et que le noir pouvait être épouvantablement profond. Ce que la lumière m’avait donné, elle me le reprenait sans crier gare. A peine reconnu, le signe de lumière me quittait déjà. La tache opaline se détournait de moi et laissait ma main pantoise et… grisâtre. Car plus que la chaleur, c’était la prégnance de sa présence qui m’avait touchée. La main irisée absorbait la présence et renvoyait alors la brillance… Et la peau devenue magique diffusait une symphonie iridescente… Rien de moins.
En fait, à un certain moment, j’eus la terrible intuition que, sans la lumière, la main n’existait pas. Car échappant maintenant complètement au chaud rayonnement, elle avait bel et bien disparu ! Une appréhension sans nom éteignit jusqu’à mon souffle. Est-ce que les choses vivent en dehors de la lumière ? Comme je devais être blanche dans ce noir. En désespoir de cause, je me mis à pleurer et toute secouée par les sanglots, la main réapparut. Le signe devenu mordoré s’était éloigné mais en fait, il était toujours là. Il avait filé sur le côté et s’étirerait doucement en un long faisceau flamboyant. Alors bras étiré, index en pointe… je tentai d’attraper cette poussière de lumière filante… et aussi naturellement que par habitude, je traçai une droite ligne dans le scintillement poussiéreux du sol. Mon doigt en traînant avait laissé sa marque. C’était un signe marquant. Car je ressentis à ce moment précis une joie farouche m’étreindre tout entière… une sorte d’excitation jubilatoire envahissant jusqu’au bout de l’ongle. Tout exultante, mon bras raidi tambourinait le sol et mon index en bout de course laissait de longues traces transversales zébrer ce bel espace. C’était impressionnant… en dessinant ma joie, je venais de signer un exploit ! Quoique moi-même étonnée, je pressentais néanmoins dans tout ceci l’ébauche d’une franche affirmation. J’affirmais, j’affichais un petit Moi entre clair et obscur ! Le bras tendu m’y avait conduite… à grands traits. J’avais l’impression de souligner – tel un président soulignant magistralement sa signature – la densité de mon existence… alors même que je ne lui reconnaissais pas encore la moindre
signification.