Mes vingt ans à l'OSE

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« Depuis l'âge de neuf ans, ma vie n'a cessé d'être mouvementée. J'ai vécu deux guerres, deux révolutions et l'occupation de la France par les Allemands. Témoin de mon temps, j'ai bien des choses intéressantes à raconter. » Telles sont les premières lignes des mémoires de Germaine Masourt dont nous publions une partie, la plus historique, celle concernant la guerre et la reconstruction, ses vingt ans à l'OSE. Comme le titre l'indique, son itinéraire s'identifie à l'histoire de l'OSE qu'elle ne quittera qu'au moment de sa retraite. Cette œuvre médico-sociale née à Saint-Petersbourg en 1912, repliée à Montpellier ne pouvait qu'accueillir cette jeune juive russe immigrée d'Odessa. Elle y fera toute sa carrière jusqu'à la fin des années 1970. Son récit est véritablement une
Publié le : vendredi 17 juin 2011
Lecture(s) : 78
EAN13 : 9782748176667
Nombre de pages : 245
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Mes vingt ans à l’OSE 1941-1961
Jenny Masour-Ratner
Mes vingt ans à l’OSE1941-1961
Préface de Serge Klarsfeld
Introduction et annotations de Katy Hazan
COLLECTIONTÉMOIGNAGES DE LASHOAH
LeManuscritwww.manuscrit.com
© Éditions Le Manuscrit, 2006 20, rue des Petits-Champs 75002 Paris Téléphone : 08 90 71 10 18 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com communication@manuscrit.com ISBN : 2-7481-7667-7 (pour le fichier numérique) ISBN 13 : 9782748176674 (pour le fichier numérique) ISBN : 2-7481-7666-9 (pour le livre imprimé) ISBN 13 : 9782748176667 (pour le livre imprimé)
La collection « Témoignages de la Shoah » de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah Avec la collection « Témoignages de la Shoah », réalisée en partenariat avec les éditions Le Manuscrit, la Fondation souhaite conserver et transmettre vers un large public la mémoire des victimes et des témoins des années noires des persécutions antisémites de 1933 à 1945. Aux nombreux ouvrages déjà parus, la Fondation espère ainsi ajouter les récits de celles et ceux dont les voix sont restées jusqu’ici sans écho : souvenirs souvent enfouis au plus profond des mémoires individuelles ou familiales, récits parfois écrits mais jamais diffusés, témoignages publiés au sortir de l’enfer des camps, mais disparus depuis trop longtemps des rayons des bibliothèques. Si quelqu’un seul ne peut décrire l’indicible, la multiplicité des récits peut s’en approcher. En tout cas, c’est l’objectif que s’assigne cette collection à laquelle la Fondation, grâce à son Comité de lecture composé d’historiens et de témoins, apporte sa caution morale et historique. Face à une actualité où l’instrumentalisation des conflits divers tend à obscurcir, confondre et banaliser ce que fut la Shoah, cette collection permettra aux lecteurs, chercheurs et étudiants de mesurer la spécificité d’une persécution extrême dont les uns furent acteurs, les autres complices, et face à laquelle certains restèrent indifférents et les autres héroïques. Puissent ces ouvrages inspirer à leurs lecteurs le rejet de l’antisémitisme et de toute autre forme d’exclusion, et l’esprit de fraternité. Simone VEIL Présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah
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Comité de lecture de la collection Président : Serge Klarsfeld Membres : Katy Hazan (OSE), Dominique Missika,  Olivier Coquard, Gérard Gobitz,  Denis Peschanski et Paul Schaffer Responsable de la collection : Philippe Weyl Dans la même collection Murmures d’enfants dans la nuit,de Rachel Chetrit-Benaudis Auschwitz, le 16 mars 1945, d’Alex Mayer Dernière Porte,de suivi Cinquante ans après, une journée à Auschwitz, de Claude Zlotzisty À la vie ! Les enfants de Buchenwald, du shtetlà l’OSE, de Katy Hazan et Éric Ghozlan J’ai eu douze ans à Bergen-Belsen, d’Albert Bigielman Matricule A-16689. Souvenirs de déportation d’un enfant de treize ans (mai 1944-mai 1945), de Claude Hirsch Jamais je n’aurai quatorze ans, de François Lecomte Sali, de Salomon Malmed Journal d’un interné. Compiègne, Drancy, Pithiviers. 12 décembre 1941-23 septembre 1942.Journal(volume I),Souvenirs et lettres(volume II), de Benjamin Schatzman Trois mois dura notre bonheur. Mémoires 1943-1944, de Jacques Salon Vies interdites, de Mireille Boccrara Retour d’Auschwitz, de Guy Kohen Mille jours de la vie d’un déporté qui a eu de la chance, de Théodore Woda Évadée du Vél’ d’Hiv’, d’Anna Traube Journal de route, 14 mars-9 mai 1945de Jean Oppenheimer
Présentation de l’Œuvre de secours aux enfants (OSE) 1 La mémoire ne nous guérit pas de la mémoire et l’oubli nous tue Michaël Glück L’OSE les a accueillis, abrités, élevés. La vocation de cette association fondée à Saint-Pétersbourg en 1912 a longtemps été de sauver la vie. Aujourd’hui, elle souhaite également préserver la mémoire. Le consensus de silence de l’immédiat après-guerre est arrivé à sa fin. Avec ces ouvrages, c’est une mission nouvelle que se donne le service « Archives et Histoire » de l’OSE : permettre à tous ceux qui le désirent de publier leurs écrits. L’OSE demeure, pour les survivants et ceux que l’on nomme encore les « enfants cachés », un havre, un lieu d’écoute. Dans ses archives reposent leurs dossiers d’enfant, seules preuves tangibles de leur passé. Bien d’autres, qui n’ont pas été confiés à l’OSE, viennent avec confiance déposer leurs manuscrits, parfois juste une ébauche ou un désir d’écrire. Ces hommes et ces femmes souhaitent renouer par l’écriture avec l’enfant qu’ils furent jadis. Sachant d’instinct que le chemin qui y mène est difficile. Écrire le passé exige que celui-ci soit parcouru en sens inverse. Que l’on se remémore le visage et les gestes de ceux qui ne sont jamais revenus. Que l’on revive la séparation, 1 Partition blanche, Verdier, 1984.
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l’arrachement, le cauchemar de l’abandon et de la perte. Pour écrire, il faut écouter la voix en soi qui raconte. À la fois inaudible et assourdissante. Tel est le souhait du service « Archives et Histoire »… Aider tous ceux pour qui laisser une trace de leur itinéraire est une démarche vitale. Faire connaître ces témoignages nés de la souffrance, pour leurs enfants, les générations à venir, pour tous ceux qui voudront partager le récit de leur destinée. L’Histoire de tous est la même, l’histoire de chacun est unique. Dans son vécu, sa musique intérieure, son style. Certains ont mis des années pour y parvenir, arrachant chaque parole, dans une indicible angoisse, au no man’s landde leur mémoire. D’autres ont vu les mots surgir, limpides, du plus profond de l’oubli. Ces textes ne cherchent pas à restituer les faits objectifs de l’Histoire, mais à faire entendre le vécu de chacun. À cette première mission, l’OSE se devait de faire une place spécifique aux acteurs du sauvetage des enfants pendant la guerre qui ont écrit leurs souvenirs et qui dorment dans les archives de l’association : directeur de maisons d’enfants ou dirigeant, assistante sociale ou médecin, ils ont tous, à un moment ou à un autre, à une place ou à une autre, contribué à cette part méconnue de la résistance juive. Enfin, rassembler et mettre en perspective des témoignages de la guerre ou de l’après-guerre, allier l’histoire et la mémoire dans le même « devoir de connaissance » pour les générations futures reste le fil rouge de ces livres.
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