Migrants et développement

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L'ouvrage propose une analyse des visions et des pratiques des acteurs individuels, associatifs et publics de Belgique, impliqués par des actions de « co-développement » ou de solidarité internationale intégrant des migrants. Pour identifier et décrire les pratiques de solidarité des migrants avec leur région d'origine, les auteurs ont procédé à l'organisation, entre 2008 et 2010, de plusieurs enquêtes, de groupes de réflexion et de recensions diverses.
Publié le : samedi 1 janvier 2011
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EAN13 : 9782296451551
Nombre de pages : 215
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Migrants et développement Politiques, pratiques et acteurs en Belgique
Dans la collection « Compétences interculturelles »A. MANÇO et C. BOLZMAN (éds),Transnationalités et développement. Rôles de l’interculturel, 2010, 222 p. K. HADDAD, A. MANÇO, M. ECKMANN (dir.),Antagonismes et dialogues interculturels. Du constat des polarisations à la construction des cohésions,2009, 250 p. E. TAŞ,Kısmet ! Belgique/Turquie : regards croisés sur mariages et migrations, 2008, 144 p. M. SARLET, A. MANÇO (éds),Tourismes et diversités : facteurs de développement ?,2008, 158 p. B. TISON,Des Indiennes en Europe. Valeurs et stratégies identitaires : comparaisons Paris-Londres,2008, 176 p. J. DEPIREUX, A. MANÇO (éds),Formation d’adultes et interculturalité. Innovations en pays francophones,2008, 158 p. A. MANÇO (éd.),Valorisation des compétences et co-développement. Africain(e)s qualifié(e)s en immigration,2008, 236 p. K. HADDAD,L’intégration des musulmans en Suède. Un défi singulier pour une société multiculturelle ?,2008, 125 p. S. de TAPIA, S. AKGÖNÜL (éds.),Minorités discrètes, diasporas en devenir ? Kalmouks, Kazakhs et Tibétains en France, 2008, 322 p. A. CHAOUITE,L’interculturel comme art de vivre. Fragments critiques, 2007, 152 p. H. SAIDI (éd.)Les étrangers en France et l’héritage colonial. Processus historiques et identitaires, 2007, 154 p. J. DE CHANGY, F. DASSETTO, B. MARECHAL,Relations et co-inclusion. Islam en Belgique,2007, 240 p. M. BORN et coll. (éds),Recomposer sa vie ailleurs. Recherche-action auprès des familles primo-arrivantes,2006, 214 p. A. MANÇO,Processus identitaires et intégration. Approche psychosociale des jeunes issus de l’immigration,2006, 188 p.
A. MANÇO (coord.),Turcs en Europe. L’heure de l’élargissement,2006, 129 p.
E. PRIEUR, E. JOVELIN et M. BLANC(coord.),Travail social et immigration. Interculturalité et pratiques professionnelles,2006, 312 p. A. ELIA,Réseaux ethnocommunautaires des Foulbé en Italie. Recherche de visibilité, logiques associatives et stratégies migratoires, 2006, 115 p. S. AKGÖNÜL,Religions de Turquie, religions des Turcs. Nouveaux acteurs dans l’Europe élargie,2005, 193 p. L. MULLER et S. de TAPIA (éds),Un dynamisme venu d’ailleurs : la création d’entreprises par les immigrés,2005, 311 p. A. MANÇO et S. AMORANITIS(éds),Reconnaissance de l’islam dans les communes d’Europe. Actions contre les discriminations religieuses, 2005, 200 p. Traduit en anglais. Ch. PARTHOENS et A. MANÇO,: un « village musulman De Zola à Atatürk » en Wallonie. Cheratte-Visé, 2005, 174 p. J. GATUGU, S. AMORANITIS et A. MANÇO (éds),La vie associative des migrants : quelles (re)connaissances ? Réponses européennes et canadiennes, 2004, 280 p. U. MANÇO (dir.),Reconnaissance et discrimination : présence de l’islam en Europe occidentale et en Amérique du Nord, 2004, 371 p. Traduit en italien. A. MANÇO (éd.),Turquie : vers de nouveaux horizons migratoires ?, 2004, 308 p. M. VATZ LAAROUSSI et A. MANÇO (éds),Jeunesses, citoyennetés, violences. Réfugiés albanais en Belgique et au Québec, 2003, 312 p. D. CRUTZEN et A. MANÇO (éds),Compétences linguistiques et sociocognitives des enfants de migrants. Turcs et Marocains en Belgique, 2003, 126 p. A. MANÇO,Compétences interculturelles des jeunes issus de l’immigration. Perspectives théoriques et pratiques, 2002, 182 p.
« Compétences Interculturelles »ues,une collection destinée à présenter les travaux théoriq  est empiriques et pratiques des chercheurs scientifiques et des acteurs sociaux qui ont pour but d’identifier, de modéliser et de valoriser les ressources et les compétences interculturelles des populations et des institutions confrontées à la multiplicité des référents socioculturels et aux contacts entre différentes cultures. Les compétences interculturelles se révèlent capitales, notamment dans le double effort d’intégration des personnes issues de migrations, qui doivent à tout le moins se positionner à la fois par rapport à la société d’accueil et par rapport aux milieux d’origine, eux-mêmes en constante transformation. Les travailleurs sociaux au sens large, les enseignants, d’autres intervenants, mais également les décideurs chargés des politiques d’accueil et d’intégration des migrants et des minorités culturelles sont concernés par ce type de compétences professionnelles pour mener, à destination de ces publics, des actions de développement social et pédagogique efficaces. Même si l’objectif de la présente collection est prioritairement de faire connaître les travaux del’Institut de Recherche, Formation et Action sur les Migrations (IRFAM) et de ses nombreux partenaires internationaux, cet espace d’expression est ouvert aux équipes pluridisciplinaires qui souhaitent contribuer à l’approfondissement des savoirs et des savoir-faire en matière de développement interculturel.Les publications en préparation couvrent divers domaines parmi lesquels :oInterculturel, activités créatives et insertion ;oMigrations et prévention des violences ; oPour une éducation aux migrations équitables ;oPsychologie et migrations : vers une synthèse.La collection bénéficie des apports d’unComité scientifique internationalqui a pour rôle d’évaluer les ouvrages et les chapitres d’ouvrage proposés pour publication, ainsi que d’initier des thèmes nouveaux. Le Comité participe à l’orientation de la politique d’édition, de diffusion et de promotion de la collection. Les membres du Comité sont : Barras Christine, Bruxelles Bilge Sirma, Université de Montréal Bolzman Claudio, Haute Ecole Spécialisée de la Suisse Occidentale, Genève Bultot Alain, Conseil de l’Education et de la Formation, Bruxelles Cohen-Emerique Margalit, Paris Coslin Pierre,Université de Paris V de Tapia Stéphane,Centre National de Recherche Scientifique et Université M. Bloch, Strasbourg Dehalu Pierre,Haute Ecole Namuroise Catholique Etienne Caroline, Namur Franchi Vijé, Université de Paris V Gatugu Joseph, Centre d’Action Interculturelle de Namur Germain Annick, Institut National de Recherche Scientifique, Montréal Gerstnerova Andrea,Université Charles de Prague Gjeloshaj Kolë,Université Libre de Bruxelles Helly Denise, Institut National de Recherche Scientifique, Montréal Jacques Paul,Institut Wallon de Santé Mentale, Namur Kesteloot Christian, Université Catholique flamande de Louvain Lahlou Mohamed, Université de Lyon II Liégeois Jean-Pierre,Université de Paris V Louis Vincent,Université de Liège Manço Ural, Facultés Universitaires Saint-Louis de Bruxelles Ogay Tania, Université de Fribourg Raya Lozano Enrique,Université de Grenade Rigoni Isabelle, Université de Poitiers Santelli Emmanuelle, Centre National de Recherche Scientifique, Lyon Tisserant Pascal, Université de Metz Villan Michel, Direction Générale de l’Action Sociale et de la Santé, Namur Vulbeau Alain, Université de Paris X ZemniSami, Université de Gand Assistance technique :Kévin Haddad,4Motion, Esch-sur-Alzette__________ Collection « Compétences Interculturelles » __________ fondée et dirigée parAltay A. Manço
Des mêmes auteurs
Amoranitis S. etManço A.,Migration et développement en Europe. Politiques, pratiques et acteurs,Bruxelles, EUNOMAD, 2010, 128p. Accessible sur www.eunomad.org. Amoranitis S., Crutzen D.,Manço A. et al.,Développer le mainstreaming de la diversité. Recueil analytique d’outils d’intervention pour la valorisation de la diversité, Liège, IRFAM, 2010, 208 p. Manço AC. (éds),., Bolzman Diversité et développement,Bruxelles, Ed. Les politiques sociales, 2009, 128 p. Traduction en espagnol en cours. Poinsot M., Ahi-Gründler Y., Coslin P. etManço A.(éds)Les violences exercées sur les jeunes filles dans les familles d’origine étrangère et de culture musulmane : le développement des capacités de négociation interculturelle et de la prévention (Allemagne, Belgique et France),Paris, Agence pour le Développement des Relations Interculturelles (ADRI), 2002, 110 p. Traduit en allemand. Manço A.,Amoranitis S.(éds)Diversité, jeunesse et développement social. L’insertion des jeunes d’origine étrangère à l’aube du XXIè s., Bruxelles, Communauté Wallonie-Bruxelles, 2002, 79 p. (Epuisé). Gatugu J.,Manço A.,Amoranitis S.,Valorisation et transfert des compétences : l’intégration des migrants au service du co-développement. La population africaine de Wallonie, Paris, Turin, Budapest, L’Harmattan, coll. « Logiques sociales », 2001, 165 p. Manço A.,ans de présence en: 40 Sociographie de la population turque et d’origine turque Belgique (1960-2000). Dynamiques, problèmes, perspectives, Bruxelles, Centre des Relations Européennes, Ed. Européennes, 2000, 230 p. Traduit en turc et en néerlandais. (Epuisé). Feld S.,Manço A.,L’intégration des jeunes d’origine étrangère dans une société en mutation. L’insertion scolaire, socioculturelle et professionnelle en Belgique francophone, Paris, Montréal, L’Harmattan, coll. « Logiques sociales », 2000, 218 p. MançoA.,Amoranitis S. (éds),Délégation par abandon,Mons, Ed. Les politiques sociales, 1999, 128 p. Traduit en espagnol. Manço A.,Intégration et identités. Stratégies et positions des jeunes issus de l’immigration, Bruxelles, Paris, De Boeck-Université, coll. « L’Homme/L’Etranger », 1999, 245 p. (Epuisé). Manço A.,Valeurs et projets des jeunes issus de l’immigration. L’exemple des Turcs en Belgique, Paris, Montréal, L’Harmattan, coll. « Logiques sociales », 1998, 158 p. Manço A. et Manço U. (sous la direction),Turcs de Belgique. Identités et trajectoires d’une minorité, Bruxelles, Info-Türk et C.E.S.R.I.M., 1992, 288 p. (Epuisé). Manço A.A.-M., Dacos-Burgues (en collaboration avec Thirion B.),M.-H., Delange Pauvreté et scolarisation. L’exclusion socioscolaire au niveau de l’enseignement fondamental en Belgique francophone, Bruxelles, Ed. de la Fondation Roi Baudouin, 1992, 165 p. (Epuisé).
Sous la coordination de Altay A. Manço et Spyros Amoranitis Migrants et développementPolitiques, pratiques et acteurs en Belgique
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-13928-2 EAN : 9782296139282
Sommaire
Co-développement et interculturel : une évolution de la coopération au développement ?Altay Manço
EUNOMAD : un réseau européen regroupant des organisations spécialisées dans le domaine des migrations et du développement. Spyros Amoranitis, Pascale Charhon et Altay Manço
Paysages du co-développement en Belgique : acteurs publics et privés dans le champ des projets de « migration et développement ».Jean-Pierre Lahaye
Transfaires : pour un développement partagé, durable et interculturel. Spyros Amoranitis et Altay Manço
La plateforme EUNOMAD en Belgique : réaliser ensemble ce que nous ne pouvons faire seuls.Spyros Amoranitis et Altay Manço
Représentations et pratiques de solidarité des migrants avec leur famille au pays d’origine : comparaison des situations en Belgique et au Canada. Zahia Agsous et Altay Manço
Vers le co-développement ? Identification des acteurs migrants, analyse des pratiques, des ressources et des besoins en Belgique.Altay Manço
Des pratiques.
Co-développement en Flandre : sources et dynamiques.Suzanne Monkasa
Conclusions générales et recommandations aux acteurs. Spyros Amoranitis et Altay Manço
Présentation des auteurs.
Présentation de l’IRFAM.
Dans l’ensemble de cet ouvrage, le masculin est utilisé comme épièce.
Un grand merci àMélanie Knottde l’IRFAM pour sa relecture critique.
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A. Manço et S. Amoranitis (coord.),Migrants et développement
Co-développement et interculturel : une évolution de la coopération au développement ?
Altay Manço
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Dans les années 50, le modèle de développement occidental était considéré comme le meilleur et il fallait l’apporter aux pays « pauvres » pour résoudre leurs problèmes. La décolonisation a cependant permis le déploiement d’une analyse de plus en plus critique de ce modèle. Plus les années ont passé, plus les observateurs ont été obligés de constater que, globalement, « l’aide au développement » était loin d’atteindre ses promesses. Partout dans les pays en développement, la corruption, l’urbanisation sauvage, l’insécurité alimentaire, les épidémies, les guerres, les renversements politiques à répétition sont légion et liés à une répartition très inégale des revenus, à la surpopulation, à une forte croissance démographique, à des taux élevés de chômage, à la violation des droits de l’homme, à des catastrophes naturelles, ainsi qu’à un faible niveau de gouvernance (Commission européenne, 2002).
La redistribution des ressources entre le Nord et le Sud de la planète est de plus en plus inégalitaire. Les politiques économiques continuent de barrer la route au développement des pays du Sud et d’appauvrir une grande partie de leur population. Les échanges commerciaux sont très inéquitables et spolient les populations du Sud de leurs richesses. On constate depuis longtemps que ce ne sont ni les aides humanitaires ni les politiques de coopération ni celles de gestion des flux migratoires qui permettent à ces pays de se tirer de la situation préoccupante qui les caractérise.
Ce n’est que vers l’an 2000 que l’insatisfaction liée à la coopération au développement commence à s’inscrire dans la conscience politique globale à travers, notamment, la définition des objectifs du millénaire pour le développement (Nations Unies, 2000). Ces huit objectifs sont les suivants : réduire l’extrême pauvreté et la faim ; assurer l’éducation pour tous ; promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes ; réduire la mortalité infantile ; améliorer la santé maternelle ; combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d’autres maladies ; préserver l’environnement ; mettre en place un partenariat mondial pour le développement.
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A. Manço et S. Amoranitis (coord.),Migrants et développement
Bien que plus ancien, le concept de« co-développement »commence à se populariser à peu près à la même époque : à travers lui, certains acteurs du secteur de la coopération tentent de mettre en relation deux phénomènes souvent traités distinctement l’un de l’autre :les migrations et le développement.
Les motivations qui poussent les acteurs et les Etats à l’élaboration d’un tel concept sont multiples. Certaines sont philanthropiques et pragmatiques. Elles partent du constat de l’échec de la plupart des tentatives d’aide au développement des pays du Sud. La recherche de nouveaux paradigmes s’impose donc, le développement équivaut au renforcement de futurs partenaires économiques. Mais il existe également d’autres préoccupations politiques qui poussent les Etats du Nord à investiguer de nouveaux scénarii de renforcement, par exemple, les poussées migratoires Sud/Nord. L’intention initiale peut ainsi être protectionniste : « comment prévenir les migrations ? », « comment organiser le retour des migrants chez eux ? », « comment protéger mieux le marché du travail au profit des nationaux ? », … Elle peut également être opportuniste : « comment faire porter le coût du développement aux migrants originaires des pays du Sud ? »
Nous abordons la question sous un angle différent qui nous semble être plus équitable, plus efficace, plus durable et plus interactif : comment l’immigré peut contribuer au développement de son pays d’accueiletde son pays d’origine(Gatugu, Manço, Amoranitis, 2001, 20) ? En effet, en tant qu’acteurs singuliers ou collectifs, insérés dans de multiples réseaux, les migrants et les groupes issus des migrations sont à la base de nombreuses pratiques comme l’aide financière et matérielle de leur région d’origine. Ils sont vecteurs d’expériences, de compétences interculturelles (Manço, 2002) et d’apprentissages spécifiques liés à leur parcours migratoire. Ces habiletés peuvent également être transférées vers les régions d’origine (Manço, 2008).
Mais il y a plus encore : lemigrantpeut aussi jouer un rôle de« pont »entre ses territoires de référence et ainsi permettre, également à son pays d’accueil, un développement culturel, social et économique en rapport avec le Sud ; une autre conscience et une nouvelle sensibilité peuvent jaillir de ce rapport nouveau entre les peuples duNordet les peuples duSud.
1. Précisions terminologiques : des acteurs et des espaces L’usage du mot« migrant »créer de l’insatisfaction, un pourrait sentiment d’ambiguïté ou, à tout le moins, une interrogation chez le
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