Migrations en Afrique : un regard neuf / Le retour de la question allemande ?

De

Les déplacements des Africains concernent massivement...l’Afrique seule. Se préoccuper des migrations internationales, c’est donc porter le regard bien au-delà des conjonctures européennes. Ce numéro de Politique étrangère s’y attache, tentant de décrire (dans son dossier Migrations en Afrique : un regard neuf) les déterminants multiples des mouvements migratoires, les tentatives des États du continent noir pour gérer le problème majeur des déplacés internes, les difficultés d’intégration des migrants du travail dans les sociétés d’accueil, ou les faux-semblants des accords euro-africains de réadmission...

Dans une Europe confrontée à ses « polycrises », y a-t-il un retour de la questionallemande ?– thème de notre rubrique Contrechamps – ? Sans doute oui. Non que l’Allemagne le souhaite, mais du fait de son poids propre, parfois de l’incertitude de ses choix, et surtout du doute fondamental, existentiel, des Européens sur eux-mêmes, sur les conditions de leur entente. Un doute qui valorise, dans les faits, les positions allemandes.

Le Moyen-Orient s’enfonce dans la tragédie, et cette livraison de Politique étrangère propose de multiples réflexions : sur les rivalités inter-djihadistes, les risques de contagion vers des pays encore vaguement stables, sur les rapports de force militaires sur le terrain, ou sur les logiques internes qui gouvernent l’acteur turc – joueur décisif dans toutes les hypothèses.

Avec, sous-jacente, une question qu’on avait en Occident chassée depuis vingt ans, et que l’actualité nous ré-impose : que vaut vraiment l’armée russe ?...


Publié le : mardi 1 mars 2016
Lecture(s) : 6
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782365674843
Nombre de pages : 240
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
cover

politique étrangère

Image_14664.png

 

revue trimestrielle

publiée par l’Institut français

des relations internationales

Directeur de la publication

Thierry de Montbrial

N° Commission paritaire

0520 G 81088

N° ISBN

978-2-36567-484-3

ISSN

0032-342 X

Rédaction et administration

Ifri

27, rue de la Procession

75740 Paris Cedex 15

Courriels : david@ifri.orgpe@ifri.org

Tél. : 01 40 61 60 00

Impression

Jouve

1, rue du Docteur Sauvé, 53100 Mayenne

Dépôt légal

Mars 2016

Revue publiée avec le concours du Centre national du livre.

© Ifri

Tous droits de traduction, d’adaptation et de reproduction par tous procédés réservés pour tous pays. En applica­tion de la loi du 1er juillet 1992, il est interdit de reproduire, même partiellement, la présente publication sans l’autori­sation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie (3, rue Hautefeuille, 75006 Paris).

All rights reserved. No part of this publication may be translated, reproduced, stored in a retrieval system or transmitted in any form or any other means, electronic, mechanical, photocopying recording or otherwise, without prior permission of the publisher.

 

Politique étrangère est une revue de débats et d’analyses sur les grandes questions internationales : politiques, économiques ou de sécurité. Son ambition est de proposer aux décideurs économiques ou politiques, et aux milieux académiques, des analyses approfondies de l’actualité internationale, des mises en perspective des grands débats en matière de relations internationales, et de constituer un instrument de référence pour le long terme.

Chaque numéro comporte au moins un dossier concernant un événement ou une dimension du débat international, ainsi que plusieurs articles s’attachant à décrypter les questions d’actualité. Politique étrangère consacre en outre une large place à l’actualité des publications françaises et étrangères en matière de relations internationales.

Rédacteurs en chef

Dominique DaviD

Marc Hecker

Comité de rédaction

Alain Antil (Ifri, responsable Afrique sub­saharienne), Denis Bauchard (Ifri, conseiller, Moyen-Orient), Christophe Bertossi (Ifri, directeur, Migrations et citoyennetés), Corentin Brustlein (Ifri, coordonnateur, Études de sécu­rité), Thomas Gomart (Ifri, directeur), Jolyon Howorth (université de Yale, professeur), Ethan Kapstein (Institut européen d’administration des affaires, professeur), Jean Klein (université de Paris 1, professeur émérite), Jacques Mistral (Ifri, conseiller, Études économiques), Mansouria Mokhefi (Ifri, conseiller, Maghreb/Moyen-Orient), Dominique Moïsi (Ifri, conseiller spécial), Philippe Moreau Defarges (chercheur à l’Ifri), Éliane Mossé (Ifri, conseiller, Europe centrale et du Sud-Est), Laurence Nardon (Ifri, responsable, Espace et États-Unis), Françoise Nicolas (Ifri, directeur, Centre Asie – université de Marne-la-Vallée), Dorothée Schmid (Ifri, responsable, Turquie contemporaine), Hans Stark (Ifri, secrétaire général, Comité d’études des relations franco-allemandes).

Conseil scientifique

Thierry de Montbrial (président) – Hélène Carrère d’Encausse – Jean-Claude Casanova – Gérard Conac – Jean-Luc Domenach – Jean-Marie Guéhenno – François Heisbourg – Jacques Lesourne – Jean-Pierre Rioux – Pierre Rosanvallon – Olivier Roy – Jacques Rupnik – Georges-Henri Soutou – Maurice Vaïsse – Alain Vernay

Rédaction

Daphné ...

Group_14534.png
Group_14793.png

sommaire

Éditorial

 

DOSSIER

Migrations en Afrique : un regard neuf

Dossier dirigé par Alain Antil et Christophe Bertossi

 

Migrations : logiques africaines

Par Alain Antil, Christophe Bertossi, Victor Magnani et Matthieu Tardis

Au lieu de réduire le phénomène migratoire à un flux en direction du Nord, il faut cerner les dimensions historiques, culturelles, politiques, qui structurent les migrations en Afrique et les situent dans le système mondial des migrations.

 

Réadmission des migrants : les faux-semblants des partenariats euro-africains ?

Par Jean-Pierre Cassarino

Responsables européens et africains savent que les accords de réadmission, pas plus qu’ils ne dissuadent l’arrivée des migrants irréguliers, n’ont pour objet de lutter contre les migrations illégales. Ils traitent des conséquences, non des causes.

 

L’Afrique face à ses déplacés internes

Par Alexandra Bilak

La Convention de Kampala offre un cadre juridique sans précédent pour traiter des facteurs structurels à l’origine des déplacements internes et responsabiliser les acteurs africains pour la protection et l’assistance des personnes déplacées.

 

L’Afrique du Sud face aux migrations économiques

Par Zaheera Jinnah

La mobilité en Afrique est relativement faible si on la compare à celle d’autres régions. Le nombre de migrants sur le continent est passé de 15,6 millions en 1990 à 18,6 millions en 2013, représentant seulement 8 % des migrations totales.

CONTRECHAMPS

Le retour de la question allemande ?

 

De la question allemande à la question européenne

Par Hans Stark

La double question européenne et allemande perdurera tant que l’Europe demeurera prisonnière du système de Maastricht. Le seul moyen d’obtenir une Allemagne européenne consiste à renforcer l’intégration.

 

L’Allemagne du vivre ensemble

Par Stephan Martens

Rien ne serait plus simpliste que d’opposer la « cruauté » de l’Allemagne vis-à-vis de la Grèce à sa « générosité » à l’égard des migrants. Il s’agit en réalité de l’application cohérente d’une même philosophie politique : l’ordolibéralisme.

 

ACTUALITÉS

 

État islamique vs. Al-Qaïda : autopsie d’une lutte fratricide

Par Dominique Thomas

L’EI est entré dans une phase de djihad total contre l’ensemble de ses ennemis (sunnites apostats, chiites, minorités, occidentaux, Russes). Il s’est aussi lancé dans un combat d’idées avec Al-Qaïda et tente d’asseoir sa suprématie en misant sur une forme de lutte générationnelle.

 

L’État islamique et la nébuleuse djihadiste au Liban et en Jordanie

Par Élisabeth Marteu

Le Liban et la Jordanie donnent à voir des réalités djihadistes contrastées : l’accent est mis sur la lutte entre sunnites et chiites au Liban, tandis que la déstabilisation intérieure contre la monarchie hachémite prime en Jordanie.

 

Les Kurdes face à Daech : quelle efficacité militaire ?

Par Rémy Hémez

Il est illusoire d’envisager une offensive majeure kurde pour reprendre à Daech des territoires qui ne sont pas historiquement de peuplement kurde. Les Kurdes ne le veulent pas, et ne le peuvent pas.

 

Brexit : les risques du référendum

Par Vivien Pertusot

Dans l’hypothèse d’un Brexit, le contrecoup sur l’Union européenne serait réel. Le fait qu’un membre quitte le navire pourrait être le point de départ d’un démantèlement plus profond. Cela ferait le miel des mouvements eurosceptiques et servirait tout gouvernement rétif à l’intégration européenne.

REPÈRES

Que vaut l’armée russe ?

Par Isabelle Facon

La « guerre hybride » a de beaux jours devant elle, et les récentes interventions de la Russie en Ukraine et en Syrie montrent comment la créativité stratégique et opérationnelle de Moscou l’aide à compenser ses faiblesses.

La Turquie entre stabilité et fragilité

Par Aurélien Denizeau

La stabilité du pays depuis novembre pourrait n’être qu’un trompe-l’œil. Si large soit-elle, la victoire de l’AKP tient plus à la faiblesse et à la fragmentation de l’opposition qu’à une adhésion massive de la société turque à son projet.

 

Le « pivot » français vers l’Asie : une ébauche déjà dépassée ?

Par Hadrienne Terres

La présidence de François Hollande marque un renouveau dans l’attention portée à l’Asie. Zone prioritaire pour la diplomatie économique française, elle représente également un enjeu stratégique.

 

LECTURES

Sous la responsabilité de Marc Hecker

La grande illusion. Quand la France perdait la paix, 1914-1920, de Georges-Henri Soutou

La fin de l’empire des Tsars, de Dominic Lieven

Par Thomas Gomart

 

...

Group_2232.png

«Nenvoie jamais chercher pour qui sonne le glas : il sonne pour toi. » L’apostrophe de John Donne1 sonne un cruel rappel pour les Européens : le malheur du Moyen-Orient est aussi le leur, le destin des migrants qui meurent ou tentent de survivre sur nos rivages est aussi notre destin.

 

Zélateurs officiels de l’ouverture, des espaces sans limites, voici pourtant que les Européens redécouvrent les frontières et la division des espaces. Certes, l’arrivée en Europe, brusque et massive, de migrants – dont une majorité de réfugiés, au second semestre 2015, a constitué un double choc. L’Europe ne pouvait, du haut de sa civilisation avancée, presque post-nationale, se tenir à distance des malheurs du monde. Et si le monde proche venait à elle, sous forme de migrations, ou de terrorisme, la bonne conscience et l’invocation du droit ne suffiraient pas à régler l’affaire.

 

Ces mouvements de population étaient-ils si imprévisibles ? Sont-ils aussi massifs qu’on le dit, aussi simplement modélisables en déplacements Sud/Nord, que le suggère un discours dominant ? Politique étrangère choisit de décaler le débat, pour en éclairer la profondeur.

 

Parler des déplacements des populations africaines2, c’est d’abord rappeler que la majeure partie de ces déplacements s’effectue sur le continent noir lui-même. Et que leurs motifs sont extrêmement divers : héritages historiques, traditions communautaires, dynamiques économiques, problèmes climatiques, diffusion des conflits, etc. Les pays d’Afrique, par leurs politiques de développement, leurs accords éventuels avec les pays européens, leurs efforts pour organiser et gérer leurs déplacements internes, tentent, à la mesure de leurs moyens, de gouverner une tendance désormais très lourde. Face à ces déplacements, les pays africains doivent en effet gérer à la fois des problèmes spécifiques – dus à l’héritage historique ou à la faiblesse de nombre de leurs structures étatiques –, et des problèmes plus classiques d’insertion dans les marché du travail, ou de xénophobie.

 

Le dossier que nous présentons ici nous interpelle sur la complexité d’un phénomène migratoire que nous sommes tentés d’aborder par l’image simple de l’« invasion » sud-nord, ou en fonction des besoins démographiques européens. Il nous rappelle la relativité des chiffres qui nous ont traumatisés en 2015. Et que les problèmes de migrations – bien réels – ne se régleront ni à nos frontières, ni en exportant nos frontières plus au sud. Les fermetures hâtives de frontières, les accords de réadmission joints aux programmes d’aide au développement, ne sont rien d’autre que des expédients, face à des dynamiques trop profondes pour supporter l’absence de politiques de long terme.

 

***

 

Un pays d’Europe a symbolisé en 2015 cette redécouverte forcée d’un monde compliqué : l’Allemagne. Puissance dominante en Europe mais réticente à se penser comme telle. Puissance désormais ouverte au monde (voir la réaction spontanée de l’opinion allemande à l’arrivée des réfugiés de Syrie), mais affectant de ne guère y intervenir. Puissance exportatrice d’armements mais pensant un monde post-violent, et fière d’aligner ses armées « démilitarisées »… Berlin s’étonne d’un « retour de la question allemande », qu’elle assimile trop vite à un accès de germanophobie.

 

Le Contrechamps de ce numéro s’efforce de cerner les composantes de cette « question » telle qu’on peut aujourd’hui les appréhender. Tout d’abord la conscience qu’ont les Allemands de leur propre succès : digestion de l’unification, ouverture vers l’extérieur au nom d’une Europe tétanisée par l’arrivée des réfugiés. Le différentiel de puissance économique ensuite, dans une Union européenne fondée sur la logique des concurrences internes, et où Berlin a démontré sa force (provisoire ?) industrielle et exportatrice. Puis l’incapacité à penser une politique étrangère à la mesure de la position du pays ; on l’a vu à l’issue des débats publics de 2014 : beaucoup de mots pour peu de choix. L’absence de l’Union européenne en matière de politique étrangère enfin, son doute croissant quant à son fonctionnement interne, le lent effacement du projet européen face aux réveils nationaux voire nationalistes… Tous ces facteurs laissent à l’Allemagne une place qu’elle ne souhaite pas occuper, une place dont elle ne veut pas.

 

Nous voici donc face à une Allemagne empêtrée de sa propre image : généreuse et arrogante, riche et impuissante, avec un unilatéralisme visible à mesure de sa force. Une image à la fois de force, d’unilatéralisme et d’impuissance. La question des migrants illustre la contradiction : oui l’Allemagne a sans doute sauvé l’honneur de l’Europe face à une situation qu’elle n’avait su ni prévoir ni gérer, mais en prenant des décisions dangereuses et mal maîtrisées.

 

Peut-on penser la « question allemande » sans penser la « question européenne » ? Or 2016 risque d’être une année-tournant pour cette dernière. Pourra-t-on sauver « Schengen » des frontières qui se redressent un peu partout dans l’Union ? Quelle Europe survivra au débat du Brexit – quelle qu’en soit l’issue ? Les États unitaires survivront-ils aux poussées identitaires et régionalistes ? Les marchés financiers laisseront-ils aux économies du sud de l’Europe le temps de se reconstruire ? L’Union européenne se pensera-t-elle seulement comme marché divisé et ouvert, ou comme une communauté de valeurs ? Et puisque ni Paris ni Berlin ne semblent pouvoir accoucher pour eux-mêmes d’une vision européenne, pourraient-ils le faire solidairement ? Il n’y a sans doute pas de problème allemand que produirait la volonté de puissance de Berlin ; mais l’état de puissance couplé à l’impuissance des autres pose problème.

 

***

 

À cette Allemagne tentée – on sait pourquoi – d’oublier la dimension militaire de la puissance, on conseillera de suivre les métamorphoses de la stratégie et de l’appareil militaire russes. Quand les Soviétiques s’usaient à reproduire les fantasmes techno-militaires occidentaux, les Russes ont depuis quelques années intelligemment choisi de développer des moyens correspondant à leurs propres besoins, à leur position sur l’échelle des forces. Ces moyens leur donnent une nouvelle assise militaire, non pas globale mais fort utile au service de leur stratégie d’affirmation régionale ou, ailleurs, de blocage, d’où les manœuvres ukrainienne et syrienne.

 

Dans le même registre de l’usage de la force, on pourra suivre dans ce numéro quelques thèmes essentiels sur les événements du Moyen-Orient : comment, entre Daech et Al-Qaïda, s’est développée la lutte pour le leadership du djihad ; le désordre syro-irakien va-t-il se diffuser à la Jordanie et au Liban, déjà bouleversés par l’accueil des réfugiés syriens – à une tout autre échelle que l’UE… ? Et sur le terrain, qui défera l’État islamique – quelles sont concrètement les capacités militaires kurdes, pour l’heure presque seules ?

 

« Nul homme n’est une île, se suffisant à soi-même3. » Les flux migratoires, l’explosion du Moyen-Orient, au moment même où les Européens doutent de leur destin commun, nous disent que l’Europe ne peut se penser indépendamment du monde, que nos exportations ne peuvent être notre seul dialogue avec les autres. 2016 pourrait être l’année du sursaut face au trop grand danger ; ou celle...

1

. Devotions upon Emergent Occasions, and Several Steps in my Sickness, 1624.

2

. Le dossier « Migrations en Afrique » a été réalisé conjointement par le Centre Migrations et Citoyennetés et le programme Afrique subsaharienne de l’Ifri, avec la collaboration d’Alain Antil, Christophe Bertossi, Victor Magnani et Matthieu Tardis.

3

. John Donne, ...

Group_32792.png

Migrations : logiques africaines

Par Alain Antil, Christophe Bertossi, Victor Magnani et Matthieu Tardis

Alain Antil est responsable du programme Afrique subsaharienne de l'Ifri.

Christophe Bertossi est directeur du Centre Migrations et Citoyennetés de l'Ifri.

Victor Magnani est chargé de projets au programme Afrique subsaharienne de l'Ifri.

Matthieu Tardis est chercheur au Centre Migrations et Citoyennetés de l'Ifri.

Les causes des déplacements de populations africaines, dans leurs pays, sur le continent, ou vers l’Europe, sont anciennes et multiples. Le terme de « migrations » recouvre des situations, et des implications, internes et internationales, très diverses. Les facteurs de la mobilité doivent être analysés finement. On ne peut répondre à la complexité du problème par la simple gestion des frontières, ou l’externalisation de la question, comme semble tentée de le faire l’Union européenne.

politique étrangère

Depuis les années 1990, les migrations mondiales ont pris une importance telle qu’elles constituent un enjeu central des relations internationales, tant pour la place qu’elles occupent dans les relations entre États – du Nord et du Sud ; de départ, de transit et de destination – que pour leur émergence sur l’agenda d’une gouvernance globale. Il y a en 2015 trois fois plus de migrants dans le monde qu’il y a quarante ans, avec 244 millions de...

1

. L’expansion bantoue désigne un vaste mouvement humain et culturel sur plus d’un millénaire. Les grandes migrations de populations bantoues, originaires d’une zone aujourd’hui située au sud du Cameroun, vers l’est et le sud du continent ont abouti à la situation actuelle. Le terme bantou concerne des populations que l’on retrouve du Cameroun au sud du Kenya et aux Comores, du Kenya à l’Afrique du Sud et du Cameroun à l’Angola en recouvrant tout le territoire de la RDC. On compte, selon les différents experts, entre 450 et 600 langues bantoues.

2

. Ou Empire du Mali.

3

. Ou Rabih Az-Zubayr ibn Fadl Allah, seigneur de guerre soudanais et trafiquant d’esclaves qui ravagea des zones aujourd’hui situées au sud du Tchad et au nord de la RCA.

4

. Comme l’a montré Andrea Ceriana Mayneri, anthropologue et chercheur affilié à l'IMAF-Aix lors d’une conférence sur la crise centrafricaine organisée à l’Ifri le 1er juin 2015.

5

. Sud-ouest du Nigeria actuel et sud-est du Bénin.

6

. Appelé également royaume du Danhomè ou royaume Fon, sud du Bénin actuel.

7

. « Migrations et travaux forcés en Afrique subsaharienne à l'époque coloniale », Hommes et migrations, n° 1228, novembre-décembre 2000 : « L'héritage colonial, un trou de mémoire », pp. 52-61.

8

. Sans compter les nombreux décès durant le transport entre le lieu de la « réquisition » et le lieu du chantier.

9

. Op. cit. p. 56.

10

. L’exigence d’impôt en argent ayant été plus efficace que l’institution du travail forcé pour l’intégration des populations à l’économie coloniale.

11

. P. David, Les Navétanes. Histoires de migrants saisonniers de l’arachide en Sénégambie des origines à nos jours, Dakar, Les Nouvelles éditions africaines, 1980.

12

. À l’exception cependant de l’Amérique latine, des Caraïbes et de l’Amérique du Nord.

13

. Chiffres 2015 de la division Population du département des Affaires économiques et sociales des Nations unies disponibles sur : <www.un.org>.

14

. 14,39 millions de réfugiés étaient sous la protection du HCR fin 2014, hors réfugiés palestiniens au Proche-Orient qui relèvent du mandat de l’UNRWA. Voir les statistiques du HCR disponibles sur : <www.unhcr.org>.

15

. Voir dans ce numéro l’article d’Alexandra Bilak.

16

. G. Okoth-Obbo, « Thirty years on: a legal reviex of the 1969 Convention governing the Specific Aspects of Refugee Problems in Africa », Refugee Survey Quaterly, vol. 20, n° 1, 2001.

17

. Déclaration de Carthagène de 1984.

18

. L’Union européenne n’a pas souhaité élargir la définition de réfugié qui résulte de la convention du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés. Elle a créé en 2001 un statut de protection temporaire, octroyé collectivement en cas d’afflux massif de personnes déplacées. Cette protection n’a jamais été appliquée, y compris en 2015 lorsque l’Union a fait face à une arrivée sans précédent depuis la Seconde guerre mondiale de personnes fuyant leur pays.

19

. V. Kolmannskog, « Climate Change, Disaster, Displacement and Migration: Initial Evidence from Africa », New issues in refugee research, Research paper n° 180, UNHCR, décembre 2009, p. 5-10.

20

. Sur les flux mixtes en Afrique, voir North Africa Mixed Task Force, « Conditions and Risks of Mixed Migration in North East Africa », novembre 2015.

21

. Les deux premières décennies de l’indépendance ont été, pour la Côte d’Ivoire, une période de croissance économique très forte.

22

. C. Bouquet, « Le poids des étrangers en Côte d'Ivoire », Annales de Géographie, t. 112, n° 630, 2003. pp. 115-145.

23

. S. Bredeloup, « La Côte d’Ivoire ou l’étrange destin de l’étranger », Revue européenne des migrations internationales, vol. 19, n° 2, 2003.

24

. F. Hervieu-Wane, « Comment est née l’ivoirité », Jeune Afrique, 11 avril 2004.

25

. Nous utilisons le terme « communautaire », car les tensions avec les étrangers se doublent de tensions entre Ivoiriens du Sud et du Nord, ces derniers, qui appartiennent à des ethnies présentes par exemple au Burkina Faso ou au Mali, sont parfois considérés, au Sud, comme des étrangers, beaucoup nourrissant le sentiment amer d’être des citoyens de seconde zone.

26

. Qui assure la fin du mandat président d’Houphouët-Boigny après la mort de celui-ci, et est élu en 1995.

27

. A. Babo, « Conflits fonciers, ivoirité et crise sociopolitique en Côte d’Ivoire », Note de l’Ifri, Paris, Ifri, 2009.

28

. Voir, dans le dossier qui suit, l’article de Zaheera Jinnah.

29

. L’Afrique de l’Ouest comme espace migratoire et espace de protection, 2008, UNHCR, disponible sur : <www.unhcr.fr>.

30

. Ibid.

31

. RFI, « Angola : rafle de plus de 3 000 étrangers à Luanda », 22 décembre 2014.

32

. Les villes de Kinshasa et de Brazzaville sont voisines, simplement séparées par le fleuve Congo.

33

. J. Barou, « La famille à distance. Nouvelles stratégies familiales chez les immigrés d’Afrique sahélienne », Hommes et Migrations n° 1232, juillet-août 2001.

34

. F. Diome, Le Ventre de l’Atlantique, Paris, Éditions Anne Carrière, 2003.

35

. Conseil européen, Espace de liberté, de sécurité et de justice : le programme de La Haye, Bruxelles, 4 et 5 novembre 2004.

36

. Ibid.

37

. Commission européenne, Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Conseil économique et social et au Comité des régions – Approche globale de la question des migrations et de la mobilité, COM (2011) 743 final, Bruxelles, 18 novembre 2011.

38

. Sur la dimension externe de la politique d’asile de l’UE, voir : M. Tardis, « Le droit d’asile, histoire d’un échec européen », Les études de l’Ifri, Paris, Ifri, août 2015, p. 26-30.

39

. En savoir plus sur : <www.lejdd.fr>.

40

. En savoir plus sur : <http://data.unhcr.org>.

41

. En savoir plus sur : <www.politico.eu>.

42

. Voir le plan d’action adopté lors du sommet disponible sur : <www.consilium.europa.eu>.

43

. Voir, dans ce dossier, l’article de Jean-Pierre Cassarino.

44

. M.-L. Flahaux, C. Beauchemin,...

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.