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Migrations et mobilités internationales

148 pages
Un bon nombre d'étudiants saisissent l'aubaine de dispositifs favorisant les mobilités, tel celui bien connu sous le nom d'Erasmus. Ainsi, ce numéro d'Agora consacre son dossier aux migrations et mobilités internationales. Pour ces étudiants, ces programmes permettent-ils de s'affranchir du groupe des pairs et accessoirement de la famille ? Ces étudiants sont-ils à la recherche d'eux mêmes ? C'est à diverses expériences, notamment à ces questions, qu'invitent les articles de ce dossier.
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Agora débats/jeunesses N° 50 E 4 TRIMESTRE 2008

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Du nouveau pour les lecteurs d’Agora !
À partir du prochain numéro (le numéro 51), Agora fait « peau neuve », avec une nouvelle maquette que nous avons voulue attrayante, jeune, lumineuse, et une rubrique « Actualité » repensée. Par ailleurs, va se mettre en place un nouveau rythme de parution avec trois numéros par an. Le prix de l’abonnement passera à 42 euros pour l’année (frais de port compris), le prix à l’unité à 14 euros (frais de port non compris). Le numéro 51 inaugurera l’année 2009 pour les nouveaux abonnés.

Pour plus d’informations sur les abonnements

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SOMMAIRE

AGORA N° 50 – 4E TRIMESTRE 2008
LA PARTICIPATION POLITIQUE DES JEUNES ALLEMANDS DEPUIS LA RÉUNIFICATION Wolfgang Gaiser, Johann de Rijke 6

DOSSIER
MIGRATIONS ET MOBILITÉS INTERNATIONALES
Un dossier coordonné par Henri Eckert et Alain Vilbrod INTRODUCTION Henri Eckert, Alain Vilbrod LA MOBILITÉ DES JEUNES RÉUNIONNAIS Lucette Labache LE VSI : UN VOLONTAIRE À PART ? Clémence Bosselut SVE : MOBILITÉ ET CONSTRUCTION DE SOI Nassira Hedjerassi, Frank Razafindrazaka VERS UN ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR EUROPÉEN CONCURRENTIEL ? Magali Ballatore EXPÉRIENCES DE MOBILITÉ ÉTUDIANTE ET CONSTRUCTION DE SOI Geoffrey Pleyers, Jean-François Guillaume POUR EN SAVOIR PLUS

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VALEURS ET ENGAGEMENT DANS LES ÉTUDES SUPÉRIEURES AU QUÉBEC Jacques Hamel, Christian Méthot, Gabriel Doré

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ACTUALITÉ LIVRES
Comptes rendus de lecture Parutions

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106 114

AGENDA VEILLE INFORMATIVE
Recherche / Études / Formations Rapports officiels Sur le web

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121 132 135

&

V. O. 139 English : 140 • Español : 142 • Deutsch : 144

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LA PARTICIPATION POLITIQUE DES JEUNES ALLEMANDS DEPUIS LA RÉUNIFICATION
La Jugendsurvey, enquête longitudinale menée par le Deutsches Jugendinstitut (DJI), permet de mieux connaître l’évolution du rapport des jeunes Allemands à la politique et aux institutions. Son exploitation conduit à relativiser et nuancer le discours sur leur désintérêt pour la politique et l’engagement. Si on observe en effet une baisse de la participation des jeunes aux activités de certaines structures traditionnelles, leur aspiration fondamentale à s’engager reste manifeste, même si le plus souvent cela ne se produit qu’au cours d’activités ponctuelles.
Wolfgang Gaiser Johann de Rijke Chercheurs au Deutsches Jugendinstitut (DJI – Institut allemand de recherches sur la jeunesse), Munich (www.dji.de) DJI – Nockherstr. 2 – 81541 Munich (Allemagne)
L’enquête Jeunesse du DJI a cette particularité qu’avec ses questionnaires identiques portant sur une large base empirique, elle peut décrire longitudinalement et analyser finement le rapport des adolescents et des jeunes adultes à la démocratie, à la politique et aux institutions, ainsi que leur participation civile et sociale à diverses étapes de la réunification allemande. Elle révèle de nombreux clivages entre les jeunes ayant vécu leur enfance, voire leur jeunesse pour les enquêtés de la première vague, à l’Est ou à l’Ouest. Lors des deux premières vagues de l’enquête (1992 et 1997), environ 7 000 Allemands de 16 à 29 ans (Ouest : environ 4 500 ; Est : environ 2 500) ont été interrogés. La troisième vague (2003) porte quant à elle sur 9 100 jeunes âgés de 12 à 29 ans ayant ou n’ayant pas la nationalité allemande (Ouest : environ 6 300 ; Est : environ 2 800).

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INTRODUCTION
La question de la participation des jeunes joue un rôle central dans le débat public sur le développement de la société civile. Les principaux concepts liés à cette question sont ceux de la mobilisation citoyenne, de la participation à la vie politique et du travail bénévole. Notons qu’en 1997, l’assemblée générale des Nations unies a proclamé l’année 2001 Année internationale des bénévoles. Les sondages Eurobaromètre 2001 et 2007 sur les jeunes européens, le Livre blanc de la Commission européenne sur les politiques européennes de jeunesse ainsi que les conclusions rendues le 25 novembre 2003 lors de la conférence des ministres européens responsables de la jeunesse, suivant les recommandations du Livre blanc, s’accordent pour faire de la participation un enjeu crucial. Mais l’ambivalence des fonctions d’intégration et de soutien des institutions publiques et le contrôle toujours plus poussé exercé par les institutions étatiques demeurent néanmoins inchangés. Le débat relatif à la participation des jeunes doit être mis en rapport non seulement avec la question de l’insertion sociale de la génération montante, mais également avec celle des processus de désintégration des trois principaux modes d’insertion sociale que constituent le système d’État-providence, le marché du travail et les institutions démocratiques1. Car de ces questions découlent d’autres problèmes : pour commencer, celui des transformations subies par un système d’État-providence qui évolue dans le sens du développement d’un modèle social pluriel ; ensuite, celui de la dérégulation du marché du travail ; et pour finir, celui des transformations structurelles d’une démocratie à visée participative. Pour les jeunes, toutes ces transformations constituent de multiples défis à relever. Il ne s’agit plus seulement pour eux d’être capables d’affronter avec succès les étapes qui jalonnent traditionnellement leur cheminement vers l’accès à l’indépendance économique et socioculturelle. De nos jours, les jeunes doivent faire face à des conditions sociales mouvantes tout au long de leur transition vers l’âge adulte, ce qui les confronte à une demande toujours plus forte de flexibilité sur le marché du travail, à l’individualisation du système de protection sociale et à une exigence d’activité croissante dans la participation au processus démocratique. La présente contribution se centrera sur la sphère de la participation politique. En cela, nous entendons une participation politique qui s’étend de la simple appartenance à des organisations associatives ou de la simple participation à des activités de groupes informels à la participation aux mobilisations politiques (manifestations, pétitions).

FORMES ET CONTENUS DE LA PARTICIPATION SOCIALE ET POLITIQUE : TERMINOLOGIE ET DÉFINITIONS
Le débat qui entoure les questions de travail bénévole et volontaire et d’engagement civil et citoyen illustre bien la nécessité de recourir à des définitions claires de ces activités que l’on peut considérer comme de la participation politique et sociale2. C’est pourquoi nous nous efforcerons de fournir ici une définition précise des termes de participation politique et sociale, en nous concentrant d’une part sur les formes d’organisation auxquelles ces termes se réfèrent et d’autre part sur les contenus.

1 2

Voir Braun, 2001. Voir Beher et al., 1999, p. 106.

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En ce qui concerne les formes d’organisation, on peut distinguer trois groupes différents : clubs, associations ou organisations traditionnels ; groupes informels ; et pour finir, activités temporaires liées à des circonstances ponctuelles. Ces groupes se caractérisent donc par un degré décroissant d’organisation formelle et, du point de vue des participants, par un engagement moins normatif et moins durable. Pour ce qui est des contenus, les objectifs politiques au sens le plus étroit du terme peuvent être distingués des objectifs ou des intérêts des groupes sociaux et, enfin, des intérêts particuliers et non politiques des individus. Ces contenus se caractérisent donc par une généralisation décroissante des objectifs et des intérêts. La première forme d’organisation appartient au champ institutionnalisé du « système intermédiaire » que constituent les grandes organisations et associations traditionnelles. Ces organisations sont considérées comme des institutions au sein desquelles les intérêts sont clairement affichés ; elles sont structurées autour de fonctions particulières et se présentent comme des organisations fondées sur l’adhésion. Ici, l’adhésion tout comme la participation des membres sont de nature durable ; les notions de loyauté et de relations utiles y sont fortes. Un premier groupe est celui des partis politiques officiellement reconnus ; un second se compose de grandes organisations représentant les intérêts sociaux de groupes tels que les syndicats, les associations professionnelles ou groupements commerciaux, les associations d’aide sociale, etc. Enfin, cette forme d’organisation inclut également des clubs ou des associations aux intérêts et aux objectifs davantage tournés vers la sphère du privé (clubs de sport ou associations de jeunesse), mais qui génèrent néanmoins un intérêt d’ordre public.
Participation sociale et politique en Allemagne : vue d’ensemble Formes d’organisation 1. Clubs traditionnels, associations, organisations Partis 2. Groupes informels (organisations non gouvernementales) Mouvements pour la défense des droits de l’homme, pour la paix, etc. Groupes féministes, initiatives de quartier Groupes de défense des droits des animaux 3. Campagnes (actions temporaires/circonstances ponctuelles) Votes, manifestations (conventionnelles ou non conventionnelles) Grèves organisées par les syndicats

Contenus/objectifs Politique

Intérêt collectif

Syndicats, associations professionnelles Clubs de sport, associations de défense du patrimoine local

Intérêts particuliers ou non politiques

La deuxième forme d’organisation recensée inclut des groupes informels : des initiatives locales et des organisations telles que les groupes environnementalistes, les mouvements pacifistes, les collectifs d’initiative citoyenne et les groupes d’entraide. Ces groupes ont connu une nette évolution au cours des années 1970 et 1980, en dehors des champs parlementaire et politique. Davantage tournés vers l’action de terrain, la plupart poursuivent des objectifs politiques ou publics et se rassemblent sous l’appellation de nouveau mouvement social. Ces groupes sont moins rigoureusement structurés ; cependant, à l’instar de Greenpeace par exemple, certains sont maintenant très bien implantés dans la

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société et bénéficient d’une grande puissance financière. C’est de leur émergence sur la scène publique que résulte l’élargissement sémantique des termes d’activité politique, si bien que la plupart d’entre eux sont aujourd’hui considérés comme faisant partie du champ politique3. Un troisième et dernier regard sur cet ensemble nous mène aux modes de participation liés à des circonstances particulières et ponctuelles. Ces formes de participation servent généralement des objectifs politiques, de façon temporaire, dans des circonstances ponctuelles et spécifiques. Ce domaine d’enquête orienté sur l’analyse des activités propres à la participation politique s’inscrit dans une longue tradition de recherche sur celle-ci. Cette tradition s’est développée au cours des années 1960, au moment de l’émergence des formes non conventionnelles de participation : depuis la participation à des campagnes de pétition jusqu’à la participation à des manifestations légales ou illégales. C’est sur cette base que s’appuie la distinction entre les formes d’activité politique conventionnelles, les formes d’activité politique non conventionnelles mais légales, et les formes d’activité politique illégales. Ce troisième ensemble inclut également des formes de participation durables : être employé au sein d’un parti politique, être membre d’un bureau politique, ou encore voter – forme de participation politique la plus élémentaire qui soit4. Dans ce contexte, la participation sociopolitique admet une définition bien plus large que le travail bénévole, puisque ce dernier se définit explicitement en termes de bénéfice public et implique de fournir une offre de services sociaux indépendante de celle proposée par l’administration publique, voire une possibilité de soutien aux autres systèmes de protection sociale existants5. Il va cependant sans dire que la participation sociopolitique doit être considérée dans le cadre controversé du « capital social » et des « ressources sociales », étant donné qu’une telle forme de participation, en tant qu’elle constitue une activité sociale, s’inscrit nécessairement dans une logique de réseau relationnel, et accroît de fait la capacité de l’individu à « résoudre des problèmes » et à étendre son champ d’action. Ici le capital social n’implique pas essentiellement une poursuite d’objectifs à visée socialement bénéfique, mais une forme d’activité interrelationnelle. « La notion de capital social se réfère à celle des réseaux de liens sociaux – agir avec. Agir avec bienveillance à l’égard d’autrui ne fait cependant pas partie de la définition du capital social6. » La participation sociopolitique prend ainsi place dans un usage élargi des termes de participation politique. Les activités socialement désirables ne sont pas les seules formes significatives de participation, et celle-ci peut également prendre la forme de prises de position pour ou contre telle ou telle idée ou situation. L’image empirique de la participation dépend donc de la définition que l’on adopte pour ce terme ; elle dépend en outre des formes spécifiques d’opérationnalisation choisies, comme le montre clairement, par exemple, dans le contexte du travail bénévole, une comparaison entre l’enquête sur le travail bénévole et l’étude budget-temps7. Des problèmes analogues se posent lorsque l’on s’attache
3 4 5 6 7

Voir la vue d’ensemble proposée par Klein et al., 1999. Voir Koch et al., 2001. Voir von Rosenbladt, 1999. Putnam, 2000, p. 116. Voir Gensicke et al., 2006.

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à rendre compte de la façon dont les jeunes adhèrent et s’engagent dans des organisations, des clubs ou des associations, ce qui rend difficile tout croisement de ces différents résultats8. La première vague de l’enquête Jeunesse du DJI a permis d’établir une base d’analyse pour rendre compte des modes de participation sociale et politique des adolescents et des jeunes adultes en Allemagne. Ci-dessous, nous analyserons donc les trois formes de participation dont nous venons de donner une brève vue d’ensemble.

RÉSULTATS EMPIRIQUES DE L’ENQUÊTE SUR LA PARTICIPATION POLITIQUE DES ADOLESCENTS ET DES JEUNES ADULTES EN ALLEMAGNE Adhésion aux organisations et associations traditionnelles
En matière de développement identitaire, de réseau relationnel et d’affirmation de soi, faire partie d’une organisation ou d’une association peut s’avérer essentiel dans le parcours d’un adolescent ou d’un jeune adulte. Devenir membre adhérent d’une institution est primordial en termes non seulement d’intégration sociale individuelle mais aussi d’intégration du système social dans son ensemble. Aujourd’hui, la principale difficulté à laquelle doivent faire face les organisations et les associations est celle du renouvellement de leurs membres9.
Tableau 1. Adhésion aux organisations et associations traditionnelles en 1992, 1997 et 2003 (en pourcentage)* 1992 Associations sportives/clubs sportifs Traditions locales et associations citoyennes Autres associations/syndicats ou clubs Autres organisations ou clubs à visée sociabilisante (bowling, etc.) Syndicats Associations et groupes religieux Associations étudiantes ou de jeunesse Associations/organisations professionnelles ou commerciales Partis politiques Institutions caritatives Groupes d’action citoyenne/ initiatives locales Membre d’au moins une organisation 35 2 8 8 17 9 5 4 2 1 2 1997 31 8 7 10 7 6 5 3 3 2 1 2003 36 10 9 9 8 8 5 4 2 1 1

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Source : DJI, enquêtes Jeunesse 1992, 1997 et 2003. * La question posée était la suivante : « Il existe de nombreuses manières d’occuper son temps libre de façon active. Par exemple, on peut être membre d’une organisation, d’une association ou d’un club. Après avoir examiné cette liste, dites de quelle organisation, de quelle association ou de quel club vous faites partie en ce moment. » Base : tous les jeunes (Allemands) âgés de 16 à 29 ans.
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Voir Van Santen, 2005. Voir Weßels, 2001.

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Les groupes informels et leurs nouveaux modes de participation politique
Les associations politiques informelles, initialement connues sous le nom de nouveaux mouvements sociaux, soulèvent des problèmes de société spécifiques et orientent la participation vers l’action de terrain. Elles se positionnent à l’encontre des organisations conventionnelles, aux structures rigides et hyperrationalisées, et en appellent à la création de nouvelles formes de solidarité, de nouvelles façons de construire du sens. Le caractère singulier de ce type de regroupement se traduit par l’immédiateté des relations qui s’établissent entre leurs « membres » et par leur principe moteur de « mobilisation ponctuelle sur un projet commun », lequel principe diffère du mode traditionnel de relations sociales durables propre à la structure des grandes organisations12.
Voir Niedermayer, 2005. Wiesendahl, 2001. 12 Voir Roth, 1999.
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Les faibles taux d’adhésion observés dans les nouveaux Länder mettent en relief un certain nombre de traits spécifiques. D’une part, l’adhésion est moins disséminée dans la population et se révèle de tradition plus récente. D’autre part, les habitants des nouveaux Länder demeurent plutôt sceptiques face à certains syndicats et associations qu’ils supposent influencés par des valeurs occidentales. Même si l’adhésion représente une forme essentielle de participation politique, cela ne signifie pas que les membres en question participent réellement aux activités et aux objectifs de l’organisation à laquelle ils ont adhéré. Le Les nouveaux modes de participation rapport entre le statut de membre non conventionnels sont pour l’essentiel actif et celui de membre passif difle fait des jeunes. Ces derniers éprouvent fère selon les organisations. Si une de plus en plus de difficultés à s’intégrer part considérable d’adhérents à des dans la culture organisationnelle syndicats, des associations professionnelles et des partis politiques se obsolète des partis traditionnels. comportent comme des membres passifs de leur association, dans les clubs sportifs et les associations étudiantes ou de jeunesse, à l’inverse, la proportion de participants passifs est très minime. L’adhésion aux partis politiques est particulièrement importante dans le contexte de la participation politique. Les partis politiques sont les plus importants médiateurs du processus politique et sont de fait considérés comme tels dans la constitution10. De manière générale, le nombre de membres adhérents à des partis politiques est plutôt faible et en constante diminution, mais il est également vrai qu’au cours des dernières décennies, cette diminution touche surtout les jeunes générations. Cette « somnolence politique des jeunes » conduit à un phénomène de « perte de vitalité » dans les partis politiques11. Le « phénomène de vieillissement » des partis politiques s’explique aussi par les changements qui affectent les modes de participation. En ce sens, les nouveaux modes de participation non conventionnels sont pour l’essentiel le fait des jeunes. Dans le même temps, ces derniers éprouvent de plus en plus de difficultés à s’intégrer dans la culture organisationnelle obsolète des partis traditionnels.

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En raison de leur contenu, de leurs objectifs, des formes d’activités qu’ils proposent et de la flexibilité qui régit leurs modes de participation, ces groupes informels constituent des structures très attrayantes pour les jeunes. Dès 1992, année de la première vague de l’enquête Jeunesse menée par le DJI, les jeunes Allemands de l’Est affichent à l’égard de ce type d’association presque la même attitude que leurs pairs d’Allemagne de l’Ouest13. En 2003, tant au plan de leur impact affectif qu’au plan des contenus proposés, les groupes informels bénéficient toujours d’une très bonne image auprès des jeunes vivant dans les anciens et les nouveaux Länder. Les groupes écologistes et les mouvements activistes en faveur de la paix sont, parmi tous ces groupes, ceux qui bénéficient de la meilleure image, suivis par les groupes de défense des droits de l’homme. Dans l’ensemble, les jeunes d’Allemagne sont plutôt attirés par des groupes dans lesquels ils pourront traiter et débattre politiquement de questions touchant à l’écologie et à la société – groupes écologistes, initiatives d’aide au tiers-monde ou en faveur de la paix, mouvements activistes antinucléaires ou en faveur des droits de l’homme, groupes d’entraide, etc. (voir tableau 2).
Tableau 2. Participation des jeunes de 16 à 29 ans dans les groupes informels en 1992, 1997 et 2003 (en pourcentage)* 1992 Groupes écologistes Mouvements activistes pour la paix Initiatives d’aide au tiers-monde Mouvements activistes en faveur des droits de l’homme Groupes d’entraide solidaire Groupes basés sur l’appartenance à un genre (groupes féministes par exemple) Mouvements activistes antinucléaires Actifs dans au moins l’un de ces groupes 13 10 5 5 4 4 5 21 1997 11 6 6 4 4 2 4 19 2003 8 8 6 4 3 2 2 19

Source : DJI, enquêtes Jeunesse 1992, 1997 et 2003. * La question posée était la suivante : « Dans notre société, il existe d’autres types d’organisations que celles fondées sur l’adhésion de membres permanents. Il existe aussi des associations et des mouvements aux structures moins fixes, où l’on peut néanmoins s’engager politiquement. » Les chiffres ci-dessus regroupent les réponses suivantes : « J’aime bien ce groupe, j’y participe » et « J’aime bien ce groupe, je participe quelquefois à ses réunions/ses activités ».

Comme l’indique le niveau d’engagement actif des jeunes dans les réunions et dans les phases de conception et de mise en place des activités, la participation politique en tant que telle est moins développée (voir tableau 2). Néanmoins, la proportion de jeunes activistes engagés dans les mouvements écologistes et pacifistes, ou membres d’autres collectifs locaux, est analogue à la proportion de participants actifs présents dans les différentes organisations fondées sur l’adhésion de membres.

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Voir Schneider, 1995.

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Campagnes et actions ponctuelles
Afin de dresser un tableau d’ensemble de la participation politique des jeunes et des jeunes adultes en Allemagne, nous devons également prendre en considération certaines formes spécifiques d’expression politique liées à des enjeux concrets (voir tableau 3). Ces formes alternatives de participation sont relativement populaires. Environ deux tiers des jeunes Allemands ont au moins une fois récolté des signatures, tandis qu’un tiers d’entre eux ont participé à des manifestations ou à des forums de débat public officiellement autorisés.
Tableau 3. Aspiration à la participation politique des jeunes de 16 à 29 ans en 1992, 1997 et 2003 (en pourcentage)* 1992 Participation conventionnelle Participation par le vote ** Lettres à des personnalités politiques Dons d’argent à des fins politiques Lettres aux journaux Participation non conventionnelle Collecte de signatures Manifestations légales Grèves syndicales Manifestations illégales 79 65 56 29 79 62 49 27 80 60 41 21 93 28 31 35 92 31 28 39 92 31 23 31 1997 2003

Source : DJI, enquêtes Jeunesse 1992, 1997 et 2003. * La question posée était la suivante : « Supposons que vous souhaitiez exercer votre influence ou exprimer votre opinion à propos d’un problème politique important à vos yeux. » On a d’abord présenté à l’enquêté une (longue) liste de possibilités, introduite par la question suivante : « Laquelle de ces possibilités d’agir envisageriez-vous de choisir et laquelle n’envisageriez-vous pas de choisir ? » ** Seuls les jeunes Allemands âgés de 18 à 29 ans ont été pris en compte pour cet item.

Cependant, un fossé apparaît clairement entre la simple intention de participer (l’aspiration) et la véritable participation politique (voir tableau 4) : en effet, alors que 14 % des répondants se déclaraient prêts à participer à des grèves syndicales, à peine 5 % d’entre eux admettent avoir réellement pris part à ce type d’activité. Environ un dixième des jeunes âgés de 16 à 29 ans ont pris part au moins une fois à des actions politiques en envoyant des lettres à des journaux ou à des personnalités politiques, ou en faisant des dons d’argent. De même, pas moins de 10 % d’entre eux admettent avoir été au moins une fois à ce point convaincus du bien-fondé de leurs idées politiques qu’ils ont été capables d’outrepasser le cadre légal en participant à des manifestations non autorisées par la loi.

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Tableau 4. Participation politique, aspiration politique et activités politiques des jeunes de 16 à 29 ans en 2003 (en pourcentage)* Simple intention de participation Participation conventionnelle Participation par le vote ** Lettres à des personnalités politiques Dons d’argent à des fins politiques Lettres aux journaux Participation non conventionnelle Collectes de signatures Manifestations légales Grèves syndicales Manifestations illégales Source : DJI, enquête Jeunesse 2003. * La question posée était la suivante : « Supposons que vous souhaitiez exercer votre influence ou exprimer votre opinion à propos d’un problème politique important à vos yeux. » On a d’abord présenté à l’enquêté une (longue) liste de possibilités, introduite par la question suivante : « Laquelle de ces possibilités d’agir envisageriez-vous de choisir et laquelle n’envisageriez-vous pas de choisir ? » Les questions concernant les actions politiques étaient les suivantes : « Relisez encore une fois ces différentes possibilités d’agir : à quelle action avez-vous déjà participé ? à quelle action n’avez-vous pas encore participé ? » ** Seuls les jeunes Allemands âgés de 18 à 29 ans ont été pris en compte pour cet item. 80 60 41 21 60 32 5 7 92 31 23 31 80 8 7 7 Participation effective

DIMENSIONS EXPLICATIVES
Quelles relations peut-on établir entre les indicateurs socio-économiques, les indicateurs de valeur et d’orientation politique, les indicateurs de pauvreté et les différentes formes de participation des jeunes ? Différences régionales : en ce qui concerne l’adhésion aux organisations traditionnelles, on observe une nette différence entre les zones urbaines et les zones rurales ; notamment, le nombre de membres adhérents de certaines des principales structures associatives est supérieur en zone rurale. Les activités menées par les associations locales d’aide sociale sont plus développées en zone rurale ; de même pour les clubs sportifs, qui sont les associations rassemblant le plus grand nombre d’adhérents. À l’inverse, la participation à certaines formes particulières d’expression politique (comme les manifestations) est légèrement plus élevée en zone urbaine. Pour ce qui est de la participation aux activités des organisations non gouvernementales, on ne note aucune différence entre les zones urbaines et les zones rurales. Différences selon le sexe : des différences selon le sexe sont observables dans la participation aux groupes informels en Allemagne de l’Ouest, où les femmes s’engagent effectivement légèrement plus que les hommes. Cependant, ce rapport s’inverse dans le cas des associations traditionnelles, dans lesquelles les hommes sont plus actifs que les femmes. Ces observations confirment l’opposition connue en ce qui concerne l’engagement tendanciel des deux sexes : aux femmes les activités informelles, aux hommes les activités plus conventionnelles.

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