Migrations Marocaines en Europe

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Dans cet ouvrage, l'auteur propose d'aller à la rencontre de ces migrants installés depuis longtemps en Europe (particulièrement en France, en Espagne et aux Pays-Bas), clandestins primo-arrivants ou jeunes organisant toute leur vie. Il s'attache à considérer leur choix, à comprendre leurs itinéraires dans une dynamique historique, imaginaire, symbolique, économique et socio-anthropologique.
Publié le : mardi 1 septembre 1998
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EAN13 : 9782296368569
Nombre de pages : 256
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Migrations marocaines en Europe
Le paradoxe des itinéraires

Collection Histoire et Perspectives Méditerranéennes dirigée par lean-Paul Chagnollaud
Dans le cadre de cette collection, créée en 1985, les éditions L'Harmattan se proposent de publier un ensemble de travaux concernant le monde méditerranéen des origines à nos jours.

Dernières parutions
Abderrahim LAMCHICHI, Maghreb face à l'islamisme, 1998. Le Paul SEBAG,Tunis, histoire d'une ville, 1998. Grégor MATHIAS, es SAS en Algérie, 1998. L Michel Cornaton, Les camps de regroupement de la guerre d'Algérie, 1998.

@ L'Harmattan, 1998 ISBN: 2-7384-6873-X

Zoubir CRATrOU

Migrations marocaines en Europe
Le paradoxe des itinéraires

L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L 'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

REMERCIEMENTS

Cet ouvrage reprend les résultats d'une recherche soutenue par la Mission Interministérielle RechercheExpérimentation. Mes remerciements vont évidemnlent à Pascale Ruffel pour la qualité de ses réflexions et de nos discussions dont le texte a beaucoup profité. Ma gratitude à Patrick Du Cheyron pour ses judicieux conseils, la richesse de ses observations et pour son soutien dans ce travail. Je suis également redevable à tous ceux et celles qui ont contribué à l'enrichissement de ce travail ainsi qu'aux interlocuteurs qui ont participé comme des acteurs faisant de leurs itinéraires, leurs témoignages la substance la plus vivante et la plus créatrice du sens même du livre en question.

A mes parents A Amine

"Que reste-t-il alors? Sinon la rupture de la "perspective de vie", la déchirure, l'auto-destruction; sinon, comnle disent les immigrés eux-mêmes quand ils frôlent cette situation-limite qui leur fait découvrir leur "in-existence" et leur incapacité (sociale) à se situer dans une "perspective" qui donne sens à leur existence (...) Renouer les fils par-delà la rupture, recomposer les morceaux brisés, c'est l'acharnement
désespéré qui soutient la vie, porte la vie et remplit toute la vie, de sorte que cet effort finit par s'identifier totalement à la vie, par constituer la vie au point que l'auteur de cette entreprise en vient à oublier de vivre autrement; à oublier que vivre, c'est vivre autrement qu'en s'acharnant à vivre. Nécessité et liberté!"

Abdelmalek

SA Y AD

"L'immigration ou les paradoxes de l'altérité".

PRÉFACE
Dans ce livre, où les migrations internationales sont le plus souvent le prolongement des migrations internes et embrassent toute la diversité des catégories de migrants, des plus pauvres à ceux qui aspirent à un autre mode de vie à la mesure de leurs ambitions, c'est d'itinéraires qu'il s'agit: entre l'imaginaire de l'ailleurs et la..réalité de l'immigration, entre ici et là-bas, entre la mobilité interne et l'exode international. En effet, à travers cet ouvrage, Zoubir CRA ITOU se livre, à partir d'enquêtes menées dans le Nord-Est marocain (région de Berkane) à ce qu'il appelle une socio-anthropologie des migrations, depuis les régions de départ jusqu'aux lieux d'installation: France, Pays-Bas, Espagne. L'immigration marocaine est, après l'immigration turque, la plus largement répartie sur le territoire européen entre différents pays: France, Pays-Bas, Belgique, Espagne, Italie, Allemagne, à la différence des immigrations algériennes ou portugaises, dont la France est la première des destinations. Elle est aussi l'une des plus variées sociologiquement: les pauvres, dont l'espoir de s'en sortir conduit aux sacrifices les plus fous, ceux qui aspirent à avoir un mode de vie moderne et libéré du contrôle social de la famille, issus des classes moyennes ou aisées, les élites enfin, fortement diplômées, originaires des 9

grandes villes du Maroc, que l'on rencontre plus rarement dans la région de Berkane et dans cet ouvrage. Pour les deux premières catégories, la migration vers l'étranger et la poursuite des migrations internes: partis du village, les hommes se font embaucher comme salariés agricoles, puis cherchent à gagner davantage ailleurs, c'est à dire de l'autre côté de la Méditerranée. La quête de l'argent justifie pour eux de faire le sacrifice de la convivialité, souvent regrettée en exil, de l'entourage des proches, de la vie familiale, de l'éducation des enfants. Par un cercle vicieux, l'émigration engendre l'émigration car elle suscite de nouveaux imaginaires et de nouvelles aspirations, souvent à visées ostentatoires: voiture, maison, vêtements. Pour les candidats à la ruée vers l'or de l'âge moderne, le retour au pays est aussi douloureux que le départ: refus des femmes et des enfants de rentrer définitivement au pays, inquiétudes quand au versement des retraites, désir de construire une maison qui correspond à un projet individuel de réussite mais pas toujours à celui de la famille, perte des habitudes et du mode de vie au pays. Mais peu de chefs de famille renoncent à un projet qui tourne toujours plus ou moins autour de la construction d'une maison et de l'achat d'une terre. De tels itinéraires de vie soulignent les ruptures entre générations: des ruraux devenus ouvriers agricoles habités par le sens de l'épargne, de la solidarité et des devoirs, aux petits dealers qui cherchent la liberté individuelle, l'argent à des fins ostentatoires, il y a bien des fractures, car la mondialisation des comportements et de la consommation va plus vite que la ruée vers l'or d'hier. Mais les expériences migratoires diffèrent aussi sensiblement selon que la migration se trouve en France, en Hollande ou en Espagne. Le "must", ce sont les Pays-Bas, à cause d'un Etat-providence très développé et d'une politique d'intégration tournée vers le social, pas toujours comprise, d'ailleurs, par des ruraux habitués à une éducation "à la dure", à des châtiments corporels pour les enfants. Quand les institutions s'immiscent dans leur vie privée ou dans l'éducation des enfants qui ont des droits tout en devant respecter un

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certain code de conduite respectueux du voisinage néerlandais, certains se sentent dépourvus. La France est plus familière pour la langue, les cousins. et amis qui y sont plus souvent installés, mais les banlieues ont mauvaise presse. L'Espagne vient en dernier dans la hiérarchie des représentations et des imaginaires migratoires à cause des stéréotypes négatifs qui circulent: le marocain reste "el nloro", relégué aux logements les plus précaires et aux travaux les plus mal payés. Dans cette fresque qui nous rend faolilières et très vivantes les histoires migratoires~ le mythe de l'argent reste le premier moteur de la mobilité. On peut le comparer, avec des variantes, à la dynamique qui a poussé des millions d'hommes, de femmes et d'enfants vers le far west américain il y a un siècle.

Catherine WITHOL DE WENDEN Directeur de recherche au C.N.R.S. (C.E.R.I).

Il

INTRODUCTION
Les migrants font bien souvent figure d'étranges étrangers, quelquefois migrants âgés, isolés, clandestins, personnages furtifs entraperçus dans les cités et cultivant l'art de la transparence, ou intellectuels, hommes politiques, fils de migrants revendiquant la même égalité de droit au bonheur que les nationaux. Parfois ignorés, assimilés et parfois sujets de tous. les débats des plus privés aux plus médiatiques, le migrant est désormais un personnage incontournable des sociétés occidentales. Etranges étrangers qui continuent de rêver de l'Occident malgré une réalité de plus en plus difficile. Etranges étrangers qui risquent leur vie pour gagner des pays dont ils connaissent l'hostilité à leur égard. Etranges étrangers qui acceptent des conditions de vie dégradantes pendant des années plutôt que de retourner dans un pays où peut-être ils n'étaient pas si mal. Tout semble avoir été écrit ou dit à leur sujet~ du plus scientifique au plus stéréotypé, du plus misérabiliste au plus digne, du plus tolérant au plus xénophobe; toutefois, l'étranger y est presque toujours considéré dans ses rapports passionnés avec la seule société d'accueil. On oublie que sa migration s'inscrit dans un processus complexe qui ne peut devenir
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intelligible qu'à la lunlière de la connaissance des enjeux inhérents à son projet nligratoire né de l'autre côté de la Méditerranée. Nous proposons d'aller à la rencontre de ces migrants installés depuis longtemps en Europe, clandestins primoarrivants, ou jeunes organisant toute leur vie pour réaliser leur rêve quel que soit le prix à payer, fût-elle leur vie. Nous proposons de considérer leurs choix, de comprendre leurs itinéraires dans une dynamique historique, imaginaire, symbolique, économique et socio-anthropologique. Pour ce faire, nous avons choisi de centrer cette étude sur la société des Bni Iznassen, au Nord-Est du Maroc. Cette société a la particularité de connaître des flux migratoires depuis plusieurs générations. En effet, elle constitue un pôle attractif pour les migrants du Maroc alors que dans chaque famille un père, un frère, un cousin se trouve quelque part à l'étranger. La migration externe et interne est de fait une réalité quotidienne des Marocains de cette région. La migration vers l'extérieur ntest que le prolongement de la migration interne. Ainsi, chacun connaît-il des migrants: le migrant méprisé, condamné aux travaux les plus pénibles et les plus insensés et l'intégration dans le pays d'accueil. Nous présentons une approche originale du fait migratoire, ancré dans ses origines, qui se propose d'articuler trois dimensions: - La connaissance de la société d'origine, de sa géographie, de son histoire en relation avec la question migratoire. - La situation des migrants issus dtautres régions du Maroc venus travailler dans l'agriculture à Berkane (capitale de la région des Bni Iznassen), les représentations des populations locales à leur égard, mais aussi les représentations de ces mêmes populations à l'égard de l'Étranger qui ne saurait être que l'Occident. La compréhension de la migration interne offre des éléments empiriques pour mieux saisir la nature et l'organisation des flux migratoires vers l'étranger. - Le projet migratoire, sa réalisation et la problématique de l'identité et de l'intégration. Nous serons attentifs à la 14

polyphonie de discours des candidats à l'émigration, des exmigrants déçus, blessés et revenus vivre au pays, des migrants installés à l'Étranger depuis peu ou depuis des décennies. Pour saisir la complexité et les logiques sociales et affectives à l'oeuvre, aucune approche n'a été omise. Ainsi, avons-nous eu recours à l'enquête statistique auprès de migrants dans la zone de Berkane, mais aussi à l'observation participante au Maroc avec les ouvriers agricoles migrants et autochtones et sur les lieux d'immigration, dans des maisons abandonnées en pleine campagne occupées par des migrants en Espagne, dans des appartements des banlieues des grandes villes en Hollande et en France. Nous avons réalisé un corpus de trente entretiens et cinq recueils d'histoires familiales, avec des personnes âgées, témoins d'une époque, des jeunes rêvant d'un avenir meilleur sur l'autre rivage de la Méditerranée, des migrants à Berkane issus de régions plus pauvres du Maroc, des immigrés en Espagne, en France et en Hollande. A chaque fois, il s'est agi d'une rencontre particulière entre eux et nous; beaucoup d'intelViewés se sont investis pleinement dans les entretiens pour qu'on les comprenne mieux, pour se comprendre mieux. Enfin, nous avons souhaité inscrire cette recherche dans une perspective 'européenne. Les populations locales ont une représentation des pays européens à la fois unifiée et distinctive. Une hiérarchisation des pays d'accueil existe au niveau du système de préférences des candidats potentiels à l'émigration. De plus, les conditions de vie dans les différents pays sont très différentes, de ce fait, les dynamiques d'intégration présentent de fortes disparités. Une approche comparative pennet de relativiser les perceptions: des logiques migratoires depuis les pays d'accueil en ouvrant les perspectives. Nous proposons donc un itinéraire au lecteur à travers les enjeux de la migration, à partir du point d'origine, pour cheminer ensuite dans les différents espaces locaux et européens, particulièrement en France, aux Pays-Bas et en Espagne.

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PREMIERE PARTIE

LA SOCIETE DES BN! IZNACEN (au N'ord-Est du Maroc): DU LOCAL AU GLOBAL

INTRODUCTION

.La première partie sera entièrement consacrée à la description et à l'analyse de l'évolution des cadres de regroupement, et aux valeurs qui les sous-tendent ainsi qu'à l'ancienneté du peuplement. Nous donnerons également un éclairage sur la société traditionnelle des Bni Iznacen avant la colonisation, pendant la période coloniale et post-coloniale avec ses multiples conséquences sur les structures économiques, sociales et culturelles locales. Les effets et les conséquences de la colonisation sur la société traditionnelle vont toucher toutes les bases et les structures de la société à des niveaux plus ou moins inégaux. En effet, le développement de la propriété privée de la terre et de l'agriculture moderne a entraîné le développement du salariat. Le processus de décomposition des anciennes structures économiques et sociales a profondément transformé les rapports sociaux à l'intérieur de la société des Bni Iznacen et au sein de l'unité familiale. L'indépendance du pays depuis 1956 a été construite autour du mythe de l'indépendance qui se fragilisa très vite suite aux nouvelles reconversions des structures agraires et à la marginalisation d'un large prolétariat qui avait reporté tout son espoir sur l'indépendance, d'où sa déception. Nous 19

poursuivrons en mettant en évidence l'évolution démographique et urbaine. L'histoire des prolétarisations est aussi l'histoire des migrations, des séparations et des déplacements des hommes et des femmes à la recherche de revenus en argent. Les mouvenemnts o1igratoires, objet de notre étude, étaient au départ destinés à l'Algérie, ou à d'autres régions o1arocaines avant de s'orienter vers l'Europe.

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CHAPITRE PREMIER

GEOGRAPHIE,

HISTOIRE ET SOCIETE

I) DE LA GEOGRAPHIE

Située au Nord-Est du Maroc, la zone de Berkane est un ensemble de plaines et de montagnes. Elle s'étend sur une superficie de 120.000 ha du Rif oriental à la frontière algérienne et fait partie de l'étroite frange méditerranéenne limitée à l'Est par l'oued Kiss (frontière avec l'Algérie), au Sud par la chaîne des Bni Iznacen et à l'Ouest par l'oued Mooulouya.

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I) Les montagnes

Les montagnes des Bni Iznacen dominent une vaste région de plaines et de dunes facilement accessible. La présence de nombreuses sources, surtout dans les massifs de l'Ouest, arrosant les plaines des Triffa, a favorisé la sédentarisation ge la population dans les montagnes. A Ras Foughal, ces montagnes culminent à 1 532 mètres. La chaîne des Bni Iznacen a ainsi offert les conditions nécessaires au développement d'une vie sociale intense et sédentaire.

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SITUATION GÉOGRAPHIQUE DE LA ZONE DES BNI IZNACEN

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R. RA YNAL dans son ouvrage "Géographie de l'Afrique du Nord-Ouest" a décrit, poétiquement, la zone montagneuse des Bni Iznacen: " L'évidence d'un changement de décor s'impose quand on aborde la zone littorale par le col de Tafouralt, au dessus de Berkane, ou par celui du Guerbous en venant d'Oujda et des Angad: en quelques centaines de mètres, le voyageur saute sans transition de l'austère paysage des steppes à l'une de ces contrées méditerranéennes, apparemment féconde et clémente, où l'on semble respirer la douceur de la montagne. Voici des villages perchés sur leur nid d'aigle, en contrebas des fondaisons de chênes verts; et voilà plus bas l'escalier de terrasses cultivées, et en plaine, les casiers sombres et réguliers de l'arboriculture moderne, où le semis de taches blanches des n1aisons atteste de l'abondance des hommes. Et l'épiderme, préalablement désséché, ressent immédiatement le contact moite d'une atmosphère chargée d'humidité. " (1) RAYNAL rend compte, dans sa description, des trois éléments suivants: le climat, la végétation et l'appropriation humaine du territoire. Par sa situation géographique, la région des Bni Iznacen s'insère dans la zone climatique méditerranéenne, définie grossièrement par des étés chauds et secs, et des hivers doux et humides. Le nombre de jours de pluie varie entre 30 et 50 jours durant l'année. De décembre à avril, c'est à dire cinq mois, les montagnes totalisent plus de 60 % des précipitations annuelles. La moyenne annuelle est de 559 mm. Les précipitations tombent sous fonne d'averses violentes et courtes. La présence de l'eau a favorisé la sédentarisation des populations dans les montagnes, et le développement d'une agriculture en terrasse tout au long des bordures des oueds Cherâa, Zegzel et Kiss... Cette fonne d'appropriation de l'espace n'est pas propre aux Bni Iznacen. Ch. FOUCAULD, dans le Rif,

remarque le même rapport de l'homn1e à l'espace. Il écrit; "
1

- RA YNAL R. Géographie 1908, p. 401.

de l'Afrique du Nord-Ouest,

Ed. Payot, Paris,

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Aucune place cultivable qui ne soit ensemencée; on voit des champs suspendus en des endroits qui paraissent inaccessibles (...) des champs de blé s'étagent en amphithéâtre sur son flanc et depuis les rochers qui les couronnent jusqu'au fond de la vallée, au milieu des blés brille une multitude de villages entourés de jardins. fi (2) Le milieu naturel est profondément socialisé par l'homme pour produire ses propres moyens d'existence. Cette technique de culture en terrasse dans les vallées des montagnes des Bni Iznacen, donne l'exemple d'une occupation humaine ancienne, datant de plusieurs siècles. L'agriculture demeure l'un des patrimoines que les anciennes générations transmettent aux nouvelles à l'intérieur des cadres tribaux et familiaux. Le fellah (le paysan), dans les Bni Iznacen, a acquis un savoir-faire non seulement au niveau des techniques agraires, mais aussi au niveau d'une adaptation profonde à son milieu naturel. Le mode de distribution et de gestion de l'eau à l'échelle des douars, sous la responsabilité de la jmâa (conseil de notables et personnes âgées du village), témoigne d'une vie sédentaire importante. Les montagnards, d'origine berbère, ont été considérés, par les populations des plaines, comme des modèles pour l'apprentissage des techniques agricoles grâce à leur savoirfaire. Les montagnards ont donc pratiqué l'agriculture en irriguant les cultures des montagnes et les cultures céréalières dans les plaines d'Angad et des Triffa. A côté de cette activité principale, ils étaient des éleveurs d'ovins et de bovins. La montagne servait de vaste terrain de transhumance pendant la moitié de l'année et le reste de l'année, les plaines assuraient cette fonction, surtout après les moissons.

2 - FOUCAULT C. Reconnaissance au Maroc, journal de route, Ed. Aujourd'hui, Paris, 1934, p. 2.

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