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Bi qenitnogiari’mmeul e rete ndian étu enu’uq etnesérpdee tiar ptetipec seetnoropmsniafl s muxraigirtout enu eaptri pm, elle en consti as ed noisnemide nttaorsoai renboejed s soptcfistorn hi et iquegnsi.Céson sast iuq iul itilseuqétudiantgration ,’lmiimpeneadtntee lnsdaé nghac riova elbmes eu maon dsatiraliilébl avacepm s aes lnt19s éenn91 te 06emmoc 07 de rchéucatl’édC nooi.nudaruç eéropioatetn e devédppolnemel ,t un soutien à lap lotiqieud eoctnod semrof ses aninom duspla lé utitnogiari’mmplieultite mdianlibo éti rapm alntiaeus s deudétpeérestnete tsr llement ée actue.sL saumtrd aapprog du e Erramm snad tnerdac els,enpéromeamot nraco ,oCgn,oC matraditionnels (Manevd tnp se sya éesditutsanro pnants veiantétuded sne tssmercioacn ’u d tofipru a eunimid )nuoreuvrage ps. Cet oatstU-inted seÉ Che e inEsl’ dt,epor ed ed uE’llgiqn Bete edian red eusaBéseu .tianqus éenndos u rus te sevitatn examenropose uuq etes h siotire qu ldeioocgilonoituté mmi’argi sitp yac ere,se offlivrune re esylanaové’l ed dontilumiiml’e ene qnêuetq auiltative auprès d’dutétnaité sgnars erovpranendet se rekcetseaC knra.Freoiatgrmie nUvi à’lri esiot d’hseurofest prgnar sretnaité ss deudétatgrn iopxréeicn eelrue que et den Belgie dreoigrmiiml’us selcitsih’l rl ese. Itammt no nnetaoiiguqB le eIl lstut’ar euisred étaG e .dn ouvrages et artedt èr sonbmerxuieAl, nsleIll gaY we,kroofxON-drt Worker of Guesee sna d,sR fegu190-84 1m,iulgBenoitaerC ehT .04 de teurl’auent i nilyc noPlAei lI up aéilb te itéddeé rè tnos ’lnUvireisétL bire de Bruxelles.orp tse ruessefiooc sdeà e gilohghaB reko,s noB0.An 200 Readrea ,aLob,rurexllse Cité, B dans laimmisérgueJ seneuutder ntme’a ltomatsn lIe no .ratintég l’in etoitargimmi’l russ gerauv ouxremb011.www.editionsd erBxuleel,s2 e dUnl’erivtésioruE ,eptidÉsnoie Ot. Th in hersteD uo rocsb .aJecavé itnjBo. Ste 1002 dé-oc a 482€ - 3 -academia.berF tecnaF
RANK
C
AESTERCKER
ET DREA
R
EA (EDS)
A
N

LES ÉTUDIANTS RESSORTISSANTS
DE PAYS TIERS À L’UE DANS
L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR BELGE

Migrer
pour un diplôme

Préface de Jozef de Witte
et Édouard Delruelle

€ 0 rshoel B eg.
Migrer pour un diplôme

Les étudiants ressortissants de pays tiers
à L’ue dans L’enseignement supérieur beLge

derniers voLumes parus dans L a coLLection

F Zibouh,41
La participation politique des élus d’origine maghrébine.

Élections régionales bruxelloises et stratégies électorales,
2010.
40
ill
C
oCimano
,
Hennuyers siciliens. Troisième génération : identités et
projets,
2009
.
39
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P
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,
Les doyens de l’immigration. Le troisième âge immigré en
Belgique,
2009
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V
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,
Night-shops. Pratiques et insertions économiques au cœur
du commerce ethnique,
2007
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J
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, H
b
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m
artiniello
 m
s
wyngedouw
,
Qui sont les candidats aux élections bruxelloises ? Le profil des candidats à
l’élection au Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale du 13 juin 2004,
2006
.
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m
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,
Femmes d’origine étrangère dans l’espace public.
Dirigeantes d’associations et élues politiques à Bruxelles,
2006
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l
afleur
,
Le transnationalisme politique. Pouvoir des
communautés immigrées dans leurs pays d’accueil et pays d’origine,
2005
.
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m
arquis
 cl
r
emy
,
Se réfugier en Belgique. Étude réalisée à
l’intérieur des centres d’accueil pour demandeurs d’asile,
2005
.

2

Migrer
pour un diplôme

Les étudiants ressortissants
de pays tiers à L’ue dans
L’enseignement supérieur be Lge

Préface de Jozef de Witte et Édouard Delruelle

f
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C
aesteCker

et
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« Sybd Pp ». E  cdgé p Fc Dassetto (Uvé
chqu d Luv), Mc Martiniello (Uvé d Lèg) 
Ad Rea (Uvé b d Bux).

© ACADEMIA-HARMATTAN s.a.
Grand’Place 29
B-1348 Louvain-la-Neuve

D/2012/4910/39
ISBN : 978-2-8061-0076-4
ISSN : 0776-0841

Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce soit, réservés pour
tous pays sans l’autorisation de l’auteur ou de ses ayants droits.

www.-.



TABLE

DES

MATIÈRES








Préface

...................................................................................................... 9


Introduction
................................................................................................. 13


Chapitre 1

Histoire des migrations étudiantes

vers la Belgiqu
e
.......... 19


1.

Les étudiants européens dans l’enseignement supérieur belge,
de 1830 à 1960
....................................................................................... 20

1.1

La dynamique de la migration étudiante vers la Belgique
.......... 22

1.2

Pourquoi les étudiants étrangers ont-ils choisi la Belgique ?
..... 25

1.3

D’une politique libérale vers une politique protectionniste
........ 32

2.

De 1960 à 1990 : la migration des étudiants en provenance de
l’Europe et des pays du Sud
................................................................... 35

2.1

La politique en matière d’autorisation pour les
étudiants étrangers : une no uvelle forme de protectionnisme
..... 41

2.2

Quelles évolutions depuis 1980 ?
................................................ 45


Chapitre 2

La présence d’étudiants migrants issus de pays tiers
dans l’enseignement supérieur

en

Belgique,

de 1994 à 2005
............ 49


1.

Les étudiants étrangers dans l’enseignement supérieur néerlando-
phone en Belgique
................................................................................. 51

1.1

La présence d’étudiants non belges
............................................. 52

1.2

La présence d’étudiants migrants issus de pays tiers
.................. 56

F.

Caestecker,

J.

de

Bock,

M.

Godin,

A.

Rea

et

M.

Sacco

6



1.2.1

Évolution du nombre d’étud iants et répartition par .............
nationalité
......................................................................... 57

1.2.2

Analyse selon le cycle d’études
........................................ 59

1.2.3

Analyse selon le domaine d’études
.................................. 61

1.2.4

Analyse selon le sexe
....................................................... 62

1.3

Profils des étudiants de natio nalité marocaine, chinoise, ...............
congolaise, camerounaise et américaine
..................................... 63

1.3.1

Analyse selon le sexe
....................................................... 65

1.3.2

Analyse selon le cycle et le domaine d’études
................. 66

2.

Les étudiants étrangers dans l’enseignement supérieur francophone
en Belgique
............................................................................................ 67

2.1

Les étudiants étrangers dans l’enseignement supérieur ..................
universitaire
................................................................................. 68

2.1.1

Évolution du nombre d’étudiants migrants issus
de pays tiers entre 1994 et 2005
....................................... 71

2.1.2

Analyse selon le cycle d’études
........................................ 74

2.1.3

Analyse selon le sexe et le domaine d’études
................... 81

2.2

Les étudiants étrangers dans l’ enseignement supérieur non ...........
universitaire
................................................................................. 83

2.3

Profils des étudiants de natio nalités marocaine, chinoise, .............
congolaise, camerounaise et américaine
..................................... 86

2.3.1

Analyse selon le sexe
....................................................... 87

2.3.2

Analyse selon le cycle et le domaine d’études
................. 87

3.

Les flux d’étudiants
............................................................................... 89

3.1

Les flux d’étudiants de 2002 à 2005
........................................... 90

3.2

Les flux de 2005
.......................................................................... 93

3.2.1

Étude par nationalité
......................................................... 95

3.2.2

Les caractéristiques personnelles des étudiants
................ 96

3.2.3

Lieu de résidence et situation en matière de logement
... 100

Conclusions
................................................................................................. 104


7

Migrer

pour

un

diplôme



Chapitre 3

Politique d’immigration et d’éducation
............................ 111


1.

Le financement des étudiants migrants issus de pays tiers et la
communautarisation de l’enseignement
............................................... 113

1.1

Les étudiants migrants issus de l’Espace européen de
l’enseignement supérieur (EEES)
............................................. 118

1.2

Les étudiants migrants issus de pays en voie de développe-
ment
.......................................................................................... 119

1.3.

La politique d’internationalisation des institutions de
l’enseignement supérieur
.......................................................... 125

2.

Les établissements d’enseignement privés et la migration étudiante
... 129

3.

La politique d’immigration envers les étudiants migrants issus
de pays tiers
......................................................................................... 131

3.1

Un accès temporaire à la Belgique
............................................ 132

3.2

Comment obtenir un accès incond itionnel au territoire belge
comme étudiant migrant ?
......................................................... 135

4.

Les politiques de l’UE à l’ég ard des étudiants étrangers
..................... 140

4.1

L’européanisation des conditions de séjour des étudiants
étrangers
.................................................................................... 142

4.1.1

France
............................................................................. 143

4.1.2

Allemagne
...................................................................... 145

4.1.3

Royaume-Uni
................................................................. 146

4.1.4

Les Pays-Bas
.................................................................. 148

Conclusions
................................................................................................. 149


Chapitre 4

Analyse des trajectoires des étudiants migrants


des

pays

tiers
...................................................................................... 153


1.

Introduction
......................................................................................... 153

2.

Étudier à l’étranger comme projet d’émigration
.................................. 154

2.1

Des raisons objectives
............................................................... 154

2.2

Projet individuel versus projet familial
..................................... 160

2.3

La place de la Belgique dans un marché globalisé de
l’éducation
................................................................................. 168


F.

Caestecker,

J.

de

Bock,

M.

Godin,

A.

Rea

et

M.

Sacco

8



3.

La mobilisation des réseaux sociaux dans les parcours des étudiants
.. 176

3.1

Les réseaux familiaux
............................................................... 177

3.2

Les réseaux institutionnels
........................................................ 179

3.3

Les réseaux locaux, nationaux et/ou ethniques
......................... 186

4.

L’installation dans la carrière d’étudiant étranger : une mosaïque
de parcours
........................................................................................... 191

4.1

Le choix de l’orientation d’études
............................................. 192

4.2

Le financement des études
........................................................ 197

4.3

Le renouvellement du permis de séjour (C.I.R.E)
..................... 205

5.

Après les études ?
................................................................................ 209

5.1

Les étudiants boursiers comme archétype de la mobilité
étudiante
.................................................................................... 210

5.2

La Belgique comme pays d’installation
.................................... 213

5.3

Entre mobilité et migration : l’expérience de la « migralité »
... 218

5.4

En transit, le temps des études
.................................................. 222

5.5

Conclusion : une diversité de « carrières étudiantes »
.............. 224


Conclusion
................................................................................................. 231


Annexe 1

La base de données du Registre national
............................ 253

Annexe 2

Les bases données de l’enseignement
................................... 255

Annexe 3

Analyse qualitative
................................................................ 257


Bibliographie
............................................................................................. 259




PRÉFACE








Cest

un

grand

plaisir

de

pouvoir

introduire

cet

ouvrage

unique

sur

la

migration

des

étudiants

étrangers

en

Belgique.

Depuis

2003,

le

Centre

pour

légalité

des

chances

et

la

lutte

contre

le

racisme

(CECLR)

a

reçu

pour

mission

légale

«

dinformer

les

autorités

sur

la

nature

et

lampleur

des

flux

migratoires

»

et

«

de

veiller

au

respect

des

droits

fondamentaux

des

étrangers

».

En

ce

qui

concerne

la

migration

des

ressortissants

de

pays

tiers,

cest

à

dire

les

personnes

issues

des

pays

hors

Union

européenne,

on

peut

distinguer

sur

base

du

droit

des

étrangers

quatre

types

de

flux

:

la

migration

familiale,

la

protection

internationale,

la

migration

de

travail

et

la

migration

étudiante.

Ce

dernier

type

de

flux

migratoire

a

fait

lobjet

de

très

peu

de

recherches.

En

collaboration

avec

la

Politique

scientifique

fédérale,

le

Centre

a

estimé

quil

était

nécessaire,

notamment

au

vu

de

lagenda

européen

en

matière

de

migration

étudiante,

détudier

la

migration

étudiante

en

Belgique

de

manière

interdisciplinaire.

Une

équipe

de

chercheurs,

dirigée

par

Frank

Caestecker

(UGent)

et

Andrea

Rea

(ULB),

ont

donc

dressé

un

état

des

lieux

de

cette

migration

étudiante.

Cet

ouvrage,

déjà

publié

par

les

Éditions

Acco,

est

à

présent

disponible

en

français

auprès

dAcademia.

Il

constitue

un

ouvrage

de

référence

sur

la

migration

étudiante

vers

notre

pays.

F.

Caestecker,

J.

de

Bock,

M.

Godin,

A.

Rea

et

M.

Sacco

10



La

migration

étudiante

constitue

un

élément

essentiel

du

paysage

de

lenseignement

en

Belgique

et

contribue

à

la

diversité

de

notre

société

dimmigration.

Sur

le

plan

international,

la

Belgique

est

devenue

une

importante

destination

pour

des

ressortissants

étrangers

dorigines

les

plus

diverses.

Des

étudiants

du

monde

entier

trouvent

le

chemin

de

nos

écoles

et

universités.

Lhistoire

de

la

migration

étudiante

en

Belgique

reflète

les

grands

changements

institutionnels

et

sociaux

qui

ont

traversé

notre

pays

durant

ces

deux

derniers

siècles.

Louvrage

met

laccent

sur

la

dernière

décennie

et

sur

les

migrations

en

provenance

de

Chine,

du

Congo,

du

Cameroun,

du

Maroc

et

des

États

Unis

;

un

choix

qui

reflète

de

manière

pertinente

les

sources

hétérogènes

de

la

migration

étudiante.

Lenseignement

est

lune

des

compétences

clés

des

Communau

tés

en

Belgique.

La

participation

des

étudiants

étrangers

aux

systèmes

denseignement

des

deux

grandes

Communautés

de

notre

pays

est,

par

conséquent,

fortement

liée

aux

caractéristiques

intrinsèques

de

ces

Communautés.

Il

sagit

notamment

de

la

langue,

mais

aussi

de

leur

vision

spécifique

de

limportance

à

accorder

au

phénomène

migra

toire

étudiant.

Une

réelle

politique

de

migration

étudiante

semble

rencontrer

une

série

dobstacles

idéologiques,

comme

le

démontre

lanalyse

de

la

politique

denseignement

et

dimmigration

que

les

auteurs

proposent

dans

cet

ouvrage.

La

situation

belge

dénote

par

rapport

à

celle

des

pays

voisins,

dans

lesquels

les

possibilités

dexercer

une

activité

professionnelle

consécutivement

aux

études

ont

été

élargies.

En

Belgi

que,

cela

reste

une

exception.

Si

lon

se

place

dans

la

perspective

doptimaliser

les

trajets

étudiants

au

bénéfice

de

«

notre

économie

»

et

de

«

notre

société

»,

de

létudiant

lui

même

et

de

son

entourage,

ne

sagit

il

pas



dune

opportunité

manquée

?

Louverture

aux

étudiants

étrangers

a

entraîné

des

change

ments

dans

le

paysage

éducatif,

comme

par

exemple

un

nombre

accru

de

formations

en

anglais

et

de

spécialisations.

Ces

changements

sont

souvent

accompagnés

de

droits

dinscription

plus

élevés

pour

les

étu


11

Migrer

pour

un

diplôme



diants

étrangers,

mais

parfois

aussi

pour

les

Belges.

Les

institutions

denseignement

supérieur

prévoient

également

certaines

facilités

pour

les

étudiants

étrangers

qui

ont

des

moyens

financiers

suffisants.

Dans

ce

contexte,

les

auteurs

se

demandent

si

les

formations

en

anglais

nétablissent

pas

un

nouveau

critère

social

daccès

à

lenseignement

belge.

À

partir

de

cette

question,

ils

développent

la

problématique

de

la

naissance

dune

offre

denseignement

«

duale

»,

dans

laquelle

les

étudiants

«

plus

riches

»

posent

des

exigences

plus

importantes

en

matière

de

suivi

individuel.

Daprès

les

auteurs,

cette

tendance,

qui

se

traduit

déjà

aujourdhui

dans

loffre

de

lenseignement

privé,

sera

appelée

à

se

manifester

également

dans

les

institutions

publiques

denseignement.

Compétitivité,

démocratisation,

diversification,

européanisa

tion,

globalisation,

coopération

au

développement,

valorisation

sont

quelques

uns

des

termes

clés

dune

politique

de

migration

étudiante

durable,

cest

à

dire

un

projet

dencadrement

qui

va

au

delà

des

sim

ples

considérations

relatives

à

la

transposition

dune

Directive

euro

péenne.

Ce

constat

nous

amène

à

la

deuxième

mission

légale

du

CECLR

:

veiller

au

respect

des

droits

fondamentaux

des

étrangers.

Migrer

pour

étudier

nest

pas

un

droit

fondamental

en

soi.

Par

contre,

les

étudiants

étrangers

jouissent

de

droits

(fondamentaux).

Les

auteurs

de

la

recherche

proposent

quelques

réflexions

intéressantes.

Alors

que

la

mobilité

étudiante

est

toujours

plus

valorisée

dans

la

formation

de

«

nos

»

étudiants,

que

des

financements

sont

prévus

et

des

structures

sont

créées

à

cet

effet,

peu

defforts

supplémentaires

sont

consentis

pour

que

des

étudiants

provenant

de

régions

du

monde

économiquement

moins

développées

puissent

eux

aussi

bénéficier

de

séjours

détudes

à

létranger.

Rien

nest

fait

non

plus

pour

améliorer

les

perspectives

davenir

des

diplômés

ressortissants

des

pays

du

Sud

qui

veulent

rentrer

au

pays.

Les

auteurs

font

un

autre

constat

préoccupant,

qui

concerne

la

«

politique

des

guichets

».

Il

met

en

lumière

linfluence

manifeste


F.

Caestecker,

J.

de

Bock,

M.

Godin,

A.

Rea

et

M.

Sacco

12



quexercent

les

fonctionnaires

communaux

sur

le

cursus

des

étu

diants,

à

travers

certaines

pratiques

administratives.

Ceci

constitue

un

phénomène

inquiétant

au

regard

du

droit

à

légalité

de

traitement.

Sans

vouloir

minimaliser

la

responsabilité

des

étudiants

dans

leur

projet

détudes,

on

ne

se

préoccupe

pas

assez

que

notre

politique

migratoire

créant

des

situations

de

séjour

précaire



détudiants

et

dautres

étrangers



qui

entraînent

des

risques

réels

pour

la

société,

alors

même

que

ces

risques

pourraient

être

évités.

Cet

ouvrage

aborde

aussi

la

question

du

blocage

de

laccès

au

marché

de

lemploi

pour

les

partenaires

des

étudiants.

Louverture

du

marché

de

lemploi

aux

partenaires

détudiants

étrangers

provenant

de

pays

tiers,

ne

contribuerait

elle

pas

à

démocratiser

les

flux

détudiants

étrangers

en

provenance

des

pays

du

Sud

vers

lensei

gnement

supérieur

belge

?

De

cette

manière,

le

budget

familial

de

beaucoup

détudiants

étrangers,

surtout

africains,

pourrait

être

rehaussé,

et

ainsi

participer

à

la

démocratisation

de

la

migration

étudiante.

Nous

espérons

que

la

réflexion

heuristique

des

auteurs

sera

source

de

débats

ultérieurs.

Comment

aborder

les

trois

types

de

migration

des

étudiants

étrangers

exposés

dans

la

recherche

(mobilité

étudiante,

migration

étudiante

et

«

migralité

»)

?

Quelle

politique

réussira

t

elle

à

tenir

compte

de

cette

diversité

de

migrations

étudian

tes,

tout

en

maintenant

un

souci

constant

du

respect

des

droits

fonda

mentaux

?

Enfin,

nous

vous

souhaitons

une

lecture

enrichissante,

ouvrant

de

nouvelles

pistes

de

réflexion.

Nous

espérons

que

cet

ouvrage

permettra

aux

nombreux

intervenants

dans

le

domaine

de

la

migra

tion

et

de

la

mobilité

étudiantes



ainsi

quà

la

société

en

général



de

«

prendre

leurs

responsabilités

»,

et

non

plus

de

se

contenter

de

demander

aux

étudiants

de

prendre

les

leurs,

comme

le

discours

politique

dominant

le

laisse

entendre.

Jozef

De

Witte,

directeur

du

CECLR

Edouard

Delruelle,

directeur

adjoint

du

CECLR




INTRODUCTION








Bien

que

limmigration

étudiante

ne

représente

quune

petite

partie

des

flux

migratoires

contemporains,

elle

nen

constitue

pas

moins

une

part

importante

en

raison,

dune

part,

de

sa

dimension

historique

et

traditionnelle

dans

les

mouvements

migratoires

et,

dautre

part,

des

objectifs

spécifiques

qui

lui

sont

assignés.

Au

niveau

mondial,

en

2003,

la

Belgique

accueillait

2

%

du

nombre

total

des

étudiants

étrangers.

Les

États

Unis

en

accueillaient

le

plus

grand

nombre

(28

%),

suivis

par

le

Royaume

Uni

(12

%),

lAllemagne

(11

%),

la

France

(10

%)

et

lAustralie

(9

%).

Ces

cinq

pays

attiraient

70

%

de

lensemble

des

étudiants

étrangers.

À

cette

époque,

la

Belgique

se

situait

en

cinquième

position,

avec

le

Royaume

Uni,

quant

à

la

proportion

du

nombre

détudiants

étrangers

dans

la

population

étudiante

globale

(11,5

%)
1
.

Doù

proviennent

ces

étudiants

étrangers

de

lenseignement

supérieur

en

Belgique

?

Coulon

et

Paivandi

(2003,

p.

10)

indiquent



1

Les

quatre

premiers

pays

étaient

lAustralie

(19

%),

la

Suisse

(17,5

%),

lAutriche

(13,5

%),

la

Nouvelle

Zélande

(13,5

%),

venaient

ensuite

la

Belgique

et

le

Royaume

Uni

suivis

par

lAllemagne

(10,7

%),

la

France

(10,5

%),

le

Danemark

(9

%)

,

lIrlande

(5,5

%),

la

Norvège

(5

%)

et

les

Pays

Bas

(3,9

%).

Les

États

Unis

(3,5

%)

se

retrouvent

en

17
e

position.

OESO,

Education

at

a

Glance

2005,

Tabel

C3.1,

in

OCDE,

«

Higher

Education

Quality,

Equity

and

Efficiency

»,

OESO

bijeenkomst

van

de

Ministers

van

Onderwijs,

Athene,

26

28

juni

2006,

p.

36.


http://www.oecd.org/dataoecd/30/7/36960580.pdf

F.

Caestecker,

J.

de

Bock,

M.

Godin,

A.

Rea

et

M.

Sacco

14



que,

au

niveau

mondial,

62

%

de

ces

étudiants

sont

originaires

dun

pays

du

Sud

et

vont

dans

un

pays

du

Nord,

30

%

viennent

dun

pays

du

Nord

et

se

rendent

dans

un

pays

du

Nord

et

8

%

détudiants

provenant

dun

pays

du

Nord

vont

dans

un

pays

du

Sud.

La

Belgique

compte

un

nombre

important

détudiants

européens

parmi

sa

popula

tion

étudiante

étrangère.

En

outre,

les

étudiants

nord

américains

ne

sont

pas

rares

dans

les

universités

et

les

écoles

supérieures

belges.

Lenseignement

supérieur

en

Belgique

attire

également

des

étudiants

du

Sud.

Ils

viennent

du

Congo,

du

Maroc,

de

Chine,

du

Cameroun,

mais

aussi

dautres

pays.

Ces

flux

migratoires

semblent

avoir

un

ancrage

historique.

On

trouve

ainsi

davantage

détudiants

asiatiques

aux

États

Unis

et

en

Australie

alors

que

les

étudiants

africains

se

retrouvent

principalement

dans

les

universités

européennes.

Parmi

les

étudiants

étrangers,

nous

faisons

une

distinction

entre

les

étudiants

venant

de

pays

du

Sud

et

ceux

venant

de

pays

du

Nord.

Le

premier

groupe

est

perçu

comme

faisant

partie

du

groupe

des

migrants,

un

groupe

dont

on

se

méfie.

On

soupçonne

ainsi

les

étu

diants

migrants

de

vouloir

sinstaller

:

ils

prétendent

venir

ici

pour

étudier

et

obtenir

un

diplôme,

mais

est

ce



leur

véritable

intention

?

Les

étudiants

du

second

groupe

viennent

dautres

pays

développés

et

sont

considérés

comme

faisant

partie

de

la

mobilité

étudiante.

La

migration

étudiante

est

donc

mise

en

lien

avec

les

jeunes

qui

viennent

du

Sud

pour

suivre

un

cursus

académique,

partiel

ou

complet,

dans

une

université

dun

pays

développé.

La

mobilité

étudiante

est

mise

en

lien

avec

des

étudiants

de

pays

développés

qui

suivent

un

cursus,

parfois

court,

dans

un

autre

pays

développé.

Cette

distinction

entre

étudiants

étrangers

est

une

construction

sociale.

Sans

pour

autant

considérer

toute

mobilité



déplacement

ou

migration



ayant

pour

objectif

les

études

de

la

même

manière,

il

demeure

que

toute

migration

est

le

fait

de

quelquun

qui

vient

dailleurs.

Quand

on

séjourne

ailleurs,

des

liens

sont

créés

qui

font

de

cet

ailleurs

un

chez

soi.

En

même

temps,

ce

séjour

peut

être

tempo

raire

et

ne

pas

amener

dancrage.

Tous

les

étudiants

qui

vont

étudier

à

létranger

partagent

ce

point

de

vue

:

lailleurs

vers

lequel

ils

se

diri


15

Migrer

pour

un

diplôme



gent

pourraient

bien

devenir

leur

chez

soi.

Cest

pour

cette

raison

que

nous

utilisons

le

terme

«

étudiants

migrants

»

dans

un

sens

large,

doù

quils

soient

observés,

qui

vont

ou

viennent,

quils

soient

des

immi

grés

ou

des

émigrés.

La

migration

étudiante

est

toujours

liée

avec

linternational.

Létudiant

flamand

qui

vient

de

Flandre

orientale

et

qui

va

étudier

à

lUniversité

de

Gand

ou

celui

de

Henegouwen

qui

étudie

à

lUniversité

Libre

de

Bruxelles

nest

pas

pris

en

compte

dans

le

cadre

de

cette

recherche.

La

migration

étudiante

renvoie

dans

ce

livre

à

la

mobilité

internationale,

une

mobilité

qui

dépasse

les

frontières

étati

ques.

Notre

monde

est

divisé

en

États

et

les

frontières

des

États

ont

une

influence

importante

sur

la

mobilité

géographique.

Les

États

déci

dent

de

manière

autonome

sils

veulent

contrôler

de

manière

stricte

la

mobilité

à

leurs

frontières

ou

sils

veulent

subir,

tolérer

ou

stimuler

cette

mobilité.

La

Belgique,

en

tant

que

partie

de

lUnion

européenne,

a

décidé

de

ne

plus

contrôler

la

mobilité

dans

lespace

européen.

Les

frontières

internes

à

lUnion

européenne

ne

font

plus

lobjet

de

contrô

les

de

police

et

de

contrôle

douanier,

sauf

sil

y

a

levé

de

la

règle.

Aux

frontières

externes

de

lUnion

européenne,

il

y

a

encore

des

douanes

et

des

visas

sont

nécessaires.

Pour

les

Européens,

lentrée

en

Belgique

est

pratiquement

libre,

mais

les

ressortissants

de

pays

tiers



non

membres

de

lUnion

européenne



qui

veulent

venir

en

Belgique,

doi

vent

remplir

certaines

conditions

pour

pouvoir

y

entrer.

La

migration

étudiante,

tant

dEuropéens

que

de

ressortissants

de

pays

tiers,

est

une

partie

de

la

mobilité

internationale,

et

est

donc

également

politi

que,

et

définie

par

les

États.

Ce

livre

est

le

résultat

dun

projet

de

recherche

«

La

gestion

de

la

migration

étudiante

vers

la

Belgique

:

historique,

panorama

et

prévisions

».

Ce

rapport

est

basé

sur

une

recherche

quantitative

et

qualitative



réalisée

par

deux

chercheurs



qui

sest

étalée

sur

six

mois.

Dans

le

rapport

de

recherche,



un

document

de

travail 

,

étaient

exposés

la

méthodologie

et

les

résultats,

pour

que

la

commu

nauté

scientifique

puisse

y

accéder.

Cette

publication

reprend

en

synthèse

les

résultats

et

vise

à

toucher

un

public

plus

large.


F.

Caestecker,

J.

de

Bock,

M.

Godin,

A.

Rea

et

M.

Sacco

16



Le

chapitre

1

consiste

en

une

introduction

historique

sur

le

thème.

La

nouvelle

signification

de

la

migration

étudiante

et

comment

ses

limites

ont

été

définies

aux

XIX
e

et

XX
e

siècles.

Cette

contextualisa

tion

historique

du

phénomène

permet

au

lecteur

de

replacer

les

tendances

et

les

caractéristiques

de

la

migration

étudiante

dans

une

perspective

plus

large.

Le

chapitre

2

donne

un

aperçu

du

flux

et

de

la

présence

des

étudiants

dans

lenseignement

supérieur

durant

les

dix

dernières

années.

Cet

aperçu

repose

sur

des

données

hétérogènes

provenant

de

diverses

bases

de

données

administratives.

Ces

données

ayant

été

construites

différemment,

leur

degré

de

représentativité

est

très

varia

ble.

Dans

les

notes

de

bas

de

page

et

les

annexes,

les

aspects

techni

ques

de

cette

recherche

sont

exposés.

Cependant,

les

données

ont

été

homogénéisées

afin

que

le

lecteur

ait

un

aperçu

de

la

présence

détudiants

migrants

de

pays

tiers

dans

lenseignement

supérieur,

pour

la

dernière

décennie.

Des

changements

évidents

ont

eu

lieu

dans

la

migration

étudiante

ces

dix

dernières

années.

Les

changements

dans

lorigine

géographique

des

étudiants

migrants

et

la

manière

dont

ils

financent

leurs

études

indiquent

une

transformation

importante.

Le

chapitre

3

essaie

déclairer

ces

changements

à

la

lumière

des

choix

politiques

en

Belgique.

Il

sagit

dexaminer

un

lien

éventuel

entre

la

transformation

des

flux

des

étudiants

issus

de

pays

tiers

et

les

réorientations

de

la

politique

belge

en

matière

de

migration

étudiante.

La

politique

de

coopération

au

développement

est

examinée.

Ce

chapitre

se

penche

également

sur

ce

qui

se

passe

au

delà

des

frontiè

res,

dans

dautres

pays

européens,

afin

de

présenter

tant

les

politiques

au

niveau

belge

queuropéen.

Le

chapitre

4,

enfin,

donne

la

parole

à

la

génération

actuelle

détudiants

migrants.

Sur

base

dune

analyse

qualitative

des

entre

tiens,

à

partir

dune

connaissance

sociologique

du

phénomène

des

migrations

étudiantes,

le

parcours

de

ces

étudiants

est

esquissé.

Pour

quoi

ces

étudiants

souhaitent

ils

étudier

à

létranger

?

Et

pourquoi

en

Belgique

?

Voilà

les

questions

abordées

ici.

Sont

ils

seuls

ou

peuvent


17

Migrer

pour

un

diplôme



ils

compter

sur

un

réseau

social,

en

Belgique

et

dans

le

pays

dorigine,

pour

réaliser

leur

projet

?

Enfin,

sera

également

abordée

la

question

«

Dans

quelle

mesure

la

migration

étudiante

reste

présente

dans

le

parcours

des

étudiants

ou

nest

ce

quune

phase

dans

la

vie

de

ces

étrangers

?

».

Ces

étudiants

migrants

retrouvent

ils

une

place

dans

le

monde

quils

avaient

quitté

?

Font

ils

un

aller

retour

ou

sinstallent

ils

dans

le

pays

daccueil

?

Pour

répondre

à

ces

questions,

les

données

qualitatives

sont

complétées

par

des

données

quantitatives

touchant

à

leur

séjour,

comme

celles

reprises

au

Registre

national

et

par

lOffice

des

étrangers.

Ce

livre

a

pu

être

réalisé

grâce

à

la

collaboration

de

nombreuses

personnes.

Nous

remercions

Éric

Vanhaute

et

Luc

François

(UGent),

Françoise

Decamp

et

Anne

Willocq

(FUSAGx),

Anita

Mathieu

et

Dominique

Mertens

(ULB),

et

Michel

Ledent

(UCL).

Les

membres

du

Comité

daccompagnement,

par

leurs

conseils

et

leurs

critiques

constructives,

ont

largement

contribué

aux

résultats

de

cette

recher

che,

et

en

particulier

Margarida

Freire

et

Zakia

Khattabi

(SFP

Politique

scientifique),

Julie

Lejeune,

Henri

Goldman

et

Koen

Dewulf

(CECLR),

Johan

Surkyn

(VUB),

Danielle

Gilliot

(VLIR)

et

Jean

Pierre

Baisieux

(Direction

générale

de

lEnseignement).

Ce

travail

naurait

pas

été

possible

sans

la

collaboration

des

personnes

interrogées

qui

ont

partagé

leur

expérience

et

leur

savoir.

Pour

la

présente

édition,

nous

souhaitons

aussi

remercier

vivement

Massimo

Bortolini

et

Isabelle

Renneson

pour

la

relecture

du

manuscrit.

Frank

Caestecker

Andrea

Rea

Jozefien

De

Bock

Marie

Godin

Muriel

Sacco






CHAPITRE

1


HISTOIRE

DES

MIGRATIONS

ÉTUDIANTES

VERS

LA

BELGIQUE

Frank

Caestecker

et

Jozefien

De

Bock

(UG)





Depuis

sa

création,

que

lon

peut

situer

vers

le

Haut

Moyen

Âge,

un

réseau

international

sest

développé

entre

les

différentes

universités

du

continent

européen,

réseau

alimenté

par

une

migration

continue

détudiants

et

de

professeurs.

En

dautres

termes,

la

migra

tion

pour

poursuivre

une

formation

dans

un

autre

pays

est

donc

aussi

vieille

que

lenseignement

supérieur

lui

même.

La

composition

et

le

sens

du

flux

migratoire

estudiantin



que

ce

soit

vers

ou

à

lintérieur

de

lEurope



ont

toujours

été

fortement

influencés

par

le

contexte

social.

Les

mouvements

migratoires

entre

universités

ont

toujours

été

plus

quun

simple

échange

de

clientèle.

Ils

ont

été

sources

de

change

ments

essentiels

au

sein

des

universités

concernées

ainsi

quau

sein

du

réseau

universitaire

dans

son

ensemble

:

ils

assuraient

léchange

de

connaissances

et

lapport

didées

et

de

méthodes

nouvelles

et

géné

raient

ainsi

une

dynamique

propre

aux

universités.

Ces

flux

migratoi

res

nétaient

pas

dissociés

du

fonctionnement

de

lenseignement

supé

rieur

européen,

mais

composaient,

et

composent

encore,

une

impor

tante

partie

de

cet

enseignement.

F.

Caestecker,

J.

de

Bock,

M.

Godin,

A.

Rea

et

M.

Sacco

20



Durant

les

XIX
e

et

XX
e

siècles,

la

migration

étudiante

connaît

de

fortes

fluctuations

tant

en

chiffres

absolus

quen

pourcentages.

Les

données

de

la

figure

1

sur

la

présence

détudiants

étrangers

dans

lenseignement

supérieur

ne

représentent

pas,

en

particulier

au

cours

de

la

dernière

période,

la

migration

étudiante.

En

effet,

parmi

les

étudiants

étrangers

figurent

aussi

des

descendants

de

migrants

éta

blis.

Figure

1



Les

étudiants

étrangers

dans

les

universités

belges

(1858

1979)


1.

Les

étudiants

européens

dans

lenseignement

supérieur

belge,

de

1830

à

1960

Au

XIX
e

siècle,

lEurope

a

vu

samorcer

un

processus

daug

mentation

du

nombre

des

établissements

denseignement.

Ce

processus

était

encadré

par

une

bureaucratie

qui

accompagnait

une

politique

nationale

denseignement.

Le

corps

enseignant

fut

profes

sionnalisé,

les

enseignants

de

lenseignement

supérieur

devenant

des

fonctionnaires

payés

par

lÉtat.

En

même

temps

que

cette

dépendance


21

Migrer

pour

un

diplôme



croissante

vis

à

vis

des

autorités

publiques

(surtout

au

niveau

budgétaire),

les

établissements

denseignement

bénéficiaient

toutefois

dune

grande

liberté

académique.

Lenseignement

dispensé

dans

les

établissements

denseignement

supérieur

européens

répondait

aux

évolutions

des

disciplines

scientifiques

qui

se

diversifièrent

et

se

spécialisèrent

de

plus

en

plus.

Ceci

allait

de

pair

avec

une

réforme

approfondie

de

la

hiérarchie

académique

et

sociale

entre

les

différen

tes

sciences

établie

depuis

le

Moyen

Âge.

Cest

surtout

le

statut

des

sciences

naturelles

qui

prit

beaucoup

dimportance,

celui

des

lettres

et

de

la

philosophie

perdant

de

sa

notoriété.

«

The

age

of

philosophy

»

fit

place

à

«

The

age

of

science

»

(Jarausch,

2004,

p.

368).

Laugmentation

du

nombre

des

établissements

denseignement

coïncida

avec

laugmentation,

encore

plus

impressionnante,

de

la

population

étudiante

européenne,

ce

qui,

après

la

Deuxième

Guerre

mondiale,

aboutit

à

luniversité

de

masse.

Les

établissements

denseignement

offraient

des

formations

désormais

adaptées

aux

possibilités

de

carrières

dans

le

nouveau

monde

industrialisé.

Une

formation

formelle

dans

un

établissement

denseignement

devenait

plus

importante

pour

les

fonctions

de

cadres

dans

une

société

sans

cesse

plus

professionnalisée.

Dans

la

population

étudiante

croissante

se

dessinait

également

un

processus

de

diversification.

Au

XIX
e

siècle,

pour

la

première

fois,

deux

«

nouvelles

»

catégories

détudiants

se

manifestaient

:

les

femmes

et

les

étrangers

(Moulinier,

2002,

p.

4).

En

même

temps,

un

processus

de

démocratisation

dans

la

composition

de

la

population

étudiante

se

mettait

en

place,

lentement,

mais

sûrement.

Le

fait

que

les

universités

exerçaient

une

force

dattraction

au

delà

des

frontières

nationales

était

visible

dans

tous

les

pays

dEurope

de

lOuest

pendant

la

dernière

décennie

du

XIX
e

siècle.

Au

cours

de

la

période

1890

1910,

le

nombre

détudiants

étrangers

dans

les

établisse

ments

denseignement

supérieur

en

Europe

de

lOuest

a

quasiment

triplé,

tandis

que

le

nombre

total

détudiants

navait

que

doublé.

Le

poids

relatif

des

étudiants

étrangers

augmentait

à

vue

dil

(Karady,

1998,

pp.

93

94).

Ce

sont

surtout

les

universités

qui

attiraient

un

grand

nombre

détudiants

étrangers,

même

si

un

certain

nombre

décoles


F.

Caestecker,

J.

de

Bock,

M.

Godin,

A.

Rea

et

M.

Sacco

22



supérieures

spécialisées

drainaient

également

une

part

importante

de

la

population

étudiante

étrangère

(Manitakis,

1997,

p.

2).

Avec

la

Suisse,

la

Belgique

était

alors

un

des

petits

pays

dEurope

qui

attirait

un

grand

nombre

détudiants

venus

de

létranger.

1.1

La

dynamique

de

la

migration

étudiante

vers

la

Belgique

À

lorigine,

les

flux

détudiants

vers

les

universités

belges

étaient

dominés

par

les

étudiants

venant

des

pays

voisins

(figure

2).

Il

sagissait

dune

migration

régionale

faite

détudiants

attirés

par

une

langue

commune,

une

culture

commune

et

une

tradition

migratoire

(Latreche,

2003,

p.

138).

Cest

au

XIX
e

siècle

que

la

Belgique

donne

forme

à

son

ensei

gnement

supérieur.

Les

traditions

confessionnelles

et

les

rivalités

régionales

ont

mené

à

la

création

dun

réseau

universitaire

dense

et

fortement

développé

(Tikhonov,

2003,

p.

43).

Ce

nombre

proportion

nellement

important

duniversités

a

contribué

à

un

dynamisme

social

important

au

sein

de

lenseignement

supérieur.

Les

établissements

denseignement

belges

étaient

largement

ouverts

aux

étudiants

étrangers,

étant

donné

que

la

base

de

recrutement

local

ne

permettait

pas

à

ces

établissements

de

survivre.

Au

début

des

années

1870,

les

quatre

universités

belges

comptabilisaient

ensemble

quasiment

20

%

détudiants

étrangers

(figure

1

;

Dhondt,

2008).

Au

cours

des

décen

nies

suivantes,

la

part

des

étrangers

a

commencer

à

diminuer,

dune

part,

parce

que

les

étudiants

des

pays

voisins

commençaient

à

préférer

les

universités

de

leur

pays

et

de

lautre,

car

le

nombre

dinscriptions

détudiants

belges

augmentait.

Malgré

cette

tendance,

après

1890,

le

nombre

détudiants

étrangers

a

recommencé

à

augmenter

(figure

2).

Juste

avant

la

Première

Guerre

mondiale,

le

nombre

détudiants

étrangers

atteignit

un

record

en

Belgique,

de

même

leur

part

dans

la

population

étudiante

totale

des

effectifs

des

établissements

denseignement

supérieur

belges

représentait

un

tiers

du

nombre

total

(Dhondt,

2008

;

Manitakis,

1997,

p.

3

;

Ronin,

1993,

pp.

171

191

;

Hulewicz,

1969,

p.

11

;

Stachurski,

1984,

p.

10).

Les

deux

décennies

qui

précédèrent

la

Première

Guerre

mondiale

ont

vu

une


23

Migrer

pour

un

diplôme



migration

importante

détudiants

provenant

de

la

partie

orientale

du

continent,

principalement

du

Royaume

de

Russie,

et

pour

la

plupart

de

groupes

minoritaires

issus

de

ces

pays.

Parmi

ces

étudiants,

il

y

avait

un

grand

nombre

de

juifs,

ainsi

que

de

Polonais.

Le

nationalisme

polonais

faisait

que,

même

si

étant

citoyens

russes,

ces

étudiants

sinscrivaient

dans

les

universités

belges

comme

Polonais

(figure

2

;

Manitakis,

1997,

pp.

17

18

;

Dhondt,

2008

;

Stachurski,

1984).

La

plu

part

(75

%)

des

étudiants

étrangers

dans

les

universités

belges

prove

naient

de

pays

européens.

Les

étudiants

des

autres

continents

étaient

peu

représentés

en

Belgique

(figure

1).

Les

pays

dAsie

et

dAmérique

(latine)

nenvoyaient

quun

tout

petit

nombre

détudiants

qui,

à

leur

retour,

devaient

contribuer

à

la

modernisation

de

leur

pays.

Les

étu

diants

dAfrique

et

dOcéanie

étaient

quasiment

absents

des

universi

tés

belges.

Figure

2



Étudiants

étrangers

inscrits

dans

les

universités

belges,

par

nationalités

(1858

1937)

1400
1200
1000
800
600
400
200
0

Pays

limitrophes

(France,

Luxembourg

et

Pays

Bas) Hors

Europe
Autres

pays

européens Pologne

et

Russie

(URSS

à

partir

de

1917)

Après

la

Première

Guerre

mondiale,

on

renoue

vite

avec

le

monde

universitaire

cosmopolite.

Dans

les

années

1920,

un

quart

des

étudiants

des

universités

belges

étaient

toujours

de

nationalité

étran


F.

Caestecker,

J.

de

Bock,

M.

Godin,

A.

Rea

et

M.

Sacco

24



gère.

Cest

surtout

dEurope

de

lEst

que

provenaient

les

étudiants

intégrant

lenseignement

supérieur

belge

(figure

2).

La

redéfinition

des

frontières

des

États

de

lEurope

centrale

et

de

lEurope

de

lEst

permettait

de

localiser

clairement

les

étudiants

dEurope

de

lEst.

Les

nouveaux

États,

comme

la

Pologne

ou

les

États

baltes,

voyaient

surtout

des

jeunes

des

minorités

ethniques

partir

poursuivre

leurs

études

en

Belgique

et

dans

dautres

pays

dEurope

de

lOuest.

Après

la

fermeture

des

frontières

de

la

Russie,

devenue

communiste,

les

jeunes

qui

habitaient

(plus)

à

lest

nont

plus

pris

part

à

ce

flux

migra

toire.

Depuis

le

XIX
e

siècle,

la

population

détudiants

étrangers

se

composait

principalement

dhommes,

mais

une

féminisation

a

lente

ment

commencé.

Les

étudiantes

étrangères,

surtout

les

Russes,

composaient

même

la

majorité

des

étudiantes

pionnières

dans

lenseignement

supérieur

belge

à

la

fin

du

XIX
e

siècle

(Godfrind,

2007,

p.

328).

Vers

1960,

les

femmes

représentaient

20

%

de

la

population

étudiante

étrangère.

Entretemps,

la

Belgique

était

devenue

un

pays

dimmigration



les

habitants

de

nationalité

étrangère

représentaient

4

%

de

la

population.

Dans

les

grandes

villes,

les

«

communautés

migrantes

intégrées

»,

surtout

originaires

dEurope

de

lEst,

envoyaient

leurs

enfants

nés

et

élevés

en

Belgique

dans

lenseignement

supérieur.

Ces

étudiants

possédaient

souvent

la

nationalité

du

pays

dont

leurs

parents

étaient

originaires.

Cest

pourquoi

les

chiffres

relatifs

aux

étu

diants

étrangers

reflétaient

non

plus

seulement

limmigration

vers

la

Belgique,

mais

également

lhétérogénéité

de

la

population

belge

(Levy,

1932,

pp.

21

24

;

Coudeyns,

2002).

Ainsi,

la

présence

détu

diants

russes

dans

lenseignement

supérieur

après

la

Première

Guerre

mondiale

nétait

plus

une

conséquence

de

la

migration

étudiante,

mais

concernait

des

réfugiés

et

leurs

descendants

établis

en

Belgique

et

qui

souhaitaient

y

construire

une

nouvelle

vie.

À

partir

des

années

1930,

le

nombre

détudiants

de

nationalité

étrangère

est

retombé

à

un

peu

plus

de

10

%,

et

même

5

%

dans

les


25

Migrer

pour

un

diplôme



années

1950

(figure

1).

Après

la

Deuxième

Guerre

mondiale,

la

migra

tion

étudiante

provenant

dEurope

de

lEst

et

dEurope

centrale

dimi

nua

fortement.

Cette

région,

auparavant

principal

lieu

dorigine

de

la

migration

étudiante

vers

la

Belgique,

fut

coupée

du

marché

de

lenseignement

dEurope

de

lOuest

suite

aux

changements

politiques

profonds

intervenus.

Durant

la

période

de

la

Guerre

Froide,

les

pays

dEurope

de

lEst

se

tournèrent

vers

lUnion

Soviétique

et

sisolèrent

de

lOuest.

Les

quelques

Européens

de

lEst

présents

dans

lenseigne

ment

supérieur

belge

étaient

généralement

des

réfugiés

qui

étaient

arrivés

en

Belgique

après

la

Deuxième

Guerre

mondiale

et

qui

ne

voulaient,

ou

ne

pouvaient

plus

retourner

dans

leur

pays

désormais

incorporé

dans

le

bloc

communiste,

ou

encore

qui

avaient

fui

après

la

Deuxième

Guerre

mondiale



cest

le

cas

des

réfugiés

hongrois

en

1956
2
.

Le

nombre

décroissant

détudiants

étrangers

dans

lenseigne

ment

supérieur

contrastait

avec

le

nombre

croissant

détrangers

en

Belgique,

qui,

en

1960,

représentaient

déjà

5

%

de

la

population

belge.

1.2

Pourquoi

les

étudiants

étrangers

ont

ils

choisi

la

Belgique

?

À

partir

du

XIX
e

siècle,

le

choix

de

la

Belgique

pour

létudiant

étranger

était

toujours

en

grande

partie

lié

à

la

valeur

de

la

Belgique

et

de

ses

établissements

sur

le

marché

international

de

lenseignement

supérieur.

La

renommée

des

universités

et

des

écoles

supérieures,

et

la

qualité

de

lenseignement

fourni

étaient,

et

demeurent,

des

élé

ments

importants

dans

le

choix

dun

établissement

denseignement

(Moulinier,

2003,

p.

103).

De

telles

données

peuvent

difficilement

être

jugées

objectivement.

En

effet,

la

renommée

dun

établissement

pou

vait

varier

énormément

en

fonction

du

point

de

vue.

Ainsi,

certaines

facultés

belges,

mais

surtout

certaines

écoles

supérieures,

bénéfi

ciaient,

au

XIX
e

siècle

et

pendant

lentre

deux

guerres,

dune

excel



2

Caestecker

(1995,

1992).

Lettre

du

chef

de

cabinet

du

ministère

des

Affaires

économiques

et

des

Classes

moyennes

au

chef

de

cabinet

du

ministère

du

Travail

et

de

la

Prévoyance

sociale,

le

30

mars

1949

et

Procès

verbal

de

la

réunion

tenue

à

lAdministration

de

la

Police

des

étrangers

le

27

septembre

1949.

Archives

Natio

nales,

Archives

de

lOffice

des

étrangers,

resp.



528

et

529

(nouvelle

numé

rotation).


F.

Caestecker,

J.

de

Bock,

M.

Godin,

A.

Rea

et

M.

Sacco

26



lente

réputation

en

Europe

de

lEst,

dans

lest

de

lAsie

et

en

Améri

que

latine,

attirant

par

conséquent

surtout

des

étudiants

de

ces

régions,

tandis

que

dans

dautres

régions,

lenseignement

supérieur

belge

nétait

pas

aussi

réputé

(Levy,

1932,

p.

26

;

Ronin,

2005,

p.

44

;

Stols,

1976).

Un

facteur

important

pour

déterminer

la

valeur

sur

le

marché

dun

établissement

denseignement

était

la

langue

dans

laquelle

lenseignement

était

assuré.

Au

XIX
e

siècle

et

pendant

la

première

moitié

du

XX
e

siècle,

lallemand

et

le

français

étaient

les

deux

langues

qui

régissaient

principalement

la

vie

culturelle

et

scientifique.

Lensei

gnement

supérieur

dans

ces

langues

était

par

conséquent

très

convoité.

Le

fait

que

lenseignement

supérieur

belge

était,

jusquaprès

la

Première

Guerre

mondiale,

totalement

organisé

en

français

repré

sentait

donc

aussi

un

plus

pour

attirer

des

étudiants

étrangers
3
.

Un

autre

élément

déterminant

pour

le

choix

dun

établissement

denseignement

était

le

coût

de

la

vie

dans

le

pays

ou

dans

la

ville

de

cet

établissement.

La

Belgique

a

connu,

par

exemple,

de

la

fin

du

XIX
e

siècle

jusquaux

années

1930,

un

coût

de

la

vie

très

bas,

ce

qui

attirait

de

nombreux

étudiants

étrangers

qui

ne

pouvaient

se

payer

des

études

dans

un

établissement

plus

réputé,

ou

dans

un

environne

ment

beaucoup

plus

cher

(Levy,

1932,

p.

26

;

Ronin,

2005,

p.

44).

Les

liens

historiques

et

culturels

entretenus

par

le

pays

dorigine

jouaient

également

un

rôle

dans

le

choix

du

pays

dimmi

gration

(Moulinier,

2003,

p.

103).

Ces

liens

pouvaient

parfois

sexprimer

spécifiquement

sous

forme

daccords

de

coopération

entre

les

établissements

denseignement

supérieur

dans

les

pays

concernés

(Latreche,

2003,

p.

144

145).

La

présence

ou

non

de

communautés

de

migrants

dans

le

pays

daccueil

pouvait

également

influencer

tant

la

composition

que

le

lieu

de

la

migration

étudiante

(Latreche,

2003,

pp.

150

152).



3

En

1920,

les

universités

flamandes

furent

autorisées

par

la

loi

à

assurer

leur

enseignement

en

langue

néerlandaise

;

luniversité

gantoise

ne

fit

usage

de

cette

possibilité

quà

partir

de

1932

(Charle,

2004,

pp.

65

66).