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Mil merveille du Sahel

De
177 pages
Au sud du Sahara, le Sahel est profondément marqué par la culture du mil, ressource essentielle à la vie de cette région. On le retrouve partout dans les coutumes, la vie quotidienne. Pour illustrer l'importance de cette céréale, non seulement comme ressource alimentaire indispensable mais aussi dans la culture et l'imaginaire collectif, l'auteur a recueilli, outre des informations techniques sur sa culture, des proverbes, contes et devinettes, dans l'une des langues nigériennes, le zarma-songay.
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MIL
MERVEILLE DU SAHEL

@ L'Harmattan, 2007 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris
http://www.1ibrairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1 @wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-04636-8 EAN : 9782296046368

Yves BERNARD

MIL
MERVEILLE DU SAHEL

L'Harmattan

Mil, merveille pourquoi

du Sahel ce titre?

Depuis 1972 que je vis au Niger, sur les "rivages du Sahara", au Sahel, mon admiration pour le Mil n'a cessé de croitre. Plante merveilleuse qui couvre de sa verdure les centaines de kilomètre du Sud-Niger, chaque année, au mois d'aoOt !

Ce qui m'étonne dans le mil:

-

Sobriété, peu d'exigence,

des sols dunaires, complètement pelés en saison sèche, prospèrent de beaux plants de mil en saison des pluies. - Des jeunes pousses de mil sont capables de tenir, dans l'attente de l'eau, jusqu'à trois semaines de sécheresse, avec des chaleurs torrides de début de saison des pluies. - Du mil est capable de pousser jusqu'à maturation, en se contentant de 250 mm de pluie répartie sur 2 à 3 mois.

- Sur

résistance.

- leRendement: pauvre Sahel
- Richesse

confond les plus généreux. Sur un bel épi d'un mètre de long, savez-vous combien on compte de grains? Eh bien! c'est de l'ordre de 20. 000 grains. Quand on pense qu'un plant peut compter plusieurs épis, faites le compte ! :rendement de 1 pour 50.000,100.000, qui dit mieux?

nutritionnelle.

Il suffit de regarder les hommes et femmes du Sahel, comme ils sont bien bâtis! Quand on sait que c'est le mil qui est la nourriture de base des villageois, il faut bien admettre la valeur nutritive de ce plant merveilleux du Sahel qu'est le mil.

Pourquoi
Mes racines

cette recherche

sur le MIL?

paysannes:

Mes racines paysannes ne sont sûrement pas étrangères à cette recherche. Dans ma jeunesse j'ai fréquenté les céréales, le blé en particulier. Préparer un champ, semer, cultiver, moissonner, mettre en gerbes, battre, vanner, si on a fait cela, ça ne s'oublie pas! Quand on a côtoyé familièrement la faucille, le rouleau, la batteuse, le moulin, ça reste quelque part dans le coeur...! Il était naturel que ma vie dans un village nigérien en 1974 reporte sur le MIL toute cette tranche de jeunesse paysanne. Aussi, bien maladroitement, sur une autre terre, sous un autre soleil, avec d'autres outils, ai-je préparé le champ, semé, cultivé, ... et assisté, impuissant, à l'attaque des épis par les chenilles dévastatrices.

Mes

racines

religieuses

chrétiennes:

Il est un autre motif qUi m'a fait creuser ce thème du MIL, c'est l'importance des céréales dans la Bible. Qu'il s'agisse de la prière des Psaumes, des paraboles de Jésus dans l'Evangile, les images paysannes sont fréquentes et très fécondes spirituellement .Que de symboles derrière les thèmes de la semence, de la moisson, du battage! L'attente angoissante et pleine d'espérance de la pluie est bien proche dans la Bible et dans le Sahel, au Niger. Quand au thème du pain qui conduit au sacrifice de communion, ce n'est pas le lieu d'en parler plus. Mais justement, à cause de ce lien vital entre le blé et le mil, j'ai voulu en savoir plus. Cela m'a poussé à rédiger une annexe sur le BLE DANS LA BIBLE. QUELLE APPROCHE DU MONDE DU MIL?

On peut approcher le thème du mil de bien des façons. On peut voir le mil en tant que technicien agricole, en temps que nutritionniste, en tant que paysagiste, en tant que sociologue, etc. Même si dans la réalité tout se mêle un peu, le choix de l'approche est ici essentiellement linguistique et culturelle. à l'intérieur du monde zarmaphone. Le vocabulaire zarma est à la base de ce travail. Ce sont les mots, les sons qui parlent ici, qui délivrent leur message. Il s'agit d'écouter les expressions, les proverbes, les devinettes, les contes, les chants, les jeux afin de découvrir l'univers culturel véhiculé par le mil. Pour moi, après cette étude, les images d'épi, de mortier, de grenier, de gerbe, de calebasse, sont plus riches, elles évoquent, elles symbolisent beaucoup, elles sentent la sueur, elles s'épanouissent en sourires... ! Mais j'ai le sentiment d'être sur le seuil d'une maison, j'espère que d'autres, plus compétents, nous feront entrer dans la maison.

Yves Bernard.

-1-

MIL

I - Champ

et culture.

1 -Cham!_
A - Le ChamD. .e. dlffêrents .!12m! :
Fari (0) : champ.

-

.IlK. raDDort

A. 1& cult.ure

:

Fari. taii : nouveau champ. Pari taji, za jawo ra no i ga sintin ka a zooru. Hala buru kwaarey sintin ga ka, waato to farey kulu se : un nouveau cham p, on commence à le défricher dès la saison froide. Lorsque les nuages blancs apparaissent, c'est le moment de préparer tous les champs. Sakara : champ qu'on cultive pour la première année, nouvellement défriché. Sakara ga ti fari jina sanda faro ka1J i zooru, zooruyal} taji. Sakara Farmi ga sandi guma : le champ appelé "sakara" est un terrain nouvellement défriché. La culture de ce champ est dure, difficile~ LaaIi banda: champ cultivé pour la deuxième année. Kwaari-kwaara : champ cultivé pour la troisième année consécu-:, tive. Fari .k!!w. 1 furu : champ laissé au repos pour se reconstituer, jachère. I ga hin ka Fari furu kala a ma te jiiri hinza ka kay jJiri taaei, 1 ma ye k'a far: on peut mettre en jachère, cesser de cultiver un champ, pendant trois ou quatre ans, ensuite on le remet en culture.

-

..R8£. raaDOrt.

à

'ǻOalt10D :

Kwaara banda Eari : champ situé proche du village. Hari banda fari : champ sur l'autre rive. Saai} fari : champ situé en brousse, dans la campagne.

-

2

-

Ziii fari : champ à plus de dix kilomètres du village. Pari kal} go saaji fimbo ra, sanda kilo way cine, borey ga gana ka ye farey ra, i ga ne a se : ziji fari : un champ qui est en brousse, à environ dix kilomètres, les gens déménagent pour rejoindre les champs, on appelle cela: la montée au champ. Windi kuna fari : terrain cul tivé à l'intérieur d'une concession.

-

.lUll:.

raDOOrt.

A. 1& nature

.dK. terrain

:

Pandu fari. honday fari. fando .IT!t.hondo ra : champ qui est sur un terrain dunaire, sablonneux. Ay gonda fari hondo ra : j'ai un champ sur la dune. Pandu farmi ga kaanu ka bisa gangani wane: la culture d'un champ sablonneux, de dune, est plus agréable, plus facile que celle d'un terrain dur. Botogo fari : champ de terrain argileux. Gangani : champ fait d'un sol dur, nu, sur lequel l'eau glisse, s'infiltre mal. Haamo no i ga duma gangani ra : c'est le sorgho qu'on sème dans les terrains durs.

-

.lUll:.

raDOOrt.

.à 1& crandeur

:

Kurga I kurba: petit champ personnel, supplémentaire. Fari beeri : grand champ collectif, familial. Da arwasu zumbu fari beero ra, a ga wicira ka far kurga ra, wala hane kabi waate, sanda alzuma : si un jeune homme a fini le travail dans le grand champ familial, il va passer le soir à cutiver son champ personnel, ou bien il le cultive le jour où les gens ne cultivent pas comme le vendredi. Pari beero ga ta kambe kar zambar fo, a hayya1Jo ga to kambe kar zangu: Ie grand champ a environ mille longueurs de bras et cent .de large.

B - Le chamo. la pro~été et les travailleurs:

-

Pr~orI""'I

:

Fari-koy : propriétaire, maître du champ. Pari-koy ga ti bora kal) ga faro may: le propriétaire est la personne qui possède le champ. Ize no ga hin ka nga baabo fari tu bu : un fils peut hériter du champ de son père. Pari hirri : limite du champ. Pari-koy hinka no ga hirrey te c'est deux propriétaires de champ qui délimitent leurs champs. Pari hirri no ga fari hinka fay ka ka care ga : c'est la limite de champ qui sépare deux champs. - Droit. redevance .sIlLDrODrlét.aJre : Fakurmay (s), laabu albarka, saddi, alhaaku (dans le Fakara) redevance foncière. Elle rappelle au cultivateur que le champ un maître. : a

-

3

-

Fakurmay nda Laabu albarka ga ti hayni bokoYal} kaJ} i ga no fari-koyo se : c'est une redevance foncière qui revient au propriétaire du champ, elle se paye en bottes de mil. Sad di. boko no kéf-1Ji ga no Pulal} se kal} na faro birji : c'est une redevance qui est donnée au Peul berger qui a fumé le champ avec son troupeau.

-

Prot.ect1DD CDDt.re 1.cuI. 8.DI.m.aux

:

Pari windi : clôturer un champ. I ga faro windi nda karjiYal}; i ma kala meeyo daabu nda tuuri tiksayal}; nda baaYal} farey kal} yal} go almaney fondey bal} sanda fonda buttaI: on entoure le champ avec; des épines, on ferme la partie clôturée avec des épines; surtout les champs situés sur le passage du bétail, par exemple sur les pistes pastorales.

-

Cultivateur

:

Alfari (0) : cultivateur. Alfari ga ti bora kal} ga fari far : Ie cultivateur c'est celui qui cultive le champ. Alfarey na care margu tuuro cire: les cultivateurs se sont regroupés sous l'arbre.

c - Ut1lisatloDSculturelles:
Devinette.

Tarkunda hinka, caraw may follol} ? Pari hinka hirri. éléphants, une seule côte, qu'est-ce? Rép. C'est la limite deux champs. Kay hinka, tangara follol} ? Pari hirri. Deux chefs, une natte, qu'est-ce? Rép. La limite des champs.
(en Fait la limite d.herbe laissée non entre les coupée). champs consiste en une

-

I

Deux entre seule

bordure

Prov b... I Bora nda nga carmay Aucune personne, même champ ne couche dehors.

-

kulu si ganji bora fari ma kani tarsy. très rusée, ne peut empêcher que son
bora si hay ne £0 peut Dieu te borey mana bay. Aucu-

(

Bora

nda

nga

carmay

ne personne, que les 'gens

si rusée arrivent

soit-elle, à le savoir,

faire quelque est à l.origine

chose sans de tout).

- H~la ka kal}, kulu fari-kayo ga bay: si le baobab est tombé, c'est 'sûr que le cultivateur le saura (à cause des dégâts causés à

- Koyizetarayle fonda ra :
malin sous champ. (même

son

champ.)

(secret

qui

se

révèle)

.

si fooma
le fils

humburu
chef

cire, koyizetarsy
doit travailler>

si foams

fari

statut de fils de chef n'autorise pas à faire le un, mortier, pas davantage sur le chemin qui mène au
d.un

-

4

pas de son champ changer le

Bora si nga faro ye kambe wo : on ne change de place, en le déplaçant à sa gauche. <difficile fond du caractère).

- Bora si nga faro cabe nda kambe wo : on ne montre
champ
ce qui

pas son
travail,

de la main gauche.
est à soi.)

<on

ne

méprise

pas

son

propre

- Fonda no ga koy fari
duit
plus

au champ.
fort est

- c'est
toujours

: - prendre le temps, c'est la route qui va au champ la meilleure).

cela qui con<la raison du

-

Bora si yaaji waani sambu ka farkay waani hay, fari waani ra : on ne prend pas la lance d'un autre pour aller la planter dans
l'âne
l.intérêt

d'autrui,
des

dans
autres).

un champ

étranger.

<on

ne défend

pas

tant

- Da jiiri wanji, subu no a ga te, bora wando ma ma he nda nin, a refusé (pas de pluie), elle produit de l'herbe, la femme de l'homme pleure avec toi, et toi tu pleures avec ton champ. - Bora wo gangani no, a si do nda mimisi : cet homme est comme un terrain dur et lisse, il garde la moindre pluie, elle ne

ni ma ma he nda ni faro" : si l'année

s'infiltre parole) ProYerbe8

pas.

<à quelqu.un

qui

est

sensible,

s.excite

à la

moindre

... pll.Wle :

Ay gargasa kovra banda hayni ga, da i n'a far, da i n'a keyye, kulu suna no a ga hay: le mil de derrière le village est décevant, qu'on le cultive et le cultive à nouveau, il ne produit que des épis chétifs.
Bxore881on8

-

:

Bora kal) ba hari banda fari, ni ziiyal) ga ba : celui qui aime un champ sur l'autre rive nagera beaucoup. - Manti fari ma beeri ga ti hayni. Ce n'est pas la surface du champ qui assûre de la quantité de mil. Faro gonda koy ? Le champ a-t-il un propriétaire? <expres-

-

sion
me

pour
; on

demander
répond par

à quelqu.un
:

si un

tel

a un

mari

ou

une

fem-

taire
PaItD1e

a gonda ou ou n'en a pas>.

kay, a sinda koy : il a un proprié-

... IOII.nee

:

(Zamu Isaf!lka). Fari kal) ra i na tokka wi, faro din. hayni bal) si kata : le champ dans lequel on a tué une caille, le mil que produira ce champ la tête ne pourra le transporter. (Zamu Maadugu). Kovra banda heyni kasa-koy ma a dugo - dugo, ma a zanga; kovra banda somno kasa-koy : encense, encense le propriétaire du champ de beau mil près du village, le propriétaire du beau mil tardif.

Ch.ft.on : - Waranka mudun, dala way

5

ni manti komi, manti sooje,

kwaayi,

ni go ga ni canto taabandi : cent francs le pantalon, cinquante francs la chemise, tu n'es pas un commis, tu n'es pas un soldat, tu fatigues ta ceinture. Ni ma ka ka kay fondey me, "ay patron, ay mana hawru". Ni ga tangari no, ~aama si ba fari koyyal) no. Tu viens te planter au bord du chemin, "mon patron je n'ai pas mangé", tu mens, l'imbécile ne veut pas aller au champ.

2-P!:!!ar.a!!on
A - ~fr1cher le champ:

du ~hamR:

aménagement du terrain à semer. Zooru : défricher, débroussailler. Zooruyal) ga ti i ma tuuriizey nda karjey beeri : le débroussaillage consiste à couper, à abattre arbres et épines. l si tar ka fari, kal} go hondo ra, zooru zama jawo hawo ga konda laabu kulu : on ne dés ouche pas vite le champ de dune sinon le vent de la saison froide emporterait toute la terre. Zafa : couper avec force. Tu uri -nya no i ga zafa : on coupe les arbres. l ga kwaari tiksey ma zafa : on coup_e aussi les souches de mil.
BrOler

Arran.v-er_ bIrraIn : Hanse: arranger. Pari hanseyal) : préparation,

_

.aletAl.

:

Ziibi ton: brûler les saletés. Iri ga du du bey, tuuri bundey, nda kambey ka' kï ton: on enlève repousses, troncs et branches d'arbres pour les brûler. Ziibey kulu no i ga ton: on brûle toutes les saletés. Kolombe : tas de saletés à brûler: hala i na faro hanse, 1 ga kolombe ton: lorsqu'on a nettoyé le champ, on brûle le tas de saletés. Kolombe tonyal) danji : brûlis.

Outil. .. d.frlch_'e- :
GOY iinay : outil ,de travail. Fari zooruYaJ] goy jinayey neeya : voici les outils servant au défrichage. Adda: coupe-coupe. Adda ga ti haya kal) i ga tuuriize zafa, beeri nda : le coupe-coupe est l'instrument avec lequel on coupe les arbres. Bora foyal) ga kwaari tiksey beeri nda add a : certains coupent les tiges de mil avec le coupe-coupe.

Kalma : pioche,

6

kar nda ka lm a : on tuuri beeri nda : la les arbres. nda sabko : il déracoupe laisse les les souches tiges sèches au

houe. I ga kwaari tiksey désouche avec la pioche. Deesi : hache. Deesi ga ti haya ka1J i ga hache est l'instrument avec lequel on coupe Sabku : piochon. A go ga kwaari tiksey kar cine les souches de mil avec la pioche.
(pour éviter l.érosion arracher, au sol) éolienne, quelquefois parfois aussi on on lieu de les et coupées

B

- Fumer

le chamD :

Birii : fumier, fumer. I ga Fari birji nda dundey, (Farkay nda bari
toosi), nda hanjeeri wala haw motto (haw toosiJ, nda morgey (hincin nda Feeji toosiJ : on fume le champ avec le crottin (excrément d'âne et de cheval), avec la bouse de vache, avec les crottes de chèvre et de mouton. Laabo nda bura bora ga margu zama woodin no ga te birji hanno : mettre ensemble terre et cendre du brûlis, cela fait du bon fumier. Annasaara birii : engrais. Manti waatikulu no laabo ga eaabu ka dumiizey jare, zoobu farmi waate no i ga hima ka annasaara birji dal) Fari ra : ce n'est pas toujours que la terre a assez de force pour supporter des semences, alors au temps de la première culture il convient de mettre de l'engrais dans le champ. Birii dum-dumyal} : transporter sur la tête le fumier. Zankey no

ea birji dum-dum

cilla wala dika ra, kwaara banda Farey ra : ce

sont les enfants qui portent le fumier sur la tête, dans des paniers ou corbeilles, dans les champs proches du village. Birii munyS1J : verser le fumier dans les champs. Zankey nda alborey no ea koy ka birji mun Faro ra : ce sont les enfants et les hommes qui vont verser, répandre le fumier dans les champs. Dirga Fari : champ fumé avec les troupeaux. Direa ga ti tooso

kal) almaney ea te Farey ra

: la fumure

avec les troupeaux

c'est

les excréments que déposent les animaux dans les champs. Direa Fari hayni no ga kasu : le mil obtenu dans un champ fumé avec les troupeaux est du beau mil. Fulal)ey no ea Faro dirga, i gï bana nda boko : ce sont les Peuls qui fument ainsi les champs,
on
cUra

les

-

récompense
ga" : étable

avec
qui

des

bottes
se

de
déplace>.

mil.

<mot

formé

de

..

marche,

c
?

- Utillsatlons
:

culturelles:
ciray no go ga tarkunda
boum-boum,

Derin.t.t.e

- Ay- ga ma nds tu uri.ntanda bimbim, Deesi rouge qui coupe la barbe

kaabe
la

cabu
fourmi

J'entends

d'un

éléphant?

-

c'est

La hache

et

l'arbre

qu'elle coupe.

-

7

-

Proverbe. :
-

Boro

ka1J si zooru
trouvera

a jirmay

ga sandl

: Celui

qui ne défriche
mil.

pas

- Kal}
l'herbe
des
<tu

le champ

difficilement

du nouveau

si jarmay ka : celui qui n'a pas coupé pas de nouveau mil. < il faut prévoir et protéger ses entreprises pour avoir un résultat). - Tondi- beeri-ko sl kay ka nga deesi me guna : celui qui coupe
pierres
veux la

mana laali zooru à séco n'enlèvera
ne s'arrête

pas

pour

regarder
le prix).

la lame

de

sa

hache.

santé,

il faut

payer

- Da boro ga b~ tondl bal) yu, ni si ni deesi meyo guna : si tu veux le miel du rocher, ne regarde pas la lame de ta hache. <il
faut savoir risquer dans la vie).

-

Ize waani, hincln morgo no, hala nl n'a taamu, a si naagu ni cey ga : un enfant d'àutrui est comme une crotte de chèvre, si tu la piétines elle ne colle pas à tes pieds. <l'enfant de ta femme, qui n'est
:

pas

tien,

ne

s'attache

pas

à

toi)

BXDrfIlillloD8

- Blrii
-

hayni : beau mil du champ

fumé.

Goy hinza go no kal), da ni mana i hinka goy, nl si di i kaanl : harni alfari, kala.!! ma zooru, a ma haabu, a ma du ka ma farimo kaani : il y a trois tâches dont il faut en accomplir deux pour être heureux: le cultivateur doit débroussailler, balayer le champ, pour cultiver à l'aise.
Pa.lDe8

(Zamu Nyàale kutukurmey) Biril haynl Nyaale' mollaawey .u Beau mil, 'Nyaale corps épanoui... Birii hayni kucum ...Beau mil aux tiges courtes... Yaga-yaga blrii hayni ... Son corps tremblote comme le beau

... louane-

:

mil...
Talku-talku

.

birii hayni... M olle comme le beau m.l...

3-H!!!!.nal!.
Ka ycJiya, korsalo: saison des pluies, hivernage.

Harandal} : rosée.
~oarat1aD 8DIrtt.uelle

... 1&.alIlOD

:

Hala kaydiya maanu, i ga yeenandi te ka Dongo tunandi : lorsque la saison 'des pluies approche, 'on fait. le rite du "rafraîchissement" en 1'honneur de la divinité de la foudre, du génie "Dongo ".

jarey

8

-

ga koy ka hincin bi wi tondo bOl} : certains vont sur la montagne offrir en sacrifice une chèvre noire. Yeenando banda alfagey ga hari 1Jwaaray, i ga ne a se alfaatiya : après le rite du "rafraîchissement", les marabouts demandent la pluie en faisant une prière. Alfaatiya banda no i ga ne : c'est après la prière qu'on adresse les souhaits qui suivent: (Voir III - 8 sur le "YeenandJ")

- que cettejiiroannée Dieu nous Hara1) wo, Irkoy ma :
nage qui nous suffise. bonnes pluies. Irkoy ma iri wa haw laaley nuisibles.

Voeux.

.Duh.lt..

:

kaydiya accorde

booriyandi kal} ga iri wasa un bon hivernage, un hiver: que Dieu nous donne de

- Irkoy ma iri no hari ce kayyanteyal)

-

: que Dieu nous

préserve

des vents nos se-

- Irkoy ma iri dumarey dal} albarka : que Dieu bénisse
mences.
Proy..rhe. I
:

- Hari gunayal) si bora no hari, kala day waato te
regarder le ciel c'est le moment.

le fait

de

-

n'amène <chaque

Hari kaayal) mana d'annoncer la venue de la pluie. <on le voit) Hari si nga fonda ta.!} : l'eau (de ruissellement) n'abandonne pas son chemin. <un enfant suit la trace de ses parents) Waaliya ka, day korsalo to : les cigognes sont arrivées, c'est la saison des pluies. - Korsalo hano ga, ni ga hayni tamaha : c'est le jour de pluie que tu espères du mil. <dès l'enfance tu reconnais ce que donnera

pas l'eal1;, elle vient chose en son temps) to dira ka ci : pas besoin

seulement

quand

-

de

bon

quelqu.un

>

Da beene hirri, hari mana ka, kulu haw ka mana ba : si le ciel a menacé, la pluie n'est pas venue, c'est que le vent n'a pas été abondant.
: la pluie tombe

- Hari ga.kiw. carkaw fari ra

dans le champ du
pour lui. <per-

-

sorcier.

Da alfaga ne "jiiro si boori", nga ma go a ra : si un marabout
n'est
se

dit "l'année
sonne ne

pas bonne",
faire du tort).

c'est

aussi

valable

veut

- Dongo ma malta -kar kar, a ma ma ha1) kal) go kariyal) ga : que le tonnerre frappe le tireur afin qu'il sache ce qu'il y a dans
le coup.
s.est

-

fait

<se dit prendre>.

à

quelqu.un
:

qui

a

volé

et

pleure

parce

qu.il

Harandal}

si te bangu
pas mais

la rosée

ne fait

pas

une

mare.
de

<ne' du-

re pas, ne laisse mensonge fleurit

de résultat ne donne

durable. Equivalent pas de fruit..>.

: .. le

-

9

-

Yaw ya, harandaJ] no, da a mana biya, kulu a ga wayma : l'étranger est comme la rosée, s'il n'est pas parti de bonne heure le matin, il partira l'après-midi. (de toute façon il est de passage et ne dure pas, autant bien s'en occuper pour la réputation.)
Bxore881DD8
(certaines l'arc en : s'inspirent

des

mythes

du

tonnerre,

de

l'éclair

et

de

ciel).

- Ize hanno {haYYaIJhanno} kala kavcJiva : pour de bonnes
il faut attendre la saison des pluies. le Rouge, re) Dongo feu. frappe, que (le génie de l'éclair),

choses mette le

- Dongo ma kar, Ciray ma danjo da1J : que (le génie du tonner: taare Baabo ; i si ne ':Allah wakabar". Lorsque le génie du tonnerre a frappé quelqu'un et l'a tué, les gens disent: très bien, Papa! ils ne disent pas que D~eu est grand. Nal) kal) Dongo kar, da danji tun, hari si danjo wi, hay kulu no si danjo wi 'kala a ma ta nga 1Jwaaro me. I ne a se : Dongo l)wa ka cindi. Là où le génie du tonnerre a frappé, et que du feu a pris, l'eau ne peut éteindre ce feu, rien ne peut l'arrêter si ce n'est qu'il est arrivé à la limite de ce qu'il devait dévorer. Le reste s'appelle alors: ,reste de Dongo. , Dongo SÎllayman B01Jtaasi, cal)o ka1J na gondo wi. Sulayman BOl)taasi a wand a wane, waano ma a wane. Génie Dongo Souleymane Bantassi, le rat qui a tué le serpent. Souleymane Bontassi le sien est. le sien, mais autrui est aussi le sien. Kaydiya waste folley-tam kulu si ne Dongo. i g' a ce Beenakoy : en saison des pluies, aucun possédé n'appelle le tonnerre "Dongo", il le nomme: Maître du ciel.

- Hala Dongo na boro kar ka wi, borey ga ne

-

-

Da beena hirri no, sajeera gondo ga latta,
hirro say., Lorsque le ciel est

i ga ne a na haro
et que
(l'arc

hal}, beene

orageux

le seren ciel

pent

arc en ciel est

sorti,

on dit qu'il a bu l'eau.

est rnythiquement un. serpent)..
Tradlt1DD

Zarmaganda ra, sOl}ancey ga kasru beene te. I ga du ngey hinji patarmi, i ma naIJ hala beena ma hirri. Da maliyal) nda fawra te kul u i ga deesi ka bora kar nda hinji. I ma ne Dongo no na bora kar. Dans la région de Ouallam, les magiciens font leur rite de montée. Ils s'emparent de leur morceau de pilon, ils attendent jusqu'à ce que le ciel menace. Lorsqu'il y a éclairs et tonnerre alors ils s'envolent pour frapper quelqu'un avec le piIlo'n. Is disent que c'est le génie Dongo qui a frappé la personne.

-

:

Pat\DJ.e .dl&. JUIJI1 :

10

-

-

(Zamu Hawa) Danca deeso ma ni ibarey kottu : que la hache du génie de la foudre déchiquète tes ennemis. - (Zamu Safiyatu) Da buru jina haw ba si, Safi si humburu ba Dongo. A si humburu ba Baana, dOl} a si joojo ba Donga ga : Safi n'a pas peur du génie de la foudre avec l'arrivée du vent des premiers nuages de l'hivernage, elle n'a pas peur de "Baana", elle ne se méfie pas, ne garde pas ses distances, par rapoort au
génie génie Dongo. <Baana dans l'ascendance
:

c'est de

la pluie Dango)

à

Gao

mais

c'est

aussi

un

hinza sanni. - Trois pluies sont tombées, trois herbes ont poussé, trois vaches les ont mangées? - Rép. Parole entre trois chefs. - Korbota tissaw, Makka hawey Jid ? Beene fawra. Le crapaud a éternué, les vaches Le grondement du tonnerre. de La Mecque

- Hari
- Kay

Devlnet.te.

hinza kal}, subu

hinza zay, haw hinza

n'i .lJwa ka naasu

?

-

ont sursauté?

-

-

Rép.

ChllD.t. ... ...1I'IrI v. : - Ay no hari klÙJ ga ntaasu te ... C'est moi la pluie qui donne les récoltes... Da ay si, hari. si... da hari si, ay si... Si je n'existe pas, point d'eau... s'il n'y a pas d'eau, je n'existe pas...
<chanté et dansé en alternant deu.x équipes: l'eau et le mil.)

- <chant

Tallio, Tallio, ka ga fun gooro jinde,/ ay si fun gooro jinde / wala ni ya hari wa1a hayni. / Ma bay da hari si, hayni si te. Petite Tallu, petite Tallu, sors du bord du ruisseau/ Je ne sortirai pas du bord du ruisseau/ Es- tu eau ou bien mil? / Sache que pas d'eau, pas de mil. Beena ma hirri, haro ma ka1J, -gaasey ma he Hajo Pu110 se . Que le ciel menace, que la pluie tombe, que les calebasses pleu.rent
<la femme Peul ne se sépare pas de la ca-

Haja

Pulla,

génie)

pour Hadio la Peule. lebasse pour le lait). PlIl1.anUtrl. :

nda a1fari : deux choses qui ne peuvent pas ne pas se parler: le bâtonnet pour brosser les dents avec la bouche, la saison des pluies et le cultivateur. - Alboro fa no go ga kani ka hangasu, hari go ga kay, bariyo gaaro go ga sarku beene, beena te kokoror... Day bari gaaro ka

- Hay hinka si me dUn;lbucare ga: kosi nda me, kaydiya

ka kal) a boy. A na gaaro haamay ka di, a ne Dongo se

:

ni car-

may ban ay du nin ay kamba ra : il s'agit d'un homme qui est couché sur le dos, il pleut, la selle du cheval est accroché'e en haut, le ciel gronde ... Alors la selle du cheval est tombée sur. l'homme. Il a saisi la selle et a dit au génie du tonnerre, à Dongo, c'en est fini de ta ruse, je t'ai eu dans ma main.

~I

11

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Handu kwaaray hari si kal). Fulal} fa kal} ma i ne handu kwaaray ra hari si Jgy;. A koy Birni habu, beena hirri. Bora kulu go ga ngey jinay kunkuni ka dira. Nga wo go ga gara, a go ga i haaru. Borey diraw banda, hawo tun, Fula1Jo ne: hay! koy fun borey ga, hari si kal} handu kwaaray sankufa zaari kwaaray. A ye ka nga goray te. Hariize jiney sintin ga kal). Haro ka nda gaabi. Fulal)o go ga tay, a si bay mate kal) nga ga te. Soho a zuru ka kwaara ceeci, a tay patak. A ne borey se : manti i ne handu kwaaray hari si kal), mate no hari te ka kal} zaari kwaaray. A ne : ba kal} i ne hari si kSl} handu k-vraaray, nga ya zaari kwaaray no hari na nga gaaray Birni habu. Il est question dans ce récit d'un Peul qui a entendu dire qu'au clair de lune il ne pleut pas. Il est allé au marché de Birni, le ciel devint menaçant. Tout le monde plie bagages et s'en va. Llii, il reste assis et il rit. Après le départ des gens, le vent se lève. Le Peul dit: hé ! va-t-en loin des gens, il ne pleut pas au clair de lune à plus forte raison en plein midi. Il s' asseoit de nouveau. Les premières gouttes commencent à tomber, la pluie tombe avec force, le peul est mouillé, il ne sait que faire. Maintenant il court chercher un village, il est complètement mouillé. ill dit aux gens: ne dit-on pas qu'il ne pleut pas lors du clair de lune, comment se fait-il qu'il ait plu en plein midi? Il dit encore: même si on dit qu'il ne pleut pas au clair de lune, lui en tous cas la pluie l'a chassé du marché de Birni en plein midi. Fulal} nda Dongo. Fulal} fa no Dongo na hawey kulu kar ka wi. A ga dira ka Dongo ceeci. A ka ka gar nal} kal} i go ga Folley foori te. Dongo tun nga bari fa bal}. Sorkey go g'a zamu. I kande a se humburu , a ka ka gara. Fulal}o ne : Dongo no woone wala ? Borey ne a se : aha! nga day no ya. A maanu ka to Dongo do, goobo go a se. A na Dongo ha : ni ga te Dongo wala ?

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Dongo na nga ganda kar, a ne : ay no Dongo, ifo no ni ga ba ay ga ? Fulal}o ne : ni no na ay hawey kulu wi wala ? Dongo na
bOl) saku, a ne : oho, ay no ! Fulal}o na nga goobo sam bu, a na Dongo kar nda. A ne : ay ma bana. Dongo ka ta, a dira. Kala kaydiya bisa, Fulal}o go ga hangan, zama i ne a se Dongo g'a kar. Bayno ra, Dongo na buru fa dake, a na Fulal)o kar, Fulal)o fay ga te ihinka. A na Fulal)o kottu day no gamo ra. Fùlal}o bu. Il s'agit d'un Peul dont le génie Dongo a frappé et tué toutes les vaches. Il part à la recherche de Dongo. Il arrive là où on fait le jeu des' possédés. Dongo se lève sur un médium (cheval), les Maîtres de l'eau le louent. On lui amène un mortier, il vient s'asseoIr dessus. Le Peul dit: c'est Dongo n'est-ce pas? Les gens lui répondent que c'est bien lui. Il s'approche de Dongo avec son bâton et demande à Dongo : c'est bien toi Dongo, n'est-ce pas?