Mille savoirs dans un verre

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L’ambition de ce livre est bien modeste : elle n’est pas de proposer une analyse exhaustive du milieu viticole et du vin en général, mais bien de donner des pistes de lecture dans des domaines variés : des approches historiques, poétiques, philosophiques et sociologiques seront ici développées dans les grandes lignes. Il s’agit d’éclairer le vin de ces enjeux anciens et contemporains pour permettre au novice ou à l’amateur d’entrer dans ce monde viticole avec des bagages et un arrière-fond culturel.


Publié le : mercredi 3 février 2016
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EAN13 : 9782334076906
Nombre de pages : 46
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ISBN numérique : 978-2-334-07688-3
© Edilivre, 2016
L’ambition de ce livre est bien modeste : elle n’est pas de proposer une analyse exhaustive du milieu viticole et du vin en général, mais bien de donner des pistes de lecture dans des domaines variés : des approches historiques, poétiques, philosophiques et sociologiques seront ici développées dans les grandes lignes. Il s’agit d’éclairer le vin de ces enjeux anciens et contemporains pour permettre au novice ou à l’amateur d’entrer dans ce monde viticole avec des bagages et un arrière-fond culturel.
Dédicace
A Anne-Marie, cette femme aussi puissante, tenace, extraordinaire et unique qu’un vin rouge dont on n’oublie jamais la saveur.
Une certaine histoire du vin
Esquisse d’une histoire du vin
Bibliquement, l’histoire du vin remonte à Noé, lors du déluge : il aurait amené avec lui un cep de vigne sur le bateau et l’aurait replanté sur le mont Ararat. Historiquement, c’est dans le Caucase, vers 5400 av JC qu’ont été retrouvées les plus anciennes jarres, avant de se répandre dans tous le bassin méditerranéen. Plus largement, l’histoire même de l’homo sapiens est directement liée à celle de l’agriculture et du vin : dès que les tribus nomades s’implantent et restent sur le même territoire, la plantation du vin commence, car celle-ci nécessite un certain temps d’adaptation aux milieux. Ainsi, les premiers hommes vivant en société cultivent. Bien sûr, l’utilisation du vin n’est pas similaire suivant les époques. Des taux de concentration plus élevés, et des taux de sucre varient. Le rapport au vin est par ailleurs multiple et s’insère dans le champ du sacré : selon les religions anciennes, la vigne est un arbre sacré, et son résultat, le vin, une boisson divine, une sorte d’ambroisie qui donne accès au monde fermé du sacré, de la transcendance et del’inconnu. D’ailleurs dans l’iconographie, le vin est associé à l’Arbre du Paradis, et plus majoritairement à l’Arbre de la Connaissance. Puis, le vin pendant la Grèce Antique occupe une place ambivalente : Alcibiade, dans Le Banquet de Platon, tout encensant l’ivresse, fait un éloge de la tempérance, c’est-à-dire, au sens grec, de la maitrise de l’ivresse. Boire est moral, tout comme atteindre l’ivresse, mais jusqu’à un certain point : rester dans une démarche d’autocensure et être encore capable de raisonner sont nécessaires. Cette idée rejoint le désir des grecs de ne jamais dépasser le déraisonnable, de ne jamais atteindre cette hubris (démesure) qui perd les êtres. De même, la beuverie générale est elle aussi normée : les proportions à mettre dans le cratère sont réglées (jamais du vin pur) : c’est la symposion. Le vin dans la Grèce antique joue aussi un rôle dans la religion et la vie citoyenne. Platon, dans les Lois, analyse l’action et les effets du vin : c’est d’abord un moyen d’être de bonne humeur, d’atteindre une certaine vérité puisque la personne n’hésite plus à parler au-delà des conventions. D’un autre côté, l’ivresse totale est tolérée lors de certains moments clés comme les Dionysiaques : il faut être initié pour connaitre les transports du vin, comme dans l’orphisme, condamné par Platon (pour cause de folie) mais le vin reste indispensable lors des fameux banquets. L’occupation romaine a permis d’étendre le commerce du vin, mais c’est au Moyen Age avec l’expansion du christianisme, où le vin prend une place majeure dans les récits bibliques, que l’histoire du vin connait un tournant : désormais, même dans les monastères, les moines commencent à cultiver eux-mêmes le vin. Un rituel normé s’instaure autour de la consommation du vin, où il ne fautplus lever le coude et renverser le vin de peur d’être mal vu. L’évolution même du vin se cristallise dans la spécialisation des accessoires avec les pots de vin, des hanaps ou encore les cornes au verre que l’on finit par décorer. Des recettes de vin se développent, comme celle de l’hypocras, un vin épicé issu de la tradition latine, où l’on ajoute du miel, des épices comme la cannelle, le e gingembre. Le grand tournant se situe au XIX , lors de la Révolution Industrielle qui permet dès lors de commercialiser plus facilement le vin avec le train, ou encore de mieux le...
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