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Mobilités et vie contemporaine

De

"Émile H. MALLET a raison de saluer la mobilité comme une de nos grandes libertés. Pouvons-nous oublier que ce droit d'aller et venir sans entraves fait partie de la Déclaration des Droits de l'Homme ? Pouvons-nous oublier que cette liberté de se déplacer a souvent été le fruit d'une difficile reconquête ? Oui, mobilité est avant tout synonyme de liberté. Émile H a vu juste. Expliquer «les mobilités», c'est éclairer des rouages essentiels de l'aventure européenne : la liberté au service de la paix et des échanges, le respect de la planète, le besoin de protection qui n'exclus en rien l'ouverture sur le monde. C'est pourquoi son essai nous permet de mieux comprendre l'Europe et le monde."Jacques BARROT Vice-Président de la Commission européenne Chargé des transports.

Avec le soutien du CNL.


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Mobilités et vie contemporaine

 

Émile H. Malet

 

Préface de Jacques Barrot

 

 

La numérisation de cet ouvrage a reçu le soutien du CNL

 

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Et de la région Languedoc Roussillon

 

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Présentation du livre : "Émile H. MALLET a raison de saluer la mobilité comme une de nos grandes libertés. Pouvons-nous oublier que ce droit d'aller et venir sans entraves fait partie de la Déclaration des Droits de l'Homme ? Pouvons-nous oublier que cette liberté de se déplacer a souvent été le fruit d'une difficile reconquête ? Oui, mobilité est avant tout synonyme de liberté. Émile H a vu juste. Expliquer «les mobilités», c'est éclairer des rouages essentiels de l'aventure européenne : la liberté au service de la paix et des échanges, le respect de la planète, le besoin de protection qui n'exclus en rien l'ouverture sur le monde. C'est pourquoi son essai nous permet de mieux comprendre l'Europe et le monde."Jacques BARROT Vice-Président de la Commission européenne Chargé des transports.

Auteur : Directeur de la revue Passages et de l'Adapes, délégué général du forum mondial du développement durable.

 

Table des matières

 

Préface

Une chance pour les relations internationales

Un rapport durable au temps

Innover-Investir-Anticiper

Des consommations choisies pour des mobilités durables

Les migrations incontournables

Une rupture de civilisation

L’énergie du siècle

Le droit et la nécessité de la vie

pour Joséphine Malet

Je me sens le courage de me risquer dans le monde.

(GOETHE, 1er Faust, v.465 in lettre de Freud du 25 décembre 1918)

L’univers est comme une immense hôtellerie, où tout est sans cesse en mouvement. On en voit sortir, on y voit entrer une multitude de voyageurs.

CHATEAUBRIAND

Préface

 

Émile H. MALET a raison de saluer la mobilité comme une de nos grandes libertés.

Pouvons-nous oublier que ce droit d’aller et venir sans entraves fait partie de la Déclaration des Droits de l’Homme ? Pouvons-nous oublier que cette liberté de se déplacer a souvent été le fruit d’une difficile reconquête ? Les pays jadis soumis au joug soviétique et qui ont rejoint l’Union Européenne peuvent en parler…

Oui, mobilité est avant tout synonyme de liberté. C’est pourquoi l’Union Européenne, communauté humaine de près de 500 millions d’habitants, a le devoir d’offrir la mobilité à ses citoyens, avec les nombreuses opportunités qui l’accompagnent.

Mais la mobilité est également la clé des échanges, économiques et humains. La mobilité des biens et des services est au cœur de la prospérité européenne. Et la mobilité des citoyens, de l’école à la vie professionnelle, est une chance d’épanouissement personnel et professionnel.

Liberté, prospérité, rencontres, ouverture… Ces valeurs qui fondent l’Europe unie sont consubstantiellement liées aux « mobilités ».

***

Mais ces mobilités, en ce début de XXIe siècle, semblent être remises en cause, au nom d’une autre grande cause : la protection de la planète et la lutte contre le changement climatique. Ne sont-elles pas en effet obtenues à grand renfort d’énergie fossile, au risque d’accroître considérablement les émissions de CO² ?

Pour résoudre le problème, l’idée de décrocher la progression des mobilités du taux de croissance de l’économie a été avancée. Il faut prendre garde à cette approche malthusienne, consistant à réduire la mobilité pour en limiter les effets négatifs.

Limiter les mobilités, ce serait à coup sûr amoindrir les chances d’une mondialisation réussie, d’une bonne répartition internationale du travail, d’un développement des pays du sud, premiers bénéficiaires de l’essor du tourisme. Ce serait aussi priver les peuples de la chance de ces migrations qui, lorsqu’elles sont concertées et régulées, peuvent permettre des échanges fructueux entre les pays. De tous temps, les périodes les plus riches de l’histoire humaine ont fait suite aux grandes ouvertures sur le monde de même que les périodes de renfermement des peuples sur eux-mêmes, d’excessive sédentarité, ont conduit le plus souvent à l’inertie, à l’immobilisme.

***

Comment alors apprivoiser ces mobilités, les rendre compatibles avec les exigences environnementales, avec le souci d’économiser une énergie devenue plus rare et plus chère ? Cette question fondamentale est au cœur de mon action, comme Commissaire européen aux Transports.

Il s’agit d’abord de faire les meilleurs choix parmi les modes de transport, sans en exclure pour autant, mais en veillant à combiner leur usage de la manière la plus efficace possible : la « co-modalité », concept nouveau, doit permettre de conjuguer l’usage de la mer, des fleuves et du rail pour les longues distances, avec en complément les camions et voitures pour assurer la flexibilité nécessaire sur les distances plus courtes.

Il faut parallèlement développer de nouvelles énergies pour réduire la dépendance du secteur des transports des seules énergies fossiles : électricité, biocarburants, hydrogène… Ces recherches sont prioritaires, car les technologies environnementales, qui trouvent une application majeure dans les « transports verts », sont un des moteurs des succès industriels et de la croissance de demain.

Nous devons également faire le meilleur usage des infrastructures. La navigation par satellite, avec GALILEO, nous permettra de beaucoup mieux réguler les flux de circulation des poids-lourds, de laisser aux automobilistes le pouvoir de connaître en temps réel les conditions de leurs trajets.

Enfin, les systèmes de transports intelligents et les innovations dans le transport public de voyageurs offriront aux villes européennes une mobilité beaucoup moins polluante et beaucoup plus fluide, source d’une cohésion sociale accrue.

Car cette « mobilité durable » à laquelle l’Europe s’attelle ne doit jamais perdre de vue sa dimension sociétale et sociale.

La mobilité doit être d’abord accessible à tous. Chaque mode de transport doit ainsi permettre l’accès aux handicapés. C’est un devoir absolu. Nous avons déjà obtenu cet accès dans le transport aérien et il faut que les années qui viennent soient marquées par un effort sans précédent pour l’accessibilité aux transports de tous ceux qui souffrent d’un handicap ou de la fatigue liée au grand âge. Car les mobilités d’aujourd’hui et de demain ne peuvent être conçues sans cette recherche d’une société harmonieuse et sans discrimination, qui serait imprégnée d’un authentique humanisme.

La mobilité doit également être de plus en plus sécurisée. L’Europe a déjà beaucoup fait pour éliminer les « bateaux poubelles », les avions qui n’offrent pas la fiabilité nécessaire. Elle doit encore renforcer son action. Elle doit aussi relever le défi d’une route toujours meurtrière, par une approche partagée conjuguant le comportement des automobilistes, la sécurité des véhicules et des infrastructures. Les routes européennes, en cette année 2006, ont compté encore près de 40 000 morts… Ce chiffre terrible illustre l’ampleur du combat à mener, pour que la mobilité ne soit pas une chance saisie au mépris de la vie d’autrui…

Émile H. MALET a vu juste. Expliquer « les mobilités », c’est éclairer des rouages essentiels de l’aventure européenne : la liberté au service de la paix et des échanges, le respect de la planète, le besoin de protection qui n’exclut en rien l’ouverture sur le monde.

C’est pourquoi son essai nous permet de mieux comprendre l’Europe et le monde.

Jacques BARROT

Vice-président de la Commission européenne, chargé des Transports.

Penser les mobilités au XXIe siècle peut paraître romanesque tant le monde d’aujourd’hui s’émancipe du monde d’hier et tant celui de demain parait imprévisible. Mais la vérité du roman a une permanence inaliénable dont pourrait s’inspirer le mouvement universel de la mondialisation : un rapport durable au temps. Alors que la globalisation distingue empiriquement entre les termes de civilisation segmentés en court, moyen ou long terme, figeant les scansions selon une unité comptable qui ne se soutient d’aucune perspective géostratégique, on gagnerait à appréhender autrement le monde dans lequel nous vivons. C’était l’objectif du 4e Forum Mondial du Développement Durable (www.fmdd.fr) consacré aux mobilités d’une « multitude de voyageurs » de « l’immense hôtellerie… de l’univers » inspirant ce propos distinct de toute contingence éditoriale et qui met en exergue le chamboulement d’un monde qui s’opère à la vitesse d’un TGV. La complexité du monde de demain conduit à discerner quelques-unes de ses évolutions en mobilisant nos modes de réflexion et nos capacités d’action vers plus d’altérité prospective, plus d’audace innovatrice, plus d’altruisme social. Symétriquement, au regard des maux qui font souffrir la planète et du désordre mondial inquiétant les populations, l’économie doit être repensée dans sa solvabilité environnementale.

La politique et l’écologie sont désormais inextricablement liées et nos habitudes de vie pourraient utilement s’affranchir de la...