Mon agresseur s'appelle Stockholm

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Jo-Allison Carter a seize ans, elle s’ennuie à mourir dans un milieu bien rangé où ses parents très stricts ne lui laissent que très peu de liberté. Son loisir préféré est alors de rêver d’aventures pour alléger son quotidien monotone. Un jour, un garçon séduisant l’aborde et l’invite à boire un verre. La jeune Jo, pourtant émerveillée, refuse, devinant déjà la réaction de ses parents. Mais le lendemain, en rentrant du lycée, Jo-Allison est enlevée et assommée. À son réveil, l’adolescente est séquestrée dans un lieu inconnu par un garçon mystérieux qui promet de ne pas lui faire de mal si elle apprend à le connaître. Jo ne peut pas le croire, elle tombe entre drame et conte de fées...


Publié le : mercredi 27 janvier 2016
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EAN13 : 9782334060134
Nombre de pages : 212
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-06011-0

 

© Edilivre, 2016

Dédicace

 

 

Merci,

À mon amoureux qui m’a poussée à écrire,

et à partager mes œuvres.

À mon frère et ma belle-sœur qui m’ont relu,

et encouragée.

À ma meilleure amie qui m’a toujours soutenu.

I
Milieu bien rangé

« La vie peut être si morne », c’est ce que se répétait souvent Jo-Allison, enfermée dans un monde qui n’était pas le sien. Elle était fille unique, ce qui rendait son ennui encore plus agaçant et surtout l’attention de ses parents sur elle encore plus oppressante. Son père Gilbert était analyste financier depuis que Jo était petite. Il gagnait plutôt bien sa vie. Sa mère avait travaillé dans les ressources humaines depuis toujours, mais depuis 3 ans elle avait cessé de travailler pour être plus présente auprès de sa fille qui rentrait dans l’adolescence. Elle s’appelait Miranda. Gilbert et Miranda avaient toujours eu très peur pour Jo-Allison. Ils ne la laissaient pas beaucoup sortir. Ils l’aimaient très fort et avaient des grands rêves pour elle, qu’elle se marie avec un homme riche et fasse de hautes études. Malheureusement, c’était tout le contraire des projets de la jeune fille. Il lui était impossible d’en faire part à ses parents qui ne la prenaient pas au sérieux en raison de son âge… Jo-Allison avait seize ans, c’était une jolie jeune fille, plutôt mince, la peau claire, un doux regard aux yeux marron et de beaux longs cheveux châtains avec une frange légère qui tombait sur son front. Jo était une fille qui rêvait d’aventures et de liberté mais ceux-ci n’étaient des rêves auxquels elle ne pouvait que penser ou griffonner sur ses feuilles…

Un matin comme un autre, Jo-Allison devait se lever pour se rendre au lycée, mais le réveil était dur. Soudain, trois coups frappèrent à la porte et Jo entendit la voix de sa mère venir la réveiller. Pas la peine d’insister, Jo s’exécuta pour venir prendre son petit déjeuner. Son père était à la table de la cuisine, il lisait le journal tout en mangeant ses tartines beurrées. Sa mère, elle, étalait les divers aliments du petit déjeuner sur la table. Pour Jo, c’était le tableau d’un matin comme un autre. Son père racontait les différentes nouvelles dans le monde. Entre une nouvelle ou deux, Jo essayait de parler de la fête organisée par sa classe le week-end prochain. Elle pouvait déjà lire l’inquiétude dans le regard de ses parents. Elle n’insistait pas plus, elle se disait qu’elle aurait peut-être plus de chance plus tard. Gilbert se leva de table, embrassa sa femme, déposa un baiser sur le front de sa fille et partit travailler. Jo prit, elle aussi, ses affaires et s’apprêta à partir sur le chemin de l’école. Sa mère lui demanda soudain si elle désirait qu’elle l’accompagne. Jo s’y refusa immédiatement. Miranda n’insista pas, en réalité elle prenait garde d’un jeune garçon étant l’un de leurs voisins qui aurait des vues sur Jo. Celle-ci savait bien que c’était pour cela qu’elle lui proposait de l’accompagner, mais elle savait aussi que n’étant pas du tout intéressée, elle comptait bien l’éviter. Jo partit et retrouva ses copines en arrivant au lycée. Chacune raconta son fabuleux week-end, tandis que Jo, elle, n’avait rien fait de particulier… la matinée de cours se termina, c’était un calvaire ennuyeux pour Jo. Mais vint enfin l’instant de manger et de pouvoir discuter.

CINDY

« Alors Jo, as-tu des nouvelles pour ce week-end ?

SAMANTHA

Ah oui ! Est-ce que tu viens à la fête ?

JO
(hésitante)

Ben en fait, je n’en sais toujours rien… C’est que…

CINDY

Quoi ? Tes parents ne t’ont toujours pas donné de réponse ?

JO
(gênée)

On n’en a pas vraiment parlé… J’ai abordé le sujet, mais…

CINDY

Mais ils n’ont rien répondu !

SAMANTHA

Ce n’est pas cool !

JO

Oui, mais ne vous inquiétez pas ! J’en parle ce soir ! Promis ! »

Jo était terriblement gênée. Elle voulait aller à cette fête, mais elle ne savait pas comment faire. Elle s’en voulait de dire si souvent non à ses amies, elle avait l’impression de n’avoir que ce mot à la bouche. Et c’était sans compter, l’après-midi, au cours de maths où elle se ramassa un 4/20. Cindy la regarda avec un regard désespéré et Samantha lui envoya un mot où il était marqué : « Je te conseille d’attendre que la fête soit passée avant de montrer la note à tes parents », c’était là une brillante idée mais cela obligeait Jo à mentir et elle n’aimait pas ça. Le moment de la récréation venu, elle put se décharger de toute sa colère.

JO

« C’était déjà assez compliqué comme ça, non ?

SAMANTHA

Jo calme toi ! Tu as vu ce que je t’ai marqué ? Laisse passer la fête avant de leur parler de ton 4 !

CINDY

Oui, c’est vrai, elle a raison !

JO

Non ! Je suis désolée, mais je ne peux pas !

SAMANTHA
(agacée)

Oh mais Jo ! Tu es trop vieux jeu !

JO

Je ne suis pas vieux jeu ! Je suis honnête ! »

Jo avait des principes ou tout au moins une conscience. Elle préférait trouver autre chose pour arriver à ses fins plutôt que le mensonge. Le soir venu, la sonnerie retentie pour signaler la fin des cours alors Jo partit pour rentrer chez elle. Sur le chemin, elle tomba nez à nez avec un jeune homme d’une vingtaine d’années. Elle se sentit très attirée par lui, elle le trouvait beau et séduisant. Il était un peu plus grand qu’elle, la peau claire, les cheveux châtains, un peu plus longs sur le dessus et de beaux yeux marron avec un regard des plus tendres. Le jeune homme lui adressa un sourire et Jo se sentit rougir. Elle ne put lui donner qu’un tout petit sourire timide ce qui fit sourire le jeune homme encore plus. Il l’aborda.

LE JEUNE HOMME

« Salut…

JO
(intimidée)

Euh… Salut !

LE JEUNE HOMME
(il sourit)

Je m’appelle Johnny, et toi ?

JO
(rougissant)

Euh enchantée ! Je m’appelle Jo-Allison.

JOHNNY

Tout le plaisir est pour moi. C’est un très joli prénom, il te va bien.

JO

Merci… Oh Johnny aussi ! C’est un joli prénom…

JOHNNY
(il rit)

Merci, c’est gentil. Euh… Est-ce que tu pourrais éventuellement être libre pour aller boire un verre ?

JO
(déçue)

Oh, ça aurait été avec plaisir mais ça va être compliqué… Je suis déjà en retard pour rentrer à la maison et mes parents doivent être affolés ! Et… Je ne pense pas enfin… Je suis sûre qu’ils n’accepteront pas si je leur demande… Je suis désolée.

JOHNNY

Ah… Non, c’est moi qui suis désolé, vraiment… Bien alors je vais y aller, et je te souhaite une bonne soirée. Peut-être à une prochaine fois…

JO

Oui ! À une prochaine fois… »

Jo reprit le chemin pour rentrer chez elle. Mille et une pensées couraient dans sa tête. Elle n’arrivait pas à croire ce qui s’était passé… Ce beau jeune homme qui lui avait souri et qui l’avait abordée c’était incroyable, inespéré… Mais elle était profondément déçue et dégoûtée d’avoir dû refuser son invitation. Des occasions comme celles-ci sont tellement rares et ça n’allait sûrement pas se reproduire de sitôt ! Jo rentra, abattue. Arrivée chez elle, elle commença ses devoirs, mais elle était plus préoccupée sur la manière dont elle allait aborder ses parents pour la fête que par ses problèmes de maths. Dix-neuf heures sur la pendule de la cuisine, Miranda appela sa fille et son mari pour manger. Jo descendit l’escalier, elle fut la dernière à s’installer. Elle n’eut même pas le temps d’aborder la fête que son père déclara :

GILBERT

« Oh ma chérie ! Tu sais quoi ? Ta mère et moi nous avons une bonne nouvelle pour toi ! Ta grand-mère Djinger veut bien te prendre pour le week-end ! Tu vas faire plein de choses superbes !

MIRANDA
(enthousiaste)

Et en plus il y aura le petit-fils de son ami qui doit passer durant le week-end, tu te souviens de lui ? Andrew, qui est en études de médecine !

JO
(déçue)

Oui… Oui bien sûr, je me souviens. Eh bien, …

GILBERT

Je savais que cela te plairait ! Tu es partante ?

JO

J’ai eu quatre en mathématiques.

GILBERT ET MIRANDA

Quoi ?!

JO

Oui, je sais, je suis désolée. Je pense que ce week-end, je devrais rester ici pour travailler. Je n’aurai pas de distractions, je ne serai pas déconcentrée… Non ?

MIRANDA

… Euh oui ! Tu as raison. Alors ce n’est pas grave, tu iras une autre fois. Hein chéri ?

GILBERT

Oui. Mais augmente tes résultats ! »

Jo hocha la tête puis monta dans sa chambre sans manger de dessert. Elle se sentait stupide. Elle n’avait pas parlé de la fête et elle avait avoué son quatre en maths. Mais elle se rendait compte que ses parents avaient organisé tout un week-end pour elle afin de lui éviter la fête et en plus, ils parlaient d’Andrew, cet affreux pot de colle qui représentait pour eux un « bon parti » pour elle. Jo reconnaissait tout à fait ses parents en cela. Elle était assise à son bureau, elle fermait le livre où elle écrivait des poèmes, des citations, des pensées, puis leva sa tête et regarda la lune par la fenêtre. C’était la pleine lune et dans un soupire, elle dit : « Que je m’envole… »

II
Entre drame et conte de fées

Quelques rayons de soleil sur le visage de Jo vinrent la réveiller. Elle regarda l’heure, il fallait se rendre au lycée. Elle se leva, descendit l’escalier, s’installa à table pour prendre son petit déjeuner. Sa mère était surprise qu’elle se soit levée toute seule, mais elle ne disait rien, personne ne disait rien… Son père posa le journal et partit au travail. Au fond d’elle, Jo sentait que sa mère hésitait à sortir une parole. Elle préféra s’éviter cela, elle prit son sac et partit. C’était une belle journée, un soleil qui chauffait plus que d’ordinaire mais Jo ne pouvait penser qu’à la soirée de la veille… Au lycée, toute sa classe ne parlait que de la fête. Cindy et Samantha regardèrent Jo, celle-ci leur fit non de la tête. Elles n’abordèrent pas le sujet durant la journée. On pouvait sentir la colère de Jo à des kilomètres. La journée de cours était des plus banales, elle salua ses copines et s’en alla, dépitée. À son habitude, elle prit une allée du parc située non loin du lycée. Elle marcha avec l’envie de penser à des choses meilleures, mais soudain, quelqu’un l’attrapa violemment par-derrière et mit sa main sur la bouche de Jo en utilisant un chiffon. Celle-ci avait beau essayer de crier et de tenter de se débattre, elle ne parvint pas à se sauver. Jo remarqua que le chiffon sentait une odeur étrange, qu’il était imbibé d’une substance, puis elle perdit connaissance, ses yeux se fermèrent, elle abandonna son corps…

Quelque part, les yeux de Jo s’ouvrirent tout doucement, elle ne savait plus où elle était, totalement perdue. Au bout de quelques minutes, elle parvint à ouvrir vraiment ses yeux. Elle examina la pièce, allongée sur un lit. C’était une petite chambre où elle se trouvait. Le lit était collé au mur. Il y avait une petite table de nuit, un bureau avec quelques stylos et une armoire avec des habits féminins en très basse quantité. Une fenêtre venait éclairer cette chambre, mais elle avait des barreaux et un verrou qui l’empêchait de s’ouvrir. Jo regardait par la fenêtre, il y avait de la verdure et des arbres à perte de vue. Ça ne l’avançait pas plus, elle ne reconnaissait pas l’endroit. Elle finit par se diriger vers la porte, elle appuya sur la poignée et à son grand étonnement, la porte n’était pas verrouillée. Jo retint sa respiration, elle essaya de se contrôler, elle tira la porte et regarda. Elle se trouvait dans un couloir, à sa gauche le couloir continuait avec une porte de chaque côté et le couloir semblait se prolonger au bout sur la droite. Jo tourna la tête de l’autre côté. Il y avait une porte à côté de la sienne et le couloir se termina ici. En face de cette porte, c’était l’entrée du salon. La télévision était allumée et Jo aperçut un homme de dos, assis sur le canapé. Elle s’appliqua le plus possible à ne pas faire de bruit et partit sur la gauche, c’était sa seule issue. Elle ne prit pas le risque d’ouvrir les portes de chaque côté, elle se rendit au bout du couloir et il continuait bien sur la droite. Alors, elle tourna et au bout, il y avait deux portes, une à droite et une au bout, en face. Cette dernière semblait être avec logique la porte d’entrée, Jo se rendit compte qu’elle avait l’air d’être dans un vrai petit appartement au milieu de nulle part. Elle atteint la fameuse porte et débloquèrent certains des verrous, mais elle avait besoin de clés pour pouvoir ouvrir le reste. La porte était terriblement bien sécurisée. Mais Jo eut le sentiment de sentir une présence derrière elle, elle regarda la porte et aperçut une ombre. Elle se retourna et, dans le couloir sombre un homme était là, debout derrière elle, il la regardait. Jo, terrifiée se mit à courir et le poussa violemment contre le mur, puis elle s’élança dans le couloir, mais l’homme la rattrapa. Il tenta de la serrer contre lui pour qu’elle arrête de crier, mais elle se débattit toujours en ne cessant pas ses hurlements. Comprenant qu’elle n’abandonnerait pas, il finit donc par la lâcher. Jo-Allison courut à en perdre ses jambes jusque dans le salon où elle atteint une baie vitrée, mais elle était fermée à clé, elle était en plus blindée. À droite se trouvait une cuisine avec une table, il n’y avait pas de mur entre le salon et la cuisine. Jo regarda la cuisine où se trouvait une seconde fenêtre, mais c’était le même problème. Résiliée et essoufflée, Jo se retourna et à sa stupéfaction, elle reconnut l’homme ! Il était là, à l’entrée du salon, les yeux posés sur elle.

JO

« Vous… Vous êtes le jeune homme à qui j’ai parlé l’autre jour ?! Vous… Tu es Johnny !! Mais qui es-tu ? Qu’est-ce que tu me veux ?

JOHNNY

Oui, c’est moi… Je ne vais pas te faire de mal ne t’inquiètes pas, je ne te veux aucun mal.

JO

Pourquoi suis-je ici ? Pourquoi tu as fait ça ?

JOHNNY

Je voulais te voir, te parler. Tu m’as dit que tes parents ne seraient jamais d’accord, que ça ne serait jamais possible.

JO

Et alors ? Je ne comprends pas. Tu veux que l’on passe un moment ensemble et tu vas me ramener chez moi ?

JOHNNY

Oui, c’est à peu près ça Jo.

JO

Tu vas me ramener ce soir chez moi ?

JOHNNY
(il baisse la tête)

… Non, pas ce soir. On ne peut pas se connaître en un soir Jo.

JO
(affolée)

Combien de temps alors ?

JOHNNY

Je ne sais pas ! Je n’en sais rien… Écoute, je te promets de ne pas te faire de mal si tu apprends à me connaître. Je prendrais soin de toi. »

À ce moment-là, Jo fut sidérée. Elle se demandait si avant elle il y eût beaucoup de femmes qui se retrouvèrent à sa place, avec une telle demande de leur ravisseur. Elle se disait aussi que ça ferait bien rire, voir rêver ses copines au vu du physique très agréable du jeune homme, enfin si elle les revoyait un jour… Jo regarda Johnny, c’était un garçon en effet beau et attachant, ce qui rendait les choses encore plus troublantes. Elle savait que la situation aurait pu être encore pire que ça mais elle ne parvenait pas à se calmer. Elle partit donc du salon et alla dans « sa chambre » en claquant la porte. Assise les jambes croisées sur son lit, elle pensait à sa vie monotone d’autrefois. Elle laissa verser quelques larmes à cause de la peur qui l’a tiraillait. Dans la soirée, Johnny vint la voir, mais Jo l’ignora. Johnny ressentait que Jo bouillonnait encore de colère, il lui laissa une barre chocolatée sur la table de chevet et partit. Dans la nuit, il revint discrètement, mais elle dormait profondément. Il en fut rassuré puis il sourit en constatant qu’elle avait mangé la barre chocolatée.

III
Nouvelle vie

Jo se réveilla, le soleil était levé, il était déjà tard dans la matinée. Elle s’étira, et allongée sur son lit, elle imagina la panique chez elle et à l’école. Elle pensa à ses parents, se demandant peut-être si elle avait fugué à cause de la fête. Elle se leva et fila tout droit dans le salon, Johnny était dans la cuisine et préparait le repas. Elle refusa de l’avouer, mais elle avait faim, et cette douce odeur de nourriture lui donnait encore plus faim. Johnny la regarda et il lui fit un sourire puis il lui dit « Ça y est, tu es levée ! Je n’ai pas voulu te réveiller, tu devais être fatiguée. En tout cas, j’espère que tu aimeras ce que je te prépare parce que ça te donnera des forces ! » Jo le regardait, déconcertée par le naturel que Johnny arborait. Comme s’ils étaient amis, comme si tout cela était normal. Elle ne dit rien. Johnny soudain voulut faire visiter l’appartement à Jo. Elle accepta, ça ne pourrait que l’aider à s’en sortir. La porte à côté de la porte d’entrée était celle des toilettes. Les deux portes dans le couloir à côté de la chambre de Jo étaient : la porte de gauche, un mini-salon qui ressemblait plutôt à un débarras où Johnny avait déchargé beaucoup d’affaires, et la porte de droite était la salle de bains. Et enfin, la porte à droite, juste à côté de la chambre de Jo était la chambre de Johnny. Chaque fenêtre possédait des verrous et toutes les fenêtres de taille standard avaient des barreaux. Il n’y avait que les trois grandes fenêtres dans le salon, la cuisine et la chambre de Johnny qui n’avaient pas de barreaux, mais c’étaient des fenêtres plus résistantes. Quand le repas fut prêt, ils passèrent à table, Johnny avait fait des spaghettis bolognaises. Jo-Allison avait le nez dans son assiette et ne disait pas un mot. Johnny l’a regardait manger et sentait qu’elle appréciait la nourriture. Soudain, Jo leva la tête et regarda fixement Johnny avec un regard dur. Il continua de la regarder en attendant qu’elle se mette en colère.

JO

« Est-ce que tu t’imagines dans quel état doivent être mes parents et mes amies ?

JOHNNY
(il baisse les yeux)

JO

Tu n’as rien à dire à ça ? Oui, ça t’importe peu ! L’important c’est que l’on fasse ce que toi tu as envie !!

JOHNNY
(blessé)

Jo arrête ! »

Jo fronça les sourcils, mais une partie d’elle s’en voulait, elle ne voulait pas le blesser. Elle s’en voulut encore plus et se trouva stupide de pouvoir s’inquiéter de ce qu’il pouvait ressentir ! Jo reprit la conversation.

JO
(dure)

« Quel âge as-tu ? Qu’est-ce que tu fais dans la vie ?

JOHNNY

J’ai vingt et un ans. J’ai abandonné l’école quand j’avais ton âge. J’ai enchaîné divers petits boulots et récemment j’ai hérité de l’argent de mon grand-père. Je ne travaille pas en ce moment.

JO
(mesquine)

Tu vas pouvoir veiller sur moi alors.

JOHNNY

JO

Je suis désolé pour ton grand-père… Ta famille ne s’inquiète pas pour toi ?

JOHNNY

Merci. Non, je leur ai dit que j’allais passer quelque temps chez un ami.

JO

J’aurais aimé avoir la chance et le temps de dire la même chose à ma famille ! »

Sur ces paroles, Jo partit dans sa chambre. Johnny soupira et se demanda comment il allait bien pouvoir l’adoucir. Jo restait dans sa chambre pour donner l’impression qu’elle faisait la tête, elle se disait que si Johnny n’arrivait à rien avec elle il la relâcherait peut-être. Mais elle s’ennuyait à mourir… Assise à son bureau, elle entendit soudain la télé qui était allumée et une chanson des années 80, c’était Madonna. Chanteuse que Jo aimait beaucoup au mécontentement de ses parents. Elle décida de venir dans le salon et s’assis sur le canapé, laissant environ un mètre entre Johnny et elle, elle regarda la télé sans dire un mot. Johnny ne dit rien non plus et la laissa regarder sa chanteuse. À l’intérieur de lui, il était heureux et sentait qu’il allait pouvoir peut-être se servir de Madonna plus souvent pour faire sortir de sa chambre la belle Jo. Le clip se termina, Johnny jouait aux mots croisés sur un magazine.

JO
(calme)

« Pourquoi n’as-tu pas essayé de faire connaissance avec moi de façon plus… naturelle ?

JOHNNY
(il sourit puis reprend son sérieux)

Jo, sois sincère, c’était fichu d’avance. Tu m’as dit toi-même que tes parents ne voudraient pas, ils n’ont pas l’air de te laisser faire beaucoup de choses, alors passer du temps avec un garçon qui a 5 ans de plus que toi… C’était impossible.

JO

Certes, mais les choses sont différentes maintenant. Laisse-moi partir Johnny, je te promets que l’on se verra et que l’on fera connaissance ! Je sais que c’est important pour toi et tu es un garçon vraiment gentil, j’aimerais beaucoup te connaître, je t’assure ! Puis pour mes parents, ils seront tellement soulagés qu’ils m’accorderont bien quelques faveurs ! Je ne te dénoncerai pas, je te le jure ! S’il te plaît !

JOHNNY
(il ne la regarde pas)

Non Jo. »

Jo ne répondit pas. Pendant l’espace de quelques secondes, elle y avait crû. Elle posa sa tête sur le dossier du canapé et regardait Johnny remplir ses mots croisés. Elle ne pensait pas qu’à ce moment, ayant disparu depuis plus de 24 heures, des photos d’elle commençaient à être placardées dans toute la ville…

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