Mon Corps, Mon Œuvre

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Guérir. Ne plus avoir mal. Être en santé.
C'est injuste d'être malade dès l'adolescence. Je ne pouvais plus bouger.
Je me suis fait hospitaliser, opérer. Cela a duré, duré !....de quinze à quarante-cinq ans...
Il est des maladies pas très connues. La spondylarthrite ankylosante est dans cette catégorie.
Mais comment un rhumatisme peut-il broyer des os ? Comment cette inflammation peut-elle prendre les yeux, la peau...?
Guérir, il faut le vouloir plus que tout.
Ne plus avoir mal est une quête.
Être en santé, maintenant, c'est observer le monde...par mon discernement, comme je l'ai réalisé pour guérir.
J'ai réalisé ce parcours en me libérant. Depuis 1998, je ne prends plus aucuns médicaments. Depuis maintenant cinq ans, je n'ai plus mal. Je suis en santé.
Publié le : lundi 18 janvier 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791026203643
Nombre de pages : non-communiqué
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Pascal LAMANDE
Mon Corps, Mon Œuvre
© Pascal LAMANDE, 2016
ISBN numérique : 979-10-262-0364-3
Courriel : contact@librinova.com
Internet : www.librinova.com
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Prologue
La volonté de guérir a donné du sens à toutes mes actions. Elles sont un baromètre. Elles me permettent de comprendre mes sensations. Le critère de progrès était facile à trouver : ai-je plus ou moins mal ?
Mon corps est intelligent. Il me donne les informations dont j’ai besoin pour manger, pour me déplacer, pour échanger…Le monde de mes sensations de douleurs extrêmes m’a donné des points de repères. La sensibilité de ces points de repères est une boussole.
Maintenant, je n’ai plus de quête du sens. Tout est devenu sens, sans justification ou recherche. Je n’ai plus mal.
Je créé mon propre temps et mon propre espace dans ce corps. Il était meurtri, étroit, raide, étranger à moi-même. Disloqué et à reconstruire, j’ai créé mon corps. Ce n’est pas du bodybuilding. Pourtant, durant toute l’année 2013, j’ai fait du bodybuilding, littéralement, construire un corps. Cela a été l’apothéose de, disons, trente ans de volonté mentale.
J’ai été capable d’appréhender le temps de façon différente même si je suis impatient de nature. Mon esprit est ouvert et les cultures venant d’Afrique, d’Asie et de Mélanésie m’ont permis de comprendre que le temps est aussi une création et que sa perception devait être ajustée pour que je puisse réparer mon horloge intérieure. La répétition des heurts par rapport à la réalité qui fait mal m’a fait ajuster mon comportement. Mon ami moine m’a dit un jour : « Vous, pour boire un verre d’eau, vous devez seulement tourner le robinet à l’intérieur de la maison. Pour des millions de personnes, il faut se déplacer sur des kilomètres et faire d’importants efforts pour pouvoir se désaltérer ».
Être capable d’illustrer ce parcours va me permettre de ne plus justifier l’âge du capitaine, sa situation professionnelle et personnelle. J’ai plus de tonus spontanément avec une réelle assise. Elle m’était nécessaire pour me poser et conter mon histoire dignement.
Les valeurs d’énergie, de respect de soi, d’observation, d’endurance, de précision, d’humour, de dédramatisation m’ont amené à stopper trente ans de soumission au diktat du « il faut que » et « tout de suite ».
HLA-B27 est un antigène. Il est impliqué dans le déclenchement de la spondylarthrite ankylosante même si toutes les personnes qui le portent ne la déclenche pas. Il peut donc y avoir d’autres facteurs, comme des éléments comportementaux non dépendant du HLA-B27.
L’énoncé même d’un élément factuel, la maladie, et de sa cause, un antigène, est d’une extrême simplicité. Mais les statistiques démontrent que la liaison systématique n’est pas prouvée. L’énoncé scientifique est en partie balayé.
Cela m’a plongé dans l’inconnu puis encouragé à trouver les moyens, tout d’abord de tenir debout, puis ensuite de guérir. Il n’y avait donc pas que la voie connue. En effet, ceux qui se soignent de façon conventionnelle ne vont pas nécessairement mieux. Ils  développent même souvent d’autres pathologies tout aussi encombrantes : fatigue extrême, peu d’énergie, douleurs continues parfois jusqu’à la paralysie, dépression, rachitisme.
Je n’ai connu que peu d’attitudes compassionnelles dans mes rencontres. La responsabilité m’en incombe et j’ai évolué pour être dans la compassion pour moi-même. Ce n’est pas comme le titre de ce magazine sur la table d’une salle d’attente d’un dentiste : « Aimez son corps ». Si cela suffisait ! La compassion me permet d’être dans une attitude qui développe du tonus, bien nécessaire au quotidien. Mais ce tonus n’est pas seulement corporel. Le corps est la continuité de l’état intérieur. D’autres rencontres alimenteront cette compassion et ce tonus avec cette évolution dans mon attitude.
Avec l’état de non douleur, je me rapproche de mon âme. J’agis en énergie, dans un échange vibratoire. L’illimité et le sans raison ont parfaitement leur place. Cette attitude m’a permis de faire cesser la torture de l’inflammation dans mon corps. La compréhension par la méditation a décapé des comportements sclérosant. Je ne suis pas dans un vieillissement avilissant de mon être. Plutôt la sensation d’une légèreté créatrice où la joie, la tristesse, la réflexion et le relâchement s’entremêlent naturellement, comme un courant ininterrompu où il n’y a plus de place pour l’idée ordinaire. Tout devient extraordinaire.
L’enfant souriant et les premiers symptômes de la spondylarthrite ankylosante
Au pied des majestueuses montagnes du Vercors, voici Vinay. Nous sommes en plein pays de la noix de Grenoble. Cette commune isèroise est située au milieu de milliers d’arbres qui sont alignés et travaillés. Après un long labeur sera produit le fruit source de revenus pour les agriculteurs dont ma famille fait partie depuis plusieurs générations.
C’est ici que je suis né comme maman et mon frère, Lionel. Mon père Etienne est natif de l’autre côté du Vercors, d’un village de la Drôme, à une centaine de kilomètres de là. Piégros-la-Clastre est un village recroquevillé à l’écart de la départementale menant à Gap. Dans cette vallée où coule la rivière Drôme, c’est la lumière qui est remarquable. Il y a beaucoup de champs de lavande et de vigne ; ici est produite la Clairette de Die, apéritif renommé. L’atmosphère y est fleuri, plutôt vacancière en toute saison. L’hiver, la neige est très proche et abondante.
Entre notre lieu de vie quotidien pour le travail de cheminot de papa (Livron puis Valence) et ces deux ancrages familiaux qui perdurent, nous avions un rythme immuable où, toutes les semaines, nous rendions visite à l’un des deux versants de la famille. Aujourd’hui il m’amuse de penser que nous étions alors des nomades pour un petit périmètre !
Mes grands-parents maternels étaient agriculteurs. La ferme est toujours bien présente à côté de la gare de Vinay. Elle se distingue par un séchoir à noix de trois étages construit au sortir de la deuxième guerre mondiale avec des moyens rudimentaires et un savoir-faire certain. Il a été réalisé sans grue ni toupie à béton. Deux hommes dont mon grand-père ont fait preuve d’audace, de précision et de patience. Ils ont utilisé du bois, des kilomètres de bois. Dans cet endroit plat sans urbanisation à cette époque, la construction de cet ouvrage a semble-t-il été l’objet de beaucoup d’interrogations.
Aujourd’hui, le séchoir à noix typique de la région est en parfait état. La symétrie des formes, son allure apaisée et naturelle est, de l’avis général, un modèle du genre. Il a dû faire face à pas mal de tempêtes qui ont pu l’endommager sans vraiment que cela ne l’atteigne dans ses fondations et sa verticalité. Louis, mon grand-père, était autant entrepreneur qu’homme des champs. De forte constitution avec un béret sur la tête qu’il ne quittait pratiquement pas, il avait produit et vendu des moellons, élevé des animaux en vendant sa production, cultivé, produit et vendu des noix. Il était aidé en cela par sa femme, Marie-Antoinette, discrète mais très présente et souriante la majeure partie du temps avec son visage doté d’une physionomie qui ne l’a jamais quitté : paisible et gentil ce visage ! Si Louis venait à s’emporter car les choses ne se passaient pas comme il le souhaitait, elle haussait le ton pour lui dire « Louis, ne jures pas ! ». En plus d’Hélène, ma mère, ils ont eu deux fils, Jean-Claude et l’aîné, Michel ; ce dernier a été victime en 1969 d’un accident de la route. J’avais trois ans. Marie-Antoinette est aujourd’hui centenaire alors que Louis est décédé en 1999. Je suis triste de ne pas avoir pu être près de lui quand il est parti. Je venais de me faire opérer. Je ne pouvais pas marcher du fait d’une greffe osseuse en plus de la prothèse. Ce départ a été brutal. Il est tombé dans la maison qui l’a vu naître et dans la pièce où il vendait son lait. Marie-Antoinette, dans son chagrin, s’est confiée, ce qui est rare. Après le décès de son époux, elle a dit : « Tous les jours de nos soixante-sept ans de mariage, j’ai eu un bisou ». J’ai pleuré cette disparition quelques
temps après, devant ma mère. Les premiers temps, je n’avais pas réalisé.
Alors que nous étions dans la cours de la ferme où vivent maintenant mes parents avec Marie-Antoinette, je revois mon grand-père me montrer la montagne juste en face.
– Tu vois là-haut, un bonze vient de s’installer.
Il venait de me parler de Lama Teunzang. Un de ses terrains était mitoyen d’une ferme à l’abandon. Quelques années plus tard, je suis monté voir cette ferme qui n’en n’était plus une. La commune d’Izeron avait aménagé une route d’accès d’une dizaine de kilomètres. Le bâtiment d’origine avait été transformé en différentes parties. Un grand parking permettait de se garer. Il y avait un accueil, un réfectoire, des dortoirs. Derrière, un bâtiment majestueux. A l’intérieur, c’était le Temple aux milles Bouddhas, avec, à l’étage du dessous, une salle de yoga. Tout est à l’identique aujourd’hui, mais d’autres constructions sont venus constituer un ensemble semblable à un hameau de haute montagne.
Les fondateurs, Lama Teunzang en tête, avaient créé la congrégation Karma Mygyur Ling de Montchardon (c’est le nom du lieu-dit sur la commune d’Izeron). Ce moine a été « mon Bouddha de médecine ». Je l’ai d’abord écouté au cours d’enseignements, notamment sur le calme mental. Je l’ai observé car je l’ai trouvé tout de suite différent. Il ne cherche pas à plaire, il ne vend rien. Il peut rire ou se mettre en colère, être enthousiaste, même quand il a des difficultés physiques. La tristesse l’atteint parfois mais il ne s’y attache pas. Il pratique la méditation. S’il y a du travail sur un chantier, il le fait. Il n’y a pas de basses besognes. Il se prosterne comme au premier jour, avec la même humilité et concentration. En fait, il est présent comme un enfant. Il a un visage et un regard d’enfant. Nous nous sommes parlés lors d’entretiens avec un traducteur et j’ai pris refuge avec lui le 6 avril 1996.
Nous sommes toujours propriétaire de ce terrain mitoyen de la congrégation. Louis y montait ses bêtes en son temps. Lorsque je suis dans la cours de la ferme, j’ai toujours une pensée forte et pleine de gratitude pour cet être venu des hauteurs de l’Himalaya, du Tibet.
Le père de mon père, Émile, était le boulanger du village de Piégros-La-Clastre. Son sourire était facile et naturel, comme celui de mon père. Émile est mort quand j’avais huit ans. Sa femme, Francia, était charismatique et ronde. Si elle devait sortir du village, comme cela arrivait très rarement, il lui arrivait de ramener un caillou d’une autre contrée. Elle aimait bien les pierres et leur beauté et savait se satisfaire de ce présent. Son verbe était aisé et chantant. Si elle était femme au foyer, elle en sortait pour être présente au conseil municipal du village où son avis était écouté. Elle allait quotidiennement à la messe. Ils ont élevé huit enfants (enfin sept car l’un d’eux est mort en bas âge). Les Trois Becs, la montagne qui surplombe le village, était leur point de repère et ils ne s’en sont jamais éloignés.
Mon père est entré à la SNCF à vingt-deux ans et a conduit les dernières locomotives à vapeur puis est devenu aiguilleur dans les postes des gares de Portes-Les-Valence, Livron et Valence. Maman était femme au foyer, tout en faisant des ménages d’ici de là. Travaillé pour une grande entreprise comme la SNCF, c’est vivre dans un environnement de codes et d’habitudes. Il existe un langage, un jargon : « roulants », «employés sous gare », « au poste de », « à l’accueil », « à la voie », « aux caténaires », « à la journée », « en trois-huit » ; ces mots ont fait partie de notre environnement d’ouvriers à la fois simple et chaleureux, sans manières.
Ce fut lors d’une fête votive que mes parents se sont rencontrés à Vinay. Mon père, à l’armée à Grenoble, faisait un défilé militaire. C’est bien la seule fois de sa vie qu’il a dû parader ! L’uniforme lui va si bien a-t-elle dû dire ! Ils étaient jeunes, la vingtaine. Ils étaient pragmatiques, comme leurs milieux les y prédestinés. Ils se sont mariés. C’était un beau couple. Le physique était en santé et complémentaire. Un grand blond châtain avec une brune fine de taille moyenne à l’énergie calme et introvertie. Leur beauté était simplement atténuée
par le fait qu’elle n’était pas mise en avant avec force photos et foule qui applaudit. Dans nos familles, on ne se mettait pas en avant.
Mon père sait se satisfaire de ce qu’il a tout en connaissant ses limites, notamment émotionnel. Sa diction était plutôt hésitante. Physiquement, c’était une force de la nature ce dont il s’est servi pour faire sa vie. Il ne demande donc pas d’aide. Il fait. Même s’il a beaucoup de cheveux, il ne s’est jamais rendu chez le coiffeur. Il les coupe lui-même. Il ne se reconnaît pas dans tout ce qui est tortueux et opaque. La parade a été donc brève et unique. Les habits mode ou de l’armée, ce n’était pas pour lui. Il n’est pas en représentation. Il est dans sa sincérité qui peut être ressenti parfois comme de l’immobilisme. S’il ne voit pas les Trois-Becs de quelques temps, cela lui manque. Cette attitude lui permet d’observer, de sourire facilement, d’être dubitatif souvent. Il agit prudemment. Ils étaient nombreux au foyer de Francia et Émile et, l’amour, c’était d’être ensemble et de se satisfaire de ce que l’on avait, c’est-à-dire peu. Cela lui a permis de surmonter les épreuves, notamment de ses deux fils malades et plutôt chétifs. C’est dans la stabilité, le travail, la discrétion, la loyauté et l’honnêteté que nous avons évolué.
Une ligne de chemin de fer a toujours été à proximité : nous habitions dans la gare à Livron. À Valence, nous résidions dans les logements sociaux qui longent la voie ferrée qui se dirige vers le sud. Le collège Saint-Anne était en face de la gare. A Vinay, la ferme jouxte la voie ferrée qui se dirige vers Grenoble. À Piégros-La-Clastre, la ligne Livron-Briançon se trouve en bordure du village.
En dehors de ma famille, mes relations étaient surtout féminines. J’étais naturel et ce qui m’attirait, c’était les yeux. Donc, je m’avançais pour regarder de plus près, sans retenue. C’était la curiosité faite vie. Mes yeux masculins voulaient rencontrer des yeux féminins. Il y avait plus de mystère à rencontrer des yeux féminins car cela me donnait de l’élan, une énergie, surtout si ceux-ci étaient en accord avec les miens, c’est-à-dire s’ils voulaient se laisser regarder. Donc, quand des yeux féminins me parlaient, je m’approchais pour regarder, et je m’approchais souvent très près.
A la ferme, mon grand-père vendait du lait. La maison était d’un seul tenant dans sa partie habitée. En bordure de la route qui reliait le centre-ville à la gare, à côté du portail qui permettait d’entrer dans la cour, il y avait une porte vitrée. On accédait à une vaste pièce sombre où se trouvait entre autre le four à pain. A côté de celui-ci, une grande table en bois servait de comptoir où des récipients étaient posés à côté de la boîte à monnaie. Les clients venaient chercher leur lait, parfois chaud, que mon grand-père venait de traire. Il avait une dizaine de vaches. L’étable était juste à côté de la maison, dans l’enceinte de la ferme. Une jeune fille venait chercher son lait. Elle était très blanche de peau et rouquine. Son insistance à vouloir me parler me désarçonnait autant qu’elle m’attirait. Mon attitude était « comment faut-il agir dans ce cas-là ? ». Les sourires de mes grands-parents et parents n’étaient pas fait pour m’aider à aller vers elle malgré mon attirance. Au début, quand elle venait, je me cachais. Je suis parvenu à être plus proche d’elle par la suite. Nous n’étions pas constamment sur Vinay, mais j’y restais parfois plusieurs jours lors des vacances scolaires, et les journées étaient rythmées par cette question : « Va-t-elle venir chercher du lait ? ». Je me préparais discrètement à la venue de ma cliente favorite pour pouvoir la raccompagner au portail et lui parler.
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