Mots d'esprit, inconscient et événement

De
Publié par

Publié le : lundi 1 janvier 0001
Lecture(s) : 283
EAN13 : 9782296228481
Nombre de pages : 192
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

Mar D'ESPRIT

ET ÉVÉNEMENT

PSYCHANALYSE ET CIVILISATIONS Collection dirigée par Jean NADAL

L'histoire de la découverte de la psychanalyse témoigne que démarche clinique et théories issues de champs voisins ont concouru, par étayage réciproque, à élaborer le concept d'« inconscient », à éclairer les rapports entre pathologie et société et à reconsidérer les liens entre malaise du sujet singulier et malaise de la civilisation.

Dans cette perspective,la collection« Psychanalyse et Civilisations ~~ tend à promouvoircette ouverture anthro-

pologique nécessaire pour maintenir en éveil la créativité que Freud y a trouvée pour étayer, repenser et élargir la théorie. Ouverture indispensable aussi pour éviter l'enfermement dans une attitude solipsiste qui, en voulant protéger un territoire et préserver une identité, coupe en réalité la recherche psychanalytique de ses racines les plus profondes. Autres ouvrages parus dans la collection « Psychanalyseet Civilisations» : Rêve de corps, corps du langage, collectif sous la direction de J. Nadal. Oralité et violence,de Kostas Nassikas. Emprise et liberté, par: J. Nadal, N. Rand et M. Torok, A Eiguer, R. Major, R. Dadoun, H. Ramirez,
M.-F. Lecomte-Emond. La pensée et le trauma, par Michèle Bertrand. Autres ouvrages à paraître dans la collection
«

Psychanalyse

et Civilisations ~~ : Utopie créatrice et destin de la pulsion, par M.-F. LecomteEmond. Psychanalyse et maladies somatiques, collectif dirigé par J. Nadal. Langue arabe, corps et inconscient, collectif dirigé par H. Bendahmman.

@ L'Hannattan,
ISBN:

1991

2-7384-0898-2

Max KOlIN

Mot d'esprit et , Evénement

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

Du même auteur

- Freud et k Yiddish: k préanalytique (Christian Bourgois, 1982)

- Chelm. Les hiros de la bêtise

de Salomon Simon (traduit du Yiddish par Danielle Cyferstein et Max Kohn) suivi de Freud et la bêtise de Chelm de Max Kohn, (L'Harmattan, 1987).

SOM:MAIRE

PRÉLUDE
PREMIÈRE PARTIE
De la définition de l'événement pour Janké. lévitch à son application à la culture

.. 9

15

DEUXIÈME PARTIE La place du mot d'esprit dans la culture TROISIÈME PARTIE L'événement dans la clinique
CONCLUSION

77

123
177

Pour Philippe

Levy

PRÊLUDE

Je suis un animal. L'autre n'est pas nécessairement un homme. Voilà où se situe Vladimir Jankélévitch. Au fond de la bêtise, se trouve la méchanceté. Etre bête, c'est s'en tenir là, se fixer, se figer, et la méchanceté n'est pas loin, elle qui désigne le mal ailleurs que dans ce qui la meut, c'est-à-dire une volonté. Au fond de la méchanceté, il yale malheur. Les hommes sont souvent.plus malheureux que méchants. C'est le problème. L'œuvre de Jankélévitch est d'abord musique. Du piano. Un doigté. Ce n'est pas qu'elle ne soit pas à sa place aujourd'hui. Elle y est. On ne l'a pas oubliée. Elle existe. Apparition disparaissante elle-même, elle scintille en cette fin de siècle. Vladimir Jankélévitch est toujours prêt à donner sa vie. Il offre de la musique et un effort de penser. Il ne se confie pas. Il est mystère. A le lire, à écouter sa musique, on en mesure toute l'importance. Un sentiment de sécurité et d'apaisement parcourt sa lecture. On peut l'abandonner quand on veut. Ce serait une erreur. Ecrire sur lui est une gageure. Il ne se prête pas à l'exégèse et ne veut pas être un maître avec des disciples. Et pourtant, il faut bien arriver à en dire quelque chose. Quand on va jusqu'au bout de ses livres, on trouve toujours 9

un réconfort. Il ne vous laissera pas quitte de la mort et de la responsabilité d'une parole. Pour le lire, il faut déjà vouloir vivre. Dans Philosophie prem~re, il dit: « Mais celui qui, étant Faire sans Etre ni Avoir, est, en langage propriétaire, infiniment pauvre, celui-là est par là même inépuisablement riche. »
Jankélévitch vous laisse toutes les chances. Dans Le Jene-sais-quoi
«

Certes, la vie est une chancepermanente,mais le fait

et le presque rien, c'est dit clairement:

de cette chance permanente n'est pas, lui, un fait permanent: le fait de cette chance est une quoddité unique et une unique effectivité. » Qu'arrive-t-il avec Jankélévitch? Une pensée? De la musique? De la poésie? Non, la droiture. Il est droit comme un roc. Incorruptible. Responsable. Jusqu'au bout. De quoi trembler. Rassurez-vous, il ne vous jugera pas. Il est mort. C'est encore pire. Même mort, il ne hante pas tellement la culture comme certains. Sous ce nom, il y a beaucoup de monde. Voyez l'exergue à son livre sur le nocturne: « La première partie de cet écrit a paru à Lyon en 1942, sur l'initiative de Louis Faucon, et mes jeunes amis de la Résistance la diffusèrent clandestinement en zone occupée; les mille exemplaires qui constituent l'édition originale sont aujourd'hui épuisés... Aux noms de Louis Faucon, de Pierre Grappin, de François Guillot de Rade, je tiens aujourd'hui à joindre celui de François Cuzin, leur camarade, fusillé par l'Allemand en 1944. C'est grâce à des héros comme Cuzin que la sombre nuit de notre détresse a pu devenir le nocturne de notre espoir et la certitude d'une
aurore. »

Ne pas perdre espoir. Avoir le courage de continuer. A le lire. A vivre. Le problème avec Jankélévitch, c'est qu'il a le temps et que, de toute façon, il parlera de la Shoah. Il nous raconte une histoire qu'il veut inoubliable: les nazis sont sortis de l'humanité. On ne discute pas avec eux. C'est bête.. Et pourtant? Il tient cette place. Du coup certaines histoires ne tiennent plus. Je parle des histoires toutes faites sur la Shoah qui affranchissent beaucoup de monde de la mort. Mais puisqu'on vous dit que la mort a eu lieu. Art Spiegelman, dans sa bande dessinée, Maus, raconte lui aussi des histoires fabuleuses sur la vie avant la mort
10

dans la Shoah. Certains sont morts avant qu'on ne les tue. D'autres étaient déjà morts. Beaucoup ont été tués. Six millions. de paroles. Des enfants à venir. En rendant la parole actuelle, en la faisant être celle de vivants, en restituant les choses au niveau d'un narratif qui n'est pas déjà tout donné dans une histoire, Claude Lanzmann dans son film Shooh nous a transformés. Et libérés. Ce film parle de vivants. Ce sont des hommes qui parlent. Les nazis sont sortis de l'humanité. Dans le film, ils sont en noir et blanc. Nous ne savons plus de quelle histoire il s'agit, ni celle qu'il faut raconter. Cela Art Speigelman le fait dire à son père. Dans la bande dessinée, il s'agit d'animaux, de souris et de chats. Les seules scènes où apparaissent des hommes sont des scènes de mémoire. Voilà ce qu'il écrit à un moment donné: « C'est un livre très important, ça va intéresser des gens qui d'habitude ne lisent pas ce genre d'histoire. - Oui, jamais je lis des bandes dessinées et même moi ça m'intéresse. - Bien sûr, ça t'intéresse, c'est ton histoire. - Mon histoire, par cœur je la connais, et même moi ça m'intéresse. - Ça devrait avoir beaucoup de succès. - Oui, un jour tu seras célèbre comme... comment il s'appelle? - Euh? Célèbre comme, comment il s'appelle? - Tu sais le grand dessinateur - Quel dessinateur tu peux bien connaître? Walt Disney? - Oui, Walt Disney.» Il faut de l'humour pour raconter une histoire qui concerne la mort. A en rire, je vis déjà. L'autre peut me tuer où il veut, je n'y suis déjà plus. Cela n'empêche pas l'inquiétude métaphysique, car la Shoah est un crime métaphysique. C'est ce que dit fortement aussi Jankélévitch: « Et ainsi l'extermination des juifs est le produit de la méchanceté pure et de la méchanceté ontologique, de la méchanceté la plus diabolique et la plus gratuite que l'histoire ait connue. Ce crime n'est pas motivé, même par des motifs crapuleux. Ce crime contre-nature, ce crime immotivé, ce crime exorbitant est donc à la lettre un crime métaphysi11

que,. et les criminels de ce crime ne sont pas de simples fanatiques, ni seulement des doctrinaires aveugles, ni seulement d'abominables dogmatiques: ce sont, au sens propre du mot, des monstres. Lorsqu'un acte nie l'essence de l'homme en tant qu'homme, la prescription qui tendrait à l'absoudre au nom de la morale contredit elle-même la morale. N'est-il pas contradictoire et même absurde d'invoquer ici le pardon. Oublier ce crime gigantesque contre l'humanité serait un nouveau crime contre le genre humain.
»

C'est impardonnable. Jankélévitch donne son nom à cette intransigeance. Il sera resté intraitable avec Heidegger quitte à paraître bête. Vous savez comment il conclut le Traité des vertus? « Le
diable n'était fort que de notre faiblesse, qu'il soit faible de

notre force. » L'exégèse est insuffisante.
Certains pensent tellement fort qu'on ne s'entend plus. Jankélévitch pense en sourdine. Seul. avec des millions d'autres voix. Dignes. Des enfants aussi. «Donc puisque

nous sommes enfants, faisons nos enfances.» Il commente
cette phrase de François de Sales à la fin du Traité des vertus. Lui-même est comme un enfant. On le prend pour un philosophe. Pas un grand, même pas un petit., Presque rien. Dans La Mort il écrit « Métaphysique est la différence entre Il n'est plus et Il n'est pas. Le Plus rien est distinct à jamais du néant pur et simple; il est sauvé de l'inexistence éternelle, sauvé pour l'éternité. Cet « avoir-été» est comme le fantôme d'une petite fille inconnue, suppliciée et anéantie à Auschwitz: un monde où le bref passage de cette enfant sur la terre a eu lieu diffère désormais irréductiblement et pour toujours d'un monde où il n'aurait pas eu lieu. » Vladimir Jankélévitch a été. On ne peut pas faire comme s'il n'avait pas existé. C'est sans équivoque. Dans Le Pur et l'Impur, il écrit: « Notre régime humain est équivoque, et pourtant, ce n'est pas à l'intéressé à le dire; mieux

encore: le noyé ne devrait pas tellement se savoir noyé. » Pour lui, la musique ouvre à l'humain. Il est musique. Dans Fauré et l'inexprimable, il écrit: «L'ambiguïté fauréenne a trouvé son langage naturel dans l'enharmonie, c'est-à-dire dans le jeu de mots, ou plutôt le jeu de notes qui permet sur place le glissement imperceptible d'un ton à l'autre et la modulation aux moindres frais; le charme de 12

la fluidité fauréenne, qui est mobilité immobile, tient pour

une part à l'équivoqueenharmonique.»
Jankélévitch écrit comme cela. C'est une équivoque enharmonique qui donne une sentiment d'ambiguïté. Il n'en est rien. Sa langue appelle la musique; elle est précise et poétique avec une rigueur évasive comme il le dit à propos de Fauré. A la fin de Philosophie première, il note: «On peut après tout, vivre sans le je-ne-sais-quoi, comme on peut vivre sans philosophie, sans joie et sans amour. Mais pas si bien. » On peut vivre sans Vladimir Jankélévitch. Mais pas si bien. Il faut vivre pour pouvoir penser la Shoah. Ce n'est pas votre mort.

13

PREMIÈRE PARTIE

DE LA DÉFINITION DE L'ÉVÉNEMENT POUR JANKÉLÉVITCH À SON APPLICATION À LA CULTURE

De la définition de l'événement pour Jankélévitch à son application à la culture Le mot d'esprit a des définitions différentes selon les moments culturels où l'on se situe et qui conditionnent donc sa saisie et son apparition. Il est donc nécessaire de faire une généalogie culturelle de ces définitions. Pour commencer, il est indispensable de préciser ce que Freud entend par mot d'esprit. C'est son livre de 1905 Le mot d'esprit et ses rapports avec l'inconscient qui servira de fil conducteur, pour lire rétroactivement les événements culturels qui ont permis, au cours du temps, au mot d'esprit d'apparaître tel qu'il est analysé par Freud. Freud tranche vraiment par rapport à ces moments culturels, mais ils lui ont servi de relais. Il faut donc les analyser. Mais d'abord, donnons la définition du mot d'esprit par Freud. Dans son livre Le mot d'esprit et ses rapports avec l'inconscient, reprenant à son compte la définition de Lipps, il écrit « Une expression est witzique quand nous lui donnons une signification (Bedeutung) ayant une nécessité psychologique et qu'en même temps que nous y souscrivons, nous la refusons aussitôt. De sorte que beaucoup de choses peuvent être comprises dans cette interprétation. Nous prêtons à une expression un sens (Sinn), et nous savons que, logiquement, elle n'y a pas droit. Nous y trouvons une vérité qu'à suivre les lois des expériences et des habitudes générales de notre pensée, nous ne trouverions pas. »
Freud retient l'intérêt de Lipps pour l'opposition de « Sinn» à « Bedeutung ». « Sinn », c'est ici le sens, tandis

que

((

Bedeutung», c'est la signification ou l'interprétation.

A la fin de son ouvrage, Freud insiste sur l'aspect double du Witz, sur son visage de Janus, à la fois (( Sinn» et (( Unsinn », Janus est l'un des anciens dieux de Rome, re17

présenté avec deux visages opposés, ancien roi du Latium, dieu des portes, ayant comme elles une double face (et inventeur des villes). Le Witz est aussi une porte à double face, «Sinn» et « Unsinn », où tout dépend de la « Bedeutung », de l'interprétation en tant qu'elle serait l'effet d'un interprète. C'est cet écart entre l'interprète et l'interprétation que la psychanalyse marque et où Freud se situe. La psychanalyse tient du Witz d'être un événement culturel sans fondement. La création de sens est absolue et pourtant il y a un contexte culturel, même s'il n'est pas fondateur du sens. Voilà le paradoxe où se situe la psychanalyse à la fois comme théorie et comme pratique. Elle creuse l'écart entre un interprète et son interprétation, entre un texte et un contexte, et retrouve cet écart entre sa théorie et sa pratique. D'où la nécessité de traverser la culture en étant attentif à relocaliser le Witz dans des événements culturels. La notion d'apparition disparaissante développée par Vladimir Jankélévitch dans son œuvre va permettre de penser l'événement. Pris dans la métaphysique, nous devrons utiliser son langage dans un premier temps, pour le dégager ensuite dans le cadre de la psychanalyse. L'œuvre de Vladimir Jankélévitch est de la plus haute importance si l'on veut saisir le mot d'esprit analysé par Freud. Le mot d'esprit est d'abord le nom de la saisie d'une occasion qui prend forme dans le langage et dans des figures rhétoriques. La saisie d'une occasion ne se réduit pas à son analyse rhétorique. Il y faut d'autres instruments. Et d'abord une certaine ouverture que la musique permet. La définition de Freud du mot d'esprit l'ancre dans le langage. Mais il faut un certain rapport au langage pour faire le mot d'esprit et pour l'analyser. C'est ce que l'interprétation musicale permet, par rapport à l'interprétation langagière uniquement. Jankélévitch écrit dans La présence lointaine: « Le tour de force de l'interprétation musicale et pour ce tour-là il faudrait dire plutôt tour d'adresse et de finesse - c'est de faire sentir la différence qualitative ou infinitésimale entre le chuchotement qui chuchote à l'oreille le secret de l'avenir, qui est porteur d'espoir, promesse et seconde naissance, et le chuchotement qui provient d'un for-

tissimo étoufféet qui aspire au silence.»
Entre le secret de l'avenir et l'aspiration au silence, rè18

gne la musique. Ouverte sur le temps, par l'avenir, elle témoigne du silence, c'est-à-dire d'une suspension du langage, de son évidence. Le langage ne sait pas se taire. Le sens est toujours présent entre les mots. Seule la musique et son interprétation suspendent le sens. Dans le langage, l'interprétation reste dans le sens. Ce n'est pas le cas en musique. Elle va de l'avenir au silence, de ce qui n'a pas encore de sens, à ce qui ne peut en avoir aucun, le silence. On peut tout juste lui en prêter un. L'avenir marque l'incomplétude du présent, son ouverture sur un sens à venir, et qui n'est pas déjà là. C'est une brèche et un point de fuite pour le présent. Le mot d'esprit suspend l'évidence du langage, sa présence dans le présent comme sens donné. Le langage a une histoire, et d'abord un avenir qui explique son passé. La, présence du passé conditionne l'avenir mais ne l'explique pas. Pour qu'il y ait avenir, il faut une certaine tension vers, un mouvement, une dynamique, un rapport au temps où plutôt à la temporalité, à une certaine temporalité. Comme l'interprétation musicale pour Jankélévitch, le mot d'esprit est tendu vers l'avenir et aspire au silence. Il est le siège d'une tension. Il la résout comme il peut: la conversation est suspendue et un désir de silence apparaît. Même si chaque culture possède un rapport spécifique à soi-même à travers l'humour, il semble que la technique du mot d'esprit, telle qu'elle est analysée par Freud, présente une certaine universalité. Le principe d'une distance d'une culture à soi-même semble nécessaire partout. Le mot d'esprit en prend acte à sa façon par des moyens techniques en vue de cette fin: non seulement suspendre l'évidence du langage, mais aussi, bien marquer la distance d'une culture à elle-même, à l'intérieur de certaines formes rhétoriques. Mais le mot d'esprit ne crée pas cette distance. Il faut qu'elle préexiste. Il ne fait que s'y infiltrer. D'où l'importance du contexte pour en comprendre toute la richesse. Dans ces recherches, il s'agit de partir des différentes réflexions sur le mot d'esprit dans l'histoire et dans la culture. Elles viennent avec un certain retard parler de pratiques ayant lieu, ou ayant eu lieu. S'il n'y avait pas un certain type de pratique du mot d'esprit à un moment donné, il serait exclu de l'analyser. Prendre comme objet la pensée à cet égard, c'est tenir compte d'une pratique originale du langage dans 19

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.