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Mutations contemporaines et développement

De
161 pages
Cet ouvrage dessine quelques pistes sur les liaisons entre la mondialisation et le développement en abordant les problèmes d'un point de vue académique et en prenant pour référence diverses situations dans les pays émergents. Si la première partie couvre quelques conséquences du changement de l'environnement économique, notamment en ce qui concerne la structure des prix, les mouvements de capitaux et les fondements du libéralisme, la seconde, étayée par des analyses nationales, illustre les impacts de ce changement en milieu africain et en Europe Centrale.
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MUTATIONS

CONTEMPORAINES & DEVELOPPEMENT

~L'Hannattan,2003 ISBN: 2-7475-4027-8

Coordonnateurs

Claude ALBAGLI Sahondravololona RAJEMISON

MUTATIONS CONTEMPORAINES & DEVELOPPEMENT

PREFACE Jean Théodore RANJIV ASON Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Collection Mouvements

Economiques et Sociaux

INSTITUT CEDIMES

L'HARMATTAN

Collection Mouvements Economiques et Sociaux
Dirigée par Claude ALBAGLI La collection « les Mouvements Economiques et sociaux» présentée par L'HARMATTAN et l'INSTITUT CEDIMES se propose de contribuer à l'analyse des nouveaux aspects de la mondialisation en embrassant les phénomènes économiques, sociaux et culturels. Elle vise à faire émerger des recherches et des contributions originales sur les mutations du développement et de la mondialisation.
Ouvrages parus ou en cours de parution

ALBAG LI Claude, «Le surplus agricole, De la puissance jouissance », L'Harmattan, ColI. M.E.S., 2001 DELIV ANIS-NEGREPONTI Maria, « La

à la

mondialisation

conspiratrice », L'Harmattan, ColI.M.E.S., 2002
RUBY Marcel (sous la direction) « Une mondialisation humaniste », Préface du Ministre Délégué de la Coopération et de la Francophonie, Pierre-André WILTZER L'Harmattan, ColI. M.E.S., 2003 RAJEMISON Sahondravololona et ALBAGLI Claude, «Mutations contemporaines et développement », Préface du Ministre de l'Enseignement Supérieur, Jean-Théodore RANJIV ASON, L'Harmattan, Coll. MES, (mars 2003) KIM Yersu et ALBAGLI Claude, (Coordonnateurs) «Corée du Sud, Modèle de développement et crise », Traduction MAYOUKOU Célestin, Commission Nationale Coréenne pour l'UNESCO, L'Harmattan, ColI. M.E.S. (en cours de publication) MAYOUKOU Célestin, et TORQUEBIAU Emmanuel, (Coordonnateurs), «Gouvernance du Développement local », Préface THUILLIER Jean-Pierre, vice président Université de Rouen CIRAD, L'Harmattan, ColI. M.E.S., (en cours de publication) Claude ALBAGLI (Coordonnateur) « Le Développement, Mélanges en l'Honneur de Jacques AUSTRUY», L'Harmattan, ColI. M.E.S. (en cours de publication)

REMERCIEMENTS

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INSTITUT

CEDIMES

Réseau

Francophone

d'Economistes

et Gestionnaires

Président d'Honneur Fondateur:

Jacques AUSTRUY

Président: Claude ALBAGLI Secrétaire Général: Célestin MAYOUKOU
ALGERIE: CEDIMES-ORAN
AUSTRALIE: BULGARIE: CAMEROUN: CANADA: CHINE: CEDIMES-SOFIA CEDIMES-DOUALA CEDIMES-QUEBEC CEDIMES-KUNMING CEDIMES-SANTA CEDIMES-BRAZZAVILLE CEDIMES-PARIS Outre-Mer: Alain Abdelkader DERBAL

CEDIMES-SYDNEY

Tim DYCE Zhelyu VLADIMIROV BEKOLO

Claude

Yvon GASSE Jian Hua ZHANG
FE de BOGOTA Jean-Raymond REDSLOB REUNION Christian DA VE

COLOMBIE: CONGO: FRANCE: FRANCE GRECE HONGRIE: ITALIE: JAPON:

Ricardo ROMERO
DIRAT

CEDIMES-LA

: CEDIMES-KOMOTINI CEDIMES-BUDAPEST CEDIMES-TURIN CEDIMES-TOKYO Sergio

Maria NEGROPONTI-DEL/VANIS Jeno KOLTAY CONTI Seiji YOSHIMURA Yerengaïp Ibrahim OMAROV

KAZAKHSTAN: LIBAN:

CEDIMES-ALMATY

CEDIMES-BEYROUTH

MAROUN Mileva GUROVSKA RAJEMISON

MACEDOINE MADAGASCAR MALI: MAROC: POLOGNE: ROUMANIE: SUISSE: SYRIE: TUNISIE: TURQUIE: UKRAINE: VIETNAM:

(ERY) : CEDIMES-SKOPJE :CEDIMES-ANTANANARIVO Yehia HAiDARA

Sahondravol%na

CEDIMES-BAMAKO CEDIMES-MARRAKECH

Mohamed

EL FAIS

CEDIMES-WROCLAW CEDIMES-TÂRGOVISTE CEDIMES-NEUCHATEL

Léon OLSZEWSKI Ion CUCUl Jean-Pierre HAZZOUR/ ZOUARI GERN

CEDIMES-ALEP CEDIMES-TUNIS CEDIMES-IZMIR CEDIMES-KIEV CEDIMES-HANOï

Hassan

Abderrazak Neçati

TASK/RAN

Petro SA PO UN Vu Luan PHAM

PREFACE
C'est pour moi un immense plaisir de m'associer en quelques mots à la production de cet ouvrage collectif. En tant que Premier Responsable Malgache de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, je tiens à féliciter l'effort accompli. La tenue à Madagascar dans les Universités d'Antananarivo et de Toamasina d'un Colloque de dimension internationale à l'initiative du CEDIMESAntananrivo, a permis d'associer les équipes malgaches à une manifestation internationale dont les participants ont pu tirer le plus grand profit. Cela a permis aussi d'associer nos établissements aux recherches établies dans d'autres universités du Nord, de l'Est et du Sud. Cette expérience a pu se dérouler au moment du 4Sème anniversaire de la Faculté de Droit, d'Economie, de Gestion et de Sociologie de l'Université d'Antananarivo. Ce fut une occasion de réfléchir sur les importantes mutations internationales et sur les conséquences sur nos propres sociétés. La publication d'un livre sur « les Mutations contemporaines et le développement» ne peut que contribuer à la compréhension de notre Société. Puisse chacun des lecteurs y trouver des réponses, sinon des pistes

aux nombreuses questions qu'ils peuvent eux-mêmes se poser. Mon Ministère est en effet convaincu que la diffusion sous toutes les fonnes des résultats des recherches est le garant de l'amélioration des sciences et partant du développement des Nations.

Jean Théodore RANJIV ASON Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

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INTRODUCTION
Cet ouvrage reprend quelques unes des contributions qui ont été produites à l'occasion du Xrnèmecolloque international de l'Institut CEDIMES qui se tenait à Madagascar dans sa capitale Antananarivo et dans la ville côtière de Toamasina. Le thème choisi pour réunir ce réseau composé de 28 CEDIMES installés dans autant de pays et d'universités, était celui des «mutations sociales et du développement» que ne manquait pas d'entraîner la grande vague de la mondialisation. L'ouvrage est organisé en deux parties. La première cherche à tirer les éléments théoriques qui peuvent expliquer le sens et la portée de ces mutations. La seconde vise à illustrer, par quelques analyses, les difficultés concrètes de cette mutation. Car, on y trouve pêle-mêle progrès technique, déstructurations sociales, transformation du mode de vie, marginalisation de certaines couches de population, percée commerciale, omnipotence de certaines grandes entreprises, mutation organisationnelle du tissu productif,. .. Comment donner du sens à tous ces bouleversements, à ces mutations, à ces évolutions contrastées, voire contraires. C'est la contribution que tente d'apporter cet ouvrage au débat ouvert depuis le début de la décennie quatre-vingt-dix. C'est Jean-Pierre GERN (Suisse) par ailleurs le Président du Conseil Scientifique de l'Institut CEDIMES qui pose les éléments du problème. Sa réflexion développe deux idées majeures. Les influences de l'Etat sur l'économie ont illustré depuis longtemps les arbitrages de la nation sur la répartition des

revenus. Deux pays ayant le même éventail technologique et d'égal niveau de compétitivité peuvent avoir des structures de prix très différentes du seul fait des prélèvements de l'Etat. La modalité des prélèvements sociaux n'est pas qu'une question technique, écrira Jean-Pierre Gem, elle exprime des préférences culturelles, des modes d'organisation, des politiques sociales, des systèmes de valeurs. La remise en cause du rôle de l'Etat a donc une grande portée dans ses conséquences. Le second aspect développé est lié aux échanges. La baisse considérable des coûts de transport et communication, doublée de l'érosion des obstacles tarifaires a étendu le champ des possibilités d'échange. L'internationalisation des grandes entreprises y a répondu en éclatant le système de production dans une logique qui visait à maximiser l'avantage pour chaque segment de produit et non pas à l'échelle du produit final. La globalisation incite les entreprises à fonder leur localisation sur les différences de structure de prix. Cela a pour effet de remettre en question la cohérence des appareils productifs de chaque pays. Mais en cherchant à modifier leur environnement pour favoriser une attractivité, structures économiques, mode d'organisation, systèmes fiscal et financier sont bousculés et interfèrent sur les équilibres sociaux. L'approche de Maria NEGREPONTI-DELIV ANIS (Grèce) se fait beaucoup plus suspicieuse sur son mode de fonctionnement. On y retrouve quelques thèmes qu'elle développera dans son ouvrage « La mondialisation conspiratrice ». L'auteur dénonce la politique macroéconomique dite « stabilisatrice» et la recherche continue de « compétitivité» par la restriction du coût du travail. C'est la conjugaison de ces deux actions qui joue l'œuvre conspiratrice. L'enquête cherche alors à identifier quelques pistes, car la nouvelle mondialisation a bien peu à voir avec les fondements originels du marché des premiers classiques et bien peu également avec les structures de la mondialisation antérieure.

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Le point de vue de Léon OLSZEWSKI (Pologne) est davantage centré sur les effets des investissements directs. Son analys-e est nuancée: d'une part, il mesure combien ils peuvent apporter un complément d'épargne pour gonfler les investissements et apporter de nouvelles technologies, mais il souligne en même temps, combien ces apports sont primesautiers et susceptibles de délaisser les pays bénéficiaires à la première alerte. Malgré la faible part mondiale des investissements directs étrangers dont les PECO ont bénéficiés, l'auteur conclut sur le rôle positif qu'ils ont eu dans cette région. Vis-à-vis des auteurs précédents, Alain NURBEL (France) a une vision plus optimiste du rôle des multinationales lorsqu'elles s'implantent dans des pays en développement. Il identifie un certain nombre de facteurs positifs qui jouent dans le courant de la mondialisation. Ces effets sont de nature à améliorer la productivité de ces facteurs et donc le niveau de vie des citoyens, reprend l'auteur. Alain Nurbel dissocie également le fonctionnement de l'économie contemporaine de celui mis en exergue par les classiques et expose deux points fondamentaux. L'un se réfère à la négation du rôle joué par les firmes multinationales dans l'allocation des ressources d'une économie. Elle est bien éloignée de la réalité puisque le commerce intrafirme exprime justement le mouvement international des facteurs de production. La seconde proposition se fonde sur la dispersion internationale des activités de production. Elle s'avère elle aussi en décalage puisque la production internationale est influencée par des forces d'agglomération. Alain Nurbel cherche alors à identifier, par une analyse minutieuse et fortement référencée, les éléments favorables susceptibles d'induire un afflux d'investissements dans un pays donné. La contribution de Eric Tho sun MANDRARA (Madagascar) intègre le rôle de la monnaie dans ces approches. Il s'interroge sur le rôle qu'elle doit avoir dans le processus du développement et cherche à revenir à des questions sous-j acentes aux pratiques cadrées par les Plans d'Ajustement Structurel. La création monétaire est un élément qui participe à la stimulation de Il

l'économie pour peu qu'on ne dérive pas sur des expériences à la « zaïroise». La contribution de l'auteur évoque également le positionnement de l'Etat et rejoint par ce biais un certain nombre d'interrogations qui ont été posées dans les présentations précédentes. En abordant quelques unes des questions théoriques sur les mutations contemporaines, ces auteurs apportent leur part au débat contemporain. Mais puisque ces questions étaient abordées dans un colloque international à Madagascar, d'autres intervenants ont voulu présenter la réalité de ces mutations sur le terrain et en faire une analyse à l'éclairage des faits. C'est l'objet des communications qui ont été retenues dans la seconde partie de cet ouvrage. Emilienne RAPARSON (Madagascar) expose les influences de la mondialisation sur les communautés rurales malgaches. Son premier constat est de montrer que le monde paysan n'est pas aussi sclérosé que certains clichés le laissent supposer. Le changement des produits moteurs dans les exportations agricoles de ces dernières décennies témoignent de cet ajustement. Mais les paysans malgaches sont confrontés à de redoutable défis et leurs méthodes culturales restent peu performantes. Mais comment les améliorer quand les infrastructures, les prix des intrants et les services connexes constituent autant de blocage à la mise en place de ces améliorations. L'auteur souligne alors qu'en dehors de ces contraintes endogènes, l'ouverture internationale pose d'autres redoutables défis au monde paysan. Ne voilà-t'il pas que les productions vivrières (huile, riz,..) peuvent parvenir de l'étranger à un moindre coût que celui obtenu par les paysans nationaux. Si les urbains en tirent avantage alors qu'ils n'ont pas bénéficié d'une amélioration de leurs revenus, cette réorientation des consommations menace les ressources des producteurs agricoles qui forment les trois quarts de la population malgache. Ainsi, si l'ouverture apporte de nouvelles opportunités en terme de marché et de techniques, elle peut aussi rétroagir négativement sur des

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pans entiers d'une économie socialement et structurellement mal adaptée à cette confrontation. Sahondravololona RAJEMISON (Madagascar) s'intéresse aux entreprises malgaches dans un article qu'elle co-signe avec Lydie Noroseheno RAVELOARISOA (Madagascar). Elles se livrent d'abord à une analyse des comportements des entreprises dans le nouveau contexte de la mondialisation, à la lumière des analyses récentes qui en éclairent les enjeux. Ce rappel fait, une enquête détaillée dans le milieu entrepreneurial national vise à en apprécier le degré de pertinence. Les conclusions montrent que les choix et la mise en œuvre des stratégies de croissance par les entreprises malgaches confortent I'hypothèse que l'on s'éloigne des théories traditionnelles de la firme et ce même dans les pays en développement. La particularité mise en évidence, et peut-être le paradoxe, est dans le fait que les entreprises affrontent leur environnement par un mode de croissance plus interne qu'externe. Léon OLSZEWSKI (Pologne) signe un second article avec la complicité de Marcin WINIARSKI (Pologne) pour évaluer, cette fois-ci, les effets de la mondialisation sous des formes plus concrètes, à savoir l'impact des grandes chaînes commerciales internationales sur l'évolution des structures polonaises. Cette influence est double puisque d'une part, elle répond à la mondialisation et d'autre part, elle se réalise dans le cadre de l'intégration à l'Union Européenne. Les résultats de l'étude montrent que les grandes sociétés ont pu dans un premier temps bénéficier d'une désorganisation manifeste s'intercalant entre l'effondrement de l'ancien système et l'installation du nouveau. Les avantages concédés ont été à l'évidence plus attractifs pour les partenaires extérieurs qui disposaient par ailleurs davantage de moyens. Mais l'examen des dernières tendances montre qu'avec un savoir faire qui commence à s'acquérir et une résurgence plus souveraine des activités économiques, des initiatives nationales tentent de se structurer et d'obtenir quelques garanties de la puissance publique. La bataille est désormais livrée, mais l'engagement pour un retournement de tendances reste tout à fait incertain. 13

Ces exemples ne couvrent bien sûr pas la totalité du champ d'expérimentations auxquels sont soumis tant les pays les moins avancés que les pays émergents. Mais les contrastes appellent de nouveaux approfondissements à l'épreuve des faits. Les colloques que notre réseau organise annuellement ont aussi pour objectif de réunir des chercheurs des cinq continents pour confronter leurs expériences de la mondialisation. Car si elle enserre la planète entière, ses effets sont loin d'être hOlTIogènes...

Claude ALBAGLI Sahondravolona RAJEMISON

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PREMIERE PARTIE

LES ELEMENTS THEORIQUES