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NAISSANCE D'UN MEDIA

De
272 pages
L'histoire de la radio est exemplaire des enjeux de société et des combats politiques. Au cours des dix ans couverts par ce livre ( 1921-1931), toutes les grandes questions sont posées : fonctions des médias, rôle des puissances d'argent, construction des libertés démocratiques. La France se divise, non sans passion, entre les partisans du monopole de l'Etat et ceux qui souhaitent des stations privées.
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NAISSANCE D'UN MÉDIA
Histoire politique de la radio en France (1921-1931)

Collection Communicatioll et Civilisation dirigée par Nicolas Pelissier
Comité de lecture: Olivier Arifon, Christine Barats, Philippe Bouquillion, Agœs Chauveau, Philippe le Guem, Tristan Mattelart, Cécile Meadel, Arnaud Mercier. Alain Milon, Dominique P-dges, Francoise P-dpa

Design des couvertures: Philippe Quinton

La collection COlnl1lunication et Civilisation, créée en septembre 1996, s'est donné un double objectif. D'une part, promouvoir des recherches originales menées sur l'information et la communication en France, en publiant notamment les travaux de jeunes chercheurs dont les découvertes gagnent à connaître une diffusion plus large. D'autre part, valoriser les études portant sur l'internationalisation de la communication et ses interactions avec les cultures locales. Information et communication sont ici. envisagées dans leur acception la plus large, celle qui motive le statut d'interdiscipline des sciences qui les étudient. Que l'on se réfère à l'anthropologie, aux technosciences, à la philosophie ou à I'histoire, il s'agit de révéler la très grande diversité de l'approche communicationnelle des phénomènes humains. Cependant, ni l'information, ni la communication ne doivent être envisagées comme des objets autonomes et autosuffisants. Leur étude
.

montre que toute société a besoin d'instances de médiation et qu'ils
constituent des composantes à part entière du processus de civilisation. Or, à l'Ouest, à l'Est, au Nord et au Sud, ce processus admet des formes souvent spécifiques, parfois communes, mais toujours à découvrir.

Dernières parutions

Michel MA THIEN (sous la direction de), Média,ç, santé, politique, 1999. Michèle de BUSSIERRE, Cécile MÉADEL, Caroline ULMANNMAURIA T (éds), Radios et télévision au telnps des "événe11'tents d'Algérie" (1954-1962),1999.

@ L'Hannattan, 1999 ISBN: 2-7384-7896-4 i

Caroline ULMANN-MAURIAT

NAISSANCE D'UN MEDIA
Histoire politique de la radio en France (1921-1931)
Préface de Jean-Noël Jeanneney

,

Éditions L'Harmattan
5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

-

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

REMERCIEMENTS

Ma gratitude s'adresse à Michèle de Bussierre et à Cécile Méadel, pour notre amitié fructueuse dans les Journées d'études sur l'histoire de la radio et de la télévision, organisées depuis 1983 par le Groupe d'études historiques sur la radiotélévision, le Comité d'histoire de la télévision, et le Comité d'histoire de la radio, à Hélène Eck, Elisabeth Cazenave, Agnès Chauveau, MarieFrançoise Lévy, pour leur soutien fidèle, à tous mes collègues de l'UFR des Communication de l'Université Paris XIII, aux professeurs André-Jean Tudesq, Noël Jeanneney, Jean-Pierre Warnier, Sciences de la

Yves Lequin,

Jean-

à Nathalie Jeammot pour la mise en forme de cet ouvrage,

à Suzanne Tenand-Ulmann, Edouard Mauriat, Julien Mauriat, Anne-Cécile Berthomeau, Anne-Hélène Allirot.

.

PRÉFACE
Nul llistorien n'échappe à la fascination des origines. Voici restituées, grâce à Caroline Ulmann-Mauriat, celles de la radiodiffusion en France. Sachons-Iui gré des réflexions qu'elle suscite. Elle nous renseigne avec pertinence sur les conditions et la portée d'une genèse, entre doctrines péremptoires et pragmatisme obstiné. Elle nous donne à apprécier l'empreinte durable de ces débuts sur une certaine spécificité française qui, en notre fin de siècle, n'a pas épuisé ses vertus ni surmonté ses inquiétudes. Très tôt le jeu des forces est en place. Se côtoient et s'affrontent l'enthousiasme désintéressé et intolérant des pionniers des postes à galène, la vigueur des initiatives privées cherchant à tirer bon profit de l'invention nouvelle, l'ambition des fonctionnaires des PTT jaloux de leur mission et convaincus que l'intérêt général qu'ils incarnent doit surplomber et contraindre les ardeurs individuelles. D'où naît un tourbillon de passions et de pressions. Les responsables politiques qui se succèdent au gouvernement peinent, dans ces conditions, à tracer une ligne et à s'y tenir. Ils réfugient leurs incertitudes dans un mélange confus de réglementations incertaines et d'attentisme prudent. A gauche, ils rêvent d'un monopole qui copierait le système de la 5

Grande-Bretagne, d'emblée prestigieux, et ils s'inquiètent des premières offensives, sournoises, de la publicité clandestine. A droite, ils sont sensibles à la fécondité des initiatives individuelles et aux séductions caressantes des firmes. Mais en somme, sur la durée d'une décennie, ils sont collectivement capables, tous ensemble, d'un cabinet à l'autre, et parmi mille zigzags, de résister à la tentation du modèle américain, celui du tout-au-marché, tout en évitant les tentations d'un malthusianisme bureaucratique. A ,telle enseigne que lorsque la TSF fête son dixième anniversaire, un certain équilibre est en place entre les stations privées et les stations publiques, équilibre que l'arrivée des auditeurs en grand nombre (plus tardive à vrai dire qu'ailleurs) et le passage de l'écoute individuelle à une écoute familiale ne suffisent pas à remettre en cause. Le cas de Lyon, la bonne ville d'Edouard Herriot, sur lequel l'auteur braque à juste titre son attention, est topique: un maire radical, leader du Cartel des gauches, qui d'abord penchait vers le monopole, est conduit à composer avec un Pierre Laval investissant dans le poste privé qu'il possède toutes les ressources de son entregent et de son savoir-faire. Il faut dire que, comme Caroline Ulmann-Mauriàt le montre bien, l'intérêt des parlementaires et des ministres, tout vif qu'il soit déjà sous l'effet des influences subies et des curiosités neuves, n'est pas encore aiguisé par un rôle directen1ent politique que pourrait avoir la radio. Il ne s'agit encore que d'un "jouet technique et d'un instrument de divertissement". La préoccupation de cultiver est encore faible et le souci de propagande viendra plus tard, avec le déchaînement des rivalités et des controverses. Les années 30, cahin-caha, vont maintenir le principe d'une organisation binaire, que personne ou presque n'avait théorisée à l'avance mais qui caractérise, dans ce domaine, non sans efficacité globale, l'originalité française pour tout l'entredeux-guerres. Ensuite, on l'oubliera, sous l'effet des affrontements franco-français de 1940-1944 et des éclats de la guerre des ondes. On exagérera la puissance des micros aux origines de la Victoire et, après la Libération, un assez large 6

consensus parmi le personnel politique installera durablement le monopole, jusqu'à faire croire parfois qu'il s'agirait là du plus naturel, du plus inévitable, du plus justifié des systèmes. Seule la présence -très surveillée- des postes périphériques sur les grandes ondes insufflera un peu d'air. Ensuite viendra, au début des années 80, le temps de l'irruption des radios libres, le temps de Radio France ébranlée avant qu'elle ne retrouve, stilnulée par la concurrence, sa légitimité, son aura et sa fierté. Et voici que dès lors, nous -~etons sur la période que ce livre parcourt un regard renouvelé et comme aiguisé par des similitudes inattendues. Nous redevenons curieux de ce moment fondateur qui ressort des oubliettes, secoue sa désuétude et peut nous apprendre beaucoup sur les vertus d'une adhésion populaire, la vitalité de convictions simples et les périls de toute abdication de l'Etat.

Jean-Noël Jeanneney Professeur à l'Institut d'études politiques de Paris.

7

INTRODUCTION

Les années 1920 sont celles de la construction de la radiodiffusion en France, de l'émergence d'un nouveau media qui révolutionne les communications, par sa facilité d'accès et ses possibilités qui semblent à l'époque infinies. Mais elle en inquiète plus d'un, en particulier les pouvoirs publics et les hommes politiques. La presse écrite se sent elle aussi menacée par ce nouveau moyen d'information qui peut transmettre un événement en direct, et simultanélnent. Elle est l'objet de toutes les attentions et la première question -qui alimente un débat constant et provoque une vraie bataille- est de savoir quelle place lui attribuer dans la vie publique et comment? La lenteur des décisions, les hésitations gouvernementales et parlementaires sur le statut à lui accorder expliquent le désordre apparent de son développement durant les années 20. Mais rien ni personne n'a pu empêcher la création de plusieurs dizaines de stations nationales et régionales par des pionniers passionnés, tenaces et combatifs, soutenus par des amateurs tout aussi enthousiastes. Mais il aura fallu près de dix ans de débats et de luttes pour voir la radio reconnue officiellement comme instrument d'information, d'éducation, de culture et de divertissement, et comme un instrument de la démocratie, concurrent de la presse 9

pression économiques - tiennent sur la radio un discours de
justification invoquant l'intérêt général, jusqu'à la ratification du statu quo en 1928, autorisant les radios privées, puis en 1931 du plan Ferrié, organisant un réseau d'Etat cohérent. Dix années de lutte de chacun des protagonistes pour aboutir à la reconnaissance du système de coexistence de deux modes d'exploitation pour un même objet: des stations privées, à caractère commercial se développent à côté de stations d'Etat, à vocation culturelle et éducative. Ce régime de coexistence organisée dure jusqu'en 1945 date à laquelle les radios privées seront interdites, au nom des principes de la Résistance. Le monopole d'Etat est alors affirmé, en attendant un statut... qui n'arrivera qu'en 1959. Le strict monopole d'Etat est réaffirmé en 1978, mais supprimé en 1982, par la loi sur la liberté de communication, elle-même précédée par l'autorisation des radios privées en 1981.

écrite. Les protagonistes - pouvoirs publics et groupes de

LES PREMIERS PAS HESITANTS DE LA RADIO EN FRANCE
Dès le lendemain de la première guerre mondiale, des stations de radiodiffusion se créent: en 1920, aux Etats-Unis; en 1921, en France, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Belgique, et en URSS. La TSF a acquis ses lettres de noblesse durant le conflit: la transmission de la parole et du son -la radiotéléphonie ou radiophonie- a permis à l'état-tnajor d'être relié aux navires de guerre puis aux avions. Les Etats ont pris conscience de l'importance stratégique de la TSF et son rôle est inscrit dans le traité de Versailles comme instrument de la paix internationale. Rendue à l'usage civil, la radiophonie ou radiodiffusion est prête à offrir au public des informations et des "radio-concerts". Il n'est pas étonnant que, lorsque la radio s'installe en France, elle suscite de la part du pouvoir politique quelques craintes. Durant la guerre, les stations radiotélégraphiques et 10

téléphoniques étaient sous la responsabilité de l'armée: la Tour Eiffel, Lyon La Doua, Bordeaux Lafayette, étaient de puissances stations internationales. Le général Ferrié dirigeait le service de la TSF. Avec l'aide d'Emile Girardeau, directeur de la Société française de radioélectricité, et mobilisé auprès de lui, il a mis au point et fourni les émetteurs-récepteurs aux armées. L'industrie privée a donc été directement impliquée par le gouvernement dans le développement de la radio en France. En 1920, la TSF est confiée à l'administration des PTT qui détient alors le monopole des communications depuis 1837. La Compagnie générale de TSF (CFR), créée en janvier 1918, regroupe des constructeurs et des industriels français. Cette société devient un trust international qui fait face à la concurrence étrangère: Telefunken (Allemagne), Marconi (Grande-Bretagne), RCA (Etats-Unis). Le gouvernement du Bloc national, issu de la guerre, est très attentif mais aussi très inquiet, conscient de l'importance de ce nouveau moyen de communication. Il entrevoit les enjeux énormes de la radiophonie: la radio peut être un instrument d'information et de propagande, mais aussi un instrument de développement économique et social. C'est ce qui apparaît dans les discours de justification tenus à l'époque par tous les protagonistes. Alexandre Millerrand connaît bien la TSF: comme ministre de la guerre, il a encouragé les travaux de l'équipe Ferrié avec l'industrie privée. En octobre 1920, en tant que président de la République, il favorise la signature du contrat Deschamps qui donne à l'industrie privée le marché des radiocommunications nationales et internationales. La gauche et l'extrên1e gauche, en pleine campagne pour les nationalisations, s'opposent à ce contrat, et soutiennent l'administration des PTT qui réaffirme son monopole, en 1921. La radiophonie est portée à la connaissance du public français au cours de l'année 1921 : la SFR, filiale de la CFR dirigée par Emile Girardeau, organise plusieurs démonstrations publiques de radioplionie. Le 21 décembre 1921, le poste de la tour Eiffel Il

annonce des émissions offrent l'heure, la météo, agricoles, suivies d'un musiciens installés dans

quotidiennes: quelques minutes qui les cours de la bourse et des marchés concert donné en direct par des un studio rudimentaire au pied de la

tour Eiffel. Puis, le 1er novembre 1922, Radiola, la première
station privée émet régulièrement depuis Levallois. Jusqu'en 1928, la radio est régie par décrets, qui n'ont jamais reçu de mesures d'application; un statut et une loi organique sont régulièrement promis par les gouvernements successifs. Tout se passe dans le désordre, et dans le provisoire, puisque l'on attend la décision des gouvernements qui passent 10 ministres en 10 ans- et surtout dans une bataille serrée entre les partisans et adversaires du monopole, entre partisans des stations d'Etat et partisans des stations privées. Les premiers, les partis de gauche, soutiennent l'administration des PIT attachée à son monopole, et invoquent l'apport de la radio au développement culturel et éducatif et le nécessaire contrôle gouvernemental. Les seconds, partisans de la libre entreprise, industriels et commerçants, soutenus par des groupes de pression nationaux et surtout régionaux efficaces qui ont compris l'importance économique de la radio et ses possibilités, arguent du rôle que la radio pourrait jouer dans la vie économique et sociale. Les uns et les. autres sont soutenus par des amateurs bénévoles et enthousiastes plus attachés au développement technique de ce nouveau moyen de communication et d'information qu'à ses contenus. C'est ainsi que des stations publiques et privées se sont créées dans la dispersion, au gré des initiatives locales: le décret de 1923 signé par Poincaré donne tout pouvoir au gouvernement d'accorder les autorisations. Elles sont "précaires et révocables". En 1924, le Cartel des gauches essaie de mettre en place un service public de la radio. Mais le Cartel, vaincu par les groupes écononliques et financiers influents ne peut faire aboutir son projet. Le décret de 1926, pris par le gouvernement Poincaré, réaffirme le monopole. Mais la réaction des milieux industriels est si forte que Poincaré promet un débat au Parlement sur le statut de la radio. En 1927, on compte quatorze 12

stations privées qui se trouvent alors dans une situation "précaire et révocable". Tandis que Il stations d'Etat, créées auprès des stations radiotélégraphiques, fonctionnent difficilement, avec peu de moyens, grâce au bénévolat d'auditeurs passionnés. L'administration des PTT réclame la fermeture des stations privées au profit des stations d'Etat et attendent toujours des crédits. Ceux-ci devraient être votés à la suite d'un débat parlementaire promis depuis 1923. Le Parlement organise enfin un premier débat, qui ratifie et aboutit au statu quo et à un consensus: l'autorisation officielle des stations privées est inscrite dans la loi du 19 mars 1928. Elle instaure un régime de "liberté contrôlée" dont l'industrie privée semble s'accommoder. Les radios privées ont le droit d'exister mais c'est le gouvernement qui les autorise. Parallèlement, le Parlement vote des crédits pour un plan de développement de la radio publique cohérent, à côté des entreprises privées commerciales. Un régime unique en Europe, entre les deux guerres s'instaure: celui de la coexistence des radios publiques et des radios privées. Le cas de Radio Lyon, station régionale privée, rachetée par Pierre Laval en 1928, est exemplaire de cette coexistence organisée et du débat national sur la place de la radio dans la vie publique française durant les années 20. Les hésitations, les craintes, la suspicion mais aussi la fascination pour un objet magique qui -on le pressentaitallait devenir une arme redoutable de propagande et de guerre, expriment la connivence des hommes politiques et des gouvernements de l'entre deux guerres.

LE TEMPS DES GALENISTES
L'ampleur de ce débat peut paraître disproportionnée par rapport à son objet. Le nombre des IIgalénistes" des années 20 est inconnu. On connaît seulement le nombre de membres des associations d'auditeurs: quelques centaines auprès de chaque poste. Le premier journal de programmes, organe du syndicat des industries radioélectriques dirigé par la CFR Radio13

Magazine, créé en octobre 1923, annonce 23 775 exemplaires vendus en 1926 et 140 381 en décembre 1929. En 1930 l'industrie radioélectrique indique 800 000 récepteurs vendus depuis 1922. Il faut attendre l'institution de la redevance, en 1933, pour connaître le nombre de récepteurs: 1,3 million (6 m en Grande-Bretagne). Les conditions d'écoute sont très difficiles au début des années 20. Le poste à galène est délicat à manier, la capture des ondes est un long apprentissage. "La radio des années 20, c'est un passe temps d'amateur" dit Cécile Méadel, "avant de devenir un loisir de masse dans les aImées 30" 1.Le galéniste ou sans-tiliste, qui souvent a fabriqué lui-même son récepteur, le poste à galène, doit manipuler plusieurs manettes à la fois pour obtenir une émission. Capter la parole humaine et la musique dans une boîte magique est un exploit qui requiert beaucoup de patience pour capter une émission et la garder. L'écoute est individuelle. Les postes à lampes sont déjà sur le marché, ils sont plus faciles à manier, et permettent l'audition de stations situées à plus de 150 km (on écoute beaucoup les stations étrangères dans les années 20), le casque est remplacé par un haut-parleur, ce qui permet l'écoute collective et familiale. Le poste à réglage automatique, (le Superhétérodyne, triomphe de la technologie française!), caché dans un joli meuble en acajou, est présenté au salon de la TSF en 1926, mais il est encore onéreux. Les années 20 restent celles du galéniste passionné qui s'attache avant tout à capter les ondes. Les premiers programmes consistent en bulletin d'informations, météo, cours de la Bourse, cours des marchés agricoles, et musique en tout genre. En ce sens la radio a été le meilleur agent de diffusion de la musique, et de toutes les musiques de l'époque: de la chanson populaire, aux concerts symphoniques, en passant par le jazz, l'opéra, la musique de danse. A partir de 1928, quand les stations privées reçoivent l'autorisation de s'agrandir et les stations d'Etat l'assurance de crédits, les
1

lv1EADEL Cécile, Histoire
1994.

de

la radio des

années

30,

Paris,

INAlAnthropos,

14

programmes commencent à s'étoffer. Avec l'aide des associations d'auditeurs, Radio Paris (la station privée de la SFR), la Tour Eiffel et les relais des stations PIT dont l'audience est l1ationale, proposent des émissions culturelles diversifiées, des retransmissions depuis les théâtres nationaux, ou bien des pièces adaptées à la radio. C'est la grande innovation des années 20. Un Comité de programmes est même créé à Radio Paris en 1927, composé d'artistes et d'écrivains de renom. Mais les auditeurs sont encore peu nombreux. C'est pourtant dans les dix premières années de son existence que la radio s'est inventé un langage spécifique que l'on appellera dans les années 1930 "l'art radiophonique" : celui-ci s'exprime dans le théâtre radiophonique, dans les reportages, dans la mise en ondes etc. Une écriture apparaît qui perdure encore aujourd'hui.

UNE PREMIERE PIERRE POUR L'EDIFICE
L'objet de cette étude est de montrer comment la radio prit place dans la vie publique. Il fallait examiner les processus et les étapes de cette émergence, montrer quelles furent les attitudes et les stratégies des acteurs de la vie sociale et politique, confrontés à cette prodigieuse invention qui a "bouleversé les mentalités" comme disait Paul Valéry dans ses "Propos sur le progrès" en 1930. Ce travail a été une des premières contributions à l'écriture d'une histoire de la radio en France, et constitue un maillon dans l'histoire générale de la radio qui depuis s'est largement construite et s'inscrit aujourd'hui dans l'histoire culturelle française. Il est issu d'une thèse d'histoire soutenue en 1984 à l'Université Lyon II, sous la direction du professeur Yves Lequin. Il a été précédé d'un mémoire de maîtrise consacré à l'histoire d'une station privée entre les deux guerres: Radio Lyon. Mais cette étude, soutenue en 1978, en pleine bataille des radios libres et pirates, arrivait sans doute trop tôt: la crispation était trop forte pour qu'elle apparût comme une contribution au débat en cours etnotaminent au niveau 15

régional. La vivacité de l'actualité du débat nous incita à persévérer à étudier la question au plan national. René Duval, homme de radio et journaliste, nous fournissait de solides éléments avec son Histoire de la radio en France (publiée en 1980) 2. Tandis que le professeur AndréJean Tudesq lançait, à Bordeaux III, les premières recherches sur les radios d'avant-guerre, dans le sud-ouest avec Elisabeth Cazenave 3. Jean-Noël Jeanneney, professeur à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris créait un séminaire sur l'histoire de la radio et de la télévision en France. Il m'encouragea à poursuivre ces recherches en m'accueillant chaleureusement. Grâce au Comité d'histoire de la radiodiffusion, créé en 1982, nous avions la chance de rencontrer les pionniers de la radio qui nous ont livré leurs témoignages et permis de donner un peu de vie à cette "histoire
sans le son"
4.

Les archives sonores des années 20 n'existent pas

faute d'enregistrement. La création du Groupe d'études historiques sur la radiotélévision (GEHRA) a permis de rassembler les chercheurs et les historiens de la radio-télévision avec les professionnels dans des Journées d'études dont les actes ont été publiés depuis 1984 s. Depuis, d'autres ouvrages ont contribué à la construction de l'histoire de la radio (Brochand, Sabbagh, Cazenave et Ulmann-Mauriat, Méadel,
Jeanneney, Prot, Cheval, Eck)
6.

La radio s'inscrit aujourd'hui dans l'histoire générale des médias et est partie intégrante de la recherche et de l'enseignement des Sciences de l'Information et de la Communication. C'est une
DUVAL René, Histoire de la radio en France, Alain Moreau, 1980. 3 ALBERT PieITe et TUDESQ André Jean, Histoire de la radio-télévision, PUP, Que Sais-Je?, 1981, 1986, 1995. 4 Les Cahiers d'Histoire de la radiodiffusion, n01 à 57, depuis 1982, Paris. S MEADEL Cécile et ULMANN-MAURIA T Caroline, Les sources de
l'histoire de la radio et de la télévision, GEHRA
2

- Radio

France, Paris, 1984.

Cf. Bibliographie. 6 Cf: Bibliographie et L'écho du siècle: dictionnaire historique de la radio et de la télévision en France, sous la direction de Jean-Noël Jeanneney, Hachette, Arte, La Cinquième, Paris, 1999. 16

longue histoire, assez violente: média très convoité, la radio, qui peut être clandestine et déjouer toutes les convoitises, est l'instrument de communication le plus difficile à dompter et à contraindre: elle est libre comme l'air. Objet familier, la radio a réussi à survivre à la télévision, son audience n'a jamais faibli : sa diversité est aujourd'hui une expression de la démocratie.

17

CHAPITRE 1
Les premières émissions de radiodiffusion:
la radio, invention magique, à la recherche d'une reconnaissance (1921-1923)

"La radio est une fonction d'urgence humaine, et il n'est pas exagéré de dire que, sous une forme ou l'autre, elle a toujours

existé

ft.

Charles-Albert

Cingria (La Chambre d'écho).

La transmission de la parole et du son (téléphonie sans filou radiotéléphonie) est au point à la veille de la première guerre mondiale: la marine nationale l'utilise pour les liaisons avec les bateaux. Et pendant la guerre, la TSF -appellation commune de tous les systèmes de transmission par ondes hertziennespermet de relier l'état-major au ITont. Des postes mobiles équipent les unités combattantes. La TSF a montré son utilité stratégique mais aussi ses possibilités infinies comme nouveau n1oye11 communication. de C'est tout naturellement qu'après la guerre, la radiophonie -une des applications pratiques de la TSF- s'impose. Par radiophonie, il est désormais possible de diffuser à destination du public "de la parole, de la n1usique et du chant" : la radiodiffusion est

née 1.

De nombreux radio-amateurs communiquaient déjà entre eux par télégraphie sans fil, en Inorse, et échangeaient des messages
l Le tenne de radiophonie est employé par les pouvoirs publics et la presse au début des éUmées20, de préférence à celui de radiodiffusion. 21

à travers les continents et les océans. Ces guetteurs de signaux, qui captaient les messages météorologiques transmis du poste émetteur de la tour Eiffel, étaient prêts à recevoir la parole et la Inusique sur leurs récepteurs à galène. En 1919, la TSF est rendue à la vie civile, et les stations radioélectriques qui .permettaient aux alliés d'être en contact avec le monde entier, sont confiées à l'administration des PTT : les stations de la Tour Eiffel, de Lyon La Doua, et de Bordeaux Lafayette. Le gouvernement français est très conscient et inquiet des problèmes que pose la radiodiffusion: les ondes traversent les frontières et tout le monde peut recevoir un n1essage, une information... La TSF a prouvé pendant la guerre son importance stratégique. Il s'agit Inaintenant d'en faire le meilleur usage "civil" ... A l'Assemblée nationale, le 28 avril 1920, Pierre Robert, député radical et rapporteur d~ budget des PTT, présente la TSF à ses collègues: "Par ce procédé rapide, les nouvelles économiques et financières pourront être répandues sous fonne de communiqués de presse, et cette question doit retenir au plus haut point l'attention des pouvoirs publics car l'organisation d'un tel service constituerait pour l'avenir la principale garantie d'une compréhension meilleure entre les peuples civilisés". Les parlementaires radicaux et socialistes se prononcent à la tribune de l'Assemblée pour l'établissement du monopole d'Etat dans plusieurs secteurs clés et en particulier pour la radiophonie, qui doit, selon eux, rester entre les mains de l'Etat. Les premières émissions de radiodiffusion ont lieu aux EtatsUnis: le 2 novembre 1920, l'élection du Président Harding est annoncée sur les ondes de la station KDKA à Pittsburgh. L'Europe, bien que meurtrie par la guerre, poursuit ses efforts en Inatière de radiophonie: Marconi en Grande-Bretagne a obtenu de très bons résultats, Hans Bredow a mis au point les premières émissions allemandes, et aux Pays-Bas la 80ciété Philips donne les cours de la Bourse aux premiers auditeurs.

22

En France, la station radiotélégraphique de la tour Eiffel, qui appartenait au ministère de la Guerre et avait fonctionné durant toute la guerre, est dirigée par le général Ferrié. Avec l'aide de l'industrie privée radioélectrique, fournisseur de matériel, il poursuit ses travaux sur la mise au point des premières émissions de radiophonie. Le prestige de la station de la tour Eiffel, acquis pendant la guerre, lui permet d'obtenir le soutien du gouvernement pour devenir une grande station, à diffusion nationale, lorsque le ministère de la Guerre cède la station au ministère des PIT le 15 janvier 1920 2. Ce n'est qu'à l'été de l'année 1921 que la radiophonie (ou radiodiffusion) est portée à la connaissance du public français:

le 26 juin, la CompagnieGénérale de TSF 3 organise un grand
gala en l'honneur d'Edouard Branly "le père de la radiophonie française". La manifestation a lieu salle des Ingénieurs civils, rue Blanche à Paris. Emile Girardeau, le Président de la Compagnie, revient des Etats-Unis: ébloui par les expériences

de radiophonie américaine 4, il voudrait faire partager son
enthousiasme aux savants et aux industriels: le marché de la radiophonie est immense, il s'agit de le susciter en France. Quelques mois plus tard, le 26 novembre 1921, la Compagnie Générale de TSF organise un concert transmis par radiophonie

depuis l'émetteur de Saint-Assise5 dans les salons de l'hôtel

Lutétia à Paris. Paul Laffont, le secrétaire d'Etat aux PIT est présent 6: il écoute, émerveillé, la Marseillaise entonnée par
2

3 Créée en 1918, la Compagnie Générale de TSF dirige un certain nombre de filiales dont la Société Française Radioélectrique (SFR) et la Compagnie Française de Radiophonie (CFR). 4 De nombreuses stations se sont créées aux Etats-Unis: ce sont des entreprises commerciales qui vivent sous le régime de la liberté absolue. GIRARDEAU Emile, Souvenirs de longue vie, Berger Levrault, Paris, 1962. 5 Station radiotélégraphique, assurant les liaisons intercontinentales, inaugurée en janvier 1921 : sa construction avait été confiée à la Compagnie Générale de TSF, par le Contrat d'octobre 1920 signé par le sous-secrétaire d'Etat Deschamps, sans que le Parlement ait été consulté. 6 Paul Laffont, député radical-socialiste de l'Ariège nommé par Aristide Briand le 17 janvier 1921, garde son poste dans le ministère Poincaré le 15 janvier 1922. 23

Arrêté ministériel,Annalesdes PIT, ArchivesNationales.

Yvonne Brothier, chanteuse à l'Opéra-Comique, qui se trouve dans les studios de l'émetteur de Saint-Assise.

LE PREMIER RADIO-CONCERT PUBLIC
Quelques jours plus tard, le 22 décembre 1921, Le général Ferrié "prête" la station de la tour Eiffel à une jeune équipe de chercheurs pour retransmettre un concert jusqu'à Lille, soit une distance de 240 km. C'est une initiative de l'ingénieur Maurice Gouineau, au profit de la fondation Curie 7, en faveur de la recherche scientifique en France, vraisemblablement oubliée dans la Reconstruction. Cette initiative de diffusion est la première manifestation populaire de radiophonie en France. La presse, qui en général s'intéresse encore peu à la radiophonie, salue l'événement. Ainsi Le Grand hebdomadaire illustré: "comme tous les auditeurs, nous avons été stupéfaits de la netteté, de la force et de la fidélité apportées dans la transmission et la réception de la voix humaine, à pareille distance et par des moyens aussi prodigieux". Deux mille personnes assistaient à ce concert dans la salle du Grand Théâtre de Lille. Lucien Guitry et Jeanne Hatto étaient installés devant le micro de la Tour Eiffel. Le 24 décembre 1921, la Tour Eiffel envoie -par radiophoniele communiqué suivant: "désormais tous les jours de la semaine, nous ferons une émission de téléphonie sans' fil de 16h30 à 17h00 sur 2 600 mètres de longueur d'onde. Nous remercions les nombreux amateurs qui nous écoutent, des renseignements qu'ils nous font parvenir sur nos expériences et nous les prions de bien vouloir continuer à nous les

transmettre" 8. Le communiqué est suivi d'un bref bulletin
7 Le point de départ de cette manifestation était une œuvre charitable: l'état de dénuement intense des laboratoires de recherche, en particulier celui de Pierre et Marie Curie nécessitait une aide fmancière. L'argent recueilli au cours du concert était destiné aux laboratoires de la Faculté. 8 Archives Maurice Gouineau. 24

d'informations (lecture de la presse), d'un bulletin météo et d'un peu de musique, jouée par un violoniste. Le général Ferrié vient de fonder la Société des Amis de la TSF qui décide de la publication d'un mensuel l'Onde électrique. Le premier numéro (janvier 1922) signale l'existence des émissions régulières de radiophonie en France: la Tour Eiffel, Lyon La Doua, le poste de Bordeaux Lafayette. Le général Ferrié donne la première conférence radiophonique à la Sorbonne le 16 mars 1922. Cette conférence est retransmise sur l'antenne de la Tour Eiffel, puis publiée dans l'Onde électrique. Le savant justifie son invention par le rôle de développement social et moral qu'il lui attribue: "l'instruction générale des populations sera améliorée mais encore leur mentalité sera peut-être modifiée. Un large avenir est donc ouvert devant la téléphonie sans fil dont le rôle social sera beaucoup plus considérable que celui de la télégraphie sans fil. Nous avons là un bel exemple de l'influence bienfaisante des progrès de la science sur la civilisation et sur l'amélioration du bien-être moral de l'humanité". Si la presse quotidienne reste discrète sur ce nouveau moyen d'information, en revanche de nombreux ouvrages techniques sont proposés aux premiers amateurs. Au-delà des conseils techniques et des schémas de construction des récepteurs "destinés à recevoir les radio-concerts et les nouvelles", tous ces manuels prennent la dimension de l'événement. M. Brun, le 9 directeur du service de la TSF au ministère des PIT attribue un rôle universel à la radio, décidément objet aux possibilités infinies. Il insiste sur le rôle de développement économique de la radio, doublé d'une fonction d'éducation artistique: il écrit en introduction de son manuel de montage d'un poste à galène proposé en pièces détachées: "La radiophonie est un des moyens, et peut-être le plus efficace, de fournir à la collectivité les informations nécessaires pour lui permettre de régler les transactions sur des bases certaines. La connaissance exacte et
9

BRUN M., La TSF conlnlerciale

et privée, Paris, Albin Michel, 1922.

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rapide des COUfS officiels des objets et des denrées permettra de lutter efficacement contre la vie chère. Cette éducation du public dans le domaine des questions économiques et commerciales pourrait se faire d'autant plus facilement qu'elle aurait un caractère d'actualité qui en doublerait l'intérêt et qu'elle s'accompagnerait d'une éducation artistique et sociale particulière111entattrayante"...

L'ADMINISTRATION MONOPOLE

DES

PTT

DEFEND

SON

Du côté de l'industrie privée, on s'active tout autant: dès son retour des Etats-Unis Emile Girardeau, Président de la Société

Française de Radiophonie 10 propose à Paul Laffont "la création
d'un service public d'informations, de musique, de chant et de diffusion d'œuvres diverses en demandant les ressources à la publicité" suivant le modèle américain. Le sous-secrétaire d'Etat aux PIT accueille favorablement le projet de Girardeau. Mais son administration réagit violemment contre. Elle vient de créer un Comité technique des Postes et Télégraphes et a présenté un rapport sur le sujet du "développement de radiotéléphonie d'informations générales" réaffirmant l'attachement des PIT au service pubUc et au monopole des transmissions. L'administration des PIT a déjà eu beaucoup de mal à accepter le contrat Deschamps signé à son insu avec la Compagnie de M. Girardeau. Le climat est très tendu. Paul Laffont, arrivé avec le ministère Briand en janvier 1921 COlnmence à bien connaître le problème. Le Militant des PTT 11 l'expose, selon son style: "Au Parlement, les monopoles d'Etat subissent de rudes attaques. La presse bourgeoise renchérit avec empressement. Vous avez vu cette affiche représentant l'Etat sous la forme
10

11

GIRARDEAU Emile, Souvenirs de Longue Vie, Berger Levraul~ Paris, 1978.
21 janvier 1922.

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d'une pieuvre dont les nombreuses tentacules saisissent les douanes, les tabacs, les PIT, les Chemins de Fer etc. Rapprochez cette campagne de celle qui est menée au Parlement et dans la presse. Ne nous semble-t-il pas que tout cela se tient et tend dans un même but la suppression des monopoles?" Le Militant accuse ensuite l'Etat de ne pas défendre les monopoles et la Compagnie Générale de vouloir récupérer la TSF. Le poste de l'Ecole Supérieure des PIT, qui vient de recevoir en cadeau de la firme américaine Western Electric un superbe émetteur en ondes moyennes a commencé ses émissions au mois de février 1922, deux heures en soirée: un bulletin d'information, une "causerie", un morceau de musique.

LA RIPOSTE DE L'INDUSTRIE

PRIVEE

Emile Girardeau attend l'autorisation. Les Radio-Clubs qui se sont créés en 1920, composés de radio-amateurs, premiers adeptes de la radiophonie, sont mobilisés. Le journal du Radio Club de France 12 s'inquiète et n'hésite pas à parler de "marasme" (avril 1922) de la TSF privée en France et du manque absolu de la pénétration et de portée où demeurent confinées la télégraphie et la téléphonie". A l'appui, RadioRevue examine l'inexistence de la législation actuelle, cause de tous les maux 13. Le Radio-Club réclame la liberté totale de l'émission, c'est-à-dire l'abolition du monopole. En effet, l'administration des PIT dans un "communiqué de presse" -on
12 Radio-Revue, mars 1922. Le Radio-Club de France était placé sous le patronage de R. Poincaré, président du Conseil; et sous la présidence d'Edouard Branly. 13Décret-Ioi du 27 décembre 1851: monopole des communications radioélectriques; arrêté du 22 juin 1911 ; décret du 24 février 1917 ; arrêté du 2 juin 19200; arrêté du 18 juin 1921 sur les conditions des communications radiotélégraphiques; communiqué du 25 décembre 1921 étendant le monopole des communications radiotélégraphiques aux communications radiotéléphoniques. 27