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Narrer, être mère, être père

De
242 pages
« Comme le titre de l'ouvrage le laisse deviner, il existe dans les propos de Celso Gutfreind des propositions fortes sur les fonctions psychiques de la narration et surtout en référence à ce qu'il y a de plus vivant en elle. La narration y apparaît comme respiration, exhalation et épanouissement de l'âme. Elle n'est pas seulement dans la vie, elle est la vie elle-même. Implicitement, de cet ouvrage se dégage une sorte de biologie du récit, car Celso Gutfreind s'intéresse à son essence vive où il ne se différencie pas de l'affect même. La narration se réalise comme une métaphore qui réunit indissociablement empathie, acte et parole. » Alberto Konicheckis
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et le rêve, cette illusion comporte un soufLe vital et générateur qui procure
Celso Gutfreind
NARRER, ÊTRE MÈRE, ÊTRE PÈRE
et autres essais sur la parentalité
Préface de Bernard Golse Présentation d’Alberto Konichekis
Études psychanalytiques
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NARRER ÊTRE MÈRE,ÊTRE PÈRE
Études Psychanalytiques Collection dirigée par Alain Brun et Joël Bernat La collectionEtudes Psychanalytiquesveut proposer un pas de côté et non de plus, en invitant tous ceux que la praxis (théorie et pratique) pousse à écrire, ce, « hors chapelle », « hors école », dans la psychanalyse. Dernières parutions Alessandra GALLI,Comment sortir d’une psychose et terminer sa psychanalyse, 2016.Stoïan STOÏANOFF-NENOFF,Quatuor d’hommes de désir. Ludwig Wittgenstein, Sigmund Freud, Alain Badiou et Alain de Libéra,2016. Raymond ARON,Traces du désir, Proximité de l’abîme, 2016. Elisabeth LECLERC-RAZAVET,L’inconscient sort de la bouche des enfants, 2016. Jean-Marie BOYER,Psychanalyse et architecture. Un regard insolite sur Louis Kahn et Le Corbusier, 2016. Claude BRUERE-DAWSON et Marie-Laure ROMAN,Le psychodrame psychanalytique. Une méthode et une praxis aux confins de l’acte analytique, 2016 Philippe COLLINET,Je est un autre, 2016. Joseph ROUZEL (dir.),Psychanalyse et écriture, Rencontre avec Pascal Quignard, 2015. Élisabeth LECLERC-RAZAVET, Georges HABERBERG, Dominique WINTREBERT,L’enfant et la féminité de sa mère, 2015. Laurent SOULAYROL,LesMémoires d’une aliénéed’Hersilie Rouy. Vers de nouvelles perspectives, 2015. Peggy DAVAIN-BERGEOT,La question de Dieu en psychanalyse. Naissance et mort de Dieu, 2015. Claude-Raphaël SAMAMA,Le Spirituel et la psychanalyse, 2015. Jean GODEBSKI,Le tout dernier enseignement de Lacan. Un renouvellement de la clinique?, 2015. Daniel LYSEK (dir.),Les maux du corps sur le divan. Perspective psychosomatique,2015.J. GAVELLO,Freud, l’inavouable secret, 2015.
Celso GutfreindNarrer, être mère, être père et autres essais sur la parentalitéPréface de Bernard Golse Présentation d’Alberto Konichekis Traduit du brésilien par Pascal Reuillard, Patrícia Reuillard, Joice Monticelli, Paula Malaszkiewicz, Adriana Rech et Camila Rocha de Moraes
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Pariswww.harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-10054-8 EAN : 9782343100548
À Valesca, Mariana, Roberta et Thiago
Présentation d’Alberto Konicheckis Celso Gutfreind est psychanalyste et conteur. Il ne dissocie pas la narration de la vie psychique. Chez lui, les deux métiers sont intimement liés. Le récit crée des images, des sensations, des histoires, des personnages ordinaires et extraordinaires. La complexité de la vie psychique s’exprime par des concepts et théories, mais aussi par la poésie et la narration. Celso Gutfreind plonge dans la profondeur des rencontres avec ses patients pour proposer des récits aériens et ailés. Il raconte ici des histoires de séances et d’expériences partagées avec ses patients, grands et petits, comme si c’étaient des poèmes. Dans son livre, fortement savant et érudit, véritable ouvrage tissé de récits, d’infantile, de parents, de corps, d’émotions, d’affects, Celso Gutfreind incarne dans sa personne les propos qu’il espère faire entendre sur le fond de sa pensée. Il ne propose pas simplement une théorisation du récit comme acte psychique vital. A travers les pages du livre, il le personnalise complètement et nous montre ainsi que la psychanalyse n’est pas théorique ni conceptuelle. Son inspiration poétique émaille en permanence des passages de son livre. Ainsi, par exemple, dans un des passages du livre, il se demande qui a allumé la lune, ou lorsqu’il évoque le chat P’tit Jacques, il considère qu’« avec chaque morceau de miaous, il a cousu un couvre-lit tout doux ». Dans un autre passage, il dit des adultes qu’ils sont en fait des enfants déguisés, ou que la langue est paralytique ou que les dents du passé, aiguisé et pointu, sont prêtes à mordre dans le présent. Et puis, un jour en séance, un enfant gonfle un ballon, donne la main à Celso, et l’invite à partir ensemble. A ce moment, le ballon est devenu aussi montgolfière, et nous, lecteurs, nous partons avec eux pour voir la terre d’en haut. On trouve dans le livre des nombreuses séquences avec des jeunes patients, ils s’appellent : Clara, Erico, Camila,
Maria, Joao, Amélie, Eduardo, José, Mateus. Mais d’autres personnages habitent aussi l’ouvrage : le petit Prince, Alice dans un pays, presque, merveilleux, Cintia et ses kilos en trop, Anna Frank, Kafka, Edward et William, de Big Fish. Celso Gutfreind se réfère autant à des éminents psychanalystes qu’à des poètes, écrivains ou chanteurs. Dans son livre, on trouve des références à la culture française, européenne mais brésilienne aussi. Il pratique sans mal le difficile art du métissage, si naturel au Brésil, où ces différents personnages et auteurs, d’origine diverse, se côtoient, dialoguent et échangent aisément. Le livre se présente comme une fenêtre constamment ouverte à la créativité, à l’art, à la culture. L’auteur est sensible à l’empreinte de cette dernière à chaque séquence des séances. Celso Gutfreind s’interroge souvent sur la société dans laquelle nous vivons. Virtuelle, accélérée, connectée en permanence, consommatrice effrénée, friande de toutes sortes de substances réconfortantes, en quête de performances extraordinaires, se refusant le vieillissement et la mort. Quelle place, s’interroge l’auteur, laisse-t-elle au ludique infantile, aux affects, à la pensée ? L’intérêt de Celso Gutfreind pour la présence du culturel dans le présent des séances ne se limite pas à des réflexions sur notre société actuelle. Elle s’étend à des propositions plus élargies où le culturel des autres époques s’entremêle au matériel qui surgit dans les séances. Ainsi, dans les analyses de l’auteur, on retrouve, dans les générations des descendants, des références régulières aux retentissements des violences sociétales majeures survenues dans les générations précédentes, comme par exemple celle de l’holocauste. Comme le titre de l’ouvrage le laisse deviner, il existe dans les propos de Celso Gutfreind des propositions fortes sur les fonctions psychiques de la narration et surtout en référence à ce qu’il y a de plus vivant en elle. La narration y apparaît comme respiration, exhalation et épanouissement de l’âme. Elle n’est pas seulement dans la vie, elle est la vie elle-même.
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Implicitement, de cet ouvrage se dégage une sorte de biologie du récit, car Celso Gutfreind s’intéresse à son essence vive où il ne se différencie pas de l’affect même. La narration se réalise comme une métaphore qui réunit indissociablement empathie, acte et parole. Il n’est pas étonnant que naturellement l’auteur se réfère aux processus de l’enaction, où ces différents aspects de la narration se retrouvent rassemblés d’une manière indistincte. Même si le contenu du récit à raconter est connu d’avance, pendant la narration se crée un nouveau monde. Celui-ci est à la fois connu et personnel mais aussi étonnant et inédit. La narration fait naître un univers différent de celui qui existait avant elle. Il s’agit d’un univers d’illusion, qui joue et jongle avec des éléments de réalités hétérogènes. Tout comme le jeu et le rêve, cette illusion comporte un souffle vital et générateur qui procure parfois la consistance du réel. Les récits racontent des histoires d’amour et de haine, de tendresse et de douleur, de danse et de guerre. Elles sont autant épiques que tragiques, d’exaltation que de souffrance. Mais, dans la narration et la poésie, les mots vivent par leur sonorité, leur musicalité, leur rythme, leur mélodie, leur prosodie parfois autant que par leurs sens. Là aussi, tout comme dans le rêve et le jouer, dans la narration et la poésie, les mots deviennent des êtres vivants. A l’image des orchestrations polyphoniques, elles produisent une musique qui met en scène et en sensation les expériences les plus intimes du psychisme. Les récits n’ont pas un sens unique et exclusif. Ses potentialités significatives sont larges et infinies. Comme le note Celso Gutfreind, le livre appartient au lecteur qui se l’approprie en apportant des significations personnelles. Mais il n’est pas inutile de rappeler que dans le monde d’illusion crée par la narration le dévoilement et l’occultation cohabitent. Ainsi, pour un enfant au destin malheureux dont il est question dans un des chapitres du livre, en un clic tout
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