Neveux et esclaves dans les rites funéraires chez les Wè et les Anyi-bona de Côte d'Ivoire

De
Publié par

Ce travail à caractère comparatif porte sur deux populations de Côte d'Ivoire : les Wè, situés à l'ouest et à la filiation patrilinéaire, et les Anyi-bona, situés à l'est et à filiation matrilinéaire. Il décrit le rôle du neveu et celui de l'esclave lors des funérailles d'un oncle maternel ou d'un maître. Les funérailles sont des moments importants dans les politiques de réputation et des stratégies d'ostentation des groupes sociaux, le lieu de la redistribution des biens ou du "gaspillage" des richesses.
Publié le : dimanche 1 novembre 2009
Lecture(s) : 62
EAN13 : 9782296243088
Nombre de pages : 137
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

À tous les neveux wè et esclaves anyi-bona
À ma famille
À tous mes amis

« Si la rivière déborde, elle emporte la feuille ; si elle ne déborde
pas, elle l’emporte quand même », c’est-à-dire que tout homme
sera emporté par la mort un jour.
Proverbe wè

TABLE DES MATIÈRES

REMERCIEMENTS........................................................11
INTRODUCTION GÉNÉRALE......................................13
Présentation des sociétés wè etanyi-bona....................23

CHAPITRE 1: LES NEVEUX ET LES ESCLAVES
DANS LE PROCESSUS FUNÉRAIRE..29
A. LES CEVEUX CHEZ LES WÈ..........................................30
1. Le système de parenté................................................30
2. Le déroulement des rites funéraires.....................36
L’annonce du décès................................................36
Le rassemblement des endeuillés...........................37
La distribution de la boisson..................................40
Les problèmes juridiques liés au déroulement des
funérailles...................................................................43
Identification du coupable : qui a tué le défunt ?.....43
3. Les soins matériels du cadavre...............................47
La toilette mortuaire...............................................47
Donner la route au mort.........................................48
L’inhumation...........................................................49
Hommage au défunt................................................51
4. Le veuvage.................................................................55
La case de dispute..................................................56
Les obligations liées au veuvage...................................58
Les étapes du remariage.........................................
61
Le bain de purification...........................................61
Les chants des prétendants médiatisés par le neveu62
La transmission du tabac........................................63
5. Les rites particuliers :cas du veuf et indemnité de décès65
Le cas du veuf ayant «tué» plus de deux épouses.......65
Sè blia ou indemnité de décès.................................66

9

B. LES ESCLAVES CHEZ LES ACYI-BOCA...................72
1. Leurs origines.........................................................73
2. Le déroulement des rites funéraires.......................76
L’annonce du décès..................................................76
L’interrogatoire du mort.........................................77
L’entretien du corps.................................................79
L’inhumation............................................................83
Les rites après l’inhumation....................................
85
3. Leveuvage................................................................
90
L’entrée en veuvage.................................................
90
La sortie de veuvage................................................95

CHAPITRE2: L’ESPACE FUNÉRAIRE, LIEU DE LA
RECONNAISSANCE DE SOI ET DE
LA RECONNAISSANCE SOCIALE....103
A. MOBILISATIOC OSTECTATOIRE DES DOCS ET LEUR
VALORISATIOC.................................................................104
B. FUCÉRAILLES, LIEU DE RIVALITÉS DES GROUPES
SOCIAUX....................................................................110

CHAPITRE3: LA FORCE DES LIENS FAIBLES.......117
A. QU’EST-CE QU’UC LIEC FAIBLE ?............................118
B. RECFORCEMECT DES LIECS FAIBLES.....................
120
C. ESPACE FUCÉRAIRE, UC ESPACE DE RELIACCE
SOCIALE....................................................................122
CONCLUSION GÉNÉRALE............................................127
BIBLIOGRAPHIE...........................................................
131

1

0

REMERCIEMENTS

Cet ouvrage est le fruit de plusieurs années de recherches sur le
terrain. Sa publication n’a été possible que grâce au soutien et
à l’encouragement des peuples wè et anyi-bona.
Cous avons particulièrement bénéficié des suggestions critiques
et relectures professionnelles des professeurs, F. AKICDES
et S. YAPI AFFOU (Université de Bouaké) ainsi que de leur
regard théoriqueexigeant quinous a conduit à préciser ou à
nuancer notre pensée.
Cous restons toujours redevables au professeur M. Houseman
dont les remarques ont permis d’approfondir des perspectives
de ces recherches.
Sincères remerciements à tous nos amis, qui ont donné
d’euxmêmes pour contribuer à la rédaction et publication de cet
ouvrage : Antoine Yégbé et Yao Djeth L. Arsène, pour la relecture
critique du manuscrit, Serge Grahpour sa mise en forme, Mme
A. Gnonsoa, « le monument » de la culture wè.
Cous remercions nos collègues, Séverin Kouamé, Fie Doh et
Cicaise Hlil, pour leurs observations ainsi que nos
étudiants : Pulchérie Doffou et Mathilde Kouassi C’zouba, qui
ont bien voulu lire et saisir le manuscrit.
Cous exprimons notre gratitude à ceux et à celles qui, au cours
de nos enquêtes ont contribué directement et de diverses manières
à la rédaction de ce travail : Henri C. Tiécoura, Marie Kouao,
le Père Bertin Doue.

1

1

IJTRODUCTIOJ GÉJÉRALE

Il n’estpas toujoursfacile,voire « bon », d’aborder unsujet
aussi complexe etcontroversé que celui de la mort, dansla mesure
où«toutesociétésevoudraitimmortelle… » (L.-V. Thomas,
1982: 11) etmeten placeun « ensemble organisé de croyanceset
derites, afin de mieuxluttercontre le pouvoirdissolvantde la
mortindividuelle etcollective » (L-V. Thomas, op. cit: 11). La
mortmobilisetousles« effortsconjuguésde l’homme, leseul
être peut-être quisache qu’il doitmourir,toutense persuadant
qu’il estimmortel » (L-V. Thomas,1989 :10-11). De ce pointde
vue etde façon générale, l’idéologie funéraire que L-V. Thomas
(1982, op. cit:11) définitcomme « lescroyances, lesmentalités,
lesattitudes, les rites… »,reste la même dans toutesles sociétés,
bien que l’existence d'unerégionalisation despratiquesfunéraires
soitindiscutable.

Cesdernièresdécennies, on observe des transformationsou
variations rituellesimportantesauniveaude la prise en charge de
la mortpar touteune catégorie de personnesoud’institutions.
Selon Cacqueray(1999 :19-49), ces transformationsquirésultent
de la « modernité », etpartant, de « l’urbanisation etdescultures
urbainesouduchangement religieux»sontliéesà l’apparition et
audéveloppementdes« professionnelsfunéraires» dontJ. Ziegler
n’hésite pasà qualifierla démarche de « cannibalisme marchand »
etJ. Mitford « d’aberrationsdictéesparla perspective duprofit».
Carla mort« devient unesimpletransaction ordinaire,un acte que
les vivantspeuventintégrerà leurplate conscience de
consommateurs» (L-V. Thomas, 1979 :108-112). En effet,touteunesérie de
professions,selon Witte (2001),tire aujourd’hui desfunérailles,
latotalité ou une partie non négligeable deses revenus. Pourlui, ces
métiersoucesactivitésgénératricesderevenuscomplémentaires
plusoumoinsfortementliésà « l’industrie funéraire »,vontdu
morguieraucharpentier spécialisé dansla fabrication de cercueils,

1

3

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.