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Notre agriculture est en danger

De
224 pages
L’agriculture française traverse une crise majeure et de nombreux experts la jugent à bout de souffle : des revenus mensuels qui parfois ne dépassent pas 500 euros, des exploitants qui se suicident, des cours qui ne se relèvent pas, des intempéries qui ravagent les cultures… Sans vision, programme ou projection dans le futur, le monde agricole est aujourd’hui à l’heure des choix.
Grand pays agricole par tradition, la France doit s’inscrire dans un projet global qui intègre les nouveaux défis planétaires : prévenir le changement climatique, assurer l’alimentation d’une population mondiale qui continue à croître, s’adapter aux nouvelles énergies et répondre aux attentes d’une société de plus en plus urbaine. Aussi est-il urgent d’inventer un nouveau modèle dans lequel les agriculteurs continueront à produire mais autrement, maintiendront leur compétitivité et s’adapteront aux apports de la révolution numérique.
Face à la gravité de la situation, Xavier Beulin, agriculteur du Loiret âgé de 58 ans, prend la parole pour présenter sa vision de l’agriculture française et redonner espoir au monde des campagnes.
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À mon père.

Avant-propos


Ce matin-là, vers 6 heures, Philippe Jehan, le président de la FDSEA de la Mayenne, m’appelle. Sa voix tremble, je sens l’émotion qui l’étreint. Un agriculteur mayennais d’une quarantaine d’années s’est suicidé… « À son tour », pensé-je, car dans ce département laitier de l’Ouest, les suicides se succèdent à un rythme qui fait froid dans le dos. Et pourtant, que la campagne est belle, pourraient avancer certains en référence à Jean Ferrat qui, dans les années 1960, émut la France alors en plein exode rural en chantant la montagne qui se dépeuplait.

Mais que dire aujourd’hui de ces suicides qui meurtrissent jour après jour le monde agricole ? Qu’ils sont le fruit de la solitude, de l’échec économique, de l’endettement, du désespoir ? N’est-ce pas plutôt celui du vide, de l’absence de projet, du manque de vision, de considération, de respect ? De fait, si nous regardons la réalité telle qu’elle est, c’est bien de l’indifférence que nous ressentons face à ces drames qui frappent les campagnes. Je reste interloqué devant la différence de traitement que le monde médiatique et politique accorde en fonction des sujets à traiter. En octobre 2016, la perspective de la fermeture d’un atelier de construction de locomotives d’Alstom, à Belfort, met la France politico-médiatique en émoi. L’enjeu : la suppression de quatre cents emplois dans la cité belfortaine, mais pas la disparition totale des postes puisqu’une grande partie des salariés se voient offrir des mutations en Alsace. Bien sûr, une telle restructuration nécessite toute l’attention de l’État, mais l’agriculture, dans la situation catastrophique qu’elle connaît, ne mérite-t-elle pas autant ? Quand une usine ferme, c’est dramatique. Quand des milliers de fermes cessent leurs activités, ça l’est également, non ? Deux poids, deux mesures… Pourtant, parmi les forces et les potentialités de notre pays, l’agriculture n’est pas en reste ! Sous toutes ses formes, elle répond aux besoins et aux attentes de nos concitoyens. Elle ouvre ses portes, exporte et rapporte. Une agriculture diversifiée qui, depuis longtemps, est prête à tout donner.

Mais pour enfin retrouver notre rang parmi les grands pays agricoles de la planète, il faut du courage et remettre les enjeux à leur juste place. Oui, l’environnement, c’est important, mais assez de surenchère sur ce thème. Oui, les contrôles sanitaires ou environnementaux sont justifiés, mais nous sommes arrivés à l’overdose. Oui, les papiers sont nécessaires, mais la paperasserie nous étouffe. Oui, marquer son désaccord avec la Russie est légitime, mais pas en sacrifiant des pans entiers de notre agriculture dont une partie de la production est exportée dans ce pays. Il est grand temps de revenir à l’essentiel, au bon sens ! Oui, il faut produire, mais pas à n’importe quel prix. Oui, il faut que chaque maillon des filières alimentaires gagne sa vie, mais pas en étouffant le travail et le revenu des agriculteurs. En tant que président de la FNSEA, il me revient de dire solennellement : nous, agriculteurs, ne sommes pas un cheptel électoral mais des Français à part entière, qui veulent participer au dynamisme et au succès de la nation, aux espoirs de la France. Nous ne voulons plus être une sous-France rurale, nous exigeons d’être traités pour ce que nous sommes : des producteurs de bien-être national. Nous avons besoin d’objectifs clairs et d’engagements précis. L’agriculture est une part de la France mais aussi un modèle de France. Nous réclamons le droit à la réussite, au soutien, à l’initiative, aux idées et à la liberté pour continuer à faire mieux, à faire plus. Aux politiques de notre pays nous disons : prenez les bonnes décisions. À l’Europe, nous crions : réveille-toi !

L’agriculture française a vécu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale « une révolution historique mais silencieuse », pour reprendre les propos de Michel Debatisse, l’un de mes plus illustres prédécesseurs à la tête du syndicalisme agricole dans les années 1970. Cette révolution fut celle de la modernisation accélérée. Elle a transformé les paysans en agriculteurs, puis en exploitants. Elle a bouleversé la physionomie de nos campagnes aménagées depuis des siècles comme de vastes jardins et a poussé vers les villes des flots continus de ruraux. Pour répondre à la nécessité de nourrir des populations affaiblies par les conflits et placer notre pays sur l’échiquier des grands marchés mondiaux de matières premières, elle a fourni un effort humain et financier sans précédent. Puis est venu le temps de la discipline et du contrôle des volumes produits, la limitation des dépenses publiques, initiée à Paris comme à Bruxelles, et la contestation des dépenses générées par les agriculteurs eux-mêmes. Et alors que cette rupture exigée par les surcoûts budgétaires liés aux excédents de beurre, de lait ou de céréales n’est pas encore derrière nous, a commencé une autre révolution, technologique et scientifique celle-là, aux conséquences encore difficiles à cerner. Si nous regardons de plus près l’environnement professionnel du monde agricole, nous constatons que la politique agricole commune (PAC) mise en place il y a vingt ans par l’Union européenne, pour protéger les marchés, soutenir les prix et garantir les revenus des producteurs, est devenue un outil de « verdissement » des campagnes.

Souvenons-nous. À l’époque de la mise en application de la PAC, l’objectif majeur des politiques publiques nationales était la lutte contre l’inflation et la défense des prix bas. Internet n’existait pas. Les Bourses de matières premières et les marchés à terme étaient balbutiants alors qu’aujourd’hui ces outils font partie de notre quotidien. Désormais, la grande majorité des agriculteurs remplit les dossiers de déclarations de surfaces sur son ordinateur, de nombreux exploitants, les céréaliers notamment, gèrent leurs stocks en suivant scrupuleusement les cours du blé ou du maïs… Un paysage intérieur totalement nouveau auquel il faut ajouter, pour donner une idée des bouleversements intervenus au cours des deux dernières décennies, l’irruption sur la scène de nouvelles grandes puissances alimentaires comme le Brésil, ou le poids grandissant d’importateurs géants comme la Chine, qui se tournent vers la France pour se fournir en produits laitiers sains. Sans oublier bien sûr la toile de fond permanente que représente le défi alimentaire d’une population mondiale qui ne cesse de croître. Le moment est venu pour les agriculteurs de faire des choix. Veulent-ils rentrer dans ce siècle avec la même dynamique que celle qui les a portés hors de leurs cours de ferme après le second conflit mondial ? Ont-ils la force de saisir ce que l’innovation, portée notamment par la révolution numérique, peut leur apporter ? Seule certitude : il leur faut évoluer une fois encore, bouger, avancer.

Ils ont déjà fait de grands pas. Nous ne produisons plus comme avant, nous utilisons moins d’engrais, moins de produits phytosanitaires, l’agriculture raisonnée s’impose, une place grandissante est accordée à la culture bio et aux agricultures alternatives comme celles que l’on voit désormais apparaître en milieu urbain. Mais il va falloir aller encore plus loin, car ces évolutions répondent à des attentes fortes de nos concitoyens. Nous devons aujourd’hui produire « propre », cultiver sans gaspiller, préserver l’eau et la terre. Moins visible mais spectaculaire par ses effets, cette nouvelle étape va sans aucun doute bouleverser la manière de produire, changer les lieux de production, ouvrir à l’agriculture les portes de la ville, transformer un métier physique en une profession « intellectuelle », voire « scientifique » dans certains cas. À cela aussi, nous devons nous préparer.

Je ne suis pas le premier président de la FNSEA à prendre la plume, mais l’exercice n’est somme toute pas si fréquent de la part d’un syndicaliste pour que je le mentionne. À la veille d’élections présidentielles en France, le moment m’a semblé venu de mettre mes pas dans ceux de Michel Debatisse, François Guillaume, Raymond Lacombe, Luc Guyau ou encore Jean-Michel Lemétayer, des leaders qui, en leur temps, ont jugé utile de confier leurs témoignages ou de formuler leur vision de l’avenir. Si je prends cette initiative, c’est bien parce que les agriculteurs, tout autant que la société française, ont besoin de réponses. Il faut donner une ligne de conduite, un sens à l’action quotidienne. Les temps difficiles qu’ils vivent l’exigent. Peu de périodes de notre histoire professionnelle ont été aussi heurtées. Calamités climatiques, contre-performances économiques, drames humains… Les campagnes françaises sont éprouvées comme jamais. Dès lors, il est de mon devoir de m’exprimer devant ceux qui, éleveurs, céréaliers, arboriculteurs, producteurs de légumes, viticulteurs, horticulteurs, font l’excellence de ce pays. Il est primordial en cette période de grand trouble d’indiquer un chemin pour ces milliers de paysans qui ne voient plus ce que sont leurs missions et se sentent empêchés d’avancer. Le syndicalisme agricole est porteur de sens. Faire entendre sa voix au-delà du brouhaha des crises qui nous emportent chaque jour davantage dans la tourmente est important.

Je sais que certains attendent que je « m’explique » sur mes choix économiques, mes responsabilités professionnelles, les options retenues par le syndicat majoritaire que je préside, ou sur nos désaccords maintes fois exprimés avec nos gouvernants. Sans cesse, je suis interpellé sur tous ces thèmes, avec d’ailleurs plus ou moins d’élégance ! J’ai hésité à répondre à ceux qui ne m’apprécient pas, à ceux qui me font procès à longueur d’articles ou de commentaires télévisés. Pendu avant d’être jugé ! Je n’ignore pas les accusations qu’ils lancent contre moi ; à les lire ou à les entendre, je suis en quelque sorte devenu le symbole de tous les maux qui accablent aujourd’hui notre agriculture. Leurs paroles sont blessantes, leurs écrits humiliants et leurs critiques systématiques. Mais je n’aime ni polémiquer ni commenter le passé, préférant tracer un chemin vers l’avenir. Cependant, je n’ai pas envie non plus de leur laisser le monopole de la parole sur le sujet agricole. Je pense que l’agriculture mérite mieux. C’est là la vocation essentielle de ce livre, car jamais, me semble-t-il, nous n’avons autant manqué de perspectives sur un sujet pourtant intimement lié à notre histoire nationale. Jamais ce sujet n’a fait l’objet d’une telle appropriation par l’ensemble de nos concitoyens. Jamais non plus nous n’avons décelé aussi peu de volonté d’avancer, de s’adapter au monde qui advient.

Je ne vois plus rien venir de Bruxelles. La politique agricole commune s’est muée en politique environnementale sans qu’aucune ambition communautaire ne la redessine. À Paris, le gouvernement se perd chaque jour un peu plus dans le traitement a posteriori des crises successives. Or, ce n’est pas en adoptant ce genre d’attitude que l’on construit un avenir. De même, je n’entends plus de voix d’intellectuels nous annoncer le « retour des paysans » ou la « fin des coquelicots ». Bref, rares sont ceux qui indiquent la direction à prendre dans ce monde en plein bouleversement. Pourtant, l’agriculture continue de façonner notre territoire, d’approvisionner nos villes, de faire vivre des millions de familles et de répondre aux sollicitations multiples qui lui sont adressées. Aussi est-il urgent de redonner un sens à sa mission.

S’ENGAGER


Syndicaliste agricole


Lorsque nous traversons des périodes de grande difficulté, voire de détresse comme en 2015 et 2016 en France, le syndicalisme est là pour réchauffer les cœurs, donner le sens de l’action, rassembler ceux qui souffrent de trop de solitude. Chaque agriculteur peut s’adresser au syndicat local ou à la fédération départementale à proximité de chez lui. Il est accompagné lorsqu’il veut s’installer, s’agrandir, se reconvertir ou encore transmettre son exploitation. Il bénéficie de formations, de conseils juridiques tout au long de ses choix d’entrepreneur, d’une aide dans ses démarches courantes tels que le paiement des salariés ou les déclarations administratives. Le soutien peut être également plus ponctuel, lors d’un contrôle de l’exploitation par exemple, ou quand une catastrophe naturelle survient et que l’exploitant se sent dépassé ou impuissant. L’année 2016, avec son cortège de cataclysmes climatiques, inondations historiques, gels, tornades, a montré plus que jamais son utilité. Bien sûr, il faut exprimer sa colère, crier son exaspération, mais aussi aider, assister, encourager. C’est ce que les militants syndicaux font chaque jour. Avec courage et ténacité. Et pourtant, nous n’avons sans doute jamais été autant montrés du doigt !

Pour les uns, la FNSEA aurait été trop « molle » face aux propositions du gouvernement, pour les autres, elle serait responsable du désastre humain et social qui accable les campagnes. Bref, nos manifestations, notamment la mobilisation, en septembre 2015, des tracteurs sur les routes de France avec pour objectif Paris, ne seraient que de vastes mises en scène ! C’est à peine si on a mis à notre actif le fait que nous ayons obtenu en 2015-2016, sous un gouvernement de gauche, une baisse d’environ 22 % des charges sociales pour les agriculteurs, à « durée indéterminée », ou bien encore un comité de révision des normes et des réglementations excessives. Voulu par le Premier ministre Manuel Valls, ce comité est présidé par un ancien préfet, Pierre-Étienne Bisch. Sans oublier la mobilisation exemplaire de notre réseau qui a conduit le groupe Lactalis à concéder une augmentation significative des prix pour l’année 2016.

Je suis souvent l’objet, soit personnellement, soit au titre de l’exercice de mes responsabilités syndicales, de critiques dans la presse. En cause : l’influence que l’on prête à la FNSEA auprès des politiques et des grands groupes industriels. À en croire les journalistes, ce serait la FNSEA qui mènerait la politique agricole du pays et vendrait l’agriculture aux intérêts industriels ou aux fournisseurs d’OGM ! La presse me présente parfois comme le patron de l’agriculture française, quand elle ne m’affuble pas de noms d’oiseaux ou de qualificatifs plus ou moins fantaisistes. Faut-il le répéter, l’agriculture n’est pas une simple entreprise ! L’agriculture n’est pas une, mais plurielle. Et le pouvoir ne nous appartient pas ! Vision totalement surréaliste que celle qui consiste à penser que la FNSEA décide et oriente. Le modèle de cogestion sur lequel fonctionnèrent les rapports entre la profession et l’État n’est plus à l’ordre du jour, remis en cause après l’élection de François Mitterrand en 1981, même si certaines structures, où se côtoient agents de l’État et représentants agricoles, perdurent. Mais il est clair que nous devons nous poser de vraies questions : qui, aujourd’hui, dirige l’agriculture ? Qui, parmi nous, agriculteurs, a voix au chapitre sur les sujets qui nous concernent ?

Statutairement, et depuis longtemps, la FNSEA a fait le choix de l’incompatibilité entre mandat politique et mandat syndical. Et c’est cette indépendance qui lui confère un véritable rôle de corps intermédiaire entre les agriculteurs et les politiques. Le secteur est atypique, mais nous avons su au fil du temps construire une véritable démocratie sociale. N’oublions pas que l’agriculture, c’est plus de deux cents conventions collectives, dont cent quarante pour la seule production agricole ! Dès 1992, nous avons établi entre partenaires sociaux un accord sur le financement de la négociation collective pour organiser et faire vivre le dialogue social. Nous savons, à la FNSEA, que la démocratie sociale est indispensable à la démocratie politique, avant tout parce qu’elle repose sur trois principes fondamentaux : en premier lieu, celui de la légitimité des acteurs, auquel nous répondons par notre système d’élection ; celui de proximité ensuite, auquel notre syndicat se conforme par son réseau pyramidal qui pénètre tout le territoire jusqu’à un échelon très local ; enfin, celui de responsabilité que nous assumons chaque jour sur nos exploitations comme sur le terrain de l’action collective. N’oublions pas que le monde agricole peut se targuer d’une réelle représentativité. Les deux tiers des exploitants, en effet, participent aux élections professionnelles, leurs représentants syndicaux bénéficiant donc d’une réelle légitimité dans l’exercice de leurs missions.

La démocratie sociale fonctionne bien dans le secteur agricole, c’est en tout cas notre sentiment, parce que nous avons construit de nombreux édifices entre partenaires sociaux, bien au-delà de la Mutualité sociale agricole (MSA). Ainsi, pour la gestion prévisionnelle de l’emploi, nous avons créé une association paritaire, Provéa, qui joue un rôle d’observatoire et assure l’anticipation des besoins en matière d’emplois agricoles. S’agissant de la promotion des métiers agricoles, nous avons fondé l’Association nationale pour l’emploi et la formation en agriculture (ANEFA), qui travaille aussi bien sur l’attractivité des métiers que sur la mise en relation des employeurs et des salariés. Dès 2008, nous avons mis en œuvre une complémentaire santé à la suite d’un travail remarquable entre la FNSEA et les organisations syndicales de salariés. Toujours avec cette même volonté, en 2014, nous avons inauguré la « carte campagne » pour les salariés de l’agriculture, véritable comité d’entreprise à l’échelle nationale qui permet de répondre à notre spécificité de petites entreprises. Je dois dire d’ailleurs, et sans forfanterie, que dans toutes les organisations où j’ai exercé une responsabilité, mes relations avec les organisations syndicales de salariés ont été à la fois respectueuses et constructives. Ce fut le cas à la chambre d’agriculture du Loiret comme au conseil économique, social et environnemental de la région Centre-Val de Loire, véritable lieu de démocratie vivante.

La FNSEA a toujours été en mesure de mettre du concret derrière les termes de démocratie sociale et de jouer le rôle essentiel d’intermédiaire entre paysans et pouvoirs publics. Pourtant, lorsqu’il s’agit d’aborder des sujets interprofessionnels, elle est malmenée et se heurte à des difficultés. Pourquoi ? En France, le dialogue social se limite trop souvent à l’interprofession. D’une part, parce que l’État a fait le choix de ne traiter les questions sociales qu’avec les trois organisations patronales de l’interprofession, le Mouvement des entreprises de France (MEDEF), l’Union professionnelle artisanale (UPA) et la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) ; d’autre part, parce que les politiques ont tendance à élargir à tous les secteurs le résultat des négociations interprofessionnelles, y compris à ceux qui ne sont pas représentés dans la négociation. C’est ce qui nous a conduits à mettre sur pied le Multipro, une instance entre l’Union nationale des professions libérales (UNAPL), l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (UDES) et la FNSEA.

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