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NOUVELLES TECHNOLOGIES ET CHÔMAGE STRUCTUREL

De
220 pages
Cet ouvrage tente d’approfondir l’analyse des relations entre les différenciations technologiques et le chômage structurel qu’elles induisent ; ceci permet alors d’évaluer les effets sur l’emploi de différentes politiques économiques et de politiques de promotion de l’emploi. Le modèle macro-économique distingue des secteurs à haute et à basse technologie, qui font appel à de la main d’œuvre qualifiée et non-qualifiée ; il distingue également des consommateurs à hauts, moyens et bas revenus qui formulent chacun des demandes spécifiques de biens et services à haute et à basse technologie.
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NOUVELLES TECHNOLOGIES ET CHÔMAGE STRUCTUREL

ANALYSE DES POUTIQUES

ÉCONOMIQUES

ET DE PROMOTION DE L'EMPWI

Collection Economiques dirigée par Pierre-Jean Benghozi

Dernières parutions

Pierre-Laurent BESCOS, Carla MENDOZA, Manager cherche information utile désespérément, 1999. Jean-Michel PLANE, Méthodes de recherche-intervention en management, 2000. Zeynep OR, Mourir avant de vieillir: une étude des disparités de la mortalité prématurée dans les pays industrialisés.2000. Pierre-Jean BENGHOZI, Innovation based competition,. 2000. Jérôme BLANC, Les monnaies parallèles, 2000. Guillaume CHEIKBOSSIAN,L'Économie politique de l'éclatement des Unions économiques, 2001. Olivier CREVOISIER, José CORPATAUX et Alain THIERSTEIN, Intégration monétaire et régions: des gagnats et des perdants, 2001. Bernard BELLET ANTE, Nadine LEVRA TTO, Bernard PARANQUE, Diversité économique et modes de financement des PME, 2001. Marc BONNEVILLE, Olga TROUTCHENKO, L'émergence d'un marché de l'immobilier en Russie, 2001. Taladidia THIOMBIANO, Econométrie des modèles dynamiques, 2002. Odile LAKOMSKI-LAGUERRE, Les Institutions monétaires du capitalisme, La Pensée économique de l.A Schumpeter, 2002. Gabriel POULALION (éd.), L'Europe contemporaine: consolidation et
ouverture, 2002.

Hervé DEVILLÉ

NOUVELLES TECHNOLOGIES ET CHÔMAGE STRUCTUREL

ANALYSE DES POUTIQUES ÉCONOMIQUES ET DE PROMOTION DE L'EMPWI

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan ItaUa Via Bava, 37 10214 Torino ITALlE

@ L'Harmattan,

2002

ISBN: 2-7475-3213-5

AVANT-PROPOS
Cet ouvrage considère un nouveau cadre conceptuel, qui pennet d'approfondir l'analyse des relations entre les différenciations technologiques et le chômage structurel qu'elles induisent. Ce cadre formalisé permet alors d'évaluer les effets sur l'emploi de différentes politiques économiques et de politiques de promotion de l'emploi. Le modèle macroéconomique distingue des secteurs à haute et à basse technologie, qui font appel à de la main-d'œuvre qualifiée et non-qualifiée; il distingue également des consommateurs à hauts, moyens, et bas revenus qui fonnulent chacun des demandes spécifiques de biens et services à haute et à basse technologie. L'inadéquation potentielle entre offre et demande de main-d'œuvre qualifiée est endogène au modèle, et permet de détenniner l'importance des distorsions de qualifications dans les aspects structurels du chômage. Les politiques économiques considérées analysent les effets sur l'emploi d'une réduction salariale compétitive et d'un accroissement des dépenses publiques. Les politiques de promotion de l'emploi analysent les effets d'une réduction horaire, avec et sans redistribution des économies de chômage, financée par des réductions salariales ou des croissances de la productivité, et d'une réduction compétitive, redistributive, ou mixte du coût du travail. Les politiques mixtes permettent les meilleurs arbitrages à court terme entre les objectifs de croissance et de réduction du taux de chômage. Une analyse des incidences sur l'emploi de l'accroissement de laflexibilité salariale sera également considérée.

INTRODUCTION

GÉNÉRALE

La plupart des pays européens ont commencé à enregistrer un chômage important au lendemain des chocs pétroliers qui ont caractérisé la décennie 1970. Ce chômage s'est maintenu à un niveau élevé pendant la première moitié de la décennie 1980, a connu une tendance à la baisse pendant la reprise conjoncturelle de la seconde moitié de la décennie 1980, et a repris vigueur après la dépression du début de la décennie 1990, pour atteindre des niveaux historiques au milieu de cette décennie. La reprise de la seconde moitié de la décennie 1990 a permis de ralentir sa progression et de le ramener à des valeurs en deçà des 10% dans la plupart des pays européens jusqu'au début de la décennie 2000, où les perspectives de croissance accusent de nouveaux signes de ralentissement et particulièrement dans les nouvelles technologies. D'une manière générale, le chômage s'est maintenu à des valeurs anormalement élevées depuis le milieu de la décennie 1970. Les causes de ce maintien durant ces deux décennies sont diverses et ont fait l'objet de nombreuses études; elles sont passées de problèmes conjoncturels d'insuffisance de demande au lendemain du premier choc pétrolier, à des problèmes structurels de coûts trop élevés du travail et d'inadéquation progressive de ces coûts aux structures de qualification. Le renouvellement de la structure de production vers de plus hautes technologies aigénéré une création de nouveaux emplois qualifiés, alors que la restructuration ou l'abandon de technologies plus anciennes, devenues trop coûteuses, est à l'origine de nombreuses pertes d'emplois non-qualifiés. Le manque de flexibilité des salaires et de la main-d'œuvre a par ailleurs largement contribué à accentuer ce phénomène, où les nouveaux 9

Nouvelles technologies

et chômage structurel

emplois créés ne peuvent être rencontrés par les chômeurs issus de la restructuration des anciennes technologies pour des raisons de qualification et de coûts (Bean et al., 1990, Bound et Johnson, 1992). Un chômage persistant intégrant de larges composantes structurelles s'est alors progressivement installé en Europe (Layard et al., 1994, Jackman et al., 1990). Les emplois hautement qualifiés, plus difficiles à pourvoir, et intégrant une expérience malaisée à reconstituer à court tenue, font l'objet de contrats plus stables et mieux rémunérés; ils constituent progressivement l'essentiel des emplois primaires protégés par de meilleurs statuts assortis de coûts de licenciement-réembauche élevés. Les emplois moins qualifiés et abondants, qui subissent largement la concurrence des bas salaires étrangers, se précarisent progressivement, et constituent l'essentiel des emplois secondaires assortis de fortes pressions à la flexibilité et à la modération salariale. Ils constituent le volant d'emplois flexibles, qui permettent le maintien des emplois qualifiés stables, face aux mouvements de la conjoncture. La force de travail se divise graduellement en deux parties (Saint-Paul, 1994), la première composée de travailleurs plus stables, qui perçoivent des salaires d'efficience, la seconde composée de travailleurs plus précaires, qui opèrent sur un marché plus concurrentiel à des salaires plus faibles. Des frictions importantes sont alors apparues au sein du marché du travail, liées aux écarts grandissants entre la composition des structures de qualification demandées et offertes, depuis la fin de la décennie 1980 (Padoa-Schioppa, 1990, Levy, Murnane, 1992). Le manque de flexibilité à la baisse des coûts de la main-d'œuvre non-qualifiée en Europe, protégée par les unions professionnelles (Oswald, 1979), peut constituer un facteur important de l'explication de la persistance du chômage. Les salaires relatifs entre la 10

Introduction générale

main-d'œuvre qualifiée et non-qualifiée s'écartent davantage des salaires relatifs compétitifs induits par le rapport des productivités du travail qualifié et non-qualifié, et ces écarts conduisent à des réorientations sectorielles non négligeables de l'appareil productif en faveur de l'emploi qualifié. La situation de l'emploi, et particulièrement de l'emploi nonqualifié, est très préoccupante pour la plupart des pays européens dans l'attente des effets positifs à moyen tenne de l'union monétaire. La situation de l'inflation est quant à elle satisfaisante et pennettrait de prendre quelques risques supplémentaires en tennes de relance de l'activité et de l'emploi, mais cette relance devrait s'opérer au moyen d'instruments de politiques budgétaires qui restent dotés de faibles marges de manœuvre dans la plupart des pays européens. C'est dans ce contexte difficile que nous analyserons les possibilités de relance de l'emploi dans un pays particulier (la Belgique) qui détient un taux de chômage parmi les plus élevés en Europe. Nous explorerons à cette fm le caractère sectoriel sélectif des composantes structurelles et conjoncturelles de ce chômage, et nous essayerons d'y appliquer localement les instruments de politique économique les plus adéquats, compte tenu des marges de manœuvre possibles sur ces différents instruments. Les secteurs à haute et à basse technologie ont connu des chômages de nature différente pendant la fin des années 1980; ceux-ci étaient dominés essentiellement par des contraintes de débouchés pour le secteur à basse technologie, et des contraintes de capacités pour le secteur à haute technologie. Les enjeux face au grand marché européen et à l'union monétaire ont également eu des effets

Il

Nouvelles technologies

et chômage structurel

discriminants sur le comportement de ces secteurs et par conséquent sur les politiques économiques d'accompagnement. L'union monétaire ne permet en effet plus de régler des problèmes de compétitivité relative par des ajustements de parités, et les politiques budgétaires sont liées au maintien de déficits publics acceptables pour tous les pays de l'union. Les chocs asymétriques entre les pays seront donc plus difficilement encadrés par des politiques budgétaires de compensation en l'absence de solidarité entre les pays européens. Le chômage en Europe est également lié aux objectifs de croissance en ce qui concerne sa composante conjoncturelle, et à une modération salariale et des politiques de redistribution et de formation de main-d'œuvre en ce qui concerne sa composante structurelle. Les politiques économiques, limitées dans leurs moyens d'action (union monétaire et pacte de stabilité), sont devenues insuffisantes pour ramener le taux de chômage à un niveau acceptable sans le soutien de politiques spécifiques de promotion de l'emploi. Cellesci compléteront la palette des interventions publiques en matière de lutte contre le chômage. Les politiques budgétaires restrictives, nécessitées par les assainissements budgétaires, ont contribué après le retournement de conjoncture du début des années 1990 au ralentissement de la plupart des économies européennes, et ont de ce fait amplifié sensiblement la composante conjoncturelle du chômage en Europe. Nous analyserons les effets sur l'emploi de différents scénarios de politiques budgétaires de relance de la demande, appliqués de manière globale ou sélective au moyen de dépenses publiques dans 12

Introduction générale

des secteurs particuliers, ou de transferts aux ménages de différentes catégories de revenus. Les politiques de réduction salariale sous leurs diverses fonnes ont contribué à limiter la substitution du capital au travail, et ont permis d'éviter un accroissement trop important du chômage des travailleurs non-qualifiés en ralentissant la composante structurelle du chômage européen. Elles peuvent être appliquées sous diverses formes, de manière globale, sélective, compétitive, ou redistributive. Nous comparerons les diverses formes dans le contexte particulier de secteurs à haute et à basse technologie lorsque ceuxci connaissent des périodes d'excédent de demande ou de capacité. Les politiques de réduction du coût du travail peuvent agir de manière sélective sur le coût de la main-d'œuvre non-qualifiée par réduction de la taxation directe sur les bas salaires. Nous analyserons les effets sur l'emploi de ces politiques, où une croissance déterminée du nombre de personnes employées peut être obtenue par une réduction du salaire-coût sous forme de réduction des cotisations patronales à la sécurité sociale avec et sans compensation fiscale. Nous pouvons également considérer des politiques mixtes, qui allient la réduction salariale, de nature à limiter la substitution capital-travail en période de chômage important, à la politique budgétaire de relance de la demande. Cette politique mixte permettrait alors de maximiser le contenu emploi de la relance de la demande, mais suppose que les secteurs auxquels elle s'adresse comportent une proportion importante de chômage avec excédent de capacité rentable de production.

13

Nouvelles technologies

et chômage structurel

Les politiques de promotion de l'emploi visent essentiellement le réaménagement et la redistribution iso-compétitive du temps de travail (AR TI); elles sont complémentaires des politiques économiques et pennettent d'éponger une part du chômage structurel, mais elles n'ont que peu d'influence sur la croissance et la compétitivité . Nous examinerons les politiques de redistribution iso-compétitive du temps de travail financées par une réduction du salaire nominal, avec et sans intervention des pouvoirs publics sous forme d'une intemalisation du coût du volume de chômage évité; nous considérerons ensuite ces mêmes politiques financées par les gains de productivité, accompagnés ou non d'une croissance modérée des salaires réels. Nous considérerons également les politiques mixtes de réduction du coût du travail, où une croissance de l'emploi est obtenue par réduction des cotisations patronales à la sécurité sociale, qui opère de manière compétitive, accompagnée d'une redistribution isocompétitive du temps de travail financée par un complément de réduction des cotisations patronales, qui opère cette fois de manière redistributive. Ces politiques permettront de meilleurs arbitrages entre la relance économique et la réduction du taux de chômage pour une même mise en œuvre de moyens publics. Nous examinerons enfin l'impact d'une modification de la flexibilité salariale sur la croissance et l'emploi en soulignant qu'une diminution de la diffusion des salaires, des branches "leaders" du secteur à haute technologie vers les branches à faible productivité du secteur à basse technologie, atténue la destruction d'emploi occasionnée par des salaires trop élevés en regard de la productivité du travail dans ce secteur. 14

Introduction générale

Nous comparerons les résultats des différentes politiques globales de réduction salariale sous ses différentes fonnes, des politiques budgétaires, et des différentes politiques de redistribution de l'emploi. Nous comparerons ensuite les politiques mixtes de relance de l'activité et de promotion de l'emploi, et nous essayerons d'établir un bilan circonstancié de l'efficience relative sur l'emploi de l'impact de ces différentes politiques, et de leur mode de financement par des agents publics et privés, compte tenu des marges de manœuvre disponibles sur les instruments mis en œuvre. A plus long tenne, les politiques publiques se poursuivront par une meilleure infonnation et intennédiation de nature à conduire à une réorientation qualificationnelle plus adéquate entre qualifications demandées et offertes. Ces politiques atténueront sensiblement la composante structurelle de longue période du chômage. Nous illustrerons les propos précédents par une étude appliquée à l'économie belge, qui opère sur des données annuelles de 1970 à 1996, où différentes approches seront considérées pour mesurer l'incidence de facteurs structurels sur la persistance du chômage (Jackman et al., 1990), et où les décisions de prix et de salaires sont prises séparément dans différents secteurs de l'économie. Cette étude peut alors conduire à l'évaluation d'un taux de chômage d'équilibre influencé par des modifications structurelles d'intensité factorielle (Blanchard-Diamond, 1989). Du point de vue de l'offre, notre étude distinguera deux types de secteurs (à haute et basse technologie), qui emploient chacun deux types de main-d'œuvre (qualifiée et non-qualifiée, selon la méthodologie de Bean-Pissarides, 1990), de manière à être mieux en mesure d'examiner les détenninants structurels du taux de chômage global d'équilibre, et les effets des contraintes quantitatives sur les 15

Nouvelles technologies

et chômage structurel

comportements individuels et les groupes syndiqués. Ces éléments semblent être essentiels dans l'explication des évolutions des salaires relatifs. Du point de vue de la demande, notre étude distinguera trois types de comportements différents des consommateurs sur la base de leurs revenus respectifs (travailleurs qualifiés, non-qualifiés et chômeurs). Les systèmes différenciés de demande permettront d'analyser l'impact de la redistribution des revenus, liés à ces changements de comportements, sur la demande de chaque catégorie de biens. Le modèle construit selon ces concepts sera alors capable d'isoler les effets des évolutions de l'offre, liés aux changements des variables structurelles, et de la demande, liés aux changements induits des variables de revenus et à leur redistribution; il pourra quantifier l'importance relative de ces effets sur les évolutions des équilibres en tennes de quantités échangées, d'emploi, et de taux de chômage. Le modèle que nous retiendrons constitue une extension à deux secteurs des modèles de Sneessens-Drèze (1986), Drèze et al. , (1990), Sneessens (1987), Sneessens-Maillard et al., (1988 et 1998), et Sneessens-Metha, (1995), où les représentations habituelles de la concurrence imparfaite peuvent être aisément introduites; il sera en mesure d'analyser les relations entre les gli ssements de la courbe agrégée des taux de vacance et de chômage (Courbe UV), et les évolutions du taux de chômage d'équilibre. Nous essayerons de montrer que les glissements de la courbe UV ne reflètent pas uniquement des effets dynamiques transitoires des perturbations de l'offre et de la demande, mais semblent bien être corrélés avec des variables structurelles de chômage de long terme, de structures de qualification, et de redistribution des revenus. 16

Introduction générale

L'étude comportera trois sections spécifiques:

- La première section s'attachera à l'étude conceptuelle du modèle. L'ensemble complet des relations qui apparaissent dans cette section résultera des fondements microéconomiques issus de la théorie de la concurrence imparfaite pour la détermination des quantités, et de la théorie des contrats pour la détermination des prix. Le modèle sera constitué de trois blocs. Un bloc qui considère les choix technologiques de longue période qui permettra de déterminer de manière endogène la productivité en courte période. Un bloc qui analyse les effets des ventes, des capacités de production, et des contraintes de main-d'œuvre qualifiée sur la détermination du niveau d'emploi. Un bloc qui détermine les prix et les salaires qualifiés et non-qualifiés en fonction des négociations entre partenaires sociaux.
- La deuxième section s'attachera davantage à l'estimation et aux résultats du modèle en vue de confirmer pour un pays déterminé la pertinence des relations théoriques. Ces relations, adaptées aux spécificités de l'économie considérée, seront estimées au moyen de différentes techniques, qui considèrent une information progressivement plus complète. Les résultats obtenus seront commentés en termes de conjoncture et d'environnement économique du pays considéré par rapport à ses principaux partenaires commerciaux européens. - La dernière section s'attachera aux simulations de politiques économiques en vue d'analyser les implications qualitatives et quantitatives du modèle proposé.

17

Nouvelles technologies et chômage structurel

Ces simulations seront exprimées en termes de modération salariale, en vue de stabiliser la substitution capital-travail et de maintenir la compétitivité, de redistribution des revenus, en vue de relancer de manière endogène la consommation privée, et de dépenses publiques, à concurrence des moyens financiers disponibles en regard des politiques d'assainissement budgétaire. Cette section s'attachera également aux simulations de politiques de promotion de l'emploi, en vue d'analyser l'impact de la redistribution d'emploi sur la réduction du taux de chômage dans différents contextes de financement de ces politiques par les agents privés et publics (réduction salariale ou gains de productivité à charge des ménages, avec et sans intemalisation du coût du chômage évité à charge des pouvoirs publics). Des scénarios de mixité des ces diffé-rentes politiques seront également considérés, en vue d'opérer les meilleurs arbitrages à court terme entre la croissance et la réduction du taux de chômage.*

* L'édition de cet ouvrage a pu être réalisée grâce au concours financier de la Commission des Communautés Européennes (convention n° 970836), qui a manifesté un réel intérêt pour l'actualité des thèmes qui y sont développés. Les erreurs restantes et les critiques pouvant être soulevées ne relèvent que de la responsab ilité de l'auteur. 18

CHAPITRE 1 ANALYSE DU MODÈLE
INTRODUCTION 1.8 LA PRÉSENTATION DE L'ÉCONOMIE

La composition de l'économie Les agents de l'économie

1.b

LE COMPORTEMENT

DES

AGENTS

Les ménages Le reste du monde Les secteurs de production

1.c

lES

ÉQUILIBRES

DU

MODÈLE

Les équilibres sur les marchés des biens Les équilibres sur les marchés du travail

1.d 1.e

lA LES

COURBE RELATIONS

DE BEVERIDGE DE FERMETURE

Les prix sectoriels agrégés Les salaires sectoriels nets Les revenus agrégés

ANNEXES
Les méthodes d'estimation

Analyse du modèle

INTRODUCTION

Le modèle considéré sera composé d'une structure à deux secteurs d'activités et deux types d'emplois (Artus et al., 1990; De la Croix, 1989; Devillé, 1986 et 1998). On y distingue les secteurs à haute et à basse technologie, qui mettent en oeuvre de l'emploi qualifié et non-qualifié. Le modèle sera fondé sur la théorie de la concurrence monopolistique, qui prévaut à la fois sur les marchés des biens et des facteurs, et considérera plusieurs signaux capables d'influencer ses équilibres. Les relations du modèle décriront les demandes de plusieurs catégories de ménages et d'entreprises, la détermination des offres potentielles, des productivités réelles, des emplois sectoriels et agrégés, ainsi que les fonnations des prix et des salaires, et la dynamique d'accumulation du capital. Les firmes des deux secteurs, en concurrence monopolistique, produiront des biens qui ne seront pas de parfaits substituts par rapport aux biens produits par les autres finnes nationales ou étrangères.

1.a

lA PRÉSENTATION DE l'ÉCONOMIE de l'économie
à haute valeur ajoutée, ou service

La composition

L'économie considérée comporte:

- Un

bien de consommation

qualifié, produit par le secteur à haute technologie domestique et étranger, suffisamment compétitif pour faire l'objet de transactions sur les Inarchés ouverts domestiques et mondiaux. Les caractéristiques différenciées de ce bien pennettent une marge de manœuvre dans la formation de son prix, dont l'élasticité par rapport à la demande est relativement faible. - Un bien de consommation à basse valeur ajoutée, ou service nonqualifié, produit par le secteur à basse technologie, qui peut égale21

Nouvelles technologies

et chômage structurel

ment faire l'objet de transactions sur les marchés domestiques et mondiaux. Les caractéristiques peu différenciées de ce bien l'expose à une forte concurrence mondiale, et ne permettent qu'une faible marge de manœuvre dans la formation de son prix, dont l'élasticité par rapport à la demande est relativement élevée 1. - Un facteur capital à haute et à basse technologie pour chaque secteur respectivement, dont les prix sont fixés de manière exogène. - Un facteur travail qualifié et non-qualifié, respectivement pour les secteurs à haute et à basse technologie, nécessaire à produire ces deux types de biens2. Les salaires qualifiés et non-qualifiés feront l'objet de négociations séparées entre les finnes et les unions professionnelles.

Les

agents

de

l'économie

L'économie

considérée est composée des agents suivants:
à hauts, moyens et bas revenus, qui expriment cha-

- Les

ménages

cun une demande distincte de biens et de services à haute et à basse valeur ajoutée, détiennent un volume d'épargne, et offrent une quantité de travail qualifié et non-qualifié aux secteurs de production à haute et à basse technologie.
1 Les biens à haute et à basse valeur ajoutée sont des biens composites, dont la composition des paniers est différente selon leur origine et leur destination (domestique ou étrangère). Ils comportent des biens de consommation et des biens intermédiaires dans des proportions particulières. Ces biens se différencient par leurs caractéristiques spécifiques et ne sont pas de parfaits substituts; ils se vendent à des prix différents sur les marchés domestiques et mondiaux. 2 Les marchés du travail ne sont pas homogènes par rapport aux secteurs de production à haute et basse technologie, car les offres et les demandes d'emploi se discriminent sur base de qualifications et d'expériences spécifiques à ces secteurs. La mobilité sur ces marchés sera alors fonction des niveaux de qualifications acquis par les travailleurs. 22

Analyse du modèle

qui exprime une demande de biens à haute et à basse technologie aux secteurs de production domestiques3, qui fournit aux ménages des revenus de remplacement et des transferts, issus de prestations de la sécurité sociale, et qui assure le service de sa dette. Le gouvernement prélève des impôts directs sur les revenus des ménages et les profits des entreprises, prélève des impôts indirects sur la vente des produits, et dispose d'une ligne de crédit correspondant à un déficit admissible des finances publiques. - Le reste du monde, qui fournit à l'économie nationale une quantité de biens fmaux et intermédiaires à haute et à basse technologie à destination des ménages et des entreprises, et qui demande à l'économie nationale une quantité de biens domestiques à haute et à basse valeur ajoutée. - Les secteurs de production à haute et à basse technologie, qui offrent respectivement une quantité de biens à haute valeur ajoutée, ou des services qualifiés, et une quantité de biens à basse valeur ajoutée, ou des services non-qualifiés (privés et publics) à destination de la consommation finale et intermédiaire domestique et étrangère, qui demandent des quantités de biens intermédiaires aux autres secteurs de l'économie, et qui demandent des volumes de main-d'œuvre qualifiée et non-qualifiée aux ménages, nécessaires à la production de ces biens.

-Le gouvernement,

3 Le gouvernement est supposé ne pas adresser de demande de biens à haute et basse technologie aux secteurs de production étrangers (pas d'importations gouvernementales), car son intervention est motivée par une relance de l'économie nationale. 23

Nouvelles technologies et chômage structurel

1.b Les

LE COMPORTEMENT ménages

DES

AGENTS

Les trois catégories de ménages disposeront de leurs revenus courants et arbitreront entre les composantes de la demande finale selon leur fonction d'utilité (Stone-Geary) et leur contrainte budgétaire. Les ménages à hauts et moyens revenus disposent de leurs revenus du travail qui sont fonction du niveau d'emploi qualifié et non-qualifié dans les secteurs à haute et à basse technologie (relation 1.36.a de la figure 1.9 p.43; liste des variables p.44, et des paramètres p.48). Les ménages à bas revenus disposent de revenus de remplacement, issus des prestations de la sécurité sociale, et qui dépendent du niveau de chômage (relation 1.36.b). Les trois catégories de ménages disposent en outre de revenus extra-salariaux qui sont d'origines diverses; revenus patrimoniaux, issus de charges financières des entreprises, des ménages et du gouvernement, qui sont supposés être une fonction de la population active, et revenus de transferts du gouvernement aux ménages, issus d'autres prestations de la sécurité sociale. Les composantes de la demande finale des ménages sont constituées d'une demande de biens à haute technologie ou de services qualifiés, d'une demande de biens à basse technologie ou de services non-qualifiés, adressées aux marchés domestiques et étrangers (relation l.l.a de la figure l.l.a p.25), et d'une demande d'épargne (relation l.l.b); ces demandes seront représentées par un système de dépenses linéaires étendu ELES4 (LLuch, 1980).
4 Le système ELES est une extension du système LES à dépenses linéaires, où l'épargne est endogène, et est assimilée à un bien dont la consommation minimale est nulle. L'ELES est donc inclus dans la classe des fonctions de demande semiagrégée dont l'additivité assure la cohérence avec les comptes des agents. 24