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Observations sur la folie

De
364 pages
J.G. Spurzheim (1776-1832) fut l'élève et le collaborateur du phrénologiste Franz Joseph Gall. Cet ouvrage de Spurzheim, originairement publié en anglais en 1817 constitue un véritable traité de psychiatrie où l'auteur défend l'organicisme en pathologie mentale. Il y souligne qu'il ne faut pas se fier aux simples apparences pathologiques du cerveau des fous. Il croit que la connaissance approfondie et fine de cet organe conduira à la mise en évidence de lésions responsables des troubles psychiques. Ce livre influença grandement le développement de la psychiatrie américaine.
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OBSERVATIONS SUR

LA FOLIE

www.1ibrairieharmattan.com harmattan 1@wanadoo.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr

~L'Harmattan,2006 ISBN: 2-296-00325-7 EAN : 9782296003255

G. SPURZHEIM

OBSERVATIONS SUR

LA FOLIE
ou

sur les dérangements des fonctions morales et intellectuelles de l'homme
(1817-1818)

Préface de Serge NICOLAS

L'Harmattan 5-7, rue de rÉcole-Polytechnique;

75005 Paris

FRANCE
L'Hannattan Hongrie Konyvesbolt Kossuth L. u. 14-16 1053 Budapest Espace L'Harmattan Kinshasa Fac..des Sc. Sociales, Pol. et Adm. ~BP243, KIN XI Université de Kinshasa RDC L'Harmattan Italia Via Degli Artisti, 15 10124 Torino ITALIE L'Harmattan Burkina Faso 1200 logements villa 96 1282260 Ouagadougou 12

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Collection Encyclopédie Psychologique dirigée par Serge Nicolas
La psychologie est aujourd' hui la science fondamentale de l' homme moral. Son histoire a réellement commencé à être écrite au cours du XIXe siècle par des pionniers dont les œuvres sont encore souvent citées mais bien trop rarement lues et étudiées. L'objectif de cette encyclopédie est de rendre accessible au plus grand nombre ces écrits d'un autre siècle qui ont contribué à l'autonomie de la psychologie en tant que discipline scientifique. Cette collection, rassemblant les textes majeurs des plus grands psychologues, est orientée vers la réédition des ouvrages classiques de psychologie qu'il est difficile de se procurer aujourd'hui. Sur le même thème P. J. G. CABANIS, Rapports du physique et du moral (1802, 2 v.), 2006. P. PINEL, L'aliénation mentale ou la manie (1800), 2006. Dernières parutions Serge NICOLAS, Les facultés de l'âme, 2005. Pierre JANET, L'amour et la haine (1924-1925), 2005. A. BINET, La psychologie du raisonnement (1886),2005. Th. RIBOT, L'hérédité psychologique (1873), 2005. Hippolyte BERNHEIM, De la suggestion et de ses applications (1886), 2005. H. TAINE, De l'intelligence (1870,2 volumes), 2005. P. A. TISSIÉ, Les aliénés voyageurs (1886), 2005. Th. RIBOT, La psychologie des sentiments (1896), 2005. Abbé FARIA, De la cause du sommeil lucide (1819), 2005. W. PREYER, L'âme de l'enfant (1882), 2005. Morton PRINCE, La dissociation d'une personnalité (1906), 2005. J. G. SPURZHEIM, Observations sur la phrénologie (1818),2005. F. A. MESMER, Précis historique relatif au magnétisme (1881), 2005. A. BINET, L'âme et le corps (1905), 2005. Pierre JANET, L'automatisme psychologique (1889), 2005. W. WUNDT, Principes de psychologie physio logique (1880, 2 v.), 2005. S. NICOLAS & B. ANDRIEU (Eds.), La mesure de l'intelligence, 2005. Pierre JANET, Obsessions et psychasthénie (tome 1, vol I) (1903),2005. Pierre JANET, Obsessions et psychasthénie (tome 2, vol I) (1903), 2005. F. RAYMOND & P. JANET, Obsessions et psychasthénie(vol II) (1903),2005. Théodore FLOURNOY, Métaphysique et psychologie (1890), 2005. Théodule RIBOT, La vie inconsciente (1914), 2005. A. BINET & Ch. FÉRÉ, Le magnétisme animal (1887), 2006.

PRÉFACE DE L'ÉDITEUR Qui était G. Spurzheim 1 ?

Johann Christoph (Gaspar) Spurzheim (1776-1832) est né le 31 décembre 1776 à Longwich, près de Trèves (Trier), en Allemagne, d'un père fermier cultivateur de l'abbaye St. Maxime. En 1791, alors âgé de quinze ans, il s'inscrit à l'Université de Trèves en théologie. Déjà possesseur de solides connaissances en grec et en latin, il apprend l'hébreu, le français et l'anglais. Mais lorsque la guerre éclate contre la France, il est contraint de fuir l'Université en 1797 après les événements de Trèves. Il part alors pour Vienne et change d'orientation. Il se destine maintenant à la carrière médicale2. C'est dans ce contexte qu'il fait connaissance avec la doctrine de Franz Joseph Gall (1758-1828) dont il devient l'élève en 1800. « En 1800, dit-il, j'assistais pour la première fois à un cours que M. Gall répétait de temps en temps à Vienne depuis quatre ans. Il parlait alors de la nécessité du cerveau pour les manifestations de l'âme, de la pluralité des organes et de la possibilité de connaître le développement du cerveau par la configuration extérieure de la tête. Il indiquait plusieurs organes particuliers pour différentes mémoires et pour plusieurs sentiments; mais il n'avait pas encore commencé à examiner la structure du cerveau». Sous la pression du clergé et du gouvernement
) Pour une biographie: Carmichaels, A. (1832). A memoir of the life and philosophy of Spurzheim. Boston: Marsh, Capen & Lyon. - Capen, N. (1833). Biography of the author. In 1. G. Spurzheim, Phrenology in connexion with the study ofphysiognomy. Boston: Marsh, Capen & Lyon. - Capen, N. (1881). Reminiscences of Dr. Spurzheim and George Combe. New York: Fowler & Wells. - Walsh, A. A. (1984). Johann Cristoph Spurzheim: In memoriam. History of Psychology Newsletter, 16, n° 2, 1-6. 2 Ce n'est qu'en 1813 qu'il obtiendra son doctorat de la Faculté médicale de Vienne (en 1817 en Angleterre, en 1821 en France). Il soutint en effet sa thèse de médecine à la Faculté de Paris en 1821: Spurzheim, 1. G. (1821). Encéphalotomie, ou du cerveau sous ses rapports anatomiques. Paris: imprimerie Didot.

V

autrichien Gall cessa officiellement ses cours en décembre 1801. C'est à partir de mars 1805 que Gall et Spurzheim commencèrent à effectuer le tour des grandes villes européennes pour y propager leur doctrine. Ayant suivi Gall à Paris, le nom de Spurzheim fut associé très tôt à l'œuvre de son maître, d'abord dans le cadre de la présentation du fameux mémoire à l'Institut de France3 sur les Recherches sur le système nerveux en général, et sur celui du cerveau en particulier puis dans le cadre de la rédaction de du «grand» ouvrage4 Anatomie et physiologie du système nerveux en général et du cerveau en particulier auquel il ne sera associé que pour les deux premiers volumes à cause d'un désaccord qui eut lieu entre les deux savants entre 1813 et 1815. C'est à cette période que Spurzheim va répandre le système de Gall dans les pays anglo-saxons. Le premier ouvrage de Spurzheim est intitulé Outlines of the physiognomical system of Drs. Gall and Spurzheim indicating the dispositions and manifestations of the mind5. La même année (1815), il fait éditer à Londres un très gros livre6 The physiognomical systeln qui lui sert de référence pour son

Gall, FJ., & Spurzheim, G. (1809). Recherches sur le système nerveux en général, et sur celui du cerveau en particulier,. mémoire présenté à l'Institut de France, le 14 mars 1808, suivi d'observations sur le rapport qui en a été fait à cette compagnie par ses commissaires. Paris: F. Schoell & H. Nicolle.
4

3

Gall, FJ., & Spurzheim, G. (1810). Anatomie et physiologie du système nerveux en général

et du cerveau en particulier, avec des observations sur la possibilité de reconnaître plusieurs dispositions intellectuelles et morales de l'homme et des animaux, par la configuration de leur tête. Premier volume: Anatomie et physiologie du système nerveux en général, et anatomie du cerveau en particulier. Paris: F. SchoeIl. - Gall, F.l, & Spurzheim, G. (1812). Anatomie et physiologie du système nerveux en général et du cerveau en particulier, avec des observations sur la possibilité de reconnaître plusieurs dispositions intellectuelles et morales de l'homme et des animaux, par la configuration de leur tête. Deuxième volume: Physiologie du cerveau en particulier. Paris: F. Schoell. Les trois premières section de ce second volume ont été publiées un an auparavant dans un ouvrage: Gall, F. l, & Spurzheim, G. (1811). Des dispositions innées de l'âme et de l'esprit, du matérialisme, dufatalisme et de la liberté morale, avec des réflexions sur l'éducation et sur la législation criminelle. Paris: F. Schoell. 5 Spurzheim, J. G. (1815). Outlines of the physiognomical system of Drs. Gall and Spurzheim indicating the dispositions and manifestations of the mind. London: Baldwin, Cradock & Joy (332 pages).
6

Spurzheim, l G. (1815). The physiognomical system of Drs. Gall and Spurzheim ,.founded

on an anatomical and physiological examination of the nervous system in general, and the brain in particular,. and indicating the dispositions and manifestations of the mind. London: Baldwin, Cradock & Joy (571 pages). Ce livre eut une seconde édition améliorée et augmentée (581 pages) en juin de la même année (I815). Il fut remanié quelques années plus tard avec un nouveau titre, considéré comme la troisième édition de l'ouvrage: Spurzheim, l G. (1825). Phrenology, or the doctrine of the mind,. and of the relations between its manifestations and the body. London: Charles Knight (303 pages). La première édition américaine, connue pour être référencée en tant que quatrième édition: Spurzheim,

VI

enseignement en Angleterre. Les critiques vont être véhémentes; Spurzheim y répondra 7 en 1817. C'est de ce livre qu'il va extraire des chapitres qui, une fois développés, formeront tout une série d'ouvrages importants: 1° Observations on the deranged manifestations of the mind or insanity (1817)8; 2° Essai philosophique sur la nature morale et intellectuelle de l'homme (1820)9; 3° A view of the elementary principles ofeducationfounded on the study of the nature of man (1821)10; 4° The anatomy of the brain with general view of the nervous system (1826)11. Les phrénologues de cette époque, dont Gall et Spurzheim, pensaient que les maladies mentales avaient une base cérébrale. Les dérangements de l'esprit étant le résultat d'une désorganisation cérébrale, celle-ci pouvait être corrigée par le traitement et la rééducation. Les Observations sur la folie de Spurzheim traduites l'année suivante (1818) en français, constituent un véritable traité de psychiatrie où l'auteur défend l'organicisme en pathologie mentale. Il y souligne qu'il ne faut pas se fier aux simples apparences pathologiques du cerveau des fous. Il croit que la connaissance approfondie et fine de cet organe conduira à la mise en évidence de lésions responsables des troubles psychiques. Il est déjà sur la voie des recherches sur les localisations fonctionnelles en rapport avec des structures anatomiques topographiquement spécifiques.
1. G. (1832). Phrenology, or the doctrine of the mental phenomena (2 voL). Boston: Marsh, Capen & Lyon. 7 Spurzheim, J. G. (1817). Objections made in Britain against the doctrines of Gall and Spurzheim. London: Baldwin, Cradock & Joy (87 pages). 8 Spurzheim, 1. G. (1817). Observations on the deranged manifestations of the mind or insanity. London: Baldwin, Cradock & Joy (312 pages). - Traduction française: Spurzheim, 1. G. (1818). Observations sur la folie, ou sur les dérangements des fonctions morales et intellectuelles de l'homme. Paris: Treuttel & Würtz. - Traduction allemande: Spurzheim, 1. G. (1818). Beobachtungen über den Wahnsinne und die damit venvandten Gemüthskrankheiten. Hamburg: Perthes & Besser. 9 Spurzheim, 1. G. (1820). Essai philosophique sur la nature morale et intellectuelle de l'homme. Paris: Treuttel & Würtz. 10 Spurzheim, 1. G. (1821). A view of the elementary principles of education founded on the

study of the nature of man. Edinburg: Arch. Constable & Co. (360 pages) (la seconde édition de 1828 publiée à Londres par Treutell, Würtz & Richter sera améliorée et augmentée) Traduction française: Spurzheim, 1. G. (1822). Essai sur les principes

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élémentaires de l'éducation. Paris: Treuttel & Würtz (224 pages). - Pour les éditions américaines: Spurzheim, 1. G. (1832). A view of the elementary principles of education founded on the study of the nature of man. Boston: Marsh. Par la suite on trouve de nombreuses éditions de l'ouvrage sous le titre: Education, its elementary principlesfounded on the nature ofman. Il Spurzheim, 1. G. (1826). The anatomy of the brain with general view of the nervous system. London: S. Highley (234 pages). La préface contient des éléments sur la rupture avec Gall. La première édition américaine date de 1834.

VII

De fait, les patients doivent pouvoir être traités par la rééducation des processus responsables de la suractivité des facultés indésirables et par la rééducation des processus responsables de la sous-activité des facultés désirab les. Ce livre influença grandement le développement de la psychiatrie américaine; il fut d'ailleurs édité12 en 1833 à Boston par l'aliéniste Amariah Brigham (1798-1849) fondateur de l'American Journal of Insanity (1844) 13. Propagateur du mot phrénologie, Spurzheim l'utilisera la première fois en 1818 dans le titre d'un ouvrage14 : Observations sur la phraenologie (1818). Ce livre proposera un autre système phrénologique différent de celui de Gall15 dans la mesure où Spurzheim enseigne qu'il n'y a non pas vingt-sept mais trente-cinq facultés fondamentales. À partir de cette date sa productivité scientifique en langue française et en langue anglaise a été considérable. Entre autres ouvrages dont nous avons déjà parlé, c'est en 1825 que paraît à Londres View of the philosophical principles of phrenology16 et en 1826 Phrenology in connexion with the study ofphysiognolny17. Pendant de nombreuses années Spurzheim vécut à la fois en France et en Angleterre où il donnait des lectures à un audito ire nombreux (généralement à une centaine de personnes mais on a compté jusqu'à 700 personnes au London Institute en 1826). En 1831 il décide de rester à Paris surtout à cause de son échec à obtenir la chaire d'anthropologie du London College. C'est à cette époque qu'il est invité aux États-Unis, il y voit l'occasion de propager sa doctrine. C'est avant de

12 Spurzheim, 1. G. (1833). Observations on the deranged manifestations of the mind or insanity. Boston: Marsh, Capen & Lyon. Réédité en 1970 chez Scholars' facsimiles & reprints à Gainesville (Florida) avec une introduction de A. A. Walsh. 13 Carlson, E. (1958). The influence of phrenology on early american psychiatric thought. American Journal of Psychiatry, 115, 535-538. 14 Spurzheim, 1. G. (I818). Obsen'ations sur la phraenologie, ou la connaissance de l 'homme moral et intellectuel, fondée sur les fonctions du système nerveux. Paris: Treuttel & Würtz. Cet ouvrage a été réédité chez L'Harmattan dans la collection Encyclopédie psychologique à Paris en 2005 avec une préface sur le système phrénologique de SpurzheitTI. 15 Cf Gall, F. 1. (2005). Sur lesfonctions du cerveau (vol. I, 1822). Paris: L'Harmattan. Les autres volumes devraient paraître sous peu chez le même éditeur en 2006. 16 Spurzheim, 1. G. (I825). A view of the philosophical principles ofphrenology (Je édition). London: Charles Knight (216 pages). Ce livre connaîtra de nouvelles éditions généralement réduites sous le titre par exemple: Spurzheim, 1. G. (1833). Philosophical catechism of the naturallaws of man (3e ed.). Boston: Marsh, Capen & Lyon.

17

Spurzheim, 1. G. (1826). Phrenology in connexion with the study of physiognomy.
Spurzheim, J. Marsh, Capen

London: Treuttel, Würtz & Richter. - Pour la première édition américaine: G. (1833). Phrenology in connexion with the study ofphysiognomy. Boston: & Lyon.

VIII

partir qu'il fait imprimer un Manuel de phrénologie18 qui est un abrégé de ses Observations sur la phraenologie de 1818. Le 4 août 1832 Spurzheim débarquait aux États-Unis pour y enseigner sa doctrine qui eut un grand succès à Boston et à Harvard 19.Il meurt subitement à Boston (Massachusetts) du choléra le 10 novembre 1832. Il est inhumé au Mount Auburn Cemetery à Cambridge (USA).

Serge NICOLAS Professeur en histoire de la psychologie et en psychologie expérimentale à l'Université de Paris V René Descartes. Directeur de L'Année psychologique Institut de psychologie Laboratoire « Cognition et comportement» CNRS 71, avenue Edouard Vaillant 92774 Boulogne-Billancourt Cedex, France.

18

Spurzheim,

1. G. (1827). Outlines ofphrenology;

being also a manual ofreferencefor

the

marked busts. London: Treutell, Würtz & Richter. (101 pages) - Première édition française: Spurzheim, J. G. (1832). Manuel de phrénologie. Paris: Porthmann. Ce livre de 71 pages a été réédité récemment en tant qu'annexe dans Spurzheim, 1. G. (2005). Observations sur la phraenologie, ou la connaissance de l'homme moral et intellectuel, fondée sur les fonctions du système nerveux. Paris: L'Harmattan. - Première édition américaine: Spurzheim, 1. G. (1832). Outlines of phrenology. Boston: Marsh, Capen & Lyon.
Sur cette période voir: Walsh, A. A. (1972). The american tour of Dr. Spurzheim. Journal of the History of Medicine and Allied Sciences, 27, n° 2, 187-205. C'est à partir de cette période que de nombreuses éditions de ses œuvres vont paraître aux Etats-Unis.
19

IX

OBSERVATIONS

SUR LA FOLIE,
ou
SUR LES DÉRANGEMENS DES FONCTIONS
,

MORALES
;

ET INTELl,ECTUELLES

DE

L HOniME

PAR G. SPURZHEIM,
AVEC
DEUX

M. D.

PLANCHES.

-

~,' ~~

.J._

A PARIS,
Cllez TREUTTEL et WÜRTZ, Libraires, BOtlrboll, n° 17; rue de

A. STRAS:nOURG et à LONDRES
~ ..........,..

, m~me

Maison de commerce.

1818$

"'<I1~

PRÉ



C E.

L'ANA.TOMIE, la physiologie et la pathologie sont intimement comprendre conséquent sans les connaître liées, et l' on ne peut des fonctions de ce volume et sur on le dérangenlent les Observations

dans l'état de santé. Pal-dans les idées que

trouvent leur explication la physiologie

nous avons publiées sur l'anatomie .Dans l'anatomie ture et d'après semhlables et la physiologie,

du cerveau. et des nerfs.

peut établir des divisions d'après la strucles foncti<;>ns des organes on range les os ; par exemple,

dans une classe, les muscles dans une autre, les vaisseaux sanguins dans une troisième, et ainsi de suite; séparément on peTIt même considérer des parties, telles que les yeux,

les dents, le foie, etc. Quant à la patho....

vj

PRÉ

F ACE.

logie, il est à regretter que, dans ]Jeauconp de cas, il faille S<1contenter de divisions nosographiques ou de descriptions symptomatiques, fonctions, d-'après les dérangemens des au lieu d~étuaier
~

les principes

c'est-à-dire d'une doctrine qui considère la nature des maladies. En effet

d-'une vraie pathogénie

pas restreinte à des classes d'organes, mais la même maladie peut attaquer différentes part]@s du corps, et doit produire différens symptônles, ou dérangemens des fonctions, parce que la structure et les fonctions des parties sont différentes.. Les mêmes considérations s'appliquent aux nerfs et au cerveau.. Quant it l'anatomie et à la physio]ogie" ses organes peuvent être étudiés séparément; mais je ne peux pas traiter des maladies du système nerveux en général, et du cerveau en particulier, parce que les :m~mes. causes qui

"

la nature

des maladies

n'est

PRÉFACE.

vij

dérangent les fonctions des autres organes peuvent attaquer ,aussi les nerfs et le .cerveau. En outre, la vie organique est pour.. vue de nerfs, et par conséquent sujette à des maladies nerveuses, comme dans la c,ardialgie, la dyspepsie, la colique et r'asthme ; mais l'examen de ces désordres n'est pas l'ohjet de cet ouvrage. Je ne dirai pas non plus avec Cullen, Murgrave, J. Hoffmann, Tissot et autres, qu'il y a maladie nerveuse toutes les fois que les nerfs souffrent, parce que, dans cette signification, chaque affection.devrait être nomn1ée nerveuse; ni avec Vhytt, qu'il Y a également maladie nerveuse quand la sensibilité est exaltée, parce que, selon cette définition, la paralysie n'appartiendrait pas aux maladies nerveuses. Une troisième raison, qui fait que je ne dois pas parler séparément des maladies des nerfs et du cerveau, c'est que la vie automatique et la vie animale sont dans

é. ~ \lIIJ

,. :PREFACE.

une relation tellement dépendante rune d.é l'autre que l'une devient souvent la cause des dérangemens de l'autre. Par conséquent je ne prendrai en considération que les dérangemens des fonctions de la vie animale, c'est-à-dire du lTIOUVementvolontaire, des cinq sens, et des manifestations de l'âme et de l'esprit.

~

[

.

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OBSERV ATIONS

SUR LA FOLIE.
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

INTRODUCTION4

L'EXAMEN des aliénations mentales est Un objet qui intéresse beaucoup l'espèce humaine; car chaql1e }ndividu peut en être atteint, le pauvre 'et le riche, le sobre laboureur et son nlàÎLre qui vit dans la mollesse. Chacun doit donc soul1aiter Je progrès de cette hran,che de }'art nlédical. Si l'amour de soi-nlêl1.1e n'était pas suftlsant, j'ifiviterals à considérer l'état déplorable des aliénés. En effet, quico11que a été témoin des dérange.... nlens qui ont lieu dans les nlanifestations des sep.-,
tinlens et des facultés intellectuelles, et a vu, pali

exemple , que quelques n1alades senterlt des an.. goisses inexprimables, et s'inlagil1ent être les objets de la persécution civile ou les victimes de la vengeance divine; que des êtres d'un naturel

doux el pacifique, durant les accès de leur ma'" ladie , paraissent être inspirés par le démorl de
1

.2

OBSERVATI'ONS

la malice; que des, personnes connues pour ]eurt probité épl'ouvent un instinct irrésistible à voler; que d~aulres sont poussées par une inclination féroce à ]ivrer aux fIamnles tous les objets d'une nature conlbuslible, ou à souiller leurs mains dans le sang humaill.; que des fen1mes modestes s'abandonnent à des sentimens de libel"tinage et de débauche; que des misérables s'imaginent être , A .!II . . eveqllcs, papes, seJgneurs, mInIstres, rOIS, em.pereurs; etc. ; quiconque, dis-je, a remarqué que souvent les aliénés perdent non...seulement la santé du corps, nlaÎs allssi l'usage de leurs facultés mo~ raies et intellectuelles, et par suite leur liberté personnelle, doit, par l'amour de soi-mên1e et par

l'an1Qur du prochain souhaiter que celtè branche -' de }'art l11édical soit n1ieux cultivée.
Il est généralement admis que l'aliénation ITIe,ntale et la manière de la traiter ne SOlIt pas assez connues. En effet, cette étude a été trop négligée. On a fait des progrès dans le traite111ent des autres maladies; filais peu de personnes se sont occupées de cette espèce de désordre. Il n'y a pas d'ouvrage d'Hippocrate sur cette nlaladie ; il est incertain s'il en a écrit un, ou si ]'ouvrage a été perdue Dans son traité de l'Epilepsie, il considère la bile :mêlée au sang et transportée au cerveau C0111mela cat1Se de l~a" liénatioll1uentale. La bile noire, par exe111ple,est :I

BUR

LA FOLlE,

5

6e1fJnlui, la cause des passions sombres, telles que le soupçon, la jalousie, la haine, la ven~ geance; tandis que la bile jaune produit une grande irritabilité et l'extravagance. La pituite, d'après luiJ agit comme un sédatif en dimi'nuant les opérations de }'ânle, et en prOdtlis3nt une g~ande dépression des esprits, comn1e dans la peur, l'angoisse et le désespoir. Arétée, Ce]sus, Âurélianus et TraIIÏanus sont les principaux autenrs qui ont écrit sur l'aliénation mentale. Les xnédecins arabes ont adopté les opinions des Grecs et des Romains, en les n10difiant toutefois selon les circonstances et leurs propres pré~ jugés. «Desrnédecins d'une époque plus récente , dit le docteur Davis, traducteur anglais de l'ouvrage de
MIj Pinel, 011t négligé }'étude des désordres de

l'esprit. On ne permettait au :malheureux aliéné, dit il, que de vivre de pain et d'eau, cou-~hé sur un lit de paille et attaché avec une clJaÎ11e il la lTIuraille d'une cellule obcure et solitaire, COl11me un être indigne de toute sollicitude, étant ainsi victime de la maxime paresseuse qui établit que l'aliénation n1entale est incul'table. Il est remasquable que, de toutes les maladies aux.. quelles l'espèce humaine est sujette, cene~ci a été la plus négligée.

-

{(

Les traités qui ont été publiés sur l'aliénation

40

BSERVATIONS

nlentale depuis la renaissance de la littérature ~n Europe, ne datent que depuis peu d'années, el, à l'exception d'un très-petit nombre, jls ne sont que de&annonces d'étabJisse111ens sous la direc.. tion des auteurs respectifs. Ces publications, sans être méprisables, n'ont pas beaucoup contribué à }'explication de la théorie, ni aux progrès d'tln traÎten1:ent plus heureux. Elles ont rarenleI}t nloDtré des démarcations exactes des variétés des aliénations m.entales dépendantes soit des tempéramens, soit des habitudes:J soit des facultés spécialement exercées ou de toutes autres causes, connaissances essentiellement nécessaires pour la pratique. Sans avoir des vues nosologiques de la Il1aladie, les professeurs de cette branche médicale se sont livrés à un traitement routinier propre plutôt à discréditer qu'à faire avancer nos connaissances, en établissant des principes invariables~ ») Du temps de Locke, l'aliénation mentale était regardée comme un grand opprobre. Il n:Jy a que peu de temps que les aliénés commencent à être considérés C0111me ohjetsdignes des soins des des gouvernemens. Dans quelques pays il leur e~stencore permis d'errer et d'être ainsi Ja terreur du faible et l'horreur de }'hOIl1lDe de bien. Des Il1édecins même négligent ces victimes, ou les renferment comme des êtres dégoûtans et ter-

sun LA FOLIE.

5

ribles. Beaucoup d'établissemens de œtte espèce ont la réclusÎon pour but principal, et là les vues médicales ne paraissent que secondaires. Les causes de notre ignorance, par rapport à l'aliénation n1entale, sont nombreuses. D'abord l'exatnen de cet objet est très..difficile; il est souvent considéré comme inaccessible à l'art m.édi~ cal. Au lieu de multiplier les observations et de profiter de toutes les occasions qui s'offrent, peu de n1édecÎns s'occupent de cette branche. Ceux qui auraient cet avantage se trouvent souvent engagés dans d'autres soins, et, faute de temps, ne peuvent diriger leur attel1tion vers cette étude. Beaucoup d'autres sont effrayés de toute il1llovation ~ et, au lieu d'exercer leurs propres facultés de réflexion, suivent les doctrines de leurs prédécesseurs ou des contemporains qui peuvent influencer leur éta1 social. En effet, il est douloureux de voir que des l11édecins (lui sont attachés aux établjssemens publics de fous ne COIDIDU-\ niquent pas assez les résultats de )eur expérience. Je pense, avec M. Pinel, que celui qui .cultive la ll1édecine doit observel" une conduite franche et loyale, sans cacher les obstacles qu'il rencontre dans sa marche, et qu'il ne doit pas sentir de la répugnance à faire connaître ce qu'il a découvert. Cependant le contraire a sou-

vent lieu. En. Angleterre

, j'ai rencontré

des mé-

6

OB SEn v AT ION s.

decins qui ne pernlcttent à personne de voir leurs institutÎons, et qui, comnlC M. Pinel le dit, sous Je voile d'actions secrètes, tachent de donner la sanction à des prétentions auxqueUes ils n'auraient peut-être pas de droits réels. Il est pourtant juste de dire aussi que d'autres ont des idées plus élevées, et savent distioguer le visitelll' qui ]es jnconln1ode dans Je seo] but de satisfaire sa curiosité, de-celui qui veut s?instruire par l'ob... servation. L'étude de l'aliénation me11tale est teJlcll1ent négligée el en arrière, qu'elle n'est point e11seignée dans les écoles publiques Gomme branche d'instruction ll1édicale ; tandis que dans certair!es univer... sités les, étudians sont obligés de suivre des cours StIr l'art vétérinaire. Tout ce que les lllédecins savent, de l'aliénation ll1entale n'est que le fruit de Jeur propre expérience. Cependant la connais. sa\nce de l'honlnle moral et intelle.ctueI, comn1e le docteu r Rush Jedite I) ,est si importante,n1ême dans la pratique générale ~ qu'elle devrait être le vademecum de tout médecin; et il est ill1possible de cOll1prendre les dérangenlens des nlanifestations de l'âme et de l'esprit sans connaître l'homme nl0ral et intel1ect"Qel dans l'état de) santé. En effet, l'histoire de l'alié11atÎon mentale est
(I) ,sixteen tntToda lectures, Phil. 1811, page 266Q

SUR

L A FOL

I E.

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néces5.airenlent liée à celle de la philosophie; c'est pourquoi les explications des dérangenlens de cette nature ont toujours été adaptées aux opinionsphiIosoplliques des écoles. Les anciens philosophes, qui admettaient l'âme du monde, QUiCOi1sidéraient fâme de l'homme conlme en étant une éll1anation, et qui regardaient la matière cornrne inerte. ~ et chaque action comme le résultat de quelque esprit; ceux qui attribuaie'nt toutes les opérations de l'homtlle au méJange des élémens des. CQrps, QUqui croyaient à deux principes, l'un bon, l'autre mauvais; c.eux qui adoptaient l'exis-leD,cedes esprits de différens ordres, et une relation entre les mondes spirituels et corporels; ceux qui supposaient que des esprits invisibles molestaient l'âme humaine", ou qui croyaient que }'ânle de l'homme était"pu~e etincorruplib,le, et que la matière ~seulement,en troublait les fonctions, expli... quaient ,di£férem.m.ent les alié,nations mel1tales, et modifiaient~leur plan curatif selon leufs olpinions. théorétiques,. Les premiers :métaphysicie,ns de l'Egypte cl'étachèrent l'histoire de l'âme des recherches des philosophes de.la nature, et ils attribuèrent les dér!lagème~s de ~es manifestations à un agent indépendan~t..,d~l'.organ.isation. Cette opinion a été propagée et adoptée par les siècles qui suivirent. Les prêtres., qui disaient que les aliénations mea..

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OBS E ltV AT ION

S

tales étaient produites par des esprits mécnans , prétendaient aussi qu'ils avaient pouvoir sur la. cause invisible" et avaient recours à }'exorcisnle. Dans ]es derniers temps, l"influe'Dce de }'organÎsalio"n sur les nlanifestatÎons de }'ânle a été exanlinée avèc plus d'attention, et le cerveau et les l1erfs Ollt acquis un degré d'inlportànce qu'ils li'avaient pas dans les opinions des anciens physiologis-tes. En effet, il est hors de doute qu'une connaissance parfaite des facultés de, l'âme et de l'esprit, et des conditions sous ]esqueUes leurs Dlallifestat10ns ont lieu, doit conduire à des idées p]us exactes par rapport à leurs dérangemens. Ainsi nous nous flattons que nos recherches anatonl]«]UeS et physioIogiql1es deviendron.t la based'une nouvelle théorie des aJiénatio11s n1enta]eso Chacun doit dire avecM. Haslal11,CI), que Cf uand q les fO'lctÎOllSdu cerveau selifontparfaitemellt connues, el ]'l1sage de chaque parlie cérébrale détern1iné, no-us ser'ons en état de juger jusqu'à quel point la maladie qui attaque les parties peut augnlenter, dÎmlnuêr ou altérer les fonctions. Il y a des consid~rations générales en patholo... gie qui ne sont point encore appliquées au traitement des a]iénations l11entalesi.Cep'endant puisque, sous beaucoup de rapports, les ma]adies de
(1) Qbservations all, madness., 2d édît. "pag. ~5,..

SUR LA FOLIE.

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la vie anima]e doivent être traitées co~me celles de la vie automatique, et que les nlédecins ne doivent jamais pe-rdre de vue ces considérations, je vais essayer d'en faire mention, mais seulement d'une nlariière succincte (I). En n1édecine, la première notion, qui est fondamentale, m'et une différence entre les syn1.... ptÔmes et la maladie. Quand les fonctions du corps GUde ses parties sont dérangées, ce ne sont pas

les fonctions dérangées t mais ]a cause de ces dé1"mgemens et l'état dérangé de l'organisation qui constituent la maladie. Par conséquent la plupart des mala'dies prétendues ne sont que des symptôrn.es et 110\n es êtres séparés, C9mIlle M. B.fOUS" d sais:J~ dit très.bien. L'honlme est trop di~posé à )1erson:tiifier les:phénomènes. Le dérangement de la ci~ci1lati~n ~du',"sai:fg- de la tenlpérature du et corps, "'par -e;x:emple, est représenté connue un ~tre l1ée!sotls,Îe.notn dejièvre , etc. ])an8 chaque ma]ade, la 'con~titution physique m:érite "uneaftention particulière, 'sous le point

C,ily~Le docteur Ga11 a examiné cet objet avec détails dans un ouvrage ,intitulé: Philosoplzish-Medicinische Unter8uchu~gen ue.z,er Nalur und Kunst lm gesu71delz und "lêranTren Zustande des Menschen. Wlen. 1791.11 n'a l)ublié

que deux chapitres; mais quiconque ]es a lus avec attention doit're~retler que l'ouvrage ne soit pas achevé.

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OBSERVATIONS

de vue de la susceptibilité maladive et de la POSd sibilité d'être guéri It Elle diffère d'une nation à une autre, et chez les djfferens individus de la rnêl11e nation. Les peuples civilisés sont, à cet égard, exposés à beaucoup de souffrances inconnues a~x sauvages; et ceux-ci supportent avec une grande for(~e les affections douloureuses dont la dixièn1e partie tuerait les hommes délicats de nos sociétés civilisées. Tous les l11édecins attentifs savent con1bjen les personnes faibles et cachectiques sont aisément atteintes, et avec quelle facilité leurs fonctions subissent de profondes altérations par des causes les plus légères, qui ne feraient mêl11e ~uc,une sensation sur des individus forts et robustes. N on-seule-nlent ]a faiblesse générale, doit êtrel prise en considération, D1ais aussi la faiblesse locale doit être soigneusement observée. Il est peu de personnes qui n'aient pas une partie plus, faible. Dans beaucoup de familles la faiblesse de certaines parties est n1ême hérédItaire; et c'est pour cela que la n1ên16 cause produit souvent des synlptômes tout-à-fait opposés chez les différens malades. Ici elle affecte )a tête, Jà la poitrine, l'àbdol11en chez un troisiènle , de sorte que les m'édecins sont souvent trompés, et sont ainsi il)duits à admettre et à regarder les différens symptômes COp'1me des n1aladies différentes: de là Je typhus perveux,

SUR

LA

l"OLIE.

JI

le typhus -lymphatique, les fièvres cerébrales, catarrhales et gastriques. Il importe surtout de ne pas perdre de vue que les causes du dérangement sont toujours en re-lation avec Ia constitution physÎque. C'est aÎnsi 'qu'on observe que certaines n1aladies épidémiqn:es âttaq1.1ent certaines espèces d'animaux, tandis' q.ue les autres en sont préservées, ou q,ue , (lans )a mê,n1e espèce, ce sont les individus robustes et, non les faibles. Les affections Înflan1nlatoires, par exempJe, sont plus dangereuses dans tIn m:alade que dans un autre. La disposition plus ou moins susceptibJe dépend encore du sexe, du tettlpéran1ent" de l'âge, du climat, de la saÎso11 et du temps, de la nature de ]a maladie et de ses p~riodesio ,La in-ême maladie attaque un système plutôt qu''Ull 'aut!-e, ét dans ses diverses périodes èUè parattcdans dés systènles différens. Chez le même individu ltirrit'abilifé varie dans l'état de santé et de ma]adie; de là l'impossibilité de tirer des conc1usions exactes, et d'établir deBSYStè111cs cu.ratifs abrolns et uniformes. Dans le traitèn1ent curatif il est nécessaire, d'abord, de distinguer la force médicatrice de "la nature de l'influence de l'art; il faut encore COII-naltre Jes'conditlo\1s indispensables à la nature, son effica'cité ou son impuissarlce. Ce n'est que, pourvus de ces données préliminaires, que nous

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OBSERVATIONS

pouvons l'i11~iter,]a fortifier ou l'affaiblir,et surtout diriger sa manière de procéder. C'est la nat1)re qui conserve l'état de santé, et la nature est l'agent principal dans la guérison des maladies, c'est-à-dire, dans le rétablissement dèS fOllctions dérangées. En effet, il Y a un grand nombre d'affections que la nature seule guérit. Son pou-voir énergique est é\Tident, puisque la santé des malades est rétablie par des traitemens différens , et quelquefois mênle tout opposés. C'est aussi pourquoi les plus grands n1édecins ne sont pas d'accord StIr l'enlploi de remèdes, d'ailleurs trèsefficaces. Chacun attribue à ses prescriptions le succès qu'il a obten1.1, tandis que Je malade doit souvent sa guérison à la nature seule. Van-HellTIOnt eut donc raison de dire. : et Omnes acade-miarum potestates connexœ tantum non possun.t qZlam natura absque illis:J sua sponte.J potest atqlte facite » Il est certain que, dans beaucoup de cas, on ferait l11ieux de ne pas dérarJger la nature. Les moyens curatifs que la nattire en1ploie sont variés, et c'est pour ce]a que les symptôl11es, et surtout les périodes des maladjes et leurs crises doivent être soigneusement observés.. Ell outre, les parties affectée~ leul"excitabilité, leur sympa.. thie, l'habitude, et, jusqu'à un certain point, l'Ïas.., tinct du malade ,.dQivent être examinés.

SUll LA

FOLI:!.

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Cependant il Y a des cas où le pouvoil' de
la :nature est insufnS3lnt, et où UIIprocédé raison.... nable restaure la santé, tandis que la nature impuissante succombe. Hippocrate, qui a tant , o b s~rve' celte meme Ilature, a trouve que b eaucoup de nlaladiès sont mortelles, tandis qu'aujourd'ih.ui elles,sont guéries par l'art. C'est pourquoi Asclépiade appelait le procédé d'Hippocrate une contemplation de la mort. La nature, par exemple, est ordinairen1ent impuissante dans les cachexies, le scorbut, les scrophules , les obstructions; les indurations, les hydropisies, la diarrhée: ou,la dysenterie invétérée, etc~ Il faut encore admettre que quelquefois la nature guérit ces maladies; mais, assistée par l'art, elle prod.uira le mên1e effet en moins de temps que lorsqu'elle est abandonnée à elle-même. Dans le traitement médicàl de toutes les D1aladies, il est de la plus haute importance de
A

.considérer les forces corporelles ou con1n1eon
"

s'e~prime ordinairement, les forces vitales. Leur i aenee est perceptible non-seulement dès l'ori.. gine, mais aussi dans le progrès et la terminaiSO~ de chaque maladie, dans la convalescence et les rechutes. Sans les forces vitales l'art nlédical ne peut rien. Des hommes faibles lie sont pas seulement sujets à un grand nombre de ~lDaladies, mais leurs affections sont aussi plus

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OBSERVATIONS

dangereuses. Dans des persollnes 'épuisées ]e~ lTIaladies dégénèrent aisénlent, et suivent un cours moins régulier. C'est pourqu,oi dans des tnaladies peu dangereuses, quand les forces vitales vie'nrlent à être trop diminuées par l'art, des symptômes effrâyans et des suites illcurables en sont le résultat. La convalescence dépend encore de la corlservation on de la restauration des forces vita]es, et les rechutes sont plus ou moins nombreuses d'après }'état de la convalescence. Hippocrate, qui a négligé de soutenir les forces corporelle,s, a observé beaucoup de rechutês. I-Ies forces vitales étant. de cette inlportance, il ~st fâcheux que leur estimation soit si difficile. Chaque maladie, 111ê111e chaque individu, pré-sentent des particularités. Les n1êmessynlptômes indifférens dans un cas, indique11t un danger iI11mÎnent dans un autre, et dans des n1a]adies mortelles ils lIe se voient n1ême point. Pal' coôsé.. ouent il faut connaître la n1arche entière de ~

chaq.ue n1aladie , et les symptômes qui paraissent dans toutes les circonstances. L'état de faiblesse l11él'Îte une attention par.. ticulière de la part du praticien. La division que Gall a établie da11s l'ouvrage mentionné, et (lui est fondée sU191aIlature, me paraît être la plus lltile : il déll10ntre l'Îr11portance lte distinguer la suppression, la fatigue et l'épl1.isen1ent des forces

SUR

LA

~'OLI:g.

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vitales. Ainsi des hommes sanguins et robustes, auccomnlencement d'une affection i11flammatoire, se sentent faibles, Je pOll1smême est quelquefois supprimé. Cependant des sajg11ées et l'appareil débilitant ôtenl la sensation de la faiblesse. Cet étal de suppression peut être causé par le sang, l?état saburral des intestins, par des n1aladies çontagieuses, etc., et il peut être soupçonné toutes les foÏs .que ni des ma]adies chroniques. BÏ des çauses débilitantes n'ont précédé; c'est encoreJe ,cas quand les forces tombent subitement, et que_les médÎcamens slÎnlulans at1gmen-t~nt les symptômes; ou quand des symptônle~ d"une faiblesse extrême et d'une force excessive paraissent alternativement et subitement. Dans d'autres cas, la sensation de la faiblesse ~est que le résultat de la fatigue, et alors il ne fant q~e du repos. Cela a lieu après des attaques convulsives, hystériques et }lypocondriaql1es, après une longue continuation de ]a rn.ême fonction, telle que n1arc}1er, nager, rester debout, parler, veiller, réfléchir, etc. Cette sor.te de faiblesse est souvent tron1pe1.1Se, pa:r:ce qu'e]le offpe les nlêmes symptômes qt1e l'épuisement. Le visage est quelquefois pâle, les yeux immobiles, le pouls faible et intermit-, tent; le malade paraît être presque mort; nlaÎs la faiblesse disparaît bientôt. Seulernent, QU\l11d

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OBSERVATIONS

la cause de la faligue continue trop IOr1g-u~mps et agit avec une violence excessive, }'épuisenlent véritable succède, et le plan curatif doit être :modifié. La troisième sorte de faibJesse est fondée sur }'épuisemest, qui adn1et différens degréso Les causes s,ont nombreuses, te1les que des maladies graves et chroniques, des évacualiorls copieuses, une grande perte de Sen1ence , des hémorragies, le n1anque de nourriture, des affections pénibles , des indispositions qui enl pêchent la nntri.. tion , etc. Toutes ces COllsidératio.ns s'appliquent aux maladies de la vie anin1ale , et j'ai l'intention de prouver que la doctrine des dérangenlens des nlanifestations nloraIes et intellectuelles doit être réduite aux principes généraux de la pathologie.

SUR
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PREMIÈRE PARTIE.
Dérangemens des Sens extérieurs.
LE s maladies des sens extérieurs doivent être définies eon1me celles de toute autre partie du corps. Ainsi il y a maladie dès que Ja voIoflté n'a plus d'influence sur les muscl~s, ou si les sensations des cinq sens sont trop ou trop peu énergiques, ou enfin si elles sont a)térées. Ces affections sont examinées dans la pathologie gé.. nérale; on lest range dans la: classe des névroses,. et on les réunit avec les autres maladies ner.... yeuses de la poitrine et du bas-ventre, telles que J'asthme, la toux convulsive, la dyspnée, la cardialgie et la colique. Les fOIlctions ,de 'la vie aut9tnatique et. de la vie aninlale étant essen-tie)Jement différentes, je séparerai les chapitres . qui traitent de leurs lésions. Cependant il faut remarquer que les causes de ces detlx sortes de dérangemens doivent être réduites aux n1êmes principes; attendu qu'elles affectent toujours l'organisation. Par cons.équent, pour bien traiter les dérangemens de la vie aninlale, il faut connailre les principes de la pathologie générale. Je 2

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OB SE RVAT IONS

ne donnerai ici qu'un abrégé des dérangemens des fonctions des cinq sens, parce qu'ils sont détaillés dans Beaucoup .d'ouvrages nosologiques, bien qne je pense que noS connaissances sont encore susceptibles d'tlne grande amélioration dans ce genre; nIais n'étant qtl'Un objet secondaire de cet ouvrage, je ne ferai que les indi.. quer pour nlont\rer leur con'nexion .avec les autres maladies ,et surtout ramtlogi-e iJu'il a entre Jes déraogemens -(l'CsSet)SIextériectrs .e;t'ceux des mal'i~£egt"8.tioo!s rame et de r espl'il. C"est' sous de Cf) point de \Toe que n1'CSoonsidérations par ràprpGl't aux SellS~xtérieurs dt)i~nt être flues.

y

CHAPITRE

PREMIE'R.

Des D.é,.angelnens du mOUflement volontairep IL me semble qu'il n'y a pa's de maladie-parti-'eulière a&x muscles; ils. sont 'seulement affectés par dift'.érentes causes comUle, les .autres parties du corps; par exemple, par l'inflamn1ation, la syphilis, ia fièvre inlern1ittente, la contagion. I-deur structure et leurs fonctions étant' différentes, il est clair que, dans }'état de maladie, ils p,rése.ntent des symptômes parlicu/liers. Pair €onséqu.en't ]a chorée, le tétanus, le trismus, l~épilepsie et les oConvuIsions en général ne peuvent -pasêtre consi.

£un.

LA .rOLl E.

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érég comme des maladies des l11uscles, mais comme l'effet de diverses causes. Cette idée est 44utant plus rationnelle, que la même cause produit daDs \in i11dividudes convulsions en généI"al; daus "n, autre, la chorée; dans un troisièn1c) J'épij ou le tétanus, Oil Ie trismus.
CONrULSIONS
BT SP.4SMES.

Chaque contraction et relaxation involontaire des nb~~s lDusaulaires ~st appelée cQnvulsion-, Landiaque la simple contraction porte le non1 de .asme.~ Les ~convulsions admettent des n1odificaiiOnsnomJjr~uses; ell~s ont lieu dans tout le corps OU tlaes cerJaines parties~; eJles durent plus ou _Uil1S\ 1 g~temps, sont continues ou inter111il~ J,pérjQdi«pIeso~ irrégulières, accompagnées "VI:èou ~~ns fièvre, douloureuses ou insen., etl_.Â¥ces~roodjtications on a donné des nonlS tféten6).On~appelle'j par exenlp]e, tétanlls l'état
10Ùdes muscles SOQl)igides et in'lmobiles; r chorée
J

Itvemens involontaires du c()rps, soit d'ut\ l-é, soit d'u11eseule partie, qllÎ ne sont pas doua r~x, et qui ne p1"Îvent pas non plus 1e nla]age la conScience de son existence. La liste des _ifo iOBs roQ.~clllairesse t:uouve dans tous les oue~ fjpnosQgraphie : je les passerai dpnc sous silence J et je 111e .bornerai à -dire" avec plusieuri

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OBSERVATIONS

.auteurs, qu'elles ne sont que des symptômes et non des maladies. Quant aux causes des affections musculaires, il faut ren1arquer que la cause primitive ne peut pas être entendue sans connaître ce qui se passe dans les n1ouven1ens'volontaires. Par conséquent on ne peut examiner que les causes secondaires ou occasionnelles, et modifier le traiternent d'après celles-ci. Elles peuvent être idiopathiques ou sympathiques; en outre, elles peuvent être ~oca]es ou générales. Elles sont locales par Japrésence da Inéconiun1 , de la saburre , des vers ou des poisons dans les.intestins; par la dentition d~fficile; par des plaies, surtout celles de ]a paume de la Il1ain ou à la plante des pieds; par des opérations. dou.. loureuses, telles que des amputations, la cast~ation; par les excroissances osseuses qui font pression sur le système 11erveux, etc. Elles. sont générales dans les exanthen1ata, la répercussion des affections cutanées, les émotions fortes et pé... nibles, telles que la haine ou la terreur, u,ne grallde perte de sang, une- faiblesse générale et un refroidissen1ent subit.. Ainsi, dans les climats cbauds, le télanus est souvent produit par le grand et subit changement de la température. Le pronostic et le traitement dépendent de la cause, et doivent être modifiés conforn1ément aux principes de la pathologie géllérale,..