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Opérations des pontonniers français en Italie

De
149 pages

Les cours des rivières et les formes générales du terrain dans les montagnes restant toujours à peu près les mêmes, le système d’offensive ou de défensive d’un pays ne peut varier d’un âge à l’autre, dans la partie supérieure d’une rivière, que par la construction des grandes routes dont la nature et la direction peuvent favoriser plus ou moins les opérations militaires.

Il n’en est pas de même dans les plaines ; les digues pour le desséchement des marais, qu’on fait servir de chaussées, les nouveaux cours d’eau formés par les ruptures des rivières et par les canaux de navigation, d’arrosement ou d’écoulement ; le changement de lit des fleuves et la rectification de leurs cours apportent au système d’un pays des modifications telles qu’il n’est pas aisé de s’y reconnaître sur des renseignemens qui datent d’une guerre précédente lorsqu’il s’est écoulé un certain nombre d’années.

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Antoine-François Andréossy

Opérations des pontonniers français en Italie

Pendant les campagnes de 1795 à 1797, et reconnaissance des fleuves et rivières de ce pays

NOTICE NÉCROLOGIQUE SUR LE LIEUTENANT-GÉNÉRAL COMTE ANDRÉOSSY

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Antoine François Andréossy (petit-fils de l’ingénieur célèbre qui contribua si puissamment aux grands travaux du beau canal du Languedoc), naquit à Castelnaudary (Aude), le 6 mars 1761.

Il fut le premier de la promotion du 31 juin 1781, et, à ce titre, il choisit le régiment d’Auxonne1, qui passait alors pour avoir les meilleurs officiers. En effet, ce régiment (devenu depuis le 6e d’artillerie) a laissé les manuscrits des conférences qui portent son ancien nom, et qui sont remarquables par les diverses instructions qu’elles renferment.

M. Andréossy fit avec les patriotes de la Hollande la campagne de ce pays, pendant laquelle il fut fait prisonnier en 1787.

Nommé capitaine d’artillerie, le 15 mai 1788. Etant à Metz en 1790, il se prononça si fortement contre les mouvemens anarchistes, qu’il en reçut les félicitations de tous les généraux et chefs de cette garnison.

En 1792 et 1793, il fit, à Schélestadt, beaucoup d’essais sur l’emploi des bombes et des obus pour la défense des places2 ; il partit de cette ville en 1794 pour être employé à l’armée du Rhin, qu’il quitta presque aussitôt pour aller à celle d’Italie, où il remit au général d’artillerie Bonaparte, le 28 octobre 1794, un mémoire sur le tir des projectiles creux.

Le capitaine Andréossy fut nommé chef de bataillon d’artillerie, le 29 mars 1795, et peu après directeur-général des ponts de l’armée d’Italie, jusqu’en 1797. Avant d’occuper cet emploi important, il avait repris ses intéressans essais de Schélestadt, dont il profita avec beaucoup de succès pour tirer des boulets creux et des obus de six pouces, dans des canons de 36 faisant partie de l’armement des batteries de côtes des fameuses lignes de Borghetto (rivière de Gênes), pendant l’été de 17953.

En récompense de ses services, il fut nommé chef de brigade (colonel), le 6 décembre 1796.

Après la bataille du Tagliamento (15 mars 1797), le général en chef de l’armée le chargea de reconnaître tous les gués de l’Isonzo, ce qu’il fit en se jetant plusieurs fois dans cette rivière qu’il passa et repassa à la nage en différens endroits, sous le feu de l’ennemi.

Il fut envoyé à Paris, en décembre 1797, avec le général Joubert, pour présenter au directoire les drapeaux pris à l’ennemi par l’armée d’Italie.

Nommé général de brigade (maréchal de camp), 16 avril 1798. Le 19 mai suivant, il partit avec le général Bonaparte pour l’expédition d’Egypte, où il servit avec autant de distinction qu’en Italie. Peu de jours après le débarquement, on le nomma membre de la classe des mathématiques à l’institut du Caire, où il ne tarda point à faire connaître toutes les ressources du pays pour fabriquer la poudre dont on etait faiblement approvisionné. Il détermina la position de plusieurs lieux importans avec une rare exactitude et une très grande supériorité.

Revint d’Egypte avec son général eu chef, et à Paris, il concourut de tout son pouvoir à la révolution du 18 brumaire (10 novembre 1799) ; en qualité de chef d’état-major. Après ce salutaire changement de gouvernement, il fut placé à la tête des divisions de l’artillerie et du génie au ministère de la guerre.

Nommé général de division (lieutenant général), le 6 janvier 1800 ; il quitta le ministère en septembre de la même année pour être successivement gouverneur de Mayence et chef de l’état-major de l’armée gallo-batave.

Appelé à la direction générale du dépôt de la guerre, le 10 août 1801.

Ambassadeur à Londres, le 27 mars 1802, deux jours après le traité d’Amiens.

Rappelé d’Angleterre et employé au camp de Saint-Omer, en qualité de chef d’état-major du corps d’armée4 Sur tes côtes, le 21 août 1803.

Grand officier de la légion d’honneur, le 14 juin 1804.

Aide-major-général de la grande armée en 1805.

Commandeur de l’ordre de la couronne de fer, le 26 février 1806.

Ambassadeur à Vienne, en 1806, 1807 et 1808.

Rappelé de cette ambassade et employé à l’état-major-général de la grande armée d’Allemagne, le 13 avril 1809.

Nommé grand-croix de la légion d’honneur, le 14 août de la même année 1809, et le lendemain, grand chancelier de l’ordre des trois toisons, créé par décret impérial, rendu à Schœenbrunn, le 13 août 1809.

Nommé conseiller d’état en 1810 et ambassadeur à Constantinople, le 28 mai 1812.

Remplacé à cette ambassade par le marquis de Rivière, en 1814.

Conseiller d’état, en service ordinaire, le 25 mars 1815.

Commandant de la 1re division militaire, le 23 juin et choisi avec trois autres commissaires pour traiter de la paix avec les puissances étrangères, le 27 du même mois 1815.

Mis à la retraite, le 1er octobre de la même année.

Nommé membre de la commission de défense du royaume, formée par décision royale du 13 mars 1818, sous la présidence de M. Marescot, ancien premier inspecteur général du génie, et composée de MM. les généraux :

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et du colonel Christin, du génie, pour secrétaire.

Le travail de cette commission fut terminé par un rapport fort lumineux et très remarquable de M. le général Andréossy, approuvé par la grande majorité5, et pour lequel le général rapporteur fut nommé commandeur de l’ordre de Saint-Louis, le 1er mai 1821.

Nommé membre de l’Académie des Sciences, en 1826, et député du département de l’Aude, en 1827.

Mort à Montauban, le 10 septembre, en se rendant de Paris à sa ville natale, où il était très vénéré et où il fut inhumé, au milieu de la tristesse générale, en 1828.

Les ouvrages laissés par M. le lieutenant-général, comte Andréossy, sont : 1° Quelques idées relatives à l’usage de l’artillerie dans l’attaque et dans la défense des places, brochure in-8°, chez Lamort, à Metz.

2° Mémoire sur le lac Menzalek, in-4°, imprimé à Paris, en 1800.

3° Relation de l’affaire entre Laufenbourg et Nuremberg, où une poignée de soldats français battit une armée entière, le 18 décembre 1800.

4° Campagne sur le Mein et la Rednitz, de l’armée Gallo-batave, 1 vol. in-8°, avec carte, Paris, 18026.

5° Histoire du canal du midi, en 2 vol. in-4°. La seconde édition de cette histoire est de 1804.

6° Voyage à l’embouchure de la mer Noire, ou Essai sur le Bosphore et la partie du Delta de Thrace, in-8°, avec atlas, 1818 et 1819.

7° Mémoire sur la dépression de la surface du globe, brochure in-8°, Paris 1824.

8° Essai sur le tir des projectiles creux, lu à la séance de l’Académie des Sciences, le 26 décembre 1825, brochure in-8°, de 28 pages, chez Coniam, 18267.

9° Rapport au nom d’une commission spéciale. fait à la Société de géographie dans sa séance du 16 mars 1827, imprimé chez Everat, rue du Cadran, n. 16, à Paris.

10° Opérations des Pontonniers en Italie, pendant les campagnes de 1795 et 1796, Paris 1843, chez Corréard.

11° Essai de chronologie militaire, manuscrit très précieux par les immenses recherches faites dans toutes les bibliothèques de Londres, Vienne et Constantinople, pendant les ambassades de M. le général Andréossy en Angleterre, en Autriche et en Turquie.

Indépendamment des ouvrages précités, le même auteur a donné pour les quatre dernières éditions de l’Aide-mémoire à l’usage des officiers d’artillerie, une grande quantité de notes fort intéressantes sur les fortifications et les ponts militaires. Toutes ces notes sont insérées dans la 5e édition de cet Ouvrage classique, imprimé à Paris, en 1819, chez Magimel.

M. le général Andréossy était marié à mademoiselle de Fay de Latour-Maubourg, d’une famille des plus distinguées dans l’armée et dans la diplomatie.

Depuis la mort de son mari, madame la comtesse Andréossy vit dans la retraite, employant presque toute sa fortune en charités et en bonnes œuvres. Aussi cette respectable veuve est-elle en grande vénération à Paris et dans tous les environs de la campagne qu’elle habite l’été, près de son oncle, le marquis de Latour-Maubourg, ancien ministre de la guerre, qui était gouverneur de l’hôtel royal des Invalides, au moment de la révolution de juillet 1830.

Madame Andréossy avait pour consolation un fils unique qu’elle chérissait et qui lui donnait les plus belles espérances ; mais il se tua en tombant de voiture, sur la route de Paris à Ris, le 17 avril 1835.

Ce jeune homme, qui était excellent fils et digne du beau nom qu’il portait, était déjà avocat à la Cour Royale et commandant de la garde nationale de l’arrondissement de Corbeil. Cette milice citoyenne lui était tellement attachée, qu’elle envoya un de ses bataillons à Paris, pour lui rendre les derniers honneurs.

MARION,

Général d’artillerie.

AVANT-PROPOS

DES ÉDITEURS

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Madame la comtesse Andréossy ayant bien voulu nous confier le JOURNAL DES OPÉRATIONS DES PONTONNIERS EN ITALIE, pendant les brillantes campagnes de 1796 et de 1797, nous croyons être utiles à MM. les Officiers de toutes les armes en publiant les précieux documens qui nous ont été communiqués, et qui feront connaître une partie des ressources créées dans un pays où l’on manquait de tout, pour opérer avec la promptitude qu’exigeaient les mouvemens si rapides des Français, depuis qu’ils étaient commandés par le général Bonaparte.

Nous pensons être agréables à nos lecteurs en faisant précéder les susdits documens d’une notice biographique sur leur auteur.

RECONNAISSANCE DES FLEUVES ET RIVIÈRES D’ITALIE

Vues générales sur la Topographie

Les cours des rivières et les formes générales du terrain dans les montagnes restant toujours à peu près les mêmes, le système d’offensive ou de défensive d’un pays ne peut varier d’un âge à l’autre, dans la partie supérieure d’une rivière, que par la construction des grandes routes dont la nature et la direction peuvent favoriser plus ou moins les opérations militaires.

Il n’en est pas de même dans les plaines ; les digues pour le desséchement des marais, qu’on fait servir de chaussées, les nouveaux cours d’eau formés par les ruptures des rivières et par les canaux de navigation, d’arrosement ou d’écoulement ; le changement de lit des fleuves et la rectification de leurs cours apportent au système d’un pays des modifications telles qu’il n’est pas aisé de s’y reconnaître sur des renseignemens qui datent d’une guerre précédente lorsqu’il s’est écoulé un certain nombre d’années. Il est cependant nécessaire de conserver les traits caractéristiques et bien prononcés d’un pays qui a été le théâtre de la guerre, d’indiquer ce que le temps y avait auparavant changé, et ce qu’il peut y changer encore. Par le temps, je veux dire la civilisation, les progrès des arts, souvent l’ignorance, et quelquefois l’affreuse politique des gouvernemens cruels ou soupçonneux, presque toujours compagne de la barbarie. Ce sont autant de matériaux nécessaires à l’histoire militaire, et rien n’est plus intéressant pour les annales de la constitution physique, politique, civile et morale d’un pays susceptible de devenir le théâtre de la guerre.

Observations
SUR LES RIVIÈRES QUI SORTENT DES GRANDS LACS

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Un pour Un
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