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Organisation militaire des Chinois - Ou la Chine et ses armées

De
458 pages

On est quelquefois porté à se demander s’il existe réellement en Chine des corps militaires constituant ce que nous appelons en Europe une armée. Il n’est pas permis d’en douter en voyant les nombreuses dénominations, le rang, la solde et les fonctions respectives des chefs et des soldats inscrits dans le Ta-tsin hoei-tien, code de la dynastie régnante ; le Tchong-tchou-tching-kao, ou enquête faite en 1825 sur l’armée ; le Hou-pou-tse-li, code du ministère des finances de 1831, et enfin dans le Tsio-tchi-tsuenlan, espèce d’annuaire civil et militaire qui paraît chaque année.

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Philibert Dabry de Thiersant
Organisation militaire des Chinois
Ou la Chine et ses armées
A SON EXCELLENCE
M. LE COMTE RANDON
MARÉCHAL DE FRANCE
MINISTRE SECRÉTAIRE D’ÉTAT DE LA GUERRE HOMMAGE RESPECTUEUX DE SON TRÈS-HUMBLE ET TRES-OBÉISSANT SERVITEUR
P. DABRY.
AVANT-PROPOS
Une question de la plus haute importance préoccupe dans ce moment l’opinion publique. Chacun se demande si l’expédition de Chine aura lieu et si le noble sang de la France, qui a coulé sur les rives du Pé-ho, sera ve ngé. Les uns prétendent que nos intérêts dans ces pays lointains ne sont pas en rap port avec les sacrifices qu’exigerait l’exécution d’un tel projet ; d’autres, encore sous l’influence des événements de Ta-kou, disent qu’une guerre avec le Céleste Empire ne peut avoir qu’une issue fâcheuse pour les armées alliées ; que les cinq mille lieues qui nous séparent de ces contrées s’opposent à de grands succès, et qu’en cas même de réussite, nous n’obtiendrons jamais que des résultats sans portée et plus nuisib les qu’utiles à la cause de la civilisation. Nous sommes loin de partager ces idée s ; nous croyons au contraire que cette expédition offre en perspective à notre pays une nouvelle ère de prospérité, et que bien préparée, bien dirigée, elle présente toutes chances de succès. Il fut un temps, et ce temps n’est pas très-reculé, où nous possédions en Asie les établissements les plus florissants. La France alors était la reine des mers de l’Inde, et l’influence de nos armes et de notre marine était telle que toutes les nations de l’Europe, pour naviguer dans ces parages, arboraient notre pavillon, qui représentait aux peuples de ces contrées une sorte de nationalité collective européenne, comprise sous le nom générique de Francs. Dupleix avait porté si haut la gloire de sa patrie, qu’il pouvait offrir à la couronne de France les plus riches provinces de l’Asie. La France règne ici, écrivait-il ; quand elle se montre on s’incline. Malheureusement l’immense travail de ce grand homme ne fut point apprécié par son souverain, qui, peu soucieux de l’avenir, perdait gaiement son trône au milieu des joies du présent. Dupleix fut rappelé. Les traités de 1754 et de 1763 furent signés, et notre prépondéran ce dans l’Inde, notre suprématie maritime furent cédées à un autre peuple, qui, à partir de cette époque, grandit en raison directe de la diminution de notre influence. Ce peu ple actif, opiniâtre, industrieux et brave, comprit que le sceptre des mers appartiendra it longtemps à la nation qui parviendrait à posséder les plus belles colonies. D ès lors il ne recula devant aucun sacrifice pour se rendre maître de l’Hindoustan, où il trouva tout à la fois une source immense de richesses, de puissance extérieure et de sécurité intérieure. Pendant ce temps, la France se consolait de la pert e des plus beaux fleurons de sa couronne, en se persuadant peu à peu qu’elle n’avait ni les aptitudes commerciales ni le génie maritime. Cette idée une fois ancrée dans l’e sprit public, finit par dominer les hommes d’État, et la question coloniale ne fut plus agitée sérieusement. Aussi à peine notre pavillon a-t-il paru dans les mers de la Chin e depuis le traité du 24 octobre 1844, pendant que les Hollandais, les Portugais, les Espagnols, les Américains ont sillonné ces mers avec leurs navires marchands. Il est vrai que Java, Macao, les Philippines, les îles Sandwich sont autant d’établissements favorables à la navigation et au commerce de ces différents peuples. Les Russes sont en Sibérie et sur les rives de l’Am our, les Anglais possèdent l’Inde ; nous sommes les seuls à peu près déshérités de ces riches pays, les seuls qui n’ayons pas un port où puissent se réfugier en temps de gue rre les bâtiments de notre station. Que peuvent faire alors nos armateurs de Marseille, de Bordeaux, du Havre, etc., à qui les colonies étrangères sont fermées par les droits et les prohibitions, et qui, dans les
pays neutres comme en Chine, rencontrent des comptoirs, des maisons Jennins dans les mains desquels se trouve le monopole du commerce, e t avec qui toute lutte, toute concurrence est impossible à soutenir ? Il faudrait cependant bien peu de choses à cette France si riche en côtes, en capitaux, en industrie et en esprit d’initiative, pour reconquérir dans ces parages le rang qu’elle y occupait il y a à peine un demi-siècle. Que la Chine soit ouverte pleine et entière ; que quelq ues points de ravitaillement et de radoub soient pris sur la route des Indes ; que que lques stations soient créées où notre pavillon puisse en toutes circonstances être à l’ab ri des éventualités, et nous verrons immédiatement des milliers de navires se diriger vers ces terres promises. L’éloignement ne serait plus un obstacle pour l’arm ateur : tout chez lui est calcul. S’il entrevoit une opération lucrative, rien ne l’arrête, il marche. Il y a trois ans nos grandes maisons de commerce connaissaient à peine le royaum e de Siam. Aujourd’hui Bangkok reçoit plus de navires que les cinq ports de la Chine, parce que nos intérêts trouvent dans ce petit État sécurité et protection. L’armateur, comme nous le disions, ne recule jamais devant un sacrifice dès qu’il espère le compenser par des bénéfices. Il est souvent même stimulé par l’importance de l’entreprise, parce qu’il sait qu’en affaires la fortune s’élève proportionnellement à l’échelle du commerce. C’est en suivant ce système que les Américains sont parvenus à avoir une marine qui ne le cède à aucune autre. De simples particuliers poussés par le désir des richesses ont fait construire une très-grande quantité de forts navires, dans le but de transporter leurs marchandises aux quatre extrémités du globe. L’État et le pays sont devenus ainsi possess eurs d’une véritable force, où ils peuvent en temps de guerre puiser d’excellents mate lots, de bons bâtiments et des moyens de transport, si utiles à cette époque, où l a vapeur et les nouvelles armes ont changé toute la tactique navale. Les matelots ne manqueront jamais en France, du jou r où notre marine marchande pourra leur offrir des avantages qui leur feront ou blier les dangers et les fatigues de la navigation. Il existe aussi dans les grandes villes une population qui s’accroît sans cesse par suite des émigrations continuelles des campagne s vers les cités, où le paysan sait qu’il trouve réuni tout ce qui est luxe, richesse et intelligence : or il arrive souvent que la plupart de ces esprits turbulents et inquiets, aprè s avoir marché de déception en déception, finissent par se mettre en révolte contre les lois, parce qu’ils sont furieux de ne pas trouver une carrière où ils puissent donner essor à leurs capacités et à leur aptitude. Ne serait-ce pas rendre un immense service à la société que de porter ces imaginations aventureuses vers des régions lointaines qui leur offriraient la perspective de rencontrer ce qu’ils rêvent en vain dans leur patrie ? La Chine est abondamment pourvue de certains objets qui nous manquent ; elle est pauvre de ceux que nous avons en trop. Ses soies et ses thés nous sont devenus nécessaires. Supprimer l’un et l’autre serait créer aux générations présentes des privations et des souffrances réelles. Nous avons des cités entières dont l’existence est liée à la production de la première de ces matières , que nos climats semblent vouloir nous refuser depuis quelques années, et qui vient p resque en excédant dans plusieurs er er régions de l’Asie. L’Europe a reçu dans un an, du 1 juillet 1858 au 1 juillet 1859 près de 4,150,000 kilos de soies de Chine, représentant une valeur de plus de 250,000,000 de 1 francs . Que seraient devenues notre fabrique lyonnaise et les milliers de familles qu’elle alimente, sans cette précieuse ressource qui a pu r éparer les désastres de l’oïdium ? Une population immense vit de l’industrie séricicole. Ce serait donc une grande calamité,
si la matière qui forme la base de cette industrie venait à nous manquer. Plus il y aura de soies en France, plus il y aura de luxe dans la cla sse riche ; et partant plus il y aura de travail et de bien-être dans les classes pauvres. Considérées déjà à ce point de vue, nos relations avec la Chine ne sont plus seulement utiles mais nécessaires. Outre les soies et les thés, cette contrée peut fou rnir à la consommation européenne mille autres productions dont notre alimentation et nos arts ont déjà su apprécier la bonté et la valeur. En échange, nous pouvons donner au peuple chinois : 1° des céréales, dont il a besoin pour prévenir et combattre les famines ; 2° les produits de nos manufactures et de notre industrie, qu’il acceptera volontiers d ès qu’il sera délivré du système d’oppression gouvernementale qui pèse sur lui depuis trente-cinq siècles. Son caractère, ses mœurs, ses usages, sont encore dans une sorte de somnolence que les bienfaits de notre civilisation feront bien vite disparaître. Le s masses, quelle que soit leur torpeur morale, se réveillent aussitôt qu’elles entrevoient dans la liberté une diminution de peines et un avenir qui leur donne l’espoir de satisfaire leurs goûts et leurs passions ; et moins elles ont été heureuses, plus elles ont soif de jou issances. Dans le Céleste Empire, les habitants ne peuvent avoir ni individualité ni personnalité ; la loi règle, précise et fixe les moindres gestes et actions. A peine l’enfant a-t-il paru dans la vie, qu’il est soumis au système automatique qui doit faire de lui un être dissimulé, compassé, obéissant, patient et vindicatif. L’Empereur lui-même, le souverain ab solu de ces quatre cents millions d’hommes, dont le trône est entouré de plus de prestige que celui d’aucun monarque de l’Occident, est le premier esclave de cet ordre de choses, et toute son existence se passe à observer des rites et des cérémonies. On comprend donc que les mœurs et les usages d’un tel peuple diffèrent essentiellement des nôtres, mais ses instincts, ses désirs sont les mêmes : nous pouvons en juger facilement par les Chinois qui viennent au milieu de nous, comme des enfants perdus de cette grande f amille. Nous n’avons jamais vu l’amour du luxe et du bien-être poussé aussi loin q ue chez quelques coolies que nous avons connus en Amérique. Que de fois aussi n’avons -nous pas entendu ces paroles sortir de la bouche d’un Chinois fort intelligent, et qui était encore en France il y a peu de temps : « Combien ton pays est riche, me disait-il, et plus heureux que le nôtre ! Vous êtes libres (tchou-tsée), maîtres de vous-mêmes ; vous travaillez moins et vous obtenez beaucoup plus que nous. Vous êtes à l’abri des dise ttes, et vous pouvez vous procurer mille petites jouissances qui nous sont inconnues. » Il visitait fréquemment nos usines, nos grandes fabriques, nos manufactures, admirant n os découvertes scientifiques et cherchant à les apprendre, dans le but de les commu niquer à son pays. Nos missionnaires eux-mêmes sont tellement convaincus d e l’influence de notre civilisation sur les masses chinoises, qu’ils s’initient presque tous, maintenant, avant de prendre leur bâton de voyage, à la connaissance de quelques-unes de nos sciences pratiques, afin de pouvoir, par des bienfaits réels, disposer les âmes des populations à recevoir la morale sublime du Christ. Ces courageux apôtres de la foi travaillent ainsi pour leur Dieu et pour leur France. D’après ce que nous venons de dire, il est incontes table que l’ouverture de la Chine serait une source de richesses et de prospérités pour notre commerce, notre industrie et notre marine. Examinons maintenant quelles seraient les difficultés de cette entreprise. Toute œuvre qui a pour but l’humanité et la civilisation est facile à accomplir. La Chine n’est pas heureuse ; ses habitants se débattent depuis plusieurs siècles contre un fléau terrible qui souvent les frappe cruellement. Le sol, épuisé par trop de culture, refuse de
leur donner la nourriture qui leur est nécessaire. La famine est sans cesse à leur porte, et leurs bras deviennent de jour en jour moins forts pour la repousser. Que deviendra cette malheureuse population qui augmente chaque jour, et dont la misère est une cause d’accroissement, si elle ne va pas chercher ailleur s les premières conditions d’existence ? Lorsqu’une ruche est pleine, un essaim s’en échappe pour former une nouvelle famille. Les abeilles, dans leur intelligent instinct, ne s’ entassent point dans leur ruche ; elles quittent le lieu qui les a vues naître, et vont che rcher autre part le soleil, les fleurs et la liberté. Les émigrations sont souvent utiles, quelquefois nécessaires. Croit-on que ce peuple qui, refoulé sur lui-même, lutte corps à corps avec les nécessités de la vie, qui travaille plus que tout autre et dont la terre est arrosée de ses sueurs, ne préférera pas aller remuer un autre sol moins ingrat, et pourvoir à sa subsistance par d’autres aliments que des rats, des chiens, des ânes et autres animaux pl us repoussants ? Déjà, depuis quelques années, tous ceux qui habitent les côtes et qui ont pu jouir de leur liberté, ont suivi la route que leur traçaient les hirondelles. Sur toute la surface du globe il y a maintenant des Chinois. En Californie, à Java, dans nos Indes occidentales, aux Philippines, à Siam, le s émigrants arrivent par milliers. Ce mouvement indique le malaise et la souffrance qui pèsent sur cette immense population. 2 Ne serait-ce donc pas un véritable bienfait pour el le que de faire tomber la barrière derrière laquelle s’est retranché son gouvernement despotique, qui l’oblige à mourir de faim dans un espace limité ? Ce ne serait plus alors par milliers, mais par millions qu’ils viendraient nous offrir leurs bras, dont nous avons besoin pour défricher les terres vierges qui couvrent une partie de la surface de l’Afrique et de l’Amérique. Ils sont forts, intelligents et laborieux. La génération présente c onserverait ses rites et ses usages ; mais leurs petits-enfants se conformeraient à nos m œurs et à nos coutumes. Ceux qui resteraient dans leur pays, délivrés du fardeau de misère qui les écrase aujourd’hui, changeraient de manière d’être et de vivre, et rech ercheraient ce luxe pour lequel tous les Orientaux sont si passionnés. Ils fouilleraient alors leurs mines d’or et d’argent ; ils accepteraient volontiers tous les produits de notre civilisation ; ils nous donneraient en échange leurs productions, et les richesses de la terre seraient ainsi réparties entre tous les hommes. L’empire chinois s’agite et se remue ; la moitié de s provinces est ravagée par des partis de rebelles et de pillards. « Il m’est impos sible, nous écrivait dernièrement un Chinois, de me rendre de Canton à Ssetcheou-fou ; d ans le Kouei-tcheou, les voleurs, les rebelles sont partout ; les routes en sont infe stées, toutes les communications sont interrompues. » Il en est de même dans tout l’Empir e. Le gouvernement est miné ; le prestige du Hoang-ty tombe de jour en jour, et la s oumission filiale n’est bientôt plus qu’un vain mot, signes manifestes de la décadence complète de cet empire. Le moment est donc venu pour l’Europe ou de renvers er cette dynastie Ta-tsing qui s’est aliéné l’affection de ses sujets par le despotisme et la rapacité de ses mandarins, ou de la forcer à respecter les droits des peuples et des gens. Quelques combats nous conduiront sous les murs de Pé-king ; alors, ou l’e mpereur Hien-fong demandera à capituler, ou il s’ouvrira le ventre avec un tao-ts ée (couteau), ou il se retirera dans la
Tartarie. Dans la première hypothèse, qui est la pl us probable, il devra accepter les conditions suivantes : 1° liberté religieuse et commerciale dans l’Empire ; 2° autorisation aux étrangers de circuler et de séjourner dans toute la Chine ; 3° abrogation des lois et règlements relatifs à l’émigration. Comme garanties , nous pourrons exiger : 1° la résidence permanente de nos ambassades à Péking ; 2 ° la cession de deux ou trois 3 ports sur la côte ou dans l’intérieur des terres , dans lesquels nos vaisseaux de haut bord trouveront un abri sûr qui leur permettra de protéger les intérêts de nos nationaux et de surveiller l’exécution du traité. Du reste, le jour où nos aigles auront paru devant les portes de la capitale, l’Empereur respectera la ten eur des conventions, parce qu’il aura besoin de notre appui pour conserver son trône, qui ne sera plus soutenu par le prestige du passé ! Il recevra alors avec reconnaissance l’assistance que nous voudrons bien lui donner pour l’aider à détruire ces bandes de rebelles qui rappellent les brigandages de notre terrible jacquerie de triste mémoire. Il est possible, en outre, qu’instruit par le malheur, il nous demande des instructeurs pour organiser son armée à l’européenne. Ces dispositions auraient pour effet immédiat de neutraliser certaines influences que le gouvernement chinois subit déjà à regret, et de le dégager des préoccupations que lui causent les envahissements menaçants de la Russie, qui poursuit activement son vaste plan de domination. Maintenant, admettons que par u ne de ces fatalités qui poussent souvent les souverains à leur perte, l’empereur Hien-fong nous abandonne sa capitale ; où sera le danger ? Ne trouverons-nous pas un desce ndant des Ming ou d’une autre dynastie qui sera heureux de remonter sur le trône de ses pères, et dont l’avénement sera salué avec enthousiasme par la majorité de la nation ? Les prétendants aux couronnes ne manquent nulle part. La Chine regorge d’or et d’argent, ses mines lui en fournissent ; elle en a, en outre, reçu de tous les points du globe ; elle a absorbé nos écus de France, les vieilles piastres espagnoles et une partie des dollars du Mexique. No us retrouverons donc chez elle, dans certains lieux de la Tartarie bien connus, notre numéraire, qui payera facilement les frais de la guerre. Quant au plan de campagne et d’opérations, des homm es d’une compétence et d’un mérite incontestables l’ont étudié et le déclarent non-seulement possible, mais facile à exécuter. On comprend aisément qu’il ne puisse être divulgué ; mais il importe au public de savoir qu’il est conçu de manière à coûter peu de sang à la France. Les événements qui se passent en Orient depuis quel ques années, les émigrations plus fréquentes des races asiatiques, la tendance de l’Europe vers ces régions lointaines, indiquent que le moment du réveil de ces peuples est arrivé, et, quoi que nous pensions, quoi que nous fassions, les décrets de la Providence s’accompliront.
17 octobre 1859.
P. DABRY.
1Les soies gréges qui nous arrivent de la Chine, presque toutes par l’intermédiaire des Anglais, sont très-appréciées par nos fabriques. Elles sont un peu moins fines que celles d’Europe, mais elles perdent 6 à 8 pour cent de moins dans les préparations qu’exige la