Oser la charité

De
Publié par

Le travail social en France aujourd’hui est devenu une institution, évoluant de la sphère privée et religieuse des actes charitables à l’action publique (et ses subsides) structurée et professionnelle. Quels sont ses véritables fondements ? La solidarité et la justice sont mises en avant. Ne serait-il pas avant tout, même si les acteurs sociaux n’en ont pas conscience, œuvre de l’Esprit Saint dans le cœur des hommes ? Ne mettrait-il pas en pratique tout simplement la charité ?



L’auteur, fort de plus de quarante ans d’expérience comme travailleur social au service des familles démunies, puis comme bénévole accueillant des personnes sans domicile, livre une réflexion profonde sur les liens existants entre action sociale et charité, troisième vertu théologale avec la foi et l’espérance. Son propos est nourri de philosophie et de théologie et illustré d’exemples vécus. Il est surtout éclairé par la relecture de sa trajectoire personnelle, notamment sa conversion au Dieu d’Amour, relatée avec simplicité et enthousiasme.


Publié le : jeudi 21 avril 2016
Lecture(s) : 0
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782918975489
Nombre de pages : 89
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
couv.jpg

 

Bernard Pommereuil


Oser la charité

Le travail social, vecteur de l’Amour de Dieu?



Vie chrétienne | Fidélité

47 rue de la Roquette 75011 Paris | 7 rue Blondeau 5000 Namur

 


ISBN 978-2-918975-40-3

Code article 567

© Éditions Vie chrétienne, 2015

47 rue de la Roquette 75011 Paris, France www.viechretienne.fr

ISBN 978-2-87356-675-3

Dépôt légal belge : D.2015. 4323-20


© Éditions jésuites, 2015

7 rue Blondeau 5000 Namur, Belgique

www.editionsjesuites.com


Illustration de couverture : ©

 

SOMMAIRE


INTRODUCTION

1. LE TRAVAIL SOCIAL PEUT—IL CONDUIRE À LA CHARITÉ ?

Les trois Pôles

Le pôle « je »

Le pôle « tu »

Le pôle « il » ou l’institutionnel et sa contrepartie

Les dangers du travail social

Le miracle

Le mystère

L’autorité

Une équipe

2. COMMENT LA CHARITÉ A—T—ELLE SUSCITÉ L’ACTION SOCIALE AU FIL DES SIÈCLES ?

Quels sont les fondements de la justice sociale ?

Comment comprendre la charité comme œuvre de Dieu ?

3. QU’EST—CE QUE LA CHARITÉ ?

Une praxis du don

Une alliance

Un engagement

Sans condition préalable

Une relation qui appelle une réponse

Une relation qui prend son temps

Une relation qui ne juge pas

Une relation tournée vers un autre, extérieur aux protagonistes

Une relation qui vise celui qui n’a pas la parole

4. RELECTURES ET TÉMOIGNAGES

Relectures

Témoignages

CONCLUSION


INTRODUCTION


En 1986, dans la commune où j’habitais, en grande banlieue parisienne, je participais à l’organisation des manifestations et fêtes du village. Nous disposions d’un peu de matériel d’éclairage et de sonorisation, juste le nécessaire pour ce que nous organisions en tant que bénévoles.

Un ami, engagé avec moi dans l’organisation de ces manifestations, me demande si je peux l’aider à préparer dans l’église du village voisin des projecteurs d’éclairage pour la veillée de Noël. J’accepte. Nous sommes donc dans l’après-midi du 24 décembre. A la maison, Hélène, ma femme et nos deux enfants étaient un peu irrités de me voir absent, pour rendre service, au lieu de participer aux préparatifs du réveillon d’autant que ma mère était présente et insistait, comme chaque année, pour que nous allions tous ensemble à la veillée de Noël alors que nous avions cessé toute pratique religieuse depuis plusieurs années.

Le curé de la paroisse me voit perché au haut d’une échelle, fixant un projecteur et installant une chaîne de sécurité. Il m’interpelle et me dit : « Merci pour ce que tu fais, mais je n’ai pas l’impression de te connaître. » Je lui décline mon nom et descends de l’échelle. Il me pose alors la question d’une manière aussi abrupte que saisissante : « Ta vie spirituelle, c’est quoi aujourd’hui ? » Mon ami quitte l’église car le travail était fini. Je suis sidéré de la question et m’enhardit à essayer de me justifier maladroitement. La discussion dure. Le curé insiste. Au terme d’un échange de plus d’une heure, il me propose le sacrement de réconciliation… Je l’accepte. Vous imaginez la suite : le retour à la maison, la veillée de Noël, le baptême des enfants, etc. J’avais la conviction profonde intérieurement qu’une bascule s’était opérée et qu’elle serait sans retour même si j’ignorais sur quel chemin je me dirigeais.


Que s’était-il passé avant pour que cet événement me marque à tout jamais ? Les gens de mon époque, c’est-à-dire ceux qui sont nés juste à la fin de la guerre ou au début des années 50, ont connu une éducation religieuse forte. Nous avons été élevés dans une religion catholique sociologiquement dominante, ponctuant la vie par de grandes étapes comme l’étaient la communion, la confirmation ou le mariage. En toutes circonstances importantes de la vie, le passage par l’église s’imposait.

Cette incrustation sociologiquement forte mais formelle a fabriqué des générations de chrétiens dont les quelques éléments de foi reposaient sur une morale prégnante, essentiellement composée d’interdits. Le Dieu enseigné était un être terrifiant, capable de vous voir en tout lieu, jour et nuit, et qui devait vous juger en permanence. Autant dire que le salut reposait sur une application stricte des consignes données par des ecclésiastiques soucieux, pour beaucoup, de surveiller au sein des familles chrétiennes si les impératifs religieux étaient bien mis en œuvre. Tout était « Vendredi saint » comme si la lutte contre le péché et les tentatives de rémission par quelques sacrifices et souffrances étaient devenues la seule raison d’être de la foi et surtout de la vie. Nous étions des porteurs de visages tristes et peu attirants.

J’ai donc fait partie des très nombreux chrétiens qui ont quitté cette église tant sa morale (qu’il vaudrait mieux appeler moralisme) me paraissait insupportable. Et cet abandon s’est fait par la petite porte, sans faire de bruit. La manière importe peu : le silence s’imposait, silence qui s’est étendu dans la transmission de la foi. Que pouvions-nous dire face au Magistère drapé dans sa suffisance et qui avait réponse à tout ? Les interrogations n’avaient pas de sens puisque l’Église détenait la vérité. Interroger cette vérité ne pouvait être perçue que comme une provocation ou l’expression d’un athéisme rampant.

Le concile Vatican II est venu hélas trop tard. Le ver était dans le fruit depuis bien longtemps et avait fait bien des ravages. Pourtant, je disposais de tous les ingrédients pour mener une vie de croyant bien établi : une famille très chrétienne, le désir d’être prêtre étant enfant, un mariage religieux tout à fait singulier, le désir de servir avant toute chose. Et pourtant, j’ai tout abandonné comme si ce passage était en réalité l’expression nécessaire d’une liberté pour retrouver une foi qui repose sur une relation et non sur des codes sociaux.

Je m’identifie donc à toute cette génération qui a perdu les rênes de la foi pour vivre pleinement une soif de liberté tant réprouvée par un encadrement ecclésial de plus en plus éloigné des préoccupations des gens.

Cela était tel que, pour beaucoup de personnes qui ont quitté toute pratique, le fait religieux devait être un acte librement consenti et qu’il devait reposer sur un choix personnel. En conséquence, la transmission de la foi était vécue comme dérangeante car portant atteinte à la liberté des enfants. L’esprit « 68 » était là. Mais, à la différence de bien des hiérarques qui considéraient « 68 » comme la cause de tous les maux et de la montée de l’athéisme, je crois que le mal était bien antérieur et que « 68 » n’était qu’un signe révélateur parmi d’autres. Le catéchisme de l’époque et la Miche de Pain, livre lu aux enfants en bas âge, donnaient une vision de la foi tout à fait contestable aujourd’hui.

En écoutant aujourd’hui de nombreuses personnes invitées dans le cadre de Parcours Alpha 1que j’anime, je me rends compte de la violence, voire de la maltraitance subie par nombre de personnes qui ont été chrétiennes quand elles étaient enfants, placées en institution religieuse juste après la guerre ou qui ont suivi leur scolarité dans des écoles chrétiennes. Quelle éducation religieuse profondément faussée, car porteuse de mort et non de vie ! Beaucoup de ces personnes n’en ont jamais parlé car elles se jugeaient coupables de leur situation de rupture. Combien de responsables d’églises (prêtres et religieux ou religieuses) ont fait un dégât considérable en ignorant la portée de leurs propos et de leurs actes et en transmettant une morale stricte et non la foi chrétienne, en donnant une représentation de Dieu, juge suprême, comme privé d’Amour et de miséricorde.

La génération actuelle des 30–40 ans qui nous reproche nos silences et nos absences de transmission ne peut pas imaginer ce que bien des personnes ont vécu, qui sont restées à jamais traumatisées et ayant bien souvent préféré le silence et le retrait.

Il était évident qu’en vivant un retournement intérieur comme celui que j’ai vécu lors d’une veillée de Noël, j’allais devoir m’affronter à toutes les causes qui m’avaient amené à quitter l’Église. Je savais que je devais y donner réponse. J’avais la certitude intérieure qu’il me fallait entrevoir la foi sous d’autres angles que ceux que j’avais connus précédemment. Il est clair que j’étais en attente d’un Autre spirituel qui m’a fait accepter la rencontre avec mon curé. Un long chemin allait s’ouvrir, fait de découvertes spirituelles et de relecture du passé, mais aussi de déchirements.

Mon appartenance, pendant quelques années, à une communauté nouvelle m’a permis de découvrir puis de vivre une profonde relation avec le Seigneur. Pour autant, j’ai découvert les limites d’un vécu par trop émotionnel au point que j’ai voulu associer foi et raison en commençant en 2002 une licence de théologie à l’Institut catholique de Paris.


Une question s’est imposée alors très vite à moi : un retour à une foi catholique et à une pratique religieuse allait-il avoir une incidence sur ma vie professionnelle, d’autant que je l’ai toujours séparée de ma vie privée et de mes engagements personnels ?

J’ai commencé à travailler en 1966 dans un foyer d’adolescents comme éducateur stagiaire. Après mes études, j’ai débuté, en 1973, comme éducateur spécialisé dans un service de Protection de l’Enfance géré par une association non confessionnelle. Sept ans plus tard, je suis devenu directeur d’un service. J’ai effectué, en cours d’emploi, les formations pour accéder au poste de directeur. Puis, en 1990, je suis devenu directeur général de la même association, pour finir ma carrière professionnelle en 2008. J’ai donc travaillé près de quarante-deux ans dans le social si j’y inclus ma formation et pendant trente-cinq ans dans la même association.


L’essai que je propose est une tentative de relecture de la relation entre une vie professionnelle engagée sur un mode très laïque et une vie spirituelle chargée par un retour aussi imprévu que bouleversant.

La charité est au cœur de ma réflexion. C’est à partir de ma pratique de professionnel que j’ai commencé ce questionnement à propos de l’enchevêtrement de la foi, de la charité et de la pratique professionnelle. Dans l’histoire, quelle a été la place de la charité dans l’action sociale ? Et qu’est la charité véritable ? Aujourd’hui, je suis bénévole auprès de personnes sans domicile fixe. Est-ce la même charité qui s’exerce ? La relecture de mon parcours me permet d’apporter des réponses à ces questions et me paraît nécessaire pour que mon témoignage soit fécond.



1. Les Parcours Alpha proposent des repas réguliers pour échanger sur Dieu et sur les questions du sens de la vie. Ils offrent l’opportunité de découvrir ou redécouvrir la foi chrétienne dans l’église de son quartier, dans une ambiance conviviale et accueillante.

 

1

LE TRAVAIL SOCIAL PEUT—IL CONDUIRE À LA CHARITÉ?


Lorsque je commence un travail comme éducateur spécialisé, en 1973, je me retrouve dans un service destiné aux familles en situation de défaillances éducatives et sociales. Nous sommes en proche banlieue parisienne.

Le premier travail éducatif qui m’est confié concerne une famille de neuf enfants — la mère attend le dixième enfant, l’aîné a 12 ans. Elle arrive de la campagne mayennaise et est très désorientée par la vie de banlieue parisienne. Au sein de la famille, l’incurie est totale. Je me retrouve dans un appartement de cinq pièces où cinq centimètres d’immondices s’étalent tout au long des couloirs et des chambres. Les enfants en très bas âge n’ont pas de culottes et font leurs besoins là où ils sont. L’odeur qui règne dans l’appartement est à la hauteur de la vision constatée. Les enfants sont sales. Les bestioles pullulent. Il manque de tout : lits, armoires, tables, etc. L’alcoolisme est inscrit dans le décor tant du côté du mari que de la femme. Face à cette situation, le placement des enfants vient à l’esprit. Est-il en effet envisageable de maintenir les enfants dans cet espace ? Les parents ont-ils du ressort pour combler les besoins fondamentaux des enfants ? Tous les beaux discours sur le maintien des enfants au domicile sont pris à contre-pied. Que vais-je retransmettre à l’équipe quand on évoquera cette situation ?

Pour une première confrontation à la réalité professionnelle, je dois dire que c’en est une. Traduction d’incurie grave, de déficits psychiques, de manque de soins quand la mère était petite, d’absences de ressources familiales, de misères cumulées, affectives, sociales, économiques. Instaurer de la dignité et du respect se voulait un beau projet difficilement réalisable. Et pourtant, avec l’aide d’une assistante sociale et d’une travailleuse familiale (appelée aujourd’hui « technicienne d’intervention sociale et familiale »), nous avons commencé un travail de patience et de reconstruction d’un univers décent, certes selon nos critères, mais pouvait-il en être autrement ? La première action consistait à venir avec des sacs poubelles, des pelles, des seaux et serpillières, d’habiller les enfants, d’aider la mère à préparer les repas…

Il y eut une nette amélioration et puis l’alcoolisme ayant repris de plus belle, l’insupportable est revenu, nous conduisant au placement des enfants. Échec ? Oui et non, car les enfants voyaient que l’on était attentif à leurs besoins de telle sorte que, malgré la violence inévitablement générée, le placement se réalise par des personnes connues des enfants et qui avaient fait preuve de patience et de désir pour eux et en qui ils avaient confiance.

Le père signe la demande de placement des enfants, mais a quitté le domicile conjugal, refusant tout contact. J’ai beaucoup soutenu la mère des enfants, l’accompagnant très régulièrement dans chacun des lieux de placement pour qu’elle garde le contact avec ses enfants. C’était dur mais constructif. Nous avons réussi à maintenir le lien entre la mère et ses enfants durant plusieurs années. Par la suite d’un changement de responsabilités, je n’ai pas su comment les enfants ont évolué.


Le fait est brut, presqu’incroyable à notre époque et pourtant bien réel. Il donne à voir ce que le travail social rencontre et les questions qu’il suscite. Quels en sont les principaux éléments ?

Le travail social est d’abord un travail de mandat et de mission. Cela peut paraître banal. Encore faut-il le rappeler : les services effectuant une action sociale reçoivent un mandat ou une mission d’une autorité extérieure habilitée, le plus souvent le Conseil général pour ce qui concerne toutes les missions de polyvalence de secteur, de Protection maternelle et infantile, d’Aide sociale à l’enfance, mais aussi le tribunal pour enfants qui mandate des services adéquats pour des mesures civiles d’accompagnement éducatif des familles, de tutelles aux prestations familiales ou des mesures pénales pour les mineurs délinquants. Le travailleur social ne s’autosaisit pas (terme juridique qui appartient au seul juge des enfants). Il lui faut donc une autorité administrative ou judiciaire pour qu’il puisse effectuer la mission pour laquelle le service est autorisé ou habilité.

Les critères de l’acceptable ou de l’inacceptable s’établissent à partir de l’autorité qui mandate le service et les professionnels, des standards de la vie en société, des besoins fondamentaux des enfants et de la famille. Confrontation de représentations, car les critères varient en fonction des cultures d’origine, des milieux sociaux et du niveau d’éducation et de connaissance. Dans les milieux aisés, les problèmes sont moins sociaux, mais relèvent le plus souvent de la Protection de l’enfance. Ils existent tout autant que dans les classes pauvres, mais sont moins décelables, plus cachés, comme si les solutions ne devaient pas faire appel à l’extérieur. La maltraitance ne dépend pas du milieu social et n’est pas à sens unique. J’ai rencontré des enfants maltraités par un parent, mais j’ai aussi rencontré des ados qui maltraitaient leurs parents. Dans la situation décrite plus haut, c’est une autorité administrative qui a mandaté le service auquel j’appartenais. Selon les filières de signalement, cela aurait pu être une autorité judiciaire. Le travail social nécessite en fait la mise en place d’une relation triangulaire.

La représentation la plus courante du travail social est un bureau dans lequel un professionnel (assistante sociale, éducateur spécialisé, conseillère en économie sociale et familiale) reçoit une ou des personnes qui viennent parler de leurs difficultés ou qui sont convoquées suite à un signalement effectué à leur sujet. Les professionnels du social sont souvent perçus par les familles comme des facilitateurs d’allocations ou d’aides diverses mais aussi comme de dangereux agents sociaux susceptibles de « prendre les enfants » pour les placer…

Mais le travail social est bien plus complexe. Pour l’illustrer, je prendrai comme exemple parmi d’autres un service spécialisé en Protection de l’Enfance. Dans l’association dans laquelle j’exerçais mes fonctions, nous avions huit missions différentes.

La première étape consiste à reconnaître que la mission se réfère à une autorité extérieure. En effet, l’intervention sociale auprès de publics en difficultés ne peut pas venir du seul élan de l’association ou de professionnels, fussent-ils les mieux intentionnés. C’est une autorité publique qui peut provoquer une intervention sociale.

Dans tous les cas, le travail social va se confronter à la question de l’autre dans ses différences et dans ses représentations. La référence à l’altérité devient donc une exigence pour ne pas tomber dans une mise en œuvre de la mission sur un mode désincarné, idéologique ou instrumental. L’intervention sociale n’est pas faite de l’action d’agents les mieux formés à une simple répétition de leurs gestes professionnels. Ces professionnels sont des acteurs engagés dans une intervention sociale au cours de laquelle leur rapport à l’être et aux autres prend une dimension toute particulière.

Ainsi, en matière de Protection de l’enfance, l’intervention sociale se caractérise par une ingérence dans l’intimité familiale. Elle reste avant tout une mesure qui interroge avec insistance l’autorité et la responsabilité parentales. En poursuivant notre réflexion, il faut donner corps à l’intervention en la faisant porter sur les déficits familiaux constatés ou sur des carences culturelles telles qu’elles rendent incompatibles les références de nos standards habituels. On peut penser à la question de l’excision ou celle de l’inceste. Le but est de rechercher les forces de vie, les valeurs dont la famille est porteuse.

Or, ancrée dans la question de l’altérité portée par chaque acteur social, l’intervention sociale, du point de vue du travailleur social, ne peut être approchée en aucune façon sous un angle moralisateur. C’est là que la transcendance du mandat rejoint l’acceptation de l’altérité.

L’intervention sociale ne peut se mettre en œuvre qu’à partir d’un constat (que l’on peut souhaiter le plus objectif possible) fait par un tiers ou par la famille elle-même auprès d’une autorité judiciaire ou administrative. Nous disons que l’extériorité de la mesure ouvre le questionnement sur l’altérité et la rend exécutable dès lors que l’intervenant social n’est...

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

suivant