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Oui le développement est possible en Afrique

De
360 pages
L'auteur, qui croit en l'Afrique et en son avenir, se lance un défi majeur qui est, à travers une analyse économique très rigoureuse, de briser cet élan d'afro pessimisme et montrer que le développement de l'Afrique, bien qu'il nécessitera beaucoup d'efforts et passera inévitablement par un changement profond des mentalités, reste bel et bien possible.
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Oui, le développement est possible enAfriqueÉtudesAfricaines
Collection dirigée parDenis Pryen etFrançois MangaAkoa
Dernières parutions
Walter Gérard AMEDZRO ST-HILAIRE, PhD,
Gouvernance et politiques industrielles. Des défis aux
stratégies des Télécoms d’État africains,2011.
Toavina RALAMBOMAHAY, Madagascar dans une crise
interminable,2011.
BadaraDIOUBATE,Bonne gouvernance et problématique
de la dette enAfrique. Le cas de laGuinée,2011.
Komi DJADE, L’économie informelle en Afrique
subsaharienne,2011.
HifziTOPUZ, Un Turc auCongo,2010.
Djakalidja COULIBALY, Agriculture et protection de
l’environnement dans le Sud-Ouest de la Côte d’Ivoire,
2011.
Lofti OULED BEN HAFSIA, Karima BELKACEM,
L'avenir du partenariatChine-Afrique,2011.
Ngimbi KALUMVUEZIKO, Un Pygmée congolais
exposé dans un zoo américain,2011.
EsséAMOUZOU,Aide et dépendance de l’Afrique noire,
2010.
Pierre N’GAKA, Le Système de protection sociale au
Congo-Brazzaville,2010.
Bernard GOURMELEN et Jean-Michel Le Roux, Petits
métiers pour grands services dans la ville africaine, avec
lacollaborationdeMamoutouTouré,2011.
Issakha NDIAYE, Guide de la passation des marchés
publics au Sénégal,2010.
XavierDIJON et Marcus NDONGMO, L’Éthique du bien
commun enAfrique, Regards croisés,2011.
Daniel KEUFFI, La régulation des marchés financiers
dans l’espace OHADA,2011.
Cedric ONDAYE-EBAUH, Vous avez dit
développement ?,2010.OusseiniDiallo
Oui,
ledéveloppementestpossibleenAfrique
Une nouvelle approche du développement et de la lutte contre la pauvreté
à travers le commerce international et un partage équitable des ressources
L’HARMATTAN©L'HARMATTAN,2011
5-7,ruedel'École-Polytechnique;75005Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-54112-2
EAN : 9782296541122A mon père Ousmane Diallo qui, bien qu’issu d’une tribu encore hostile à
l’école occidentale dans cetteAfrique des années 80, a eu la clairvoyance et le
couragede m’inscrire, un matind’octobre,à l’école occidentale.Sommaire. ...………………………………………………………….. 9
Avant-p ropos. ………………………………………………….…….. 11
Introduction générale. ………………………….…………...…...…... 13
Partie I : Le commerce international : un atout
considérablepourredynamiserleséconomiesafricaines.………………. 21
Chapitre I :Etude du commerce international et de
l’économiede la zoneUEMOA. …………………………..……..….. 21
ChapitreII:Analyseducommerceinternationalainsique
desthéoriesetpolitiqueséconomiquesenzoneUEMOA.……………… 57
Chapitre III:Etude de l’optimisation du commerce
internationalafricain: lecasduBurkinaFaso. ………………...….... 121
PartieII:Ledéveloppementdurableestpossibleàtravers
uncommerceinternationaldynamique,desinvestissements
adaptésetunelutteefficacecontrelapauvreté. ….……………….…… 183
Chapitre IV :Détecter les problèmes du commerce
internationalouest-africainafindemieuxlescombattre.……….…….. 185
Chapitre V : Résoudre les problèmes du commerce
internationaletmettreenplacedevéritablesprogrammes
de développement visant à rendre l’économie plus
dynamique. …………………………………………………….….… 227
ChapitreVI:Allerau-delàducommerceinternationalet
s’attaqueraux racinesdu mal. ………………………………….…... 261
ChapitreVII:Atraversuneapprochenouvellebaptisée
«lesemi-by-pass»,mettreenplaceunevéritablepolitique
de lutte contre la pauvreté qui responsabilise les
populationset les pousseà uneauto-priseencharge
(analyseà travers lecasduBurkina). ………………..………...…... 289
Conclusiongénérale. ………………………………………...……... 325
Bibliographie. ………………………………………...…………….. 333
Annexes. ………………………………………..……...…………… 337
Plandétaillé. ………………………..………………………………. 353
9Avant-propos.
Soutenues par une série de révolutions technologiques qui se sont succédées
pendant les cinq derniers siècles, les économies occidentales ont connu des
progrès extraordinaires et ont pu ainsi créer de la richesse et améliorer
considérablement les conditions de vie des populations dans cette partie du
emonde.Cette série de révolutions qui a débuté au XV siècle avec l’expansion
du commerce international, expansion que l’on peut qualifier de révolution
mercantile, s’est poursuivie trois cents ans plus tard, c’est-à-dire au cours du
siècle des lumières, avec la première révolution industrielle. Cette première
e erévolution sera suivie en fin XIX - début XX siècles par l’apparition de
l’énergie électrique et du moteur à combustion que l’on peut qualifier de
seconde révolution industrielle. De nos jours, nous vivons une véritable
révolution de l’informatique à travers les progrès extraordinaires dans la
mémoire électronique et les nouvelles technologies de la communication et de
l’information (NTCI). Toutes ces séries d’innovations extraordinaires,
auxquelles il faut tout de même rajouter des faits moins glorieux comme la
traite négrière, la colonisation et l’impérialisme, synonymes d’appropriation de
ressources dans le reste du monde, ont permis ces progrès extraordinaires en
Occident même si pour la plupart des analystes, l’impact de ces faits moins
glorieux,dansces progrès,est marginal.Toujoursest-il que l’Occidenta,durant
les cinq derniers siècles, réalisé des progrès remarquables. Tout le contraire du
continent africain pour lequel ces cinq derniers siècles ont été marqués par une
série d’échecs, le premier étant l’esclavage, suivi après son abolition par la
colonisation, le tout couronné par l’incapacité des leaders africains de changer
la destinée de leurs peuples après les indépendances. En effet, n’étant jamais
parvenusà sedoterdescapacitésd’organisationetde la technologie nécessaires
pour exploiter au mieux et dans l’intérêt de la population les richesses
potentielles du sol et du sous-sol africains, ces leaders se sont plutôt contentés
de politiquesbasées sur lebinômecrédit-aide,c’est-à-diredes politiquesdont ils
ne maîtrisent ni les tenants ni les aboutissants. Autrement dit, des politiques
dont ils ne sont pas les maîtres du jeu, ce rôle revenant aux créanciers (pays
créanciers, organisations internationales, …). Ces politiques inadaptées et
inefficaces ont conduit à l’empêtrement de l’Afrique dans un sous-
développement lancinant accompagné de catastrophes humanitaires et de crises
répétées. Il n’en fallait pas plus pour que les médias internationaux
«noircissent »davantage l’imaged’uncontinentdéjà profondément marqué par
l’esclavage, continent décrit en général par ces médias comme celui qui
concentre toutes les misèresdu monde.Toutecette séried’échecs,accompagnée
du matraquage médiatique qui nourrit et entretient une image «négative» de
l’Afrique, ont fini par affecter au plus profond d’eux-mêmes bon nombre
d’Africains qui, ayant perdu confiance en eux-mêmes, ont tendance à attendre
de la coopération et de la communauté internationale qu’elle viennent résoudre
11leurs problèmes. Or, il est clair que l’idée d’une concertation mondiale pour
aider les plus pauvres à sortir du sous-développement demeure de l’ordre de
l’utopie oudes vœux pieux.Enréalité, le salutd’un peuple ne peut venir quede
lui-même.C’est pourquoi,dans l’espoirdebrisercetélan pessimiste,cette sorte
de renonciation qui affecte de plus en plus d’Africains, nous avons décidé
d’écrire cet ouvrage dont l’objectif est de montrer que non seulement tout n’est
pas perdu pour l’Afrique mais, en plus, ce continent est capable de très vite
renverser la tendance et entamer un véritable processus qui le conduira vers le
développement durable. Mais cela à une condition: que les Africains en
prennent conscience et décident de prendre en main leur propre destinée.Avec
une argumentation économique bien structurée, cet ouvrage montre justement
comment une telle révolution, qui s’appuierait sur certains fondamentaux
économiques, serait possible en Afrique et pour le bien-être de tous. Cet
ouvrage se veut donc un message d’espoir aux Africains et à toutes celles et
ceux qui, à travers le monde, soutiennent le noble combat pour le
développement que mène ce continent où rien n’est encore totalement perdu et
où le meilleur reste possible. Ils’adresseaussibienauxchercheurs,étudiantset
décideurs politiques qu’à toute personne sensible à la cause africaine et qui
voudrait en savoir davantage sur les raisons des échecs répétés en Afrique, et
surtout sur les solutionsdontdisposeraitcecontinent pour sortirdecette spirale
négative.C’est pourquoi nous avons simplifié, autant que possible, le message
de la première partie de l’ouvrage qui, il est vrai, nécessite la maîtrise de
quelques notionsde la théorieéconomique pour sacompréhension.Ceteffortde
simplificationdevrait permettreà tout lecteur (même non initiéàl’économie)de
saisir l’essentiel du message véhiculé dans cette partie I. Quant à la seconde
partie de l’ouvrage, elle està la portéede tout lecteur, initié ou pas,aux notions
parfois complexes de l’économie.C’est donc un ouvrage que nous avons voulu
simple dans son écriture (et donc facile à lire) et à travers lequel nousdélivrons
un messaged’espoir qui, nous l’espérons, réveilleradesconscienceset poussera
les leaders et peuples africains à de meilleures politiques, à plus de
déterminationetà plusd’actionsconstructives qui permettrontà l’Afriquede se
bâtir unavenir rayonnant.Introduction générale.
Les années 60 furent celles de l’accession à l’indépendance de la plupart des
paysde l’Afrique subsaharienne.LesAfricainsavaient placébeaucoupd’espoir
dans ces indépendances, synonymes de liberté et d’autonomie retrouvées. Près
d’un demi-siècle après l’avènement de ces indépendances, la déception des
peuples africains est à la hauteur de l’espoir qu’avaient suscité ces
extraordinaires années où, après plusieurs siècles de domination étrangère,
l’Afrique pensait être enfin libérée et en mesure d’écrire désormais son propre
destin, ce destin que tous les Africains rêvaient meilleur, voire rayonnant. Le
constat aujourd’hui est amer car non seulement la plupart des dirigeants
africains n’ont pas réussi à apporter le minimum à leurs populations -ce
minimum étant l’accès aux biens fondamentaux comme l’eau potable et
l’assainissement, la santé, l’éducation, les infrastructures de base, pour ne citer
que ceux-là- mais en plus la plupart des pays africains sont plongés dans des
crises économiques (endettement, déficits macroéconomiques, …) et sociales
(pauvreté, instabilité, …) profondes. Au plan commercial, la situation n’est
guère meilleurecar l’Afriqueestde plusen plus marginaliséedans lecommerce
mondial. Sa part actuelle dans ce commerce mondial est inférieure à 2% et, à
titre de comparaison, l’Afrique subsaharienne, en 2005, avec 689 millions
d’habitants, absorbait une part des exportations mondiales moins importante
1que la Belgique qui ne comptait que 10 millions d’habitants . En plus de la
marginalisation de l’Afrique en terme de commerce, ce continent semble
n’avoir pas pu créer les conditions nécessaires pour mieux s’insérer dans la
mondialisation. En effet, le commerce international a subi une mutation
extraordinaire ces cinquante dernières années, les produits manufacturés ayant
progressivement pris le dessus sur les produits agricoles qui ont dominé les
échanges internationaux durant les siècles précédents (époque de Smith et
eRicardo) et cela, jusqu’au milieu du XX siècle. En 1950, les exportations de
produits agricoles représentaient prèsde47%du totaldes marchandisesetcette
part en 1996 était tombée à 12%. En revanche, les produits manufacturés qui
représentaient 38% des exportations en 1950 sont passés à 77% du total de
celles-ci en 1996. L’Afrique, qui a pris un retard considérable en matière de
technologie, n’a jamais pu s’insérer dans cette dynamique et est toujours
contrainte, de nos jours, de faire reposer l’essentiel de ses exportations sur les
matières premières minières et surtout agricoles dont la fluctuation des cours
mondiaux n’a pasfinidefairedesdégâts.
Bien évidemment, les raisons de l’échec sont multiples et les responsabilités
sont partagées aussi bien par les dirigeants des pays africains que par les
dirigeants politiques et économiques du Nord ainsi que les institutions
1Programme des Nations Unies pour ledéveloppement (2005), «Rapport mondial surle
développement humain »,Economica.
13financières internationales. Ces responsabilités seront longuement abordées
dans la deuxième partie de cet ouvrage. Mais signalons tout de même qu’à coté
des nombreux échecs, figurent quelques progrès qui ne doivent pas être
complètement ignorés car ils sont la preuve même que le continent noir, s’il
s’en donne les moyens, peut inverser la tendance et entamer un véritable
processus de développement durable.Autrement dit, même si les avancées sont
infimes et restent insuffisantes, il est très important de les signaler et non les
ignorer complètement comme le font la plupart des médias internationaux.
Combien de fois n’a-t-on pas évoqué le cas du continent africain dans les
médias du monde entier et avec toujours la même constante pour ne pas dire la
même étiquette: celle d’un continent pauvre, perpétuellement en guerre, avec
une situation sanitaire dramatique et où (selon ces médias) aucun espoir ou, en
toutcas, très peud’espoirest permis ?
Bref, lecontinentafricain souffrede la mauvaise image véhiculée par la plupart
des médias qui ignorent complètement les quelques progrès accomplis sur ce
continent, quand bien même la plupart des pays n’ont accédé à l’indépendance
que récemment c’est-à-dire durant les années 60, ce que beaucoup de gens
semblent oublier. En reléguant au second plan les progrès accomplis et en
mettant l’accent sur les«manquements »,ces médiasfabriquentetentretiennent
une image négativeducontinentafricain.D’ailleurs,dès ledébutdesannées 60,
c’est-à-dire au moment même des indépendances, certains auteurs comme René
Dumontécrivaientdéjà que: «l’Afrique noireest mal partie ».
Sans nier les nombreux problèmes de développement auxquels est confronté le
continent africain, problèmes que nous évoquerons et analyserons tout au long
de cet ouvrage, nous avons décidé de démontrer que tout reste possible sur ce
continent africain, berceau de l’humanité, et que les Africains peuvent, s’ils y
croient réellement, se forger un avenir des plus rayonnants dans les années à
venir.Autrement dit, notre objectif est de montrer que ledéveloppementestbel
et bien possible en Afrique, à condition que les dirigeants et peuples de ce
continent prennent en main leur propre destin, ce qui signifie une rupture totale
avec les habitudesdu passé héritéesde lacolonisation,de la traite négrièreetde
certainescroyances obscurantistes.
Le but de cet ouvrage est donc d’essayer de montrer comment, en s’appuyant
sur certains fondamentaux économiques, l’Afrique sub-saharienne peut, très
rapidement, inverser la tendance et entamer un véritable processus qui la
conduira vers le développement durable. Ce développement de l’Afrique est
non seulement espéré par tous les Africains mais aussi par de nombreux
citoyens à travers le monde qui, acquis à la cause africaine, ne ménagent pas
leurs efforts pour épauler ce continent dans ce noble combat qu’il mène depuis
plusieurs décennies pour essayer de vaincre les obstacles et entamer le progrès
si attendu qui devrait contribuer à l’amélioration du bien-être de la population
decette partiedu monde.
14Trois outils nous semblentessentiels pour l’Afrique sicecontinent veut très vite
atteindrecet objectif.Ce sont: lecommerce international, les investissementset
une lutteefficacecontre la pauvreté.
Dans cet ouvrage constitué de deux grandes parties, la première partie est
essentiellement consacrée à l’analyse du premier«outil»qui est le commerce
international et la seconde partie à celle des autres «outils », c’est-à-dire les
investissementset la lutteefficaceet volontaristecontre la pauvreté.
Aussi, allons-nous, dans la première partie, constituée de trois chapitres,
montrer le rôle que peut jouer lecommerce internationaldans la redynamisation
des économies africaines et comment, à travers celui-ci, le continent africain
peut parvenir à asseoir les véritables bases de son développement. Cette
réflexion sur le rôleessentiel que peutetdoit jouer lecommerce international se
fera à travers une analyse structurelle des affinités commerciales Nord-Sud.
Mais étudier les affinités commerciales entre le Nord et le Sud est un sujet
extrêmement vaste, tant ces deux parties du monde (le Nord et le Sud) sont
vastes. Le Sud regroupe aussi bien les pays africains que les pays latino-
américains, sans oublier les pays de l’Asie du Sud, desCaraïbes, etc. Quant au
Nord, ilestcomposé par l’ensembledes paysindustrialisés (Europeoccidentale,
Etats-Unis d’Amérique,Canada, etc.). Il est donc clair que faire une telle étude
suppose un recentrage du sujet sur une ou des régions du Sud et du Nord sur
lesquelles va porter celle-ci.Dans cet ouvrage, nous avons opté pour une étude
des affinités commerciales entre les paysindustrialisés du Nord et l’Afrique,
plus précisément et dans un souci d’efficacité, une partie de ce continent: la
zone UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine). L’union
économique et monétaire ouest africaineaétécrééeen 1994.Elle regroupe huit
pays membres qui sont: la Côte d’Ivoire, le Mali, le Burkina, le Sénégal, le
Bénin, le Togo, le Niger et laGuinéeBissau. La superficie de cette zone est de
3509 600 km²et,en 2007, sa population s’élevaità80 340 000 habitants.
Cette première partie va s’efforcer d’étudier les affinités commerciales de cette
zone du Sud (la zone UEMOA) avec ses partenaires du Nord, en mettant un
accent particulier sur un des pays de cette zone qui est le Burkina Faso. Au
cours de ce travail, nous allons aborder plusieurs aspects du commerce
international et de l’économie de cette zone UEMOA dans le but de faire
l’étude la plus complète possible.Aussi,allons-nousaborder les questionsde la
situation socio-économique de la zone, de la structure et de l’orientation des
échanges de celle-ci, des politiques commerciales qui y sont en vigueur, de
l’efficacité du commerce international de celle-ci, sans oublier les questions
relatives aux relations politiques, économiques et commerciales qui existent
entre cette zone et ses partenairesduNord.Notredémarche vaêtre progressive,
15l’objectif étant d’analyser en profondeur ces questions essentielles dont la
résolution permettra de formuler des propositions en vue de révolutionner le
commerce international de cette zone et du continent africain subsaharien tout
entier, dans l’optique de le rendre le meilleur possible.En effet, un commerce
international dynamique et qui fonctionne de la façon la plus optimale est sans
aucun doute un atout indéniable pour pousser le continent africain vers un
développement durable, ou du moins c’est ce que nous allons clairement
démontrerdanscette première partiede l’ouvrage.
Lechapitre 1 seraconsacréà l’étudede la situation socioéconomiquede la zone
UEMOA.Il s’agit,avant tout,defaire unétatdes lieux sur la situation socialeet
économique qui prévaut en ce moment dans cette zone UEMOA sur laquelle se
concentre l’essentielde notreanalyse.Aussi,allons-nous tenterde savoir quelle
est la réelle situation socio-économique de la zone UEMOA et quels sont les
secteurs qui tirent la croissance de la zone vers le haut. A l’inverse, nous
déterminerons les secteurs dont la contribution à la croissance est plus faible et
donc pour lesquels les efforts doivent être redoublés.En outre, nous étudierons
les forces et les faiblesses de cette zone et tenterons de déterminer la
contribution des différents secteurs d’activités de la zone à son commerce
international. Pour ce qui est du Burkina, nous analyserons l’impact de la
situation géographiquedece pays sur son commerce international.Lebutdece
chapitre,comme nous l’avons signalé,estde mieux maîtriser laconnaissancede
la situation sociale et économique actuelle de cette zone UEMOA. En effet,
cette maîtrise de la connaissance de la situation sociale et économique de la
zone nous semble indispensable pour aborder beaucoup plus en profondeur les
questions relativesàla stratégieet l’orientationdeséchangescommerciauxainsi
que les politiquescommercialesdecelle-ci.
Ce sont justement ces questions relatives à la stratégie et à l’orientation des
échangesdecette zone qui vontfaire l’objetduchapitre 2dans lequel uncertain
nombre d’interrogations essentielles seront abordées. Ils’agira en fait de savoir
quels sont les principaux produits échangés en zone UEMOA et par leBurkina
Faso,et surtout quien sont les principauxclientsetfournisseurs.En outre, nous
tenterons de déterminer la ou les théories du commerce international en mesure
d’expliquer les pratiquescommercialeset l’orientationactuelledeséchangesde
la zone UEMOA.Autrement dit, il s’agira de déterminer si ce sont les théories
traditionnelles du commerce international (Smith, Ricardo, …) qui seraient en
mesure d’expliquer les échanges internationaux actuels de la zone UEMOA ou
si ce sont plutôt les nouvelles théories du commerce international (Posner,
Vernon,Finger, Linder, Krugmann, Lancaster, Marshall, …) qui expliqueraient
ces échanges. En outre, d’autres questions essentielles, notamment celles
relatives aux politiques commerciales en vigueur dans la zone UEMOA, seront
abordées dans ce chapitre 2. Pour ce qui est de la politique de taxation
16douanière, nous tenterons de déterminer quelle devrait être son orientationdans
la zone UEMOA. Il s’agira donc de déterminer s’il faut opter pour une
augmentation des droits de douane de la zone (vis-à-vis des partenaires
extérieurs à la zone) ou si, au contraire, c’est une diminution des taxes
douanières de la zone qui serait plutôt nécessaire. Quant à la politique des
barrières non-tarifaires (quotas, normes sanitaires, …), nous tenterons de
montrer quelle devrait être l’attitude des autorités de l’UEMOA face à ces
barrières souvent utilisées par les autres pays pour freiner les exportations en
provenance de cette zone ? On peut citer, entre autres, les normes sanitaires
drastiques de l’UE (Union européenne) qui bloquent l’accès à son marché à
plusieurs produits issus de la zone UEMOA.Ensuite les questions relatives au
dumping et aux règles anti-dumping seront abordées. Il s’agira de déterminer
quelle devrait être la réaction des pouvoirs publics de la zone UEMOA face au
dumpingetaux règlesanti-dumping.Devraient-ellesaccueilliretencourager les
entreprises occidentales désirant pratiquer du dumping sur le sol africain ou
faudrait-il qu’elles s’y opposent ? Enfin, nous analyserons l’attitude que
devraientadopter lesdirigeantsde la zoneUEMOAet les responsablesafricains
en général lors des négociations commerciales internationales si cruciales pour
l’avenir du commerce extérieur africain. Bref, ce deuxième chapitre nous
permettra de mieux élucider toutes les questions relatives à la structure et à
l’orientation du commerce extérieur du Burkina Faso et de la zone UEMOA
ainsi que les politiques commerciales en vigueur dans cette zone.Cette analyse
permettrad’apporterdes réponses sur leschangements nécessairesà la structure
des échanges de la zone si on veut rendre ceux-ci plus performants. En outre,
cette analyse permettra de déterminer les politiques commerciales à privilégier
dans la zone et l’attitude des pouvoirs publics face aux pratiques émanant des
autres partiesdu monde (dumping,délocalisations, protectionnisme,etc.).
Le chapitre 3, quant à lui, va être essentiellement consacré à l’analyse d’une
question tout aussi importante, celle relative à «l’efficacité » de l’orientation
actuelle des échanges de la zone UEMOA. En clair, il s’agit de déterminer si
l’orientation actuelle des échanges de la zone UEMOA est optimale au sens
économiquedu terme ou sid’autres orientations qui rendraient plus performants
et donc plus optimaux les échanges extérieurs du Burkina et de la zone
existeraient. Optimiser, au sens économique du terme, veut dire minimiser les
coûts tout en maximisant les profits. Cette attitude est-elle celle des
importateurs burkinabè ? Autrement dit, le Burkina Faso fait-il des choix
judicieux lorsque parmi n fournisseursdisponibles pour un produit ià importer,
ce pays (ou du moins ses importateurs) choisit les fournisseurs auprès desquels
il s’approvisionnera en ce produit ? Une étude comparative du coût de revient
des produitsenfonctiondu pays ouducontinentde provenance que nousallons
réaliser sur un échantillon de produits issus de la base de données de l’INSD
(Institut National de Statistiques et de Démographie du Burkina Faso) nous
17permettra de répondre avec précision à cette question.En outre, les résultats de
l’étude nous permettront de faire une analyse comparative des coûts entre les
différents continents. Cette analyse comparative des coûts entre les différents
continents nous permettra, à son tour, de répondre avec précision à la question
de savoir quels devraient être les continents ou les pays à privilégier par le
Burkina (et à fortiori la zone UEMOA) lors de ses échanges avec le reste du
monde, si ce pays veut optimiser ses importations. En outre, cette étude
permettradefaire unchiffragedeséventuelleséconomies quidécoulerontd’une
telle optimisation des importations. Enfin, en nous appuyant sur les théories
d’auteurs comme Raffinot Marc et Baptiste Venet, Michel Aglietta, nous
analyserons les éventuels effets de cette optimisation des importations sur les
agents économiques (ménages et entreprises) et sur l’équilibre extérieur de la
nation.Toutecetteanalyse nous permettrade montrertrèsclairement,danscette
première partie,en quoi lecommerce internationalestun«outil»essentiel pour
redynamiser l’économie africaine et donc permettre un développement durable
surcecontinentetc’estbiencela l’objectif mêmedecette partieI.
Dans la seconde partie, composée de quatre chapitres, nous allons essayer
d’élucider une question cruciale, c’est-à-dire celle relative aux problèmes du
commerce international et de l’économie burkinabè ainsi que celle de la zone
UEMOA. L’analyse de cette question fondamentale fera l’objet du chapitre 4.
Une fois les problèmes du commerce international et de l’économie burkinabè
analysés en profondeur, se posera alors la question de la résolution de ces
problèmes.Cette seconde questionfera l’objetduchapitre5.Ace niveau,après
avoir analysé les plans continentaux comme le Nepad (Nouveau partenariat
pour le développement enAfrique) ainsi que les autres voies et moyens utilisés
de nos joursauBurkinaFasoet sur lecontinentafricain pour tenterde résoudre
ces différents problèmes, nous allons formuler un panel de solutions à l’échelle
du Burkina Faso, pour venir à bout de ceux-ci. Mais pour combattre en
profondeur les maux des économies africaines, il faut de toute évidence faire
«un retour » dans le passé afin de détecter les«racines» du mal si l’on veut
réellement le soigner. Le chapitre 6 se propose de faire un bref retour dans la
période post-coloniale, notamment les décennies 60, 70 et 80 qui sont
caractérisées par des politiques de développement inefficaces car basées sur le
binôme crédit-aide avec une gestion chaotique de l’aide publique au
développement (APD). Une analyse critique et profonde de l’APD française
sera effectuée dans ce chapitre, le but étant de dénoncer l’affairismeet le
clientélisme qui ont affecté l’APD depuis les indépendances et ont réduit à
néant sa capacité à jouer son rôle de soutien aux populations du Sud dans leur
lutte pour le développement.Autrement dit, l’APD, par le biais de«conditions
etcontreparties »qui y sont liées,aétédétournéede son objectif premier quiest
d’aider au développement et à l’amélioration des conditions de vie des
bénéficiaires, pour servir les intérêts de dirigeants peu scrupuleux du Sud ainsi
18que leurs alliés (les dirigeants politiques et économiques du Nord). L’objectif
est donc de faire une analyse profonde et critique de l’APD, de déterminer les
causesde sacontre-productivitédans le passé,d’identifier leserreurs quiontété
commisesdans la gestiondecelle-ci dans le passéafinde ne plus les reproduire
dans le futur. Une telle démarche est nécessaire puisque l’APD est en passe de
devenir l’un des éléments centraux de la politique euro-africaine comme l’a
montré le dernier sommet euro-africain de 2007 à Lisbonne où les dirigeants
européens ontexprimé leur volontéd’enfiniravec les relations paternalistes qui
caractérisent les liens entre les ex-colonisateurs et les ex-colonisés pour mettre
dorénavant l’accent sur l’APD.CetteAPD prenddonc une placede plusen plus
importante dans les relations entre l’Occident et l’Afrique et l’émergence de
nouveaux donateurs comme la Chine montre le rôle de plus en plus important
que va jouer l’APD dans l’avenir. Ce serait donc dommage de ne pas oser
dénoncer les erreurs du passé des uns (les donateurs) et des autres (les
bénéficiaires)etdecontinuerdanscette même logique où, plutôt qued’aider les
pays en développement, l’APD, à cause des contraintes et contreparties qui y
sont liées et de sa mauvaise utilisation, aggrave les problèmes socio-
économiques dans les pays bénéficiaires comme nous allons le montrer tout au
longdu chapitre 6 de cet ouvrage. Bien évidemment, si nous dénonçons les
manquements dans la gestion de l’APD, c’est pour aider celle-ci à se libérer de
toutes les «conditions et obligations»qui en sont liées afin que cette aide
puisse jouer pleinement son rôle qui, normalement, est et doit demeurer, le
soutienaudéveloppementdans les paysbénéficiaires.
Mais cet ouvrage ne pouvait pas se passer de proposer une méthode totalement
nouvelle que nousavonsbaptisée«la méthodedu semi-by-pass », méthode qui,
si elle était expérimentée dans les pays africains, permettrait non seulement de
toucher directement les populations et donc d’améliorer considérablement leurs
conditions de vie mais également, de lutter efficacement contre la pauvreté. Le
dernier chapitre de cet ouvrage (chapitre 7) qui est entièrement consacré à cette
méthode, permettra de mieux comprendre ce qu’est cette nouvelle approche du
développementdénommée « méthodedu semi-by-pass ».Partie I: Le commerce international: un atout
considérable pour redynamiser les économiesafricaines.
Chapitre I: Etude du commerce international et de
l’économiede la zoneUEMOA.
L’essentiel de notreanalyseétantbasé sur la zoneUEMOAeten particulier sur
le Burkina Faso qui est d’ailleurs un des pays membres de cette zone, nous
avons pensé qu’il serait intéressant, voire indispensable, de faire une analyse
préalable de l’économie et du commerce international de cette zone en mettant
un accent particulier sur ce pays.Ce travail préliminaire devrait nous permettre
de mieuxconnaître la situation socio-économiquede la zoneainsi que lesforces
et les faiblesses de celle-ci. Il devrait également nous permettre d’identifier les
secteurséconomiques les plus importantsau seindecette zone.Bref,cetteétude
préliminaire nous permettra de disposer d’un certain nombre d’informations
relatives à l’économie et au commerce international de la zone et du pays sur
lequel nousavonsdécidéd’axer notreétude: leBurkinaFaso.Ces informations
sontà notreavis très importantes, voire indispensables, pourfaire une meilleure
analyse et mieux traiter les questions qui nous préoccupent.En effet, seule une
étude des secteurs économiques comme le secteur agricole ou industriel de la
zone UEMOA ou duBurkinaFaso peut nous permettre de mieux identifier les
forces et les faiblesses de ces secteurs ainsi que les principaux problèmes
auxquels ils sontconfrontés.
Dans la première section de ce chapitre, nous allons faire une présentation
géographiqueduBurkinaFasodans lebutde montrer l’impactde la localisation
géographique de ce pays sur son économie et, en particulier, son commerce
international. En effet, l’une des activités économiques essentielles de la zone
UEMOA est l’agriculture. Or les conditions climatiques influent beaucoup sur
les rendements agricoles. Dès lors, notre préoccupation, dans cette première
section, sera de répondre à l’interrogation suivante: quel est l’impact de la
situation géographique duBurkina sur l’économie et le commerce international
de ce pays ? Les conditions climatiques engendrées par la localisation
géographique de ce pays ainsi que l’enclavement du pays qui en découle,
favorisent-ils sesactivitéséconomiqueset soncommerce international ?
Dans la seconde section de ce chapitre, nous ferons une analyse socio-
économique de la zone UEMOAen mettant unaccent particulier sur leBurkina
Faso. Ils’agira de présenter les différents secteurs économiques de la zone.
L’objectif est de mieux nous familiariser avec cette zone, de mieux repérer ses
atouts ainsi que ses faiblesses et enfin de soulever les questions essentielles qui
vont par la suite être traitées tour à tour dans les chapitres qui suivront. Il sera
21donc question, dans cette seconde section, d’identifier les problèmes auxquels
les principaux secteurs économiques de la zone sont confrontés et mener une
réflexion sur les solutionsenvisageables pourcontrerces problèmes.
A la lumière de cette première analyse socio-économique de la zone, d’autres
interrogations essentielles seront soulevées puis seront ensuite traitées de façon
approfondiedans leschapitres qui suivront.
Section 1.Présentation géographiqueduBurkinaFaso.
Il est, avant tout, essentiel de faire une brève présentation géographique de ce
paysavantd’aborder les questionscommercialesetéconomiques.Eneffet,cette
situation géographique a un impact si important sur le commerce extérieur et
l’économie du Burkina Faso, comme nous allons le voir tout au long de cette
section, qu’il seraitdommagede ne pas nous y intéresserafinde mieuxélucider
le lien entre celle-ci et le commerce international de ce pays. Le but de cette
sectionestdoncdedéterminer l’impactde la situationgéographiqueduBurkina
Faso sur soncommerceextérieuret sonéconomieengénéral.
1.1.1.La situationgéographiqueduBurkinaFaso.
Situé enAfrique de l’Ouest, leBurkinaFaso est l’un des huit pays membres de
l’UEMOA (UnionEconomique et Monétaire OuestAfricaine).Ce pays partage
ses frontières avec six pays tous membres de l’UEMOA sauf le Ghana. Ainsi
nous avons, à l’Ouest et au Nord, le Mali, au Sud leGhana, laCôte d’Ivoire et
le Togo, au Sud-est leBénin et au Nord-est le Niger. La superficie duBurkina
2Fasoestde 274 120 km .
22Fait notable,et quiadesconséquences sur lecommerceextérieuret l’économie
du Burkina Faso, ce pays est totalement enclavé, c’est-à-dire qu’il n’a aucun
accès à la mer.Cet enclavement condamne ce pays à devoir toujours composer
avec d’autres pays ayant des infrastructures portuaires pour expédier vers, ou
recevoir des marchandises de, l’extérieur.Autrement dit, les exportations et les
importations du Burkina Faso ou, du moins une grande partie de celles-ci,
doivent transiter par un portétrangeravantd’embarquer vers les paysclientsdu
Burkina pour ce qui est des exportations ou vers le Burkina Faso, pour ce qui
est des importations. Avant la crise ivoirienne qui a débuté en 2002, 66% des
marchandises échangées par le Burkina avec ses fournisseurs et clients
2transitaient par le port d’Abidjan en Côte d’Ivoire . Bien entendu et comme
nous le verrons dans le paragraphe suivant,ce transita uncoût qui va se greffer
aux autres coûts (transport, assurance) et, au final, c’est le coût de revient des
importations et exportations du Burkina qui s’élève considérablement. Cela
n’est jamais un avantage dans un monde concurrentiel où la compétitivité reste
un facteur déterminant, d’autant plus que leBurkinaFaso offre, sur le marché
international, les mêmes types de produits que ses voisins (Togo, Bénin, …)
qui, eux, ont un accès à la mer. Mais cette localisation géographique n’a sans
doute pas que des inconvénients. Il y a certainement quelques avantages liés à
celle-ci. Le paragraphe ci-dessous a pour but d’analyser les avantages et
inconvénientsdecette localisationgéographiquepourlecommerceinternational
et l’économieduBurkinaFaso.
1.1.2.Avantageset inconvénientsde la localisationduBurkina pour ses
activitéséconomiques.
La situation géographique duBurkina a un impact important sur l’économie et
le commerce international de ce pays. En effet, c’est la localisation
géographique d’un pays sur le globe terrestre qui lui confère le type de climat
qui y règne. Or, dans le cas des pays africains et en particulier pour leBurkina
Faso, ce climat a un impact important sur le commerce international et
l’économie nationale.Tentonsdedéterminer,dans lecasduBurkina, quels sont
lesavantages liésàceclimatet quelsen sont les inconvénients.
1.1.2.1.Lesavantages liésauclimat.
En raison de sa situation géographique, leBurkinaFaso bénéficie d’un climat
favorableà la pratiquedecertainesactivitéséconomiques.Eneffet,auBurkina,
3ondistingue quatregrandes zonesclimatiques :
E la zone sahélienne au Nord du pays (nord du 14ème parallèle) reçoit
environ 400 mmà 600 mmde pluie. La saison des pluies ya une durée
2 Source: BAFD/OCDE (2005), «perspectives économiques en Afrique », BAFD/OCDE,
BurkinaFaso.
3http://aochyocos.ird.ne (30/09/2006).
23moyenne de 3 à 4 mois par an et, le reste de l’année, c’est la saison
sèche.Lesamplitudes thermiques y sont trèsélevées (15à45degrés) ;
E la zone sub-sahélienne, située au nord du plateau Mossi entre le 13ème
et le 14ème parallèles, reçoit une pluviométrie annuelle de 600 mm à
750 mm pour uneduréede4 mois ;
E la zone nord-soudaniennecouvre la régioncentraledu pays,entre 11°30
et 134° nord ; elle reçoit une pluviométrie entre 750 mm et 1000 mm
pour une saisondes pluiesd’environs4à5 mois ;
E la zone sub-soudanienne située au sud de 11°30 nord reçoit une
pluviométrie entre 1000 mmet 1300 mmet la saison des pluiesdureau
moins 5 mois. Les précipitations sur tout leBurkina sont extrêmement
variables d’une année à l’autre et, au cours d’une même saison, d’une
régionà l’autre.
La végétationdanscesdifférentsclimatsest la suivante:
E la zone sahélienne caractérisée par une steppe arborée de balanites et
acaciasavecuntapisdegraminéessurlesdunesetlelongdesdépressions ;
E la zone sub-sahélienne, composée de savanes arbustives et de
formations herbeuses ;
E la zone nord-soudanienne est formée d’une juxtaposition de formations
assezdiverses ;
E la bande sub-soudanienne localisée au Sud-ouest et au Sud-est,
composée de forêts claires et de galeries forestières en bordure des
coursd’eau permanents.
C’est donc un climat très favorable à l’élevage tel qu’il est encore pratiqué en
Afrique. En effet, l’élevage en Afriqueest l’œuvre de bergers peuls qui se
déplacent de pâturages en pâturages avec leurs troupeaux de bétails. La savane
herbeuse, très riche en pâturages, est par conséquent très propice à la pratique
de ce type d’élevage. Iln’est pas étonnant que le cheptel bovin malien et
burkinabè occupent respectivement le premier et le second rangde l’UEMOA,
en termed’importanceen 2005.
Tableau 1. Lecheptelburkinabèen 2005,en millionsde têtes.
Cheptelburkinabèen 2005 Nombrede têtes (en millions)
Bovins 7,6
OvinsetCaprins 17,7
Volailles 32
Source:Missionéconomique,AmbassadedeFranceauBurkinaFaso.
Certains pays avec des climats équatoriaux très humides ne sont pas du tout
avantagés dans la pratique de l’élevage, le paysagey étant composé de grandes
forêts denses ou d’une savane arborée, où l’absence de pâturages et la présence
24de la trypanosomiase (maladie du sommeil) rend la pratique de l’élevage
difficile, voire impossible.C’est par exemple le cas dans l’Ouestet leSudde la
Côte d’Ivoire ou encore dans un pays équatorial humide comme leGabon.En
revanche, ces pays bénéficient d’autres avantages que le Burkina n’a pas,
avantages sur lesquels nousallons revenirdans le paragraphe suivant.
Le climat burkinabè est également favorable à la production de coton et de
produits céréaliers. D’ailleurs les cultures vivrières (mil et sorgho, mais, riz)
4utilisent 90% des surfaces cultivées voire plus . Seul ce type de cultures (les
cultures vivrières) se développe bien sous le climat burkinabè.En revanche, la
production des cultures d’exportation comme le café, le cacao, l’hévéa, est
impossible auBurkinaFaso, en raison du climat de ce pays.Cela fait partie des
inconvénients liés au climat. Ce qui nous amène à l’analyse de ces
inconvénients liésà la situationgéographiquedece pays.
1.1.2.2.Les inconvénients liésauclimat.
Contrairement au Burkina Faso, la Côte d’Ivoire bénéficie d’un climat très
humide où la productionet l’exportationdes produitscomme lecacaoet lecafé
ont rapidement permis à ce pays de se hisser au premier rangéconomique de la
zone UEMOA, même si la crise de 2002 a fortement affecté l’économie
ivoirienne ces dernières années. LeBurkinaFaso, qui a un climat non propice
au développement de ce type de cultures d’exportation et dont l’économie
repose pourtant essentiellement sur l’agriculture, n’est donc pas très avantagé
par son climat. En effet, quand on a une économie qui repose essentiellement
sur l’agriculture, ona intérêtàavoir unclimatfavorableà tous typesdecultures
et surtout lesculturesd’exportation.Ce quiest loind’être lecasduBurkina.
En résumé, la situation géographique duBurkinaFaso, même si elle lui permet
la pratiquedecertainesactivitéscomme l’élevageet la productioncéréalière, ne
permet pas, à ce dernier, la production de grands produits d’exportation comme
le café, le cacao, l’hévéa, etc. Cela est un handicap sérieux pour ce pays dont
l’activitééconomique reposebeaucoup sur l’agriculture.
Mais si ce pays, en raison de sa situation géographique, est désavantagé en
matière d’agriculture, qu’en est-il de son commerce international ? Cette
localisation géographique est-elle un atout ou un handicap pour le commerce
internationalburkinabè ?
1.1.3.Avantageset inconvénients pour lecommerce international.
LeBurkinaFaso est situé dans une zone très propice à la pratique de l’élevage,
ce qui lui permet,comme nous l’avons vu,d’êtreavec leMali, undes leadersde
4Source: http://www.izf.net (30/09/06).
25la zone UEMOA dans la production et l’exportation de bétail. En revanche,
comme nous l’avons déjà mentionné, c’est un pays enclavé, ce qui est un
véritable handicap pour le commerce international burkinabè comme nous
allons ledécouvrir toutau longdece paragraphe.
1.1.3.1.Les inconvénientsde la situationgéographiqueduBurkina pour son
commerce international.
LeBurkinaFaso, pays enclavé du fait de sa situation géographique, est obligé
de compter sur les ports des pays frontaliers pour l’acheminement de ses
marchandises.Les inconvénientsdecette situation sontd’ailleurs nombreux.
- Le Burkina Faso n’est pas maître du jeu dans les ports étrangers et est
obligé de compter sur le «bon vouloir » des pays voisins pour exercer son
commerce international (ou du moins l’essentiel de celui-ci, tous les produits
échangés ne transitant pas forcément par un port). Bien entendu, d’autres
moyens d’acheminement des marchandises existent, comme le transport aérien
parexemple maisce typede transporta uncoût siélevé qu’ilest très peu utilisé.
La conséquence de cette dépendance vis-à-vis des infrastructures étrangères est
que leBurkinaFaso est directement victime des éventuels problèmes existants
dans ces ports étrangers (mauvaise organisation, insécurité, manque
d’infrastructures, mauvaise gestion, corruption, …). En outre, le Burkina ne
peut rien (ou presque rien) faire pour changer la donne car il ne peut en aucun
cas prendre le contrôle de la gestion des ports étrangers qu’il utilise, même si
cettegestion laisse souventàdésirer.Rien ne prouved’ailleurs que, s’ilenavait
lecontrôle, lagestiondeces ports serait meilleure.
-LeBurkinaFaso est également directement victime des éventuelles crises
ou des instabilités dans les pays voisins dont il utilise les infrastructures.
L’exemple de la crise ivoirienne en est une illustration, le commerce
internationalburkinabèayant subide pleinfouetcettecrise.Le paysaété obligé
de vite trouver d’autres ports de substitution au port d’Abidjan avec tous les
problèmes quecela implique.
- Enfin, l’utilisation des ports étrangers engendre des surcoûts qui se
greffent aux coûts de revient finaux des produits échangés avec l’extérieur. Or,
la compétitivité-prix est un facteur déterminant dans le commerce international
actuel.Ce qui nous amène à l’analyse des coûtsde transportauBurkinaFasoet
dans les pays voisinsdecedernier.
Le tableau ci-après nous donne les coûts de transport auBurkinaFaso et dans
les pays voisinsdecedernier.
26Tableau 2.Coûtsdes transportsauBurkinaetdans les pays voisins
(touscescoûts sontexprimésenCFA/Km).
coûtdu transport coûtdufret coûtdu transport
routier (CFA/Km) aérien versUSA ferroviaire
(CFA/Km) (CFA/Km)
Bénin 33.5 2.470 33.7
BurkinaFaso 55.0 3.150 52.5
Côted’Ivoire 31.2 2.350 26.6
Mali 33.6 3.095 28.9
Niger 42.4 3.170 26.6
Sénégal 33.6 2.580 28.9
Togo 31.6 3.100 40.0
CoûtauBurkina
Coût le plusbas 1.76 1.34 1.97
Source:Pigatoetal, 1997 ;donnéesde laBanqueMondiale.
L’analyse de ce tableau montre des coûts de transport beaucoup plus élevés au
Burkina que dans les pays voisins. En effet, le Burkina Faso a les coûts de
transport routier et ferroviaire les plus élevés parmi tous les pays analysés dans
le tableau ci-dessus. On remarque également que les pays sans accès à la mer
(Burkina Faso, Niger, Mali) ont des coûts de transport routier plus élevés que
ceuxdes paysayant unaccèsà la mer (Côted’Ivoire,Togo,Bénin,Sénégal).
Coûts par ordrecroissant Coûts par ordrecroissant
Coûtsde transport
-BurkinaFaso (55.0)
-Niger (42.4) -BurkinaFaso (52.5)
-Mali (33.6) -Togo (40.0)
-Sénégal (33.6) -Bénin (33.7)
-Bénin (33.5) -Mali (28.9)
-Togo (31.6) -Sénégal (28.9)
-Côted’Ivoire (31.2) -Niger (26.6)
-Côted’Ivoire (26.6)
Transport routier Transportferroviaire
Pays enclavés
Pays nonenclavés
Pour ce qui est du transport ferroviaire et aérien, la différence de coûts entre
pays enclavés et non enclavés n’est pas si évidente puisqu’il y a des pays
enclavés qui ont des coûts de transport plus bas que certains pays non enclavés
et vice-versa. Dans tous les cas, force est de constater que le Burkina est le
27moins avantagé en terme de compétitivité dans cet échantillonde paysafricains
analysés car, non seulement ses coûts de transport routiers et ferroviaires sont
les plus élevés, mais, en plus, il faudrait rajouter à ceux-ci les frais engendrés
par l’utilisation des ports étrangers pour l’acheminement des marchandises
burkinabè. Avec ce coût supplémentaire, le Burkina a donc toutes les chances
d’être le moins compétitif de cet ensemble de pays. En outre, ces pays
commercialisent tous à peu près les mêmes types de produits et donc sont en
compétition directe, ce qui complique davantage l’équation burkinabè.
D’ailleurs l’analyse du solde des services dans la balance des paiements du
Burkina nousconfirme l’impact importantdufacteur transportcarcettebalance
est traditionnellement déficitaire en raison des coûts importants du fret dus à
l’enclavement du pays. Le tableau ci-dessous nous donne un extrait de la
balancedes paiementsburkinabè pour la période 2001-2003.
Tableau 3. Labalanceburkinabèdes services (en milliardsdefrancsCFA).
Année 2001 2002 2003
Balancedes servicesdont: -76,7 -72,5 108,9
fret -68,5 -72,7 -83,6
voyages -1,3 +2,3 0,0
Source:BCEAO (BanqueCentraledesEtatsdeL’Afriquede l’Ouest)
Les signes + indiquent unexcédentet les signes – undéficit
La situation géographique du Burkina et son enclavement ont donc un réel
impact sur lecommerce internationalet sur labalancedes paiementsdece pays.
A traversceschiffres, on voitcomment un petitévènement historique peutjouer
sur la destinée de tout un peuple et pour l’éternité.En effet, c’est en 1885, lors
de la conférence de Berlin convoquée par Bismarck, que se fit le partage du
«gâteau»qu’était le continent africain, entre les grandes puissances
impérialistesdu moment.C’estaucoursdecetteconférence quefurentdessinés
les tracés (oudu moins les premiers tracés )desfrontièresdes paysafricains qui
étaient alors des colonies.Chaque puissance coloniale s’est ainsi octroyée une
partie du continent.A titre d’exemple, le roi des Belges acquit le territoire
autour du fleuve Congo qui fut ainsi sa propriété«personnelle », un territoire
plus de 70 fois plus grand que son royaume la Belgique. Ce territoire est
l’actuelle RDC (République Démocratique du Congo). Les frontières de
l’Afrique ne sont donc en aucun cas l’œuvre desAfricains.Ce partage avait à
l’époque des avantages pour les Occidentaux mais a, de nos jours, beaucoup
d’inconvénients surtout pour lesAfricains d’aujourd’hui.Comme avantage, ce
partage évitait que le roi desBelges par exemple, aille piller sur les propriétés
privéesde laFrancecar,àcotéduCongobelge, il y’avait leCongofrançais qui,
à l’époque,faisait partiedecet immense territoirefrançaisappeléAEF (Afrique
équatoriale française). A quelques kilomètres de là, débutait l’Angola alors
propriété du Portugal. Ainsi, les frontières issues de la conférence de Berlin
28permettaientd’éviter lesaffrontementsfréquentsà l’époqueentre les puissances
colonisatrices dont le but était de posséder le maximum de propriété et mieux
5piller les immenses ressources du continent . On peut, entre autres, mentionner
les affrontements entreAnglais etFrançais àFachoda, dans le but de posséder
une portionde terreafricaine.D’ailleurs,ce typed’affrontements nedate pasde
cette époque car plusieurs puissances s’étaient auparavant disputées la
possession de l’île de Gorée au large Dakar, île conquise et aménagée en
premier par les Hollandais et possédée finalement par les Français après de
multiples heurts. L’un des inconvénients de ce partage de Berlin pour les
Africains d’aujourd’hui est la mauvaise définition des frontières et la création
de nombreux«noman’s land » qui sont, de nos jours, à l’origine de nombreux
affrontementsenAfriqueentredes pays voisins qui sedisputent la propriétédes
zones maldéfinies.A titred’exemple, on peutciter la guerreentre leCameroun
et le Nigeria à propos de la péninsule de Bakassi, celle entre la Libye et le
Tchad ou entre le Mali et leBurkina durant les années 80. Précisons que, si la
conférence de Berlin a donné les premiers tracés des frontières, c’est plutôt la
colonisation qui va les affiner et entraîner le morcellement du continent en
micro-états non viableséconomiquement.Eneffet, laFrance, parexemple,avait
au départ des territoires très vastes comme l’AOF (Afrique occidentale
française) qui regroupait tous les pays francophones actuels de l’Afrique
occidentale. Mais le morcellement est intervenu plus tard au cours de la
colonisation sans guère se soucier des royaumes ou appartenances régionales
erdes peuplesafricainsde l’époque.C’estainsi que,encréant le 1mars1919une
colonie française appelée Haute-Volta (actuel Burkina) sans songer à lui
octroyer une issue sur l’océan, le colonisateur a condamné un peuple à vivre en
terre enclavée et donc à se battre à jamais à armes inégales avec les autres pour
son commerce international. Sans doute, le colonisateur n’avait-il pas anticipé
ce genre de conséquences. Quoi qu’il en soit, le problème est réel de nos jours
et la balance des services duBurkinaFaso nous le montre bien.De toute façon,
il est inutile, de nos jours, d’accuser le colonisateur puisque la solution ne peut
venir de là, les tracés étant déjàfaits et cela depuis si longtemps. La solution
serait plutôtd’outrepasser lesfrontières historiquesà traversdes regroupements
régionaux. Mais, pour cela, il faudra des vrais regroupements et surtout pas ces
«rassemblements»pour faire comme les autres, que l’on observe en ce
moment sur lecontinentafricain.Dans lesfaits,ces«unions »ne sonten réalité
des regroupements régionaux que de nom, comme nous allons le voir dans le
prochainchapitre.
Fort heureusement, et comme nous l’avons déjà mentionné, la situation
géographique du Burkina n’a pas que des inconvénients pour le commerce
international de ce pays.Ce qui nous amène à l’analyse des quelques avantages
liésàcette situationgéographiqueduBurkina pour soncommerce international.
5Le pangolin (2006).
291.1.3.2.Lesavantagesde la situationgéographiqueduBurkina pour
soncommerce international.
Le principal avantage de cette situation géographique pour le commerce
international duBurkina est qu’elle lui octroie un climat favorable à la pratique
de l’élevage, avantage que n’ont pas, comme nous l’avons déjà signalé, les
autres pays côtiers de la zone UEMOA. C’est d’ailleurs ce qui explique sa
position de co-leader avec le Mali dans la commercialisation du bétail dans la
sous-région. D’ailleurs, durant les décennies écoulées, ce secteur de l’élevage
était le principal poste d’exportations du Burkina. Ce n’est que ces dernières
années que le secteur du coton a devancé celui de l’élevage qui reste, malgré
tout, un des principaux postes d’exportations auBurkinaFaso.Avant d’étudier
plus en profondeur le commerce international burkinabè, analysons d’abord la
situation socio-économiquede la zoneUEMOAen mettant unaccent particulier
sur leBurkinaFaso afin de mieux identifier les forces et les faiblesses de cette
zoneainsi que les problèmes socio-économiquesauxquelselleestconfrontée.
Section 2.Présentationsocio-économiquedelazoneUEMOAetduBurkina.
1.2.1.Présentationde l’économie ouestafricaine (zoneUEMOA).
A titre de rappel, la zone UEMOA, Union Economique et Monétaire Ouest
Africaine, regroupe huit pays membres qui sont les suivants: le Bénin, le
BurkinaFaso, laCôted’Ivoire, laGuinéeBissau, leMali, leNiger, leSénégalet
le Togo. Cette zone, qui est une union économique et monétaire, a sa propre
monnaie, le Franc CFA, émise par sa Banque centrale: la BCEAO (Banque
Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest). L’étendue géographique de cette
zone fait d’elle une région où différents types de climats sont présentset, avec
eux, différents types de végétations.En effet, on a le Sahel dans les pays de la
zone situés au niveau des latitudes les plus élevées (Niger, Mali, Burkina), la
savane dans les latitudes intermédiaires (Sud du Burkina, Nord de la Côte
d’Ivoire, …) et la forêt dans les zones côtières (Sud de la Côte d’Ivoire, …).
L’impact économique de cette diversité climatique est très considérable car
cette variation climatique engendre une diversité dans la production agricole de
la zone. Si les pays de la zone sahélienne produisent en majorité des céréales
(mais, mil, sorgho, …) et pratiquent beaucoup l’élevage du bétail, ceux du Sud
sont beaucoup plus spécialisés dans laculture de produitsd’exportationcomme
le café, le cacao, l’hévéa, etc. Si nous insistons sur l’aspect climatique et sur le
type de production engendré par celui-ci, c’est parce que l’agriculture joue un
rôle déterminant dans l’économie de cette zone. Cela nous pousse d’ailleurs à
faire uneétudecomparativedes valeursajoutéesdes secteurséconomiquesde la
zone UEMOA afin de mieux déterminer l’impact réel de chacun dans
l’économiede la zoneet notammentceluidu secteuragriculture.
301.2.1.1.Etudecomparativedes valeursajoutées sectoriellesde la zoneUEMOA.
Etudier les valeurs ajoutées sectorielles revient à diviser l’activité économique
en plusieurs secteurs. Les secteurs retenus pour cette étude, qui s’appuie sur les
données de l’UEMOA, sont ceux définis par cette institution ; ainsi nous
avons les secteurs suivants:
- le secteurde l’agriculture,
- l’industrieextractive,
- l’industrie,
- lecommerce,
- lesautres services,
- lesadministrations.
Les tableaux ci-dessous donnent la valeur ajoutée de l’agriculture pour la
période 1990-2001dans la zoneUEMOA.
Tableau 4 .Valeurajoutée (VA)de l’agriculture 1990-2001
(en milliardsdeFCFA).
PAYS 1990 1991 1992 1993 1994 1995
BENIN 181.2 192.4 204.2 201.8 282.7 337.4
BURKINA 236.0 263.2 257.0 261.9 342.7 390.8
COTE 955.3 985.5 1 004.0 1 028.2 1 179.0 1437.4
D’IVOIRE
GUINEE 37.9 37.1 28 34.8 65.9 66.9
BISSAU
MALI 286.0 295.6 316.1 296.2 390.0 506.7
NIGER 228.9 238.2 241.8 239.5 273.2 284.2
SENEGAL 308.4 296.6 301.7 291.7 380.6 451.0
TOGO 147.4 146.0 158.7 156.7 190.5 246.0
UEMOA 2 381.1 2 454.6 2 511.5 2 510.8 3 104.7 3 721.2
PAYS 1996 1997 1998 1999 2000 2001
BENIN 419.2 471.8 526.2 556.3 586.5 617.7
BURKINA 477.4 477.0 568.4 614.7 627.4 750.2
COTE 1550.1 1 734.0 1 938.0 1830.0 1 946.9 1 963.6
D’IVOIRE
GUINEE 69.6 83.1 69.5 82.1 88.0 80.4
BISSAU
MALI 583.5 578.9 653.8 681.1 667.5 673.1
NIGER 316.7 322.6 405.8 415.2 396.7 447.8
SENEGAL 489.4 501.4 487.8 541.5 603.6 649.1
TOGO 305.2 369.1 327.2 358.3 323.8 359.2
UEMOA 4 211.0 4 537.9 4 976.7 5 079.3 5 240.4 5 541.1
Source:UEMOA
31En utilisant lesdonnéesdecesdeuxtableauxetceuxrelatifsauxautressecteurs,
nous avons calculé le rapport r entre la valeur ajoutée totaledu secteuragricole
en zone UEMOA et la valeur ajoutée des autres secteurs respectifs de la zone.
Un rapport r =VA secteuragriculture/Va secteur i supérieurà 1 indique que
le secteur agriculture à un impact plus important que le secteur i en question.
Les résultats se résumentdans le tableau suivant :
Tableau5.Rapports rentre la valeurajoutéedu secteuragricultureetcelle
desautres secteursde la zoneUEMOA.
Année 1990 1991 1992 1993 1994 1995
VA secteuragriculture 24.1 25.3 31.1 35.4 23.4 28.1
VA industrieextractive
VA secteuragriculture 1.6 1.7 1.8 1.7 1.7 1.7
VA secteurIndustrie
VA secteuragriculture 2.0 2.0 2.1 1.0 1.0 1.5
VA secteurcommerce
VA secteuragriculture 1.8 1.8 1.8 1.6 1.6 1.7
VAautres services
VA secteuragriculture 2.8 1.9 2.9 3.0 3.0 3.5
VAadministrations
Année 1996 1997 1998 1999 2000 2001
VA secteuragriculture 27.1 20.1 22.1 22.7 20.2 15.8
VA industrieextractive
VA secteuragriculture 1.7 1.6 1.6 1.6 1.7 1.7
VA secteur industrie
VA secteuragriculture 1.6 1.6 1.6 1.6 1.5 1.5
VA secteurcommerce
VA secteuragriculture 1.8 1.8 1.8 1.7 1.7 1.7
VAautres services
VA secteuragriculture 3.7 3.9 4.2 4.1 3.9 4.0
VAadministrations
Source :calculsde l’auteurà partirdesdonnéesde l’UEMOA.
On remarque que, pour toutes les années et pour tous les secteurs, en zone
UEMOA, le rapport r est supérieur ou égal à 1. Rappelons que plus ce rapport
s’éloignede 1, plus l’agriculturea un impact supérieuràceluidu secteurauquel
elle est comparée. L’agriculture est donc, sans aucun doute, le moteur de
l’économiede la zoneUEMOA.
Les courbes ci-après nous permettent de visualiser cette prédominance de
l’agriculture sur lesautres secteurs.
32Valeurs ajoutées sectorielles en zone UEMOA
(en milliards de FCFA)
6000
5000
4000
3000
2000
1000
0
1990 1991 1992 1993 1994 1995 199619971998 1999 2000 2001
Valeur ajoutée agriculture Valeur ajoutée industrie extractive
Valeur ajoutée industrie Valeur ajoutéecommerc e
Valeur ajoutée autres services Valeur ajoutée administrations
Source:grapheétabli par l’auteurà partirdesdonnéesde l’UEMOA.
Sil’agriculture est le secteur dominant dans la zone UEMOA prise dans sa
globalité, il serait intéressant de savoir si, pour chaque pays de la zone pris
individuellement, ce secteur reste le pôle dominant. La base de données de
l’UEMOA nous fournit les valeurs ajoutées des différents secteurs pour chaque
pays de la zone ainsi que les pourcentages de ces valeurs ajoutées sectorielles.
Leschiffresconcernant laCôted’Ivoirefigurentdans le tableauci-dessous.Les
tableauxconcernant lesautres paysde la zone se trouventenannexe n°1.
Tableau 6 .Valeursajoutées sectoriellesen Côted’Ivoire 1990-2001
(en milliardsdeFCFA).
Côted’Ivoire 1990 1991 1992 1993 1994 1995
Agriculture 955.3 985.5 1 004.0 1 028.2 1 179.0 1437.4
Industrie 8.5 5.7 6.0 5.0 5.0 8.0
extractive
Industrie 671.2 636.4 623.0 604.0 784.0 990.0
Commerce 252.2 290.3 270.0 275.0 660.0 812.0
Autres services 518.3 522.3 487.0 512.0 1 014.0 1 117.0
Administrations 383.4 372.9 394.0 370.0 424.0 398.0
Total 2 788.9 2 813.1 2 784.0 2 794.2 4 066.0 4 762.4
33Côted’Ivoire 1996 1997 1998 1999 2000 2001
Agriculture 1550.1 1 734.0 1 938.0 1830.0 1 946.9 1 963.6
Industrie 17.8 22.0 19.0 19.0 24.8 22.7
extractive
Industrie 1 207.3 1410.4 1594.9 1 646.7 1432.7 1433.4
Commerce 850.0 989.8 1 039.9 1 007.6 972.3 975.2
Autres services 1 226.5 1 357.7 1431.0 1573.7 1559.4 1593.1
Administrations 457.4 460.7 490.8 516.0 546.1 566.7
Total 5 309.1 5 974.4 6 513.6 6 593.0 6 482.2 6 554.7
Source:UEMOA.
Le tableau ci-dessous donne ces mêmes valeurs mais en pourcentage du total
des valeursajoutées.
Tableau 7.Valeursajoutées sectoriellesen Côted’Ivoire 1990-2001
(en pourcentage).
Côted’Ivoire 1990 1991 1992 1993 1994 1995
Agriculture 34.3 35.0 36.1 36.8 29.0 30.2
Industrie 0.3 0.2 0.2 0.2 0.1 0.2
extractive
Industrie 24.1 22.6 22.4 21.6 19.3 20.8
Commerce 9.0 10.3 9.7 9.8 16.2 17.1
Autres services 18.6 18.6 17.5 18.3 24.9 23.5
Administrations 13.7 13.3 14.2 13.2 10.4 8.4
Total 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0
Côted’Ivoire 1996 1997 1998 1999 2000 2001
Agriculture 29.2 29.0 29.8 27.8 30.0 30.0
Industrie 0.3 0.4 0.3 0.3 0.4 0.2
extractive
Industrie 22.7 23.6 24.5 25.0 22.1 21.9
Commerce 16.0 16.6 16.0 15.3 15.0 14.9
Autres services 23.1 22.7 22.0 23.9 24.1 24.3
Administrations 8.6 7.7 7.5 7.8 8.4 8.6
Total 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0
Source:UEMOA.
L’analyse de ces tableaux montre que, pour chaque pays de la zone pris
individuellement, le secteur agricole reste le secteur dominant sauf pour le
Sénégal qui fait exception à la règle. En effet, au Sénégal, les secteurs du
commerce et des autres services surclassent l’agriculture en terme de valeur
34ajoutée à l’économie (les données concernant le Sénégal sont en annexe 1.e).
Lescourbesci-dessous nous permettentde visualiser l’impactdechaque secteur
enCôted’Ivoireet lescourbesconcernant lesautres paysfigurentenannexe 1.
Valeurs ajoutées sectorielles enCôte d'Ivoire
2500
2000
1500
1000
500
0
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001
Secteur agricuture Secteur industrie extractive
Secteur Industrie Secteur commerce
Secteur autres services Secteur administration
Source:grapheétabli par l’auteurà partirdesdonnéesde l’UEMOA
Au final, nous retiendrons que le moteur de l’économie ivoirienne ainsi que
l’économiede la zoneUEMOA touteentièreest le secteuragricole, même si les
autres secteurs comme le commerce ou l’industrie jouent également des rôles
non négligeables. Maintenant que nous avons montré que l’agriculture est le
moteur de l’économie de la zone UEMOA, il serait à présent intéressant de
déterminer lesforcesainsi que lesfaiblessesdecette zoneà vocationagricole.
Cette nouvelle question des forces et faiblesses de la zone UEMOA fait l’objet
du paragrapheci-après.
351.2.1.2.Forcesetfaiblessesde la zoneUEMOA.
A. Lesfaiblessesde la zoneUEMOA.
La zone UEMOA est une zone dont l’économie dépend énormément de
l’agriculture (comme nous venons de le voir) et dont le pays leader est laCôte
d’Ivoire. Les tableaux des PIB (et des valeurs ajoutées globales) par pays ainsi
que le graphe ci-dessous nous confirment le statut de leader qu’occupe laCôte
d’Ivoiredanscette zone.
Tableau8.PIB nominal par payset parannéedans la zoneUEMOA
(en milliardsdeFCFA).
PAYS 1990 1991 1992 1993 1994 1995
BENIN 530 569 597 835 1 006 1 138
BURKINA 778 812 813 856 963 1 078
COTE
D’IVOIRE 2 940 2 959 2 953 2 946 4 256 4 988
GUINEE
BISSAU 72 59 66 126 124 136
MALI 673 695 724 715 979 1 187
NIGER 677 673 659 647 787 835
SENEGAL 1552 1552 1595 1538 2 022 2 234
TOGO 443 453 443 352 546 654
UEMOA 7 664 7 770 7850 8 016 10 683 12 249
PAYS 1996 1997 1998 1999 2000 2001
BENIN 1 259 1 377 1470 1 605 1 738 1874
BURKINA 1 255 1 322 1488 1549 1 646 1869
COTE
D’IVOIRE 5 548 6 234 6 773 6 833 6 671 6 753
GUINEE
BISSAU 163 122 138 153 146 161
MALI 1 319 1423 1592 1 671 1 742 1 927
NIGER 910 954 1 087 1 075 1 135 1 278
SENEGAL 2 372 2550 2 741 2 926 3 113 3 395
TOGO 749 875 835 879 860 909
13574 14856 16 124 16 692 17 050 18 166UEMOA
Source: UEMOA.
Ceschiffres permettentde tracer legrapheci-après.
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