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L'étude du projet Coton bio-équitable du Mali a été conçue, dès l'origine, comme une double ethnographie visant à analyser les développeurs et leur projet ainsi que la population destinée à le recevoir. Néanmoins, pour interpeller les objets observés, l'auteur a construit des outils d'analyse spécifiques en entrelaçant l'anthropologie du développement et l'anthropologie politique avec la philosophie politique. Cet ouvrage et la suite de deux ouvrages de l'auteur sur la même étude : « La production du coton biologique et équitable au Mali » et « Dans les engrenages d'une ONG internationale de développement ».
Publié le : dimanche 1 mai 2016
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EAN13 : 9782140008764
Nombre de pages : 152
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RobertaRUBINO
Outils de recherche
Étude du projet Coton bio-équitable du Mali
Préface de Tahar Bouhouia
ETHNOGRAPHIQUES
Outils de recherche Étude du projet Coton bio-équitable du Mali
Ethnographiques Collection dirigée par Pascal LE REST
Ethnographiques veut entraîner l’œil du lecteur aux couleurs de la vie, celle des quartiers et des villes, des continents et des îles, des hommes et des femmes, des jeunes et des vieux, des blancs et des noirs. Saisir le monde et le restituer en photographies instantanées, de façon sensible et chaude, proche et humaine, tout en préservant la qualité des références, des méthodes de traitement de l’information et des techniques d’approche est notre signe et notre ambition.
Déjà parus Ahmed ATMANI,La relation mère-enfant en milieu traditionnel algérien, Tome 2 : Psychopathologie, 2015 Ahmed ATMANI,La relation mère-enfant en milieu traditionnel algérien, Tome 1 : Ethnopsychologie, 2015 Philippe LIPCHITZ,1914, la mémoire de mes 20 ans,2015. Louis FALAVIGNA,Tout le soleil du monde, 2015. Philippe LIPCHITZ,Quand pourtant le bonheur était là…, Tome 2, 2015. Philippe LIPCHITZ,Quand pourtant le bonheur était là…, Tome 1, 2015. Muriel SANTORO,Mon voisin de maíz. Voyage au Guatemala au cœur de la culture maya, 2010. Bertrand ARBOGAST,Voyage initiatique d’un adolescent… Lancelot et le vieux, 2009. Mohamed DARDOUR,Corps et espace chez les jeunes français musulman. Socioanthropologie des rapports de genre, 2008. Jacques HUGUENIN,Lesvieilles » : La révolte des « Panthères Grises toutes griffes dehors, 2003. Pascal LE REST,Des Rives du sexe,2003.
Roberta Rubino Outils de recherche
Étude du projet Cotonbio-équitable du Mali Préface de Tahar Bouhouia
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08931-7 EAN : 9782343089317
SOMMAIRE Préface de TAHAR BOUHOUIA....................................... 7 Présentation..................................................................... 11Chapitre I.21La construction de l’objet.............................. Chapitre II.Le commerce équitable au crible de l’anthropologie du développement.............................. 29 Chapitre III.La construction du développement comme objet anthropologique.......................................... 43Chapitre IV.Le post-développement ............................... 67Chapitre V.Le développement dans la trame de la politique globale ...................................................... 79Chapitre VI.Au seuil de l’anthropologie et de la philosophie politique ........................................... 99 Bibliographie.................................................................. 133
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PRÉFACE DE TAHAR BOUHOUIA
«Les outils de la recherche. Méthodologie appliquée à l’étude du projet Coton bio-équitable d’Helvetas Mali. »
Si l’on s’en tient au titre, cet ouvrage présente le risque de décourager certains lecteurs. Il est sobre et semble ren-voyer à un contenu essentiellement technique. Mais il n’en est rien, il va plus loin, il nous ouvre l’horizon, il construit un « espace de réflexion » qui nous aide à repenser les rapports Nord/Sud. Le titre annonce le sujet sans évoquer la richesse et la curiosité qui caractérisent la forme et la matière de ce livre. L’ouvrage nous montre l’exigence et la pensée anthropologique aux prises avec la question du développement ; elles cherchent l’une et l’autre le chemin pour approcher au plus près la réalité cachée derrière une série de vocables chargés de bonnes intentions qui constituent un discours idéologique. Il s’agit de l’idéologie, c'est-à-dire, comme l’écrit C. Castoriadis, 1975, d’un « ensemble d’idées qui se rapporte à une réalité non pas pour l’éclairer et la transformer, mais pour la voiler et la justifier dans l’imaginaire, qui permet aux gens de dire une chose et d’en faire une autre, de paraître autres qu’ils ne sont ».
Parmi les pistes de réflexion avancées dans cet ouvrage, l’auteure évoque les travaux de Mary Douglas, pour rap-peler qu’il n’y a pas de don gratuit. Aider au développe-ment c’est trop souvent reconduire et pérenniser un diffé-
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rentiel de pouvoir, une forme de dépendance entre celui qui donne et celui qui reçoit… Notons que si l’étude porte sur le cas d’un projet de commerce équitable au Mali, la réflexion intéresse tout autant l’action sociale telle qu’elle est conduite, notamment en France, dans “ les quartiers relevant de la politique de la ville et, plus largement, l’intervention sociale… On retrouve dans ce travail, ces catégories de pensée « nomade » que sont les relations entre une action exogène et une réalité sociale endogène. Cette relation n’est-elle pas faite pour pérenniser, sous une autre forme, un projet éducatif de type colonial ? Notam-ment par la production d’un discours exogène et la ma-nière dont les institutions et les politiques en charge du développement élaborent des grilles permettant d’interpréter, de percevoir et de classifier une population et un territoire cibles, autrement dit la société et la culture réceptrices. Dans cette perspective, l’aide maintient une relation de dépendance, préjudiciable à la dynamique et à la culture endogènes. La fonction de cette intention, comme sa réussite, est de créer de nouveaux marchés et d’inclure des producteurs marginalisés.
La critique du « développement », en tant que pratique et concept, tient une place importante dans ce livre ; elle dé-construit le monde des apparences. En outre, cet ouvrage propose un état de la littérature qui synthétise et combine « l’anthropologie du développement et l’anthropologie politique avec la philosophie politique »,l’auteure met ainsi en exergue les différentes formes par lesquelles le développement s’inscrit dans les phases du capitalisme, notamment la notion de « gouvernance » comme « action sur l’action ». Cette perspective théorique, élaborée par Michel Foucault, et reprise dans ce livre, nous permet d’appréhender l’étendue des implications et des intentions au niveau transnational. Elle donne un éclairage sur les conséquences concrètes de certaines politiques de déve-
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loppement, qui visent surtout à la constitution et au main-tien d’un certain ordre globalisé.
Cet ouvrage rend compte des déplacements et des appro-ches qui ont accompagné le travail du chercheur et, ce faisant, en questionnant les ambiguïtés du commerce équitable, Roberta Rubino nous donne les clefs concep-tuelles, d’une grande actualité, qui lui ont permis d’explorer les structures d’aide au développement. À la suite, notamment, du travail de Serge Latouche, celui-ci constitue une critique de la diffusion de l’économie capi-taliste dans le Sud, qui vise à « l’occidentalisation du monde », en imposant « des valeurs occidentales de pro-grès, de croissance et de négation de toutes les sociétés et cultures ».
La catastrophe humanitaire, qui atteint, en 2016, les fron-tières de l’Europe et qu’il est convenu de nommer « l’afflux des migrants », n’est-elle pas liée aux politiques néolibérales et aux mirages de la facilité financière véhi-culés par un occident obnubilé par son désir de croissance et d’expansion indéfini ? Pour comprendre cette catastrophe, la notion de gouver-nement néolibéral élaborée par Michel Foucault permet de penser un enfermement des différences dont on neutralise la singularité dans l’espace ouvert des sociétés de sécurité. Comme le souligne Roberta Rubino, « il y a nécessité de constater une autre transformation qui investit le domaine du développement à la suite de l’apparition du néolibéra-lisme en tant que théorie économique, mais surtout en tant que technique de gouvernement ». Tahar Bouhouia Docteur en sociologie, éducateur de rue et intervenant dans le domaine du travail social
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