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Participations et citoyennetés depuis le Printemps arabe

De
234 pages
Le Printemps arabe induit un dialogue des révoltes, un rapprochement possible avec la globalisation numérique. Les populations investissent médias et réseaux sociaux, qui semblent jouer un rôle incontournable. Les moyens de communication ne font certes pas les révolutions, mais ils interdisent les black-out comme les désinformations officielles. Le problème n'est pas de savoir si l'internet sert ou non la démocratie, il s'agit de comprendre comment son appropriation et ses usages constituent ou complète l'exercice de la citoyenneté.
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      Participations et citoyennetés depuis le Printemps arabe
 
Collection  Local & Global dirigée par Gilles ROUET et François SOULAGES  Cette collection publie des livres réfléchissant au double phénomène articulé qui scande et structure les mondes contemporains, à savoir la précipitation vers le global et la revendication du local. Pour certains, « globalisation » et « mondialisation » sont synonymes, pour dautres la confrontation des triplets sémantiques « globe/global/globalisation » et « monde/mondial/mondialisation » articule des analyses, des constats négatifs de cette transformation/évolution avec la positivité dune ouverture au monde, dêtre-au-monde, de découverte de lautre comme monde, un monde qui dépasse le seul globe, constat physique, léconomique, qui sinscrit dans une quête de sens. Mais aussi un monde décrit comme global plutôt quuniversel.    Déjà parus  Serge DUFOULON & Mária ROTEKOVÁ (dir.), Migrations, Mobilités, Frontières & Voisinage Gilles ROUET (dir.), Citoyennetés et nationalités en Europe, articulations et enjeux Gilles ROUET (dir.), Nations, cultures et entreprises en Europe Helena BÁLINTOVÁ & Janka PÁLKOVÁ (dir.), Création culturelle, productions locales et perceptions globales  Ivaylo DITCHEV & Gilles ROUET (dir.), La photographie, mythe global et usage local Dominique BERTHET, Pratiques artistiques contemporaines en Martinique. Esthétique de la Rencontre 1 Gilles ROUET (dir.), Usages de lInternet, éducation et culture Gilles ROUET (dir.), Usages politiques des nouveaux médias Serge DUFOULON (dir.), Internet ou la boîte à usages     
Sous la direction de Antoniy GALABOV & Jamil SAYAH               Participations et citoyennetés depuis le Printemps arabe               
    
Les directeurs de cette publication remercient tous les contributeurs pour leur implication dans le colloque international « Médias, Internet, Démocratie » qui a donné lieu à plusieurs publications dans cette collection, dont ce volume, ainsi quà Anne-Coralie Bonnaire, Iva Debrenlieva, Coline Lett, Christophe Lips et Pauline Rouet pour leur important travail de traduction et de relecture attentive, patiente et efficace.   Publié avec le concours du département de sciences politiques de la Nouvelle Université Bulgare de Sofia, du centre de recherche e-Citizenship , de RETINA.International, de léquipe Arts des Images, Art Contemporain de Paris 8, du Groupe dÉtudes pour une Europe de la Culture et de la Solidarité de Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, du département de sociologie de lUniversité Pierre Mendès France de Grenoble, de lInstitut détudes européennes et internationales de Reims, des facultés des sciences humaines et des sciences politiques et des relations internationales et de la Chaire Jean Monnet Identités et Cultures en Europe  de lUniversité Matej Bel de Banská Bystrica, de la revue Sens Public et grâce au soutien de lInstitut Français de Bulgarie.            
© LHarmattan, 2012 5-7, rue de lÉcole polytechnique ; 75005 Paris  http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-336-00399-3 EAN : 9782336003993  
Avant-propos
     Après les « Printemps arabes »     Le discours sur « Participation et citoyenneté » est indissociablement propice à la déploration et à lexaltation. Il est curieux de constater que lusage des technologies nouvelles de communication peut être simultanément perçu comme un espace naturel de la participation citoyenne et comme un cimetière où on enterre la démocratie. Aux propos enthousiastes accompagnant lévocation dun nouveau modèle de « démocratie universelle », lieu dapprentissage de la politique et de la citoyenneté, répondent comme en écho les considérations désabusées sur le vide démocratique dans lequel peuvent évoluer nos sociétés par un usage intensif de ladite technique. Comment alors rendre compte de ce grand écart ? Comment sortir cette problématique de son catéchisme idéologique ? Comment la repenser pour quelle soit une des nouvelles donnes dune démocratie réelle à venir ? Comment la rendre opérationnelle juridiquement et fonctionnellement ? Telles sont quelques-unes des interrogations que les chercheurs qui ont rédigé cet ouvrage ont estimées centrales pour dévoiler les différentes facettes de ce modèle moderne dune citoyenneté, désormais en perpétuelle mutation. En effet, toutes les sociétés contemporaines sont soumises à lépreuve de bouleversements cumulés et intensifs. Elles sont toutes assujetties à un besoin dévolution dont les causes de déclenchement restent souvent difficilement prévisibles. Les effets actuels de ce besoin semblent être facteurs de désordre autant que générateurs de nouveau et dinédit. Les valeurs (participation, citoyenneté, démocratie, liberté, égalité, dignité) qui nourrissent sa puissance et tiennent les autres valeurs en dépendance sont les premières à en subir toutes les conséquences. Celles-ci, qui permettaient daccommoder le rationalisme éclairé des Droits de
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lhomme, proclamant leur normativité absolue, avec une forme libérale de lorganisation politique, ne sont plus considérées comme suffisantes pour créer les conditions objectives dune réelle démocratie. Le doute et donc lexigence de la réflexion se précise si lon examine, dune part, les carences actuelles du modèle de la démocratie occidentale à prendre en considération la demande de plus en plus pressante dune participation citoyenne repensée et, dautre part, le déficit ou labsence totale aussi bien de participation que de citoyenneté dans lespace politique arabe.   À la recherche de la démocratie   « Dégage ! » : Cette injonction en six lettres, conjuguée à limpératif, a suffi à mettre fin à lexception arabe. Simple, direct, spontané, explicite et sans la moindre ambiguïté, ce slogan né en Tunisie a très vite été repris par les manifestants réunis par milliers dans les rues et les places arabes. Parfois traduit, souvent en français dans le texte, il est devenu le symbole de ce quon a pris lhabitude dappeler le « Printemps arabe ». Lénine disait : « Cest seulement lorsque ceux den bas ne veulent plus et que ceux den haut ne peuvent plus continuer à vivre à lancienne manière, cest alors seulement que la révolution peut triompher 1 . » Par ce « Dégage », les peuples arabes ont déclaré (avec force) quils ne veulent plus de cette soumission à des dictatures souvent incultes et toujours illégitimes. Une grande lumière a alors jailli de ce monde tandis que tous les observateurs croyaient en son éternelle immobilité. Tout a commencé dans une petite ville tunisienne (Sidi Bouzid) quand un jeune vendeur ambulant sest immolé par le feu. Cet acte sacrificiel, qui aurait pu passer inaperçu, a été à lorigine de la première révolution du XXI e  siècle. Sa force symbolique constitue une rupture par rapport aux autres actes et mouvements de protestation. Par son suicide, ce vendeur a mis sa tragédie personnelle au service de la collectivité. Ainsi, dune expression morbide et funeste est née une vague de révolte puissante et généreuse avec un unique mot dordre : « un avenir meilleur ». Le                                                      1. Vladimir Illich Lénine, La maladie infantile du communisme , Moscou, Éditions de lAgence de presse Novosti , 1954 [1920], p. 87.  8
paradoxe apparent de cette immolation sinscrit dans un imaginaire entourant laction du feu et celle des hommes, le feu comme une dialectique de la mort et de la renaissance. Gaston Bachelard écrivait, dans sa Psychanalyse du feu que « la destruction [par le feu] est plus quun changement, cest un renouvellement » 2 . Aussi, ce nest pas tant le renversement des anciens régimes qui constitue en soi le point de repère sur lequel nous devons nous baser pour qualifier le soulèvement arabe, que lensemble du processus qui a été porteur dune volonté manifeste de rompre avec lordre ancien. De ce point de vue, ce qui sest passé oscille entre la révolte et la révolution. En réalité, cet acte de rupture (peu importe sa qualification étymologique) « fut la démonstration de la capacité dun peuple arabe à recouvrir sa pleine souveraineté, à se transcender au nom de lidéal démocratique et à porter un message universel » 3 . Ainsi, ce mouvement révolutionnaire a permis un déplacement du niveau des sources de légitimité qui après avoir été coextensives avec le relativisme culturel se sont identifiées à un espace référentiel plus large : luniversel 4 . Mais la nouveauté que ce « Printemps arabe » a mise en exergue, cest lusage par la jeunesse des nouveaux moyens de communication, notamment les réseaux sociaux tels que Facebook  comme instrument pour exprimer sa révolte. Dès lors, lantique notion d« engagement » pourrait bien, dans ce contexte, retrouver un regain de ferveur, à condition de bien comprendre que cette « mobilisation » nest pas une norme fixe, un idéal ou un seuil minimum, mais seulement le produit toujours provisoire dune mobilisation politique pour défendre une cause en perpétuelle formation. Utiliser lespace virtuel comme « lit » de la liberté quasi-absolue constitue le sens de cette démarche. Étrangement, la déficience de cet engagement est dans la dialectique de la reconnaissance dautrui. Les jeunes blogueurs  et autres Facebookeurs  ont les partis politiques et le militantisme (classique) en horreur et ne croient pas aux institutions, mais en une vie organisée en réseau quasi tribal qui nourrit leur engagement politique. Lautrui « réel »                                                      2. Gaston Bachelard, La Psychanalyse du feu , Paris, Gallimard, 1938, p. 26. 3. Béligh Nabli, « Arabe et révolutionnaire », Libération, 30.12.2011.  4. Cf. Jamil Sayah, Au cur de la tragédie arabe : la crise du constitutionnalisme , Paris, Éditions Phénoména, 2009.
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