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Penser l'aide

De
163 pages
Depuis une dizaine d'années, les professionnelles de l'aide institutionnalisée sont amenés à exécuter des politiques sociales axées de plus en plus fortement sur le contrôle. Quel est le sens de cette profession et comment trouver l'espace nécessaire pour produire de l'aide ? Les recherches théoriques exposées dans cet ouvrage concluent à la dimension subversive de l'aide et permettent de construire une identité professionnelle des travailleurs sociaux.
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Remerciements
Tout au long de l’écriture de ce livre, j’ai éprouvé une profonde reconnaissance envers Michel Taleghani qui, à travers sa maïeutique, m’a « autorisée » à penser. Tout en me nourrissant de sa « pensée théorisante », il m’a accompagnée sur les chemins parfois tortueux de ma réflexion. La liste de celles et de ceux auxquels s’adressent mes plus sincères remerciements est longue. En effet l’aventure que représente cet écrit n’aurait sans doute pas abouti si de nombreuses collègues, par leur confiance, ne m’avaient poussée, soutenue, critiquée, encouragée, tout particulièrement Aline Fino-Dhers qui, avec patience et perspicacité, a suivi le développement de mon raisonnement. Bien sûr je n’oublie pas les amis qui se sont intéressés à ce travail, et notamment Pierre et Laurent qui m’ont aidée à apprivoiser cet outil aussi génial que torturant, l’ordinateur.

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R O L O G U E

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Quelle étudiante en service social n’a pas eu l’intention d’aider en choisissant cet itinéraire professionnel ? L’acte d’aider, dans notre civilisation judéo-chrétienne fut valorisé, valorisant, respecté et méritoire jusqu’à l’émergence des théories freudiennes. La prise en compte de l’Inconscient, la mise en évidence de l’effectivité de l’ambivalence affective dans toute relation sont venues troubler la bonne conscience altruiste et sacrificielle. L’esprit charitable et le désir d’aider ont perdu leur respectabilité et sont même devenus suspects. Dans les années 70, les analyses sociologiques, sous influence des théories marxistes, telle celle de Jeannine VerdèsLeroux1, ont participé à la désacralisation de l’aide et ont dénoncé la mission du service social, au mieux, comme illusoire, au pire comme stratégie du contrôle social, au profit des « dominants » (Intermède 1 histoire no 3). Ces démonstrations
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Conçu et écrit après 40 ans d'expériences de service social et des années de recherche sur le sens de cette profession dite d'aide, cet essai peut paraître un peu passé étant donné les références et citations. Cependant, l'auteur pense qu'il n'est pas dépassé et que cette réflexion est plus que jamais d'actualité dans le questionnement sur les paradoxes de l'inscription de l'aide dans les contraintes du contrôle social. En effet, depuis une dizaine d'années, les professionnelles de l'aide institutionnalisée sont amenées à exécuter des politiques sociales axées de plus en plus fortement sur le contrôle. On est en droit de se demander quel est le sens de cette profession et comment trouver l'espace nécessaire pour produire de l'aide. Les recherches théoriques exposées dans cet ouvrage concluent à la dimension subversive de l'aide et permettent de construire une identité professionnelle des travailleurs sociaux. 1 J. Verdès-Leroux, Le Travail Social, Paris, Minuit, 1978.

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ont semé le doute, la culpabilité, le déni, la dépression ou la colère au sein de la profession. Ce procès d’intention a fait apparaître brutalement le langage de l’aide comme discours de l’illusion au service du discours institutionnel, inscrit dans le contrôle social. Pourtant une longue pratique de sélection au concours d’entrée dans un institut de formation d’assistants sociaux permet le constat qu’individuellement l’orientation professionnelle est toujours motivée par le désir d’aider et une demande des candidates d’apprendre à aider. Au cours de cette expérience, je n’ai jamais entendu une candidate exposer consciemment un désir de contrôler une certaine population, comme a voulu le démontrer J. Verdès-Leroux. Cette attente des futures professionnelles pose l’aide, et plus particulièrement l’aide sociale professionnelle, non plus comme une faculté naturelle, affectivo-intuitive (le plus souvent associée à une spécificité féminine2), souvent qualifiée d’indicible, mais comme un objet de connaissance, objectivable donc transmissible. Pendant longtemps, les programmes d’enseignement se présentaient comme une sorte de patchwork des sciences humaines : de belles pièces de psychologie, psychiatrie, psychanalyse, un morceau de sociologie, un bon bout de droit et de législation sociale, des éléments de sciences politiques et politiques sociales, enfin, pour suivre l'évolution de la société, des notions d’économie et de science de l’information et de la communication. Parallèlement, et sans lien évident, l’histoire du service social, ses fondements éthiques, son code de déontologie développaient l’appartenance professionnelle, tandis que les stages et les méthodologies modelaient les savoir-faire.

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Tout au long de ce livre, je parlerai des assistantes sociales, la règle de la supériorité du nombre paraissant plus réaliste, sans pour autant exclure les rares courageux qui ont choisi cette profession.

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Toutes ces disciplines sont des éléments importants mais périphériques par rapport au noyau dur de la profession : la pratique, ses aléas, ses tenants et ses aboutissants théoriques, politiques et éthiques, et nous sommes en droit de nous demander comment cette juxtaposition de savoirs théoriques hétéroclites peut produire du sens et de la pensée en travail social. Depuis 1980, le programme de formation initiale tente d’intégrer la nécessité d’articuler ces connaissances à la spécificité du travail social et la question s’est alors posée pour les formateurs : comment réaliser cette articulation, comment éviter cette rupture entre stages et acquisitions théoriques, comment construire des liens entre connaissances formelles et morcelées et connaissances empiriques se développant sur le terrain ? Y at-il une science de l’aide : l’aidéologie3 ? Ce livre propose de réunir et mettre en cohérence les connaissances sur l'aide sociale professionnelle, phénomène devenu objet d’étude spécifique. À l'aube de la retraite, après quarante ans d'expériences, de questionnements et de recherches en travail social, a émergé le désir de mettre de l'ordre dans les connaissances acquises, de les articuler et de les mettre par écrit pour apporter quelques éléments de réflexion à la lente et difficile conceptualisation de l'aide sociale professionnelle, partie la plus significative du travail social. On peut qualifier ce travail d'essai, « comme exercice de soi, dans la pensée, qui exige l'autre » … « Comme épreuve modificatrice de soi-même, dans le jeu de la vérité4. » Nous prenons à notre compte cette position de sociologues :
« Nous n’avons pas cherché à dissimuler sous un scientisme de façade nos options et nos rejets, ni à séparer par une frontière (dite autrefois “épistémologique”) infranchissable, les “jugements de faits” et les “jugements de valeur”. Car, comme
« Jalons pour une Aidéologie », Forum, n o 51, mai 1990. Expression de Michel Foucault dans Le souci de Soi, citée in W. Schmid, « Foucault, la forme de l'individu », Magazine Littéraire, avril 1989.
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l’enseignait Max Weber, sans la ressource d’un “point de vue” engageant des valeurs, comment serait-il possible de sélectionner, dans le flux embrouillé de ce qui advient, ce qui mérite d’être relevé, analysé, décrit5 ? »

Ainsi, au-delà d'une recherche d'objectivation, des prises de position accompagnent cette réflexion dans la mesure où elles peuvent apporter un éclairage dans les difficultés à lier les intentions au discours dominant. L'intention est à mettre en lien avec la notion d'engagement, acte pensé, impliqué et personnel, qui ne saurait se confondre avec l'acte militant, basé sur une idéologie de groupe, dans des rapports de force politiques et/ou politiciens. D'autre part, si « Penser, c'est dire non6 », comme l'a dit Alain, ce travail ne peut faire l'économie de critiques de certains aspects du travail social. Depuis une vingtaine d'années, pour répondre au besoin des professionnelles d'approfondir le sens de leurs pratiques, des formations professionnelles ou universitaires à la recherche ont été mises en place (DSTS, DHEPS, DEA). De nouvelles connaissances ont alors émergé de ces travaux sans lesquels ce travail de réflexion n'aurait pas pu se faire. Plus particulièrement, la recherche d'Aline Fino-Dhers, Introduction à une théorie de l'aide sociale7, a été une base précieuse pour l'élaboration de cette construction théorique et ses applications. D'autre part, les recherches de Michel Taleghani 8 sous forme de cours, de séminaires (malheureusement non édités pour la plupart), constituent le terreau de ce travail qui cherche à développer « une

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L. Boltanski, E. Chiapello, Le nouvel esprit du capitalisme, Paris, Gallimard (« NRF Essais »), p. 30-31. 6 Extrait de Propos sur la religion, Paris, Presses universitaires de France, 1999. 7 Mémoire DSTS, Université d'Aix-Marseille II, 1987. 8 Michel Taleghani, assistant social, docteur en sociologie, chercheur à l'INSERM, qui nous a quittés prématurément en 1996, a été l'instigateur d'une dynamique de recherche en travail social, en tant que discipline spécifique.

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pensée théorisante d'une praticienne à la recherche de ce qui fonde son action9 ». L'aide organisée ne peut trouver toute sa dimension en dehors du contexte politique dans lequel nous évoluons. Explorer la notion d’aide sociale professionnelle, c’est d’abord la replacer dans son contexte politico-social, c’est-à-dire analyser les préoccupations de contrôle social dans lesquelles elle est inscrite. Ainsi, si nous acceptons le postulat que notre objet d’étude, l’aide sociale professionnelle, prend racine dans ce que nous nommons le « contrôle social », il paraît nécessaire de commencer une réflexion sur l’aide par une analyse objectivante de la notion de contrôle qui est toujours, au sens large du terme, social, c’est-à-dire régulant les relations humaines, dans le cadre d’une société donnée. On a beaucoup parlé et écrit sur la « relation d’aide », sur ses caractéristiques (asymétrie, empathie, écoute, mise en confiance), mais en oubliant trop souvent qu’il ne s’agit pas de n’importe quelle aide : l’aide sociale est organisée par la société et exercée par des professionnelles, en devoir de répondre de leurs actes (ou non-actes) devant la société, éventuellement, la Justice. Ces deux dimensions du travail social, « aide » et « contrôle », sont présentées séparément et pourtant dans un rapport constant, l’une et l’autre ne prenant sens que dans leur interface. Objets conceptuels les plus représentatifs du travail social, il a paru nécessaire de les traiter séparément pour analyser clairement leurs composantes. L’analyse du processus de contrôle, ses acteurs, sa dynamique, ses différentes formes, fournit une explication à l’idéalisation de l’aide. En effet, la re-connaissance de la mission de contrôle inhérent au travail social dénonce l'aide comme illusion, fuite dans l’imaginaire, véhicule de fantasmes individuels et collectifs, par déni du contrôle.

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M. Taleghani.

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Nous verrons que l’aide sociale professionnelle re-située dans le cadre social et politique, peut être problématisée : qu’est-ce que l’aide dans ce contexte de contrôle social ? Pourquoi, comment, au-delà de cette mission de contrôle, l’intention d’aider perdure-t-elle et produit-elle, dans certains cas, de l’aide sociale ? Malgré le cadre contraignant du contrôle social et les paradoxes qui y prennent racines, l’aide sociale professionnelle émerge non pas de la simple intention de l’aidant mais d’un long cheminement, étayé par un travail réflexif sur les obstacles externes ou internes. La démarche clinique, de la pratique à la réflexion sur le cas, s'inscrit dans ce cheminement et correspond à l'analyse des tensions entre les contraintes liées au contrôle social et les exigences éthiques liées à l’intention d’aider. Nous verrons que se dégage alors le caractère subversif de l’aide sociale professionnelle. Il est nécessaire, pour penser l’action, de se distancier de l’immédiateté des relations, de ce qui est vécu comme réel :
« Pris par la clinique, le travailleur social connaît “le réel”, et peut-être faut-il penser que sa difficulté à élaborer est une conséquence de cette immersion dans le réel que serait sa pratique. Plus que dans la cure (psychanalytique), la clinique du travailleur social met en jeu ce réel10. »

La modélisation de l’aide sociale professionnelle pose un cadre conceptuel, nécessaire à la réflexion clinique en travail social et questionne le langage. Ces questionnements épistémologiques11 nécessitent un « dépoussiérage » des mots.
« Non, les mots ne sont pas précis et objectifs. Les mots sont pleins d’ombrages et plus que nous le voulons, ils ont besoin de notre aide. C’est seulement lorsque nous les avons débarrassés de la poussière et des sédiments déposés par les ans, tout le

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J. Granon-Lafont, Les pratiques sociales… En dette de la psychanalyse ? Toulouse, Érès (« Point Hors Ligne »), 1994, p. 197. 11 L’épistémologie définie comme instance de vigilance critique à l’égard de la rationalité de la démarche.

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fardeau de la mémoire et des modes, qu’ils dévoilent leur signification pure12. »

Le cadre conceptuel ainsi construit a été expérimenté dans le cadre de la formation initiale avec des groupes d'étudiantes ainsi qu'avec des professionnelles. Nous développerons ces expérimentations qui ont permis de valider son efficacité au niveau de la praxis mais aussi d'en repérer les limites. Ce travail ne propose pas de méthodologies au sens de recettes, de prêts-à-porter, mais des pistes pour penser l'action à travers le prisme de l'intention d'aider, avec des outils conceptuels spécifiques. Il nous a paru important de reprendre l’histoire du travail social dans son rapport à la démarche clinique, dans sa recherche de rationalité et de s'arrêter sur les difficultés à définir, concevoir, transmettre la spécificité de nos actes. D'autre part, on ne peut aborder la démarche clinique sans s'interroger sur ses exigences éthiques, et nous développerons ce que nous entendons par éthique de l'intention et éthique du transfert. La démarche clinique « par sa nature même, entretient des liens essentiels avec une ou des pratiques auxquelles elle se réfère […] Y prend place au premier rang la notion d'expérience13 ». L’articulation entre la pratique et la théorie, base de la démarche clinique, est une préoccupation essentielle de cet essai et, dans cet objectif, les Intermèdes, permettent, par la présentation d’histoires, des allers-retours entre expérience et théorisation. Les Intermèdes, ce qui interrompt quelque chose, sépare dans le temps deux choses de même nature, peuvent être lus séparément comme un tout ou au fur et à mesure du développement de la réflexion. Histoires vécues ou entendues, triées et interprétées sur la base des questionnements jalonnant ce
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S. Moscovici, « L’individualisme, le grand retour », p. 28 : « L’Individu et ses représentations », Magazine Littéraire, avril 1989. 13 C. Revault D'Allones et al., La démarche clinique en sciences humaines, Paris, Dunod, 1989, p. 22.

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travail, ces cas révèlent souvent des incohérences entre discours et réalité qui illustrent l'ambivalence de professionnelles et, en corollaire, des doutes identitaires. Nous espérons que cette réflexion pourra aider les étudiantes, les professionnelles, les formatrices et formateurs, à donner sens à une pratique de travail social inscrite dans l’intention d’aider et à affirmer leur identité professionnelle par l’énonciation de leur spécificité. Nous élargissons le champ des lectrices, lecteurs potentiels aux professions basées sur une pratique, définie dans le cadre d’une commande sociale et d’une demande, et liée à une intention d’influer sur une situation : soigner, enseigner, éduquer. Ces professionnelles sont souvent confrontées au questionnement éthique sur leur engagement et leur rapport au social, au politique. Enfin, ces réflexions pourront retenir l’attention de personnes engagées bénévolement dans des actions sociales et qui se posent des questions sur le sens de leurs actes.

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C O N T R Ô L E

« Être gouverné, c’est être, à chaque opération, à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifié, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, apostillé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé… » Pierre-Joseph Proudhon

G É N ÉR A L IT É S
Parler de contrôle à une assistante sociale provoque couramment des réactions épidermiques trahissant sans doute des émotions mal gérées. Qu’il s’agisse de contrôle exercé ou subi, s’expriment alors justifications, rébellion, refus, qui semblent répondre aux sentiments de malaise, d’inquiétude, de mauvaise conscience, de culpabilité. Le système de défense le plus dommageable, le déni, est à l’origine de ce que l’on nomme l’impensé et, son corollaire, le passage à l’acte (Intermède 1 histoire no 1). Cet ensemble de symptômes évoque un phénomène connu : le tabou. Le contrôle serait-il tabou pour les assistantes sociales ? Le tabou, « système d’interdiction de caractère religieux appliqué à ce qui est considéré comme sacré ou impur […] ce sur quoi l’on fait silence par crainte, par pudeur » (Petit Robert), renvoie à l’interdit et à la peur de la transgression.

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Les recherches de Freud sur le tabou apportent un éclairage supplémentaire sur les fondements psychiques de ce phénomène qu’il relie à l’ambivalence affective et aux conflits internes de la bonne ou mauvaise conscience : « À savoir que la prohibition tabou doit être conçue comme le résultat d’une ambivalence affective. » Et plus loin :
« On peut, sans faire violence aux notions, parler d’un remords tabou, d’une conscience tabou, résultant de la transgression d’un tabou. Le remords tabou constitue probablement la forme la plus ancienne du remords, de la conscience en général14. »

Déni, clivage, ambivalence, remords, autant d’indicateurs qui expliquent que l’histoire du service social est jalonnée de soubresauts concernant cette question du contrôle. S’il s’agit d’un phénomène lié au religieux, nous sommes en droit de nous demander de quelle religion nous sommes missionnaires. Une réponse paraît plausible : la religion de l’aide15. Grâce à un clivage entre le pur, « l’aide », et l’impur, « le contrôle », nous pouvons affirmer que « l’assistant de service social ne doit pas accepter d’intervenir ni de fournir des renseignements dans un but de contrôle » (article 15 du code de déontologie de service social). Le mot est prononcé mais aussitôt dénoncé et évacué sous la forme d’interdit. Malgré l’affirmation de ce principe, la profession a toujours été chargée d’une connotation péjorative, l’« assistante sociale flic ». Longtemps désignée comme celle qui a le pouvoir d’« enlever les enfants », après enquête d’évaluation, la représentation de l’assistante sociale « contrôleuse des bonnes mœurs » perdure dans certaines couches de population concernée par les services d’action sociale : fantasme ou réalité ? Il faut reconnaître que la démarche d’enquête sociale, allant de la demande de renseignements à l’enquête d’évaluation, ne peut
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S. Freud, Totem et tabou, Paris, Petite Bibliothèque Payot, 1981, p. 81-82. Si l’on resitue la religion de l’aide dans l’histoire religieuse de nos sociétés judéo-chrétiennes, on peut parler d’une laïcisation des principes évangéliques, déjà affirmée dans les principes des Droits de l’Homme.

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