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Penser l'international

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153 pages
Les universités s’ouvrent au monde, au Québec comme ailleurs. Ce phénomène est visible dans tous les aspects de la vie universitaire et, de façon plus fondamentale, dans la recherche. En effet, que l’on pense à la mondialisation de l’économie, à l’effet de serre, aux crises humanitaires, aux migrations, à l’expansion des organisations non gouvernementales, au fondamentalisme religieux ou au terrorisme, les événements internationaux nous interpellent dans toutes les sphères du savoir. Désormais, les thématiques internationales sont abordées dans la plupart des disciplines en sciences sociales, et l’on assiste à un réel rapprochement multidisciplinaire.
Le présent ouvrage est le fruit d’une réflexion visant à ouvrir un dialogue qui permette de comprendre comment différents domaines de spécialisation abordent l’international sur les plans conceptuel et théorique, et de mieux saisir les enjeux qui ont marqué les études internationales au cours des dernières années.
Sous la direction de François Crépeau et Jean-Philippe Thérien, respectivement directeur scientifique et directeur scientifique adjoint du CÉRIUM, ce livre présente les contributions de François Crépeau, Michel Fortmann, Jean-François Gareau, Mamoudou Gazibo et Jane Jenson, Alexis Nouss, Samir Saul, Jean-Philippe Thérien, Jean-Guy Vaillancourt et Marie-Joëlle Zahar.
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PENSER L’INTERNATIONAL
Perspectives et contributions des sciences sociales
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Sous la direction de François Crépeau et Jean-Philippe Thérien
PENSER L’INTERNATIONAL
Perspectives et contributions des sciences sociales
Les Presses de l’Université de Montréal
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Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada Vedette principale au titre : Penser l’international : perspectives et contributions des sciences sociales Comprend des réf. bibliogr. ISBN 978-2-7606-2036-0 eISBN 978-2-7606-2496-2 1. Relations internationales – Étude et enseignement (Supérieur). 2. Relations internationales – Recherche. 3. Interdisciplinarité en éducation. 4. Science politique – Étude et enseignement (Supérieur). I. Crépeau, François. II. Thérien, Jean-Philippe. JZ1237.P46 2007 327.071’1 C2007-940443-X
e Dépôt légal : 3 trimestre 2007 Bibliothèque et Archives nationales du Québec © Les Presses de l’Université de Montréal, 2007
Les Presses de l’Université de Montréal reconnaissent l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entre-mise du Programme d’aide au développement de l’industrie de l’édition (PADIÉ) pour leurs activités d’édition. Les Presses de l’Université de Montréal remercient de leur soutien financier le Conseil des Arts du Canada et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC).
Imprimé au Canada en juillet 2007
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Table des matières
Introduction Penser l’international : un dialogue transdisciplinaire François Crépeau, Michel Fortmann, Alexis Nouss et Jean-Philippe Thérien Chapitre 1 L’histoire des relations internationales : contexte, cheminement et perspectives Samir Saul Chapitre 2 La société internationale et son droit : vers un changement de paradigme ? François Crépeau et Jean-François Gareau Chapitre 3 e La sociologie auXXsiècle. Des débuts de l’internationalisation à l’émergence de la mondialisation Jean-Guy Vaillancourt Chapitre 4 Le facteur « international » en politique comparée Mamoudou Gazibo et Jane Jenson Chapitre 5 Les études de sécurité (security studies) : une sous-discipline à la croisée des chemins Michel Fortmann
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Chapitre 6 L’international dans les relations internationales : réflexions sur une mutation amorcée Marie-Joëlle Zahar Les collaborateurs
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INTRODUCTION
François Crépeau, Michel Fortmann, Alexis Nouss et Jean-Philippe Thérien
L es universités s’ouvrent au monde, au Québec comme ailleurs. Le phéno-mène est visible jusque dans la transformation du cadre universitaire lui-même. Reflétant autant les tendances du marché, de la démographie et de la technologie que la demande étudiante, la transformation en cours se mani-feste de multiples façons : nombre croissant d’étudiants étrangers ou en programmes d’échange ; internationalisation du corps professoral, des réseaux de recherche et des diplômes ; augmentation du nombre de professeurs et de chercheurs invités ; multiplication des programmes à vocation internationale dans le domaine des sciences sociales ; ouverture linguistique et culturelle plus poussée ; innombrables partenariats entre universités canadiennes et étran-gères ; création de centres de recherches ou d’instituts dédiés aux études internationales… L’internationalisation influe sur tous les aspects de la vie universitaire. Au-delà des changements institutionnels qui viennent d’être évoqués, l’université s’internationalise d’une manière encore plus fondamentale : par le biais de l’évolution de la connaissance scientifique. La présence des théma-tiques internationales s’est accrue dans nombre de disciplines, repoussant ainsi les frontières des relations internationales, traditionnellement axées sur l’histoire, le droit et la science politique. L’international n’est plus seulement une « scène », un objet d’étude réservé à quelques spécialistes : il s’est infiltré dans la plupart des disciplines et a un impact, dans des mesures variables, sur presque tous les enjeux de la recherche. Que l’on pense à la mondialisa-tion de l’économie, à l’effet de serre, aux crises humanitaires, aux migrations, à l’expansion des organisations non gouvernementales, au fondamentalisme religieux ou au terrorisme, les événements internationaux nous interpellent dans toutes les sphères du savoir. Les dernières années ont à cet égard clairement
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P E N S E R L ’ I N T E R N A T I O N A L
montré qu’il n’était plus possible de résumer les études internationales à l’analyse des relations diplomatiques et militaires entre États. À l’heure de la circulation planétaire des biens, du capital, des informa-tions et des personnes, les études internationales ne peuvent plus être abordées dans des champs disciplinaires séparés, mais exigent plutôt une approche plus intégrée. On ne s’en étonnera pas puisque plusieurs frontières disciplinaires ayant été créées en même temps que les frontières nationales, l’effacement de ces dernières inspire naturellement celui des premières. Les spécialistes ont parfois proposé une distinction lexicale et conceptuelle entre multidisciplina-rité, interdisciplinarité et transdisciplinarité en soutenant que la multidisci-plinarité procède à une simple juxtaposition des points de vue disciplinaires, sans contester l’appartenance de ceux-ci à des champs de la connaissance hétérogènes et autonomes ; que l’interdisciplinarité, plus exigeante, cherche à ce que le dialogue s’engage entre les perspectives disciplinaires sans leur demander toutefois de s’intégrer à un même champ du savoir ; et que la transdisciplinarité est la plus subversive des approches puisque sa quête de passerelles interprétatives entre les disciplines mène à interroger la légiti-mité même de leurs frontières. Bien qu’elles soient fort stimulantes, ces nuances théoriques ne doivent pourtant pas masquer l’ampleur d’un défi plus pratique : il importe de créer des espaces pour permettre aux chercheurs de se connaître et d’échanger sur leurs expériences respectives. Les études internationales ne surgissent pas d’un néant épistémologique. Elles baignent depuis longtemps dans un univers de multidisciplinarité où se côtoient notamment l’histoire, le droit, l’économie, la science politique, la sociologie, l’anthropologie et la géographie. Mais force est de constater que le développement et la complexification des processus internationaux sont tels qu’ils obligent désormais leur compréhension à s’appuyer sur un rappro-chement disciplinaire. Ainsi, le politologue « généraliste » n’est plus à même aujourd’hui d’expliquer ou de commenter seul ce qui se passe sur la scène internationale. Toutes les sciences sociales sont concernées et aucune n’est suffisante, à elle seule, pour analyser le monde qui nous entoure. Le problème, toutefois, réside dans le fait que l’international est approché par chaque branche du savoir, et même chaque sous-discipline, d’une façon qui lui est propre. Les phénomènes internationaux qui nous « accrochent » tous les jours ne sont pas saisis au travers des mêmes concepts, des mêmes pers-pectives ou des mêmes cadres théoriques, selon qu’on les analyse à partir du droit, de la criminologie, des études culturelles, de la science politique ou de
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l’économie. Même à l’intérieur d’une discipline comme la science politique, les barrières intellectuelles sont souvent considérables entre les « internationa-listes » et les « comparatistes ». Un peu comme dans la fable de l’éléphant et des aveugles, le cloisonnement des branches du savoir nous condamne à une vision partielle ou fragmentaire d’événements et de phénomènes qui deman-dent pourtant à être analysés dans leur globalité. Compte tenu de ce cloisonnement, la mise au point d’un programme d’enseignement et de recherche cohérent en « études internationales » est une opération complexe. Or, l’importance d’un tel programme est certaine-ment dictée par l’internationalisation croissante des universités. Une des premières tâches du CERIUM, compte tenu de son rôle de développement des activités en matière internationale à l’Université de Montréal, est donc de chercher à contribuer au démantèlement des frontières intellectuelles qui séparent les différentes disciplines dans l’étude des grands enjeux internatio-naux de la planète. Le présent ouvrage est le fruit d’un séminaire qui visait à ouvrir, au travers des disciplines, un dialogue qui nous permette de mieux comprendre comment nos différents domaines de spécialisation approchent l’interna-tional sur les plans conceptuel et théorique, et de mieux saisir les différents débats ou enjeux qui ont marqué les études internationales, dans chacun de nos secteurs, au cours des dernières années. Ce séminaire comporta six séances durant l’année universitaire 2004-2005. Les enregistrements vidéo de ces séances peuvent être visionnés sur le site Web du CERIUM.
Nous avions posé à chaque intervenant les questions suivantes, à partir desquelles nous leur demandions de structurer leurs propos : 1. Comment votre (sous-)discipline aborde-t-elle spécifiquement les études internationales ? 2. Comment se structure le domaine de l’international dans votre secteur ? 3. Quels sont les cadres théoriques (écoles de pensée) les plus courants, les concepts clés les plus importants ? 4. Comment peut-on schématiser l’évolution récente des études inter-nationales dans votre (sous-)discipline ? 5. Quels sont les principaux débats qui ont marqué la (sous-)discipline au cours des dix dernières années ?
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