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Petites Chroniques #9 : La Révolution française — 1788 à 1789, les raisons de la colère

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48 pages

LES PETITES CHRONIQUES : jour après jour, découvrez l'Histoire en anecdotes et dates clés !

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Petites Chroniques #9 : La Révolution française — 1788 à 1789, les raisons de la colère

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Petites Chroniques #1 : 24 h du Mans — 80 ans au compteur

Petites Chroniques #2 : Vacances d'été — Drame, People et Progrès

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couverture

La Révolution française

1788 à 1789, les raisons de la colère – 1

Éditions Chronique

Janvier 1788

Paris – Des laquais sont en colère

Le bal battait son plein, mais les valets l’ont fait tourner court. Ils ont jeté cris et quolibets dans la cour de l’ambassade de Suède, en signe de protestation. Car ils n’ont pas digéré la négligence de l’ambassadeur, le baron de Stäel-Holstein qui, au mépris de tous les usages, a refusé de leur faire servir une collation. Le pire est à craindre de ces gens qui savent tout et n’ont pas leur pareil pour colporter tous les ragots et vous ternir une réputation.

4 janvier 1788

Paris

Sur la proposition d’Adrien Duport, le Parlement rend un arrêt qui condamne les actes arbitraires du gouvernement, l’emprisonnement sur lettres de cachet et l’exil des opposants à la politique royale.

9 janvier 1788

Paris

L’écrivain Sylvain Maréchal est incarcéré à la prison Saint-Lazare pour délit de presse ; dans son Almanach des honnêtes gens, il fait figurer au calendrier des saints, des penseurs et philosophes athées.

17 janvier 1788

Versailles, Louis XVI serait-il un despote ?

Dans son arrêté du 4 janvier, le parlement de Paris a condamné sans appel la procédure des lettres de cachet qui permettent au monarque d’emprisonner arbitrairement ses sujets indociles. La crise qui oppose les parlementaires au pouvoir royal et qui s’éternise depuis plusieurs mois semble parvenue à un point de non-retour. Car, cette fois, les magistrats n’hésitent pas à accuser le roi de despotisme. Outré par cette audace, Louis XVI a solennellement convoqué aujourd’hui une députation du Parlement pour répondre à ce qu’il considère comme une calomnie. « La liberté légitime de mes sujets m’est aussi chère qu’à eux-mêmes. Mais je ne souffrirai pas que mon parlement s’élève contre l’exercice d’un pouvoir (…) dont j’ai la douce satisfaction de penser que j’ai usé avec plus de modération qu’aucun de mes prédécesseurs », a-t-il déclaré sèchement. Et il est vrai qu’on imagine mal en tyran ce souverain débonnaire qui passe plus de temps à chasser qu’à s’occuper des affaires du royaume. Mais, pour les parlements, celui de Paris en tête, la question n’est pas là. Ce qu’ils remettent en cause, c’est le principe même de la monarchie absolue dont le pouvoir s’exerce sans contrepoids. Usant de leurs prérogatives traditionnelles, ils ne manquent pas une occasion de contrer les initiatives de Louis XVI. Or, légalement, ce dernier peut toujours avoir le dernier mot. Aujourd’hui, c’est pourtant une épreuve de force qui s’engage. Les plus jeunes et les plus actifs des magistrats, dont Jean-Jacques Duval d’Eprémesnil et François Goislard de Montsabert, entraînent leurs aînés sur la voie de la rébellion. Il est donc peu probable que le Parlement accepte aussi facilement de voir casser son arrêté par le roi. Mais celui-ci n’est pas disposé à céder et cette attitude est chez lui assez rare pour être remarquée.

18 janvier 1788

Paris

Bien que la veille le roi ait cassé l’arrêté contre les lettres de cachet rendu par le Parlement, les magistrats passent outre et le confirment.

20 janvier 1788

Rouen

Trois paysans de Chaumont, condamnés en 1783 pour meurtre, qui s’étaient trouvés au centre d’une polémique sur les abus de justice, sont acquittés par le parlement de Normandie.

Février 1788

Paris – Le projet de Brienne menace le Parlement

Le parlement de Paris est inquiet. Que préparent le roi et son principal ministre, le contrôleur général des Finances Loménie de Brienne, dans le secret de leurs tête-à-tête ? Car Louis XVI et son grand argentier s’entretiennent des heures durant, sans même consulter le Conseil royal. Les ministres eux-mêmes n’apprécient guère d’être tenus à l’écart des décisions les plus importantes, et de découvrir en même temps que le public le contenu des projets de réformes préparés par Brienne. Certes, la pratique institutionnelle a consacré l’autonomie grandissante du ministre des Finances. Mais, depuis la révélation du déficit des caisses du royaume devant l’Assemblée des notables, on s’attendait à un peu plus de transparence. Les parlements soupçonnent, à juste titre, le ministre de vouloir les casser et leur ôter les derniers restes de leur pouvoir en matière de contrôle législatif. Les bruits de couloir rapportent d’alarmantes nouvelles. Ne dit-on pas que Brienne envisage d’instituer une cour plénière qui serait seule habilitée à enregistrer les lois, les parlements ne gardant plus que leurs attributions judiciaires ? Ce serait un véritable coup d’État de l’exécutif, entreprise plus que hasardeuse à l’heure où la faiblesse et le discrédit du système absolutiste sont de plus en plus manifestes.

15 février 1788

Versailles

Un édit abolit la torture préparatoire.

19 février 1788

Grenoble

Deux parlementaires dauphinois, le président d’Ornacieux et le conseiller de Meyrieu, sont convoqués sans délai à Versailles pour rendre compte au roi de la conduite du parlement.

Versailles

Une députation du parlement de Bretagne, convoquée par le roi, est réprimandée pour son attachement au principe de l’égalité et de l’identité de tous les parlements entre eux.

23 février 1788

Grenoble

Le parlement du Dauphiné entretient l’agitation publique en demandant le rappel des parlementaires convoqués à la Cour.

16 avril 1788

Versailles – Le roi met fin à l’exil du duc d’Orléans

Le turbulent cousin du roi, Philippe duc d’Orléans, va pouvoir rentrer à Paris. Louis XVI a levé l’ordre qui l’exilait à Villers-Cotterêts depuis que, le 19 novembre, il avait osé le braver devant le Parlement en affirmant que la procédure du « lit de justice » employée par le souverain était illégale. « C’est légal parce que je le veux », avait répliqué le roi rouge de colère. Car les deux hommes ne s’aiment pas, et il suffit d’un incident pour raviver leur vieille antipathie. On dit qu’il conspire pour régner à la place de Louis XVI. Certes, ce prince est ami de l’intrigue mais il n’a pas l’âme ni l’envergure d’un chef de parti.

17 avril 1788

Versailles

Louis XVI, dans sa réplique aux remontrances du Parlement, affirme qu’il ne livrera jamais la monarchie à une « aristocratie de magistrats aussi contraire aux intérêts de la nation qu’à ceux de sa souveraineté ».

30 avril 1788

Paris – Le Parlement essaie de contrecarrer les projets du ministère Brienne

Duval d’Eprémesnil, conseiller au parlement de Paris, fulmine. Il a appris que le ministère dirigé par Loménie de Brienne voulait réduire à néant le pouvoir politique des parlements. Le garde des Sceaux Lamoignon s’apprête en effet à promouvoir une réforme judiciaire radicale qui établit une cour plénière et définit ses compétences. Cette cour plénière aura en particulier pour fonction d’enregistrer les édits royaux et toutes les lois. Elle seule pourra le faire. Autrement dit, les parlements seront privés de leur attribution principale et surtout du moyen de pression sur le pouvoir royal dont ils disposaient traditionnellement par le biais du droit de remontrances. Mais les magistrats n’ont pas l’intention de laisser passer ce véritable « coup d’État » royal : Duval d’Eprémesnil vient d’exhorter ses collègues à la résistance en rappelant que les lois fondamentales de la monarchie française garantissent les droits des parlements. L’épreuve de force est engagée.

1er mai 1788

Versailles

À l’initiative du garde des Sceaux Lamoignon, le gouvernement décide de briser l’opposition parlementaire en la dépouillant de ses attributions législatives et judiciaires au profit de deux nouvelles juridictions : la cour plénière et les grands bailliages.

2 mai 1788

Pau

Le parlement de Pau est le premier à rédiger un arrêté de protestation contre la réforme royale.

3 mai 1788

Paris

Le Parlement, toutes cours assemblées, publie une déclaration des lois fondamentales du royaume dont il se déclare le gardien et envoie des remontrances au roi.

4 mai 1788

Versailles – La reine de plus en plus impopulaire

« Madame Déficit » va rentrer au Conseil ! Cette rumeur persistante, dépourvue de tout fondement, court dans la capitale depuis que Marie-Antoinette a fait irruption au milieu des ministres qui délibéraient avec le roi. Mais Marie-Antoinette s’est déjà trop souvent mêlé des affaires politiques du royaume pour ne pas exciter, même à tort, la verve et la haine des médisants. Poussée par un entourage dont elle ignore les buts réels, la souveraine a pris un ascendant grandissant sur Louis XVI, privé des conseils de Vergennes, mort en 1787. Inquiète pour l’avenir de la monarchie, elle pense sauver le trône de son fils en poussant le roi à adopter des positions extrêmes, pour conserver à tout prix intacte la prérogative royale. Or, depuis la malheureuse affaire du collier, en 1785, elle est devenue tout à fait impopulaire. On l’accuse de dilapider les fonds de l’État en folles dépenses « pour satisfaire à des plaisirs désordonnés ». On lui reproche son goût du jeu, des fêtes et des parures. On lui prête des mœurs saphiques, tout en lui donnant de nombreux amants. Mais s’il est vrai que la reine engloutit encore des sommes énormes pour sa toilette, elle a depuis longtemps renoncé à ses folies d’autrefois. Qu’importe ! Pour les pamphlétaires, elle est toujours Messaline, l’Autrichienne ou Isabeau de Bavière, qui fut, elle aussi, étrangère, sans oublier ce titre de « Madame Déficit » qui résume à lui seul toute son impopularité.

5 mai 1788

Paris

Dans la nuit, le marquis Vincent d’Agoult arrête, sur ordre du roi et en plein parlement, les deux principaux meneurs de l’opposition aux réformes, les conseillers Duval d’Eprémesnil et Goislard de Montsabert.

8 mai 1788

Versailles – Le roi brise le Parlement

Le Parlement ne veut pas de la réforme judiciaire ? Qu’importe ! Passant outre aux protestations des magistrats, le roi vient d’enregistrer d’autorité les édits de son garde des Sceaux Lamoignon en lit de justice. En trois jours, Louis XVI a donc écrasé l’opposition parlementaire. Dans la nuit du 4 au 5 mai, il a donné l’ordre d’arrêter Goislard de Montsabert et Duval d’Eprémesnil, respectivement auteurs des arrêtés parlementaires des 29 avril et 3 mai qui contestaient violemment les réformes du ministère Brienne. Mais les deux fougueux conseillers ont réussi à échapper à la police et ont couru se réfugier au Palais de justice pour se mettre sous la protection des autres parlementaires. Descendue des faubourgs, une foule de Parisiens est venue les soutenir et faire rempart autour d’eux pour parer à d’éventuels assauts. Après une nuit de siège, les deux hommes ont accepté de se livrer cependant qu’une députation de magistrats était envoyée à Versailles. Elle supplia Louis XVI « d’écouter, dans sa sagesse, d’autres conseils que ceux qui sont prêts d’entraîner l’autorité légitime et la liberté publique dans un abîme ». Mais en vain. Le roi est résolu à briser la fronde parlementaire et il l’a encore montré aujourd’hui. Pour autant, l’opposition au pouvoir royal n’est pas décapitée, d’autant qu’elle a gagné la sympathie de l’opinion.

10 mai 1788

Rennes

Le comte de Thiard fait enregistrer, au nom du roi, les édits de réforme. Seule l’habileté manœuvrière de l’intendant de Bretagne, Bertrand de Molleville, permet d’éviter l’émeute.

11 mai 1788

Grenoble

Le Parlement est congédié après avoir entériné sous la menace les édits de la réforme Lamoignon, au cours d’une séance à huis clos en présence de l’intendant et du gouverneur de la province.

31 mai 1788

France – La révolte parlementaire a gagné l’ensemble des provinces

La révolte parlementaire fait tache d’huile. Un peu échaudé par sa révolte avortée du début du mois, le parlement de Paris retient son souffle. Mais l’éloignement et la complicité des populations aidant, la province, elle, se lance dans la résistance plus ou moins ouverte. Officiellement, les parlements ont été mis en vacance et toute réunion est interdite jusqu’à nouvel ordre, surtout s’il s’agit de délibérer sur la validité de ces édits de mai unanimement contestés. Mais bravant l’autorité royale, les parlements de Grenoble et de Rouen osent attaquer personnellement, et avec véhémence, les ministres.

Les magistrats de Pau et de Rennes...