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Plus belle la mort !

De
108 pages

L’objet de ce recueil de nouvelles est d’essayer d’apaiser ces inévitables angoisses sur la fin de notre existence humaine. Par le détour de la littérature, chacun de ces personnages provençaux y trouve la beauté dans son salut. Après maintes réflexions, seront-elles aussi, pour vous, le moyen d’y découvrir la vôtre, si tel est le cas ?


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Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-24719-1

 

© Edilivre, 2016

Du même auteur :

 

EDITIONS :

 

 

Le néant transcendantal

Thélès

:

2005

Le président de la république

Thélès

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2008

Renaissance

Elzévir

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2009

Temps x

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L’obole du Styx

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2010

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Elzévir

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2010

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Régie Commédia

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2010

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2011

Vision X

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2011

La rose noire de Saint Martin de Crau

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2011

Les 365 jours de pensées

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2012

Jeanne

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Le préjugé d’un dieu

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2013

Plus belle la mort !

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2014

Nouvelles comiques de l’asile

Baudelaire

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Peau… M !

Baudelaire : 2015

 

 

Le monde transcendantal

Baudelaire

:

2016

Manon d’Amor… T

Baudelaire

:

2016

PLUS BELLE LA MORT !

 

 

 

 

 

 

Si commun, à ma sœur : Sophie…

 

L’objet de ce recueil de nouvelles est d’essayer d’apaiser ces inévitables angoisses sur la fin de notre existence humaine. Par le détour de la littérature, chacun de ces personnages provençaux y trouve la beauté dans son salut. Après maintes réflexions, seront-elles aussi, pour vous, le moyen d’y découvrir la vôtre, si tel est le cas ?

1
Jeanne

L’héritage des enfants

Sous cette lune voilée de corneilles qui fustigeaient ce beau corps, l’étincellement de la nuée d’étoiles illuminait ce désespoir humain où toute la famille se recueillait. C’était de leur père qu’il s’agissait. Point de pleurs, ni d’armes à la main, sinon par la suite, la nausée vomissant sur le cœur de l’église. Ce curé qui accablait Jeannot, Jean et Jeanne, de tous les péchés du monde malgré le deuil, vint finalement à donner les dernières prières sur cette nuit que chacun connaîtra inévitablement un jour ! Ces siècles de prières n’avaient jamais anéanti cette frontière ambivalente entre les vivants et les morts, sinon de pouvoir espérer un meilleur sort où peut être, maintenant, se trouvait leur père après avoir été aux proies des flammes lors de l’incinération. Il y avait ainsi trois enfants dont Jeanne, âgée de cinq ans, qui s’imprégnait de cette formalité eschatologique que son frère Jean, bien plus mûr, lui expliquait tristement. Tandis que Jeannot, plus combatif contre ce récif létal, frappait de tous ses poings sur le bois du cercueil. Ce bois si noué dans la gorge de Dieu auquel il ne croyait pas, devait avoir le cœur percé avec l’au-delà, puisqu’il ne restait pour eux, pauvres terriens, que l’aboiement de leurs corps sur une vie encore vaincue. Pour tous ses enfants, le père n’avait donné qu’une recommandation : Vivre !

Jeannot

Bien plus tard, devançant son frère jumeau Jean, dans l’entreprise de cette quête, Jeannot prit l’initiative d’éduquer sa petite sœur et de travailler ainsi comme maçon dès l’âge de seize ans. Un peu difficilement au début, certes, mais sa foi dans la vie le rendait combatif malgré les obstacles matériels et humains. Il avait choisi ce métier afin d’exorciser physiquement cette peur ressentie devant le corps de son père néantisé, mais aussi parce qu’il était manuel, bien que du temps de son vivant, celui-ci insufflait à ses deux fils le goût de la lecture. Rentrant au seuil de la nuit, quotidiennement, il retrouvait sa sœur qui était plus jeune de cinq ans. L’union, la complicité qui régnait, faisait la joie de la nounou. Son corps très puissant, si rêche, désignait la dureté du regard mais aussi la joie de vivre, ce que Jeanne mystifiait innocemment. Or, lors d’un de ses retours si tardifs, Jeanne demanda à son frère le pourquoi de cette joie malgré des heures et des heures de travail éprouvant ? Il se tut pendant de longues secondes, puis, précipitamment il désigna de son index une étoile en lui expliquant que celle-ci ne devait, peut-être, déjà ne plus exister, puisque la lumière se téléporte suivant des lieux infinis. Mais il lui dit aussi un peu explicitement, que pour lui, l’univers était fini, comme une sorte de bulle de malabar où tous ses lieux se trouvaient sur celle-ci afin que la couleur, la texture, la forme de cette bulle se reproduirait inlassablement chaque fois qu’elle le voudrait. Elle ne comprit pas très bien cette métaphore, cette image, et lui demanda malgré son jeune âge, une explication plus concise et plus scientifique. Alors, c’est avec émerveillement qu’il lui démontra que le temps est infini, et que la multiplication des combinaisons que prend cet univers fini et limité, désignant cette bulle, se reproduira infiniment.

Incrédule par tant d’explications, Jeanne répondit que cela est peut-être vrai, mais son frère accentua en lui disant, que seuls ceux qui produisent, qui créent, qui ne tombent pas dans le Néant, qui soufflent pour faire la bulle, reviendront éternellement. Et, uniquement leurs volontés de puissance, sur le fait de vivre, d’exister, leur rendront l’éternité dans ce cosmos. Or, ce n’était que cette couleur vive et rose du malabar qui lui rendait cette joie de vivre éternellement. Elle lui répondit de toujours prendre des chewing-gums de cette couleur ! Et au tour de son frère de lui avouer, qu’il lui en achètera tout le temps parce qu’il l’aime et l’aimera infiniment ! Cependant, Jeanne, à l’esprit un peu naïf mais espiègle, lui demanda, pourquoi, par tant de convictions et d’intelligences, avoir choisi le métier de maçon ? Et bien, parce qu’un bonbon n’est pas un esprit rétorqua son frère ! En effet, seule la matière du chewing-gum reviendra éternellement. Et c’est donc, en édifiant par sa puissance, des murs, des maisons, des sociétés, que les humains sont éternels, parce qu’ils soufflent volontairement dans le malabar. Après sept ans épisodiques mais néanmoins difficiles pour tous les deux, Jeanne atteignit l’âge de dix-huit ans, elle aussi. Pour acquérir cette éternité, que lui avait expliquée son frère, elle entreprit de communiquer ce bonheur, cette joie de vivre, à tous ses confrères, jeunes, vieux, femmes, hommes, par le métier de vendeuse dans une boulangerie. Son sourire quotidien exprimait cet amour immense dans la vie de vendre des malabars à ses enfants comme elle les appelait. Mais bientôt, devant tant d’épuisements et de fatigues journalières qui s’accumulaient, elle voulut prendre du repos lorsque la lumière de Provence lui devînt flamboyante. Elle pensa ainsi à son deuxième frère, Jean, qu’elle alla retrouver dans son mas au cœur de la Crau.

Jean

Jean, bien que les rencontres et la vie mondaine l’attirent, restait dans cet ostracisme sociable, cette solitude intellectuelle et contemplative de la Crau non loin d’Arles. Après la mort de son père et contrairement à Jeannot, il choisit de devenir étudiant aux beaux-arts pour peindre notre Provence. Ce qui le fascinait dans cette Nature, était de retranscrire l’impression hasardeuse des combinaisons exprimant le beau. Mais il vivait de peu et non du moins, car il vendait ses tableaux tous les premiers mercredi du mois sur la place de Maussane les Alpilles (Un autre village) à côté de son infatigable fontaine pierreuse. Bien que ses revenus fussent faibles et que le succès n’était pas au rendez-vous, il jouissait de ce bonheur contemplatif. C’est alors que sa sœur vint le rejoindre dans son atelier de peinture, si discret et si secret, aux senteurs, aux odeurs si chatoyantes. Devant tant d’étonnements, Jeanne, qui venait de quitter Jeannot construisant une nouvelle maison, fut éblouie devant cet instant magique, divin, que son peintre exécutait sur sa toile. Lui demandant par quelle technique faisait-il pour peindre sans modèle afin de pouvoir retranscrire la beauté de la Nature ? Il lui répondit que durant ses contemplations, son esprit était identique à un appareil photo. L’image ou les images, défilaient dans sa tête avec toutes ses couleurs, sur lesquelles il mettait un commentaire. Et au moment où il sélectionnait une image dont son âme avait travaillé la qualité, il reversait cette même image sur la toile à l’instant du coup de pinceau, tout en faisant disparaître miraculeusement cette photo de sa mémoire, mais en gardant de celle-ci uniquement son commentaire. Alors et seulement à cette phase, il devenait heureux, car son esprit se trouvait libéré de toute imagination puisqu’il la retranscrivait en œuvre d’art, il vivait le vide, la LIBERTE ! Fascinée par cette explication et par le fait qu’elle recherchait aussi la vacuité afin d’évacuer ses émotions dans un repos, elle fît comme son frère. Jeanne se mît à peindre. Et plus elle entreprenait des créations suivant ses conseils et plus elle devenait heureuse dans cette vie contemplative. Elle sentait que le Beau sauvait sa vie et trouvait un bonheur non moins anodin ! Or ce fut plus que çà, car Jean lui expliqua que le beau lui permettait, suivant les paysages, la rencontre de Dieu. Ce qu’elle ne comprît pas dans l’instant, mais sa mémoire frappa le visage de son enfance, lors du deuil de leur père où on lui en avait évoqué sa possible existence. En effet, Jean lui expliqua que ce bonheur était un peu mystique, puisque par cette approche, dans la rencontre du beau, lors de la méditation d’un paysage, il éprouvait la transcendance. Il lui dit que celle-ci, parcourant son corps, était le sens du beau. La transcendance et le beau étaient indissociables comme l’ombre et sa lumière. Car si Dieu existe, et la transcendance en est une preuve, il se doit d’être beau ! Il ajouta de plus, que pour être un artiste, il se doit de transfigurer la création de Dieu, rendant son œuvre universelle ! Abasourdie par cette révélation une fois de plus, et en scrutant d’innombrables paysages, elle finit par dire,

– Il fait Dieu !

Et le lendemain, elle peigna Dieu du matin jusqu’au soir. Ce n’est que quelques jours plus tard, lorsqu’un vieil homme, au prénom de Pierrot, vint leur rendre visite qu’elle stoppa sa boulimie créative. Il s’agissait du sacristain de l’église de Saint Martin de Crau, un village non loin du mas. Connaissant son identité, Jeanne exaltante de jeunesse se présenta à lui et décida, après maintes discussions, de lui dire qu’elle avait rencontré Dieu lui-même, lors de ses contemplations. Un sourire s’esquissa, ce qu’elle crut ironique et blessant, venant de la part du sacristain, dont cette affirmation arrivait, on ne sait combien de fois à ses oreilles, lui, et sa dévotion dans la recherche du divin. C’est alors que Jeanne lui demanda d’une condescendance insolente, s’il savait ce que c’était Dieu, n’est-ce pas quelque chose de surnaturelle dit-elle ? Et donc à Pierrot de lui répondre simplement et énergiquement,

– Il fait beau, n’est-ce pas Jeanne !

Elle ne comprit pas cette exclamation et lui dit mécaniquement, oui. Or tout était là, la réponse était autour d’elle, dans le fait qu’il faisait beau dans son cœur et dans l’ensemble de ces paysages. Qu’il y est le soleil, les nuages diaphanes, au loin une symphonie pastorale avec un berger et ses moutons etc… traduisant une œuvre d’art aux coups de pinceau intemporel ! Mais sa jeunesse ne le concevait pas ainsi, d’où encore d’innombrables interrogations. Après avoir soupé ensemble durant cette veillée, rafraichie par la douceur de la voute céleste, Pierrot remercia leurs hospitalités tout en voyant l’innocence de Jeanne quelque peu intriguée, impatiente de le revoir. Durant un mois, c’est-à-dire le reste de l’été, elle continua à peindre malgré la chaleur. Au début, sa jeunesse, sa vigueur, lui firent connaître l’éternité de sa passion, mais par la suite, elle se rappela de Jeannot. Cette nostalgie d’avoir goûté avec lui au malabar, vînt se transposer à cette contemplation de la Nature et de Dieu. N’y avait-il pas pour Jean, le besoin d’ignorer le monde et la société humaine ? De nier la vie afin de l’espérer ailleurs, avec ou sans son créateur ? Et n’y avait-il pas pour Jeannot le besoin de la construire ? Elle comprit en conséquence qu’elle était inutile. Et de ce fait, elle quitta Jean, mais ne revînt pas auprès de Jeannot, puisqu’elle avait goûté à une autre éternité auprès de son autre frère. Elle décida donc d’errer suivant la direction hasardeuse des sentiers jamais foulés par l’homme qu’elle se devrait d’édifier… Comme un besoin d’absolu, d’un idéal de sa création, encore jamais atteint !

Le dilemme

Dans cette quête qu’elle s’était fixée, elle avait besoin des vestiges et des ruines de son passé. Elle avait besoin de mastiquer du malabar tout en méditant un temps qui lui était compté. En d’autres termes, elle ressentait la nécessité de conquérir et d’aimer la vie, tout en la contemplant, la pensant, et surtout en la niant. Il y avait par là même, en elle, cette ambivalence d’agir sur la vie et de la nier. Ainsi celle-ci, dans son fort intérieur, était prise entre le marteau et l’enclume. Mais en plus de la penser, de méditer cette bipolarité, elle la vivait comme lorsqu’on broie et mastique ce précieux bonbon aux travers de ses mâchoires tout en ayant plus de goût. Plus précisément, elle souffrait, dès le début, dans cette voie qu’elle voulait se tracer. Par conséquent cette dissociation, cette schizo, déchirait son caractère, dont la neutralité de son « Moi » était assailli par la multiplicité de ses douloureuses interprétations extérieures, comme si son ego était au centre d’un monde, tandis que les voix qu’elle travestissait, qu’elle entendait en dehors de sa prison, de son corps, étaient le « Malin ». Mais ce pesant langage que Jeanne cherchait à décrypter semblait lui parvenir d’une plus haute entité ! Peut-être l’ami de Jean, se disait-elle ? C’est-à-dire : Dieu ! Cette pensée l’effleura brièvement… Or, pour échapper à cet inexplicable « Théos », le chaos de sa turbulente mémoire ne lui fit pas défaut, puisque dans le cas de Jeannot puis de Jean, elle trouvait encore du bonheur. Mais comme ce vif diaporama défilait rétrospectivement, celui-ci vînt à évoquer le décès de son père. Cette barrière insondable de la mort. Pourquoi cela et tant de bonheurs dans la vie ? A cette question, Jeannot et Jean ne lui avaient jamais donné de réponse. Jeannot, pensant qu’il reviendrait éternellement sur Terre, ne résolvait pas son énigme et ses conséquences sur le présent puisqu’il se projetait dans un irrémédiable devenir. Et Jean, vivant avec Dieu, espérait la vie dans un autre lieu que sa création. C’était donc ça, cette mort qui la faisait souffrir, conclut-elle ! Et dans cette projection visuelle et morbide qui la transformait, elle s’interrogea. Fallait-il comme une peinture, y trouver ce vide, cette liberté dans ce néant apaisant ?

Le destin de Jeanne

Elle se rappela de Jeannot lorsqu’il lui offrit ce chewing-gum rose, lorsque le soleil de Provence inondait ses yeux iris bleuâtres et sa chevelure blonde de pailles virevoltant au gré du Mistral au travers d’un sourire blanc si bien dessiné. Tout cela, elle s’en souvient, comme si elle voyait et touchait son frère, entendait le Mistral, sentait et goutait au bonbon. Or cette atmosphère ne venait pas de ses sens si développés, mais de sa mémoire furtive lui restituant cette ambiance, ce ressenti paranormal ! Quelque chose d’évanescent, rapide, bref, illusoire, insaisissable, impermanent, comme ce qu’elle recherchait. Ce chemin qu’elle suivait, celui des impressions, la rendait à la fois heureuse et malheureuse, puisque cette réminiscence avait différents aspects. Mais cette sensation nostalgique devînt comme ces chewing-gums, qui après avoir été trop mastiqués, n’ont plus rien à vous offrir, jusqu’à ce qu’on les crache à terre pour en faire le malheur d’une autre personne...