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Polyhandicap et inclusions scolaires

De
106 pages
L'auteur aborde dans ce livre la spécificité de la scolarisation des enfants handicapés au sein de l'Ecole. Illustré d'exemples concrets, il propose à chacun des partenaires (élèves, parents, enseignants, éducateurs, établissements médico-sociaux...) de prendre sa place dans le puzzle de l'inclusion scolaire.
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et
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© L’Harmattan  l’Ecole polytechnique 
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-55278-4 EAN : 9782296552784
Paris
EricGoreth
Polyhandicap
et
inclusions
essai
L’Harmattan
scolaires
Introduction.
1983: éducateur spécialisé et plus précisément éducateur sco-laire, je participe à l’intégration scolaire d’un garçon Infirme MoteurCérébral (I.M.C.)1de 13 ans au sein d’une Section d’Education Spécialisée (S.E.S). (Actuellement appelée Sec-tion d’EemtngiennesGénéral et ProfessionnelAdapté-S.E.G.P.A.).
2010: professeur des écoles spécialisé de l’Education Natio-nale mis à disposition dans un établissement spécialisé ac-cueillant des jeunes polyhandicapés, un de mes objectifs de l’année est de mener à bien une inclusion scolaire à temps partiel pour un jeune garçon dans uneCLasse d’Inclusion Scolaire (C.L.I.S.) Plus d’une année scolaire me sera nécessaire avant que le jeune puisse bénéficier de cette scolarisation.
Constat: rien n’a vraiment changé même si la loi de 2005 facilite théoriquement et pratiquement l’inclusion scolaire, intégrer de manièrerapideetsatisfaisanteest toujours aussi difficile.
Pourquoi ? Les raisons sont multiples. En premier lieu, le nombre des partenaires lié à l’intégration scolaire est maintenant très important ; MaisonD-enemrtpaé tale des Personnes Handicapées (M.D.P.H.), enseignant réfé-rent, Service d’Education Spéciale et de Soins àDomicile (S.E.S.S.A.D.), établissements scolaires (écoles primaires, collèges, lycées),Auxiliaire de Vie Scolaire (A.V.S.),Emploi de Vie Scolaire (E.V.S.), établissements médico-sociaux, parents, rééducateurs et cela favorise des représentations dif-
1Les sigles sont développés dans le « glossaire ». 5
férentes de l’Ecole, donc des objectifs parfois nuancés, avec des façons décalées de mener à bien une inclusion scolaire qui peuvent s’avérer néfastes pour le jeune : en effet ces vi-sions distinctes favorisent parfois des tensions entre les partenaires : des dysfonctionnements apparaissent ; le jeune qui est intégré est alors pénalisé. D’autre part, cette multiplicité de professionnels impose éga-lement une certaine lenteur et lourdeur à tous les niveaux de l’inclusion qui n’encouragent pas au dynamisme, mettre en place une intégration scolaire relevant, pour ma part, du « parcours du combattant ».
Avant d’entrer dans le vif du sujet, je souhaiterais faire une remarque concernant le vocabulaire utilisé :
Intégration : action d’intégrer quelqu’un ou quelque chose ; fait de s’intégrer… Intégrer : faire entrer dans un ensemble plus vaste ; inclure, incorporer… Inclusion : action d’inclure, introduction.Etat d’une chose incluse dans une autre… Inclure : introduire, insérer une chose dans une autre.2
Aactuelle, le terme d’ « intégration » est petit à petitl’heure évincé du vocabulaire officiel au profit de celui d’ « inclusion »… J’utiliserai dans les pages qui vont suivre indifféremment l’un ou l’autre des termes ; par contre, j’emploierai le terme d’un « jeune intégré » et non d’un « jeune inclus » dans un souci de fluidité langagière.
Le but de mon écrit n’est pas de dresser une liste exhaustive des causes des difficultés de l’intégration scolaire, ou de li-
2Ces définitions proviennent du « Petit Larousse 2010 ». 6
vrer un mode d’emploi théorique (dans ce dernier domaine, les ouvrages sont légions).
Mes objectifs sont autres :
Proposer un « guide » de l’inclusion scolaire, notamment, des jeunes polyhandicapés par une présentation des différents acteurs en définissant leurs rôles spécifiques, et en illustrant certains passages par des exemples concrets.Ainsi chacun (parents, éducateurs, enseignants,…) pourra se reconnaître, trouver des pistes de travail (toutes les inclusions scolaires d’enfants polyhandicapés diffèrent, chacune doit être pensée individuellement en fonction des troubles liés au Handicap) et constater qu’il peut et doit s’appuyer sur les partenaires. Mais cet écrit n’est exclusivement pas réservé à l’usage des professionnels ou parents d’enfants polyhandicapés, car il est transposable à d’autres enfants présentant des handicaps dif-férents, le fond de l’Inclusion Scolaire doit rester identique pour tous, à savoir, entrer dans les apprentissages scolaires, acquérir des compétences au sein de l’Ecole, seule la forme et donc les moyens diffèrent. Je ne propose pas un livre de recettes, mais j’invite chacun des acteurs à prendre sa place dans le puzzle de l’inclusion scolaire d’un jeune avec ses observations, ses réflexions, ses idées et sa spécificité.
Je vais également m’attacher à mettre en avant des solutions afin que les inclusions scolaires qui sont perfectibles puissent s’améliorer d’une manière sensible et durable.
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Préambules à la mise en place d’une inclusion scolaire.
Avant de poser la première pierre d’une inclusion scolaire d’un jeune, je m’adresse toujours au médecin de l’établissement médico-social dont le jeune fait partie afin de savoir s’il existe une contre indication-médicale quelconque ou non à son intégration scolaire: c’est le médecin qui est le garant quant à l’autorisation ou l’interdiction concernant la sécurité du jeune sur le versant médical et donc de sa santé. Si le médecin émet un avis négatif, je me range à son avis et ce projet n’a plus lieu d’être.
Par contre, le versant pédagogique me concerne, à chacun sa
Par contre, le versant pédagogique me fonction et ses compétences.
Cette première étape passée (le médecin ayant donné son accord), je fais part de cette proposition à l’équipe (directeur, chef de service, éducateurs, rééducateurs,…) de l’établis-sement : il est nécessaire qu’il y ait unconsensus, sinon ce projet d’intégration ne sera pas finalisé ou alors cette inclusion sans l’adhésion de tous s’essoufflera à plus ou moins long terme avec, dans tous les cas un arrêt de cette scolarisation qui sera perçue comme un échec pour certains membres de cette équipe, une « victoire » pour les opposants (car il en existe) à cette intégration scolaire, avec à la clé des tensions au sein de l’établissement et surtout un jeune pénalisé : celui qui bénéfi-ciait de cette intégration. Une inclusion scolaire est un projet qui concerne et engage tousles professionnels de l’établissement mais, particulière-ment, ceux qui accompagnent le jeune au « quotidien » (édu-cateurs, rééducateurs, enseignant spécialisé).
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Lorsque je distous, cela n’est pas une image, car à un mo-ment donné de cette inclusion scolaire, chaque membre de l’équipe peut avoir à participer de manière active, une secré-taire (pour l’envoi de courrier à faire parvenir à l’école qui accueille le jeune intégré par exemple), un homme d’entretien (mis à contribution pour la fabrication de matériel spécifique en collaboration avec une psychomotricienne ou une ergothé-rapeute et l’enseignante de la classe d’accueil)...
Cj’en suis l’initiateur et le responsable hors deertes, si l’établissement, j’ai besoin d’être épaulé, soutenu et secondé par l’équipe dans le cadre de ses compétences et fonctions ; il est impossible de mener à bien une intégration scolaire seul.
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