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Pratiquer les sciences sociales au Maghreb

596 pages

Professeur de philosophie à l’Université de Fès, Driss Mansouri (1949-2012) est venu aux sciences sociales (anthropologie, histoire, linguistique, psychologie) dans le cadre de ses activités militantes. Dans une perspective de critique épistémologique, il n’a cessé par de nombreux articles de réfléchir sur leur orientation. Ce large recueil de contributions en trois langues (français, arabe, anglais), émanant de chercheurs d’âges et de formations différentes, ressortissants de huit nationalités, témoigne du rayonnement de notre ami disparu. Rassemblé à sa mémoire autour d’un thème cohérent, il entend dire la largeur de ses préoccupations, l’exigence d’une recherche généreuse autant que rigoureuse, où il apparaît comme un modèle. C’est l’occasion d’essayer un bilan d’étape sur les enquêtes qui se conduisent aujourd’hui au Maghreb. Le recueil est complété d’un choix de ses contributions.


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Couverture

Pratiquer les sciences sociales au Maghreb

Textes pour Driss Mansouri avec un choix de ses articles

ممارسة‭ ‬العلوم‭ ‬الاجتماعية‭ ‬في‭ ‬البلدان‭ ‬المغاربية - نصوص مهداة إلى إدريس المنصوري 1949-2012 مع مختارات من مقالاته

Mohamed Almoubaker et François Pouillon (dir.)
  • Éditeur : Centre Jacques-Berque, Fondation du Roi Abdul-Aziz Al Saoud pour les Études Islamiques et les Sciences Humaines
  • Lieu d'édition : Casablanca
  • Année d'édition : 2014
  • Date de mise en ligne : 30 novembre 2015
  • Collection : Description du Maghreb
  • ISBN électronique : 9791092046229

OpenEdition Books

http://books.openedition.org

Édition imprimée
  • Date de publication : 1 janvier 2014
  • ISBN : 9791092046229
  • Nombre de pages : 596 (partie française) - 114 (partie arabe)
 
Référence électronique

ALMOUBAKER, Mohamed (dir.) ; POUILLON, François (dir.). Pratiquer les sciences sociales au Maghreb : Textes pour Driss Mansouri avec un choix de ses articles. Nouvelle édition [en ligne]. Casablanca : Centre Jacques-Berque, 2014 (généré le 07 décembre 2015). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/cjb/601>. ISBN : 9791092046229.

Ce document a été généré automatiquement le 7 décembre 2015.

© Centre Jacques-Berque, 2014

Conditions d’utilisation :
http://www.openedition.org/6540

Professeur de philosophie à l’Université de Fès, Driss Mansouri (1949-2012) est venu aux sciences sociales (anthropologie, histoire, linguistique, psychologie) dans le cadre de ses activités militantes. Dans une perspective de critique épistémologique, il n’a cessé par de nombreux articles de réfléchir sur leur orientation.

Ce large recueil de contributions en trois langues (français, arabe, anglais), émanant de chercheurs d’âges et de formations différentes, ressortissants de huit nationalités, témoigne du rayonnement de notre ami disparu. Rassemblé à sa mémoire autour d’un thème cohérent, il entend dire la largeur de ses préoccupations, l’exigence d’une recherche généreuse autant que rigoureuse, où il apparaît comme un modèle. C’est l’occasion d’essayer un bilan d’étape sur les enquêtes qui se conduisent aujourd’hui au Maghreb.

Le recueil est complété d’un choix de ses contributions.

إدريس المنصوري (1949-2012) : أستاذ الفلسفة بكلية الآداب ظهر المهراز - فاس، مارس العلوم الاجتماعية (الأنثروبولوجيا والتاريخ، والسوسيولوجيا واللغويات، وعلم النفس) كجزء من نشاطه الفكري والنضالي، وتابع إنتاجها المغاربي من منظور إبستيمولوجي نقدي في العديد من المقالات.

يضم هذا الكتاب مساهمات مكتوبة في ثلاث لغات (الفرنسية والعربية والإنجليزية)، شارك بها باحثون من أعمار مختلفة ومن ثمان جنسيات، تكريما لذكراه، مما يعكس بدون شك إشعاع صديقنا الراحل. وقد اتسقت حول موضوع يعكس سعة اهتماماته واطلاعه، وحرية فكره، ودقة أبحاثه. كانت هذه فرصة كذلك للقيام بحصيلة مرحلية للأبحاث التي تُجرى اليوم في أرض المغارب.

يضم الكتاب أيضا مجموعة مختارة من إسهاماته.

Note de l’éditeur

Pour la version imprimée de cet ouvrage vous pouvez contacter le CJB :catherine.filippone@cjb.ma
Cette version est également diffusée au Maroc au niveau de différentes villes :
- Casablanca : librairies Porte d'Anfa et Dar Attakafa
- Rabat : librairie Kalila Wa Dimna
- Tanger : librairie Les colonnes
- Tétouan : librairie Al Anouar
- Marrakech : librairie Chatr
- Fès : librairie Populaire.

  1. Introduction

    Mohamed Almoubaker et François Pouillon
  2. Arrêts sur enquêtes

    1. Savoir local : éloge d’un « informateur »

      Dominique Casajus
    2. Au seuil de la recherche ethnologique : initiation au Maroc

      Claire Nicholas
    3. Figurations et hiérarchies de la violence dans le Haut Atlas (Maroc)

      Matthew Carey
    4. En Kabylie : un savoir anthropologique à l’épreuve du terrain

      Michèle Sellès Lefranc
    5. Dans l’Atlas central : une doctorante française sur le terrain marocain

      Annabelle Charbonnier
    6. Enquêter sur les avocats dans la Tunisie de Ben Ali : les arts de faire et leurs limites

      Éric Gobe
    7. Une semaine à Tunis (journal d’enquête, septembre 2012)

      Alain Messaoudi
  3. Itinéraires et récapitulations

    1. La cité antique et nous : retour sur un enseignement

    1. Mohamed Almoubaker
    2. Du récit au manuscrit : éléments pour une auto-ethnographie historienne

      Mabrouk Jebahi
    3. Writing the History of Jews in Morocco: A Call to Arms

      Jessica M. Marglin
    4. Histoire, entre mémoire orale et mémoire écrite : le parcours sinueux d’un projet de recherche

      Abdelahad Sebti
    5. Dernière séance : retour sur un séminaire

      François Pouillon
  1. Travailler sur des documents non classiques

    1. Parties de chasse (et sciences sociales) au Maghreb

      Jean-Philippe Bras
    2. Histoire et mémoire : retours sur la guerre d’indépendance de l’Algérie

      Daniel Rivet
    3. Paper Worlds. A Nesrani Ethnographer Entering the Manuscript Trade in Morocco

      Léon Buskens
    4. New Perspectives on the Voyage of Eugène Delacroix to North Africa: Jews and Arabs Together

    1. Shaw Smith
    2. Indiana Jones et les manuscrits de Tombouctou : effets de manche et d’autorité dans le reportage télévisé et la pratique anthropologique

      Baudouin Dupret
    3. Que peuvent dire des cartes postales sur la conquête du Maroc ?

      Bernard Rosenberger
  1. Enquêter sur des sujets « sensibles »

    1. Travailler sur la darija (arabe marocain)

      Dominique Caubet
    2. Travailler sur la prostitution au Maroc : pour les mots, quelle cuisson s’il vous plaît ?

      Hinde Maghnouji
    3. Des Berbères dans l’Extrême-Sud tunisien ? Excursions à Tamezret, Jbel Matmata

      Sonia Ben Meriem
    4. Archéologues au bord de la crise de nerfs : pratiques archéologiques en Algérie

      Kahina Mazari
    5. De la dynamique d’une recherche en sciences sociales : entre inquiétudes et convictions

      Clémentine Gutron
  2. Elargissements

    1. Une sociologie ethnique existe-t-elle ?

      Zakaria Rhani
    2. De Geertz à Rabinow : questions de méthode

      Corinne Cauvin Verner
    3. Qu’est-ce qu’une recherche collective ?

      Daniel Nordman
  1. Choix de textes de Driss Mansouri

    1. Publications de Driss Mansouri

    2. Sur la situation des sciences sociales au Maroc

      1. Au prisme d’Ibn Khaldūn : nation et communauté au Maroc

        Driss Mansouri
      2. La nation : de l’histoire à la fiction

        Driss Mansouri
      3. De l’individu à la personne

        Actualité de la pensée de M. A. Lahbabi

        Driss Mansouri
      4. Laroui ou l’obsession de la modernité

        Driss Mansouri
      5. La référence absente : Paul Pascon et Robert Montagne

        Driss Mansouri
      6. Manifestations festives et expressions du sacré au Maghreb

        Driss Mansouri
    1. Textes philosophiques

      1. Être et essence chez Avicenne : lecture de Driss Mansouri

        Azelarabe Lahkim Bennani
      2. Référence et signification : les limites de l’« analyse du discours »

        Driss Mansouri
  1. شكر وتقدير

  2. مقدمة

    محمد المبكر وفرانسوا بويون
  3. مسارات ومراجعات

    1. مساهمة الأبحاث الجامعية في البحث الأثري بالمغرب. نموذج كلية الآداب، ظهر المهراز، فاس

      علي واحدي et سعيد البوزيدي
    2. حول نشأة حقل جديد في الدراسات التاريخية المغربية: الدراسات العثمانية والإيرانية، مصاعب وإمكانات

      عبد الرحمن المودن
    3. كتابة التاريخ الاقتصادي لمغرب القرن العشرين

      الطيب بياض
  1. الاشتغال على مواد غير تقليدية

    1. في التعرف على الآخر. نماذج من رحلات المسلمين إلى بلاد الغير

      عبد الرحيم بنحادة
  2. التحقيق في مواضيع «حساسة»

    1. هل تعتبر الكتابة عن الرق في العالم الإسلامي طابوها؟

      عبد الإله بنمليح
    2. صعوبات البحث وعوائقه في المجال الصوفي: الطريقة التجانية نموذجا

      أحمد الأزمي
  3. امتدادات

    1. علم اجتماع الأديان وباراديغم العلمنة

      محمد الصغير جنجار
  4. مختارات من مقالات إدريس المنصوري

    1. نصوص فلسفية

      1. الفلسفة والحرية

        إدريس المنصوري

Remerciements

1De son élaboration à sa publication, ce recueil a bénéficié du soutien de personnes et d’institutions que nous tenons à remercier :

2La Fondation du Roi Abdul-Aziz Al Saoud pour les Études Islamiques et les Sciences Humaines, qui a accepté de le publier en coédition avec la Faculté des Lettres et Sciences Humaines Dhar-el-Mehraz – Fès ; le Centre Jacques Berque et la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines-Agdal à Rabat, qui en ont soutenu la publication et la diffusion. Notre gratitude va en premier lieu à leurs directeurs : Mohamed-Sghir Janjar, Abdelilah Benmlih, Baudoin Dupret et Abderrahim Benhadda.

3Ce travail a été rendu possible grâce à différentes rencontres facilitées par Léon Buskens, à l’UCIS à Leiden, Dominique Casajus et Bernard Heyberger, directeurs respectivement du CHSIM et de l’IISMM, centres de l’EHESS à Paris.

4Notre gratitude va enfin à ceux qui, comme Dominique Casajus, Claude Lefébure et Alain Massaoudi, nous ont aidés à revoir certains textes, et Sadik Raddad qui a relu les trois textes en anglais. Martine Wilt-Leyendecker surtout, nous a fourni une aide considérable en acceptant d’assurer, avec rigueur et générosité, la tâche considérable de révision de l’ensemble des textes en français.

Introduction

Mohamed Almoubaker et François Pouillon

Driss Mansouri, éléments bio-bibliographiques1

1Fils de la médina de Fès, où il est né le 19 juin 1949, Driss Mansouri ne se sentait pas spécialement un Fassi « pur ». En tout cas, il n’en tirait aucune gloire, car l’appartenance à une vieille famille fassie n’était plus vraiment tenue, sauf dans certains milieux, pour un titre de noblesse. Aristocrate, il l’était plutôt par son élégance naturelle et son humanisme, par son sens de l’honneur et de l’humour, par sa culture et son amour de la liberté. Son handicap physique, qui consistait en une main atrophiée et une démarche claudicante, remontait à l’enfance ; il était largement compensé par un dynamisme et une vivacité étonnante. Deux traits saillants, bien plébéiens cette fois, de sa personnalité : la soif d’apprendre et le courage de ses convictions. Le premier l’a conduit à s’intéresser et à se former, en autodidacte, à plusieurs disciplines : la sociologie, l’anthropologie, l’histoire, l’épistémologie aussi, cela tout en gardant son statut de philosophe. Le second en a fait un militant politique et syndical. On peut déceler ces deux traits dès ses années de collège : lors des émeutes de 1965, mâtées dans le sang à Casablanca le 23 mars, l’adolescent, déjà « activiste », participait à une manifestation d’élèves grévistes du Collège Moulay Rachid, pourchassée par les forces de l’ordre dans les rues étroites de la médina de Fès. L’année d’après, il allait rester chez lui pour préparer le baccalauréat qu’il réussit en candidat libre : un exploit, dirent ses camarades et ses professeurs. Le profil d’un homme, dit-on parfois, est souvent bien tracé dès l’âge de seize ans.

2Militantisme et soif de connaissance, ces deux constantes ont continué d’orienter la vie de l’universitaire et du militant. Après une licence de philosophie obtenue à l’Université de Rabat en 1970, il s’expatrie à Paris pour y poursuivre ses études : c’est là qu’il rédige une maîtrise, soutenue en 1972 et un doctorat de troisième cycle, en 1976. Il rejoignait aussi ses camarades gauchistes de l’Union Nationale des Étudiants du Maroc (UNEM), où se retrouvaient pendant les « années de plomb », les opposants résolus au régime et les dissidents des partis de gauche (UNFP et ex-Parti Communiste) jugés trop conciliants avec le pouvoir en place, pour créer des structures d’extrême gauche tels les Mouvements 23 Mars et ila l’amam (« en avant »). Mais pour Driss Mansouri, comme pour beaucoup d’étudiants marocains en France à cette époque, études universitaires et militantisme politique devaient aller de pair. Ses amis se souviennent qu’il fréquentait assidûment la Bibliothèque Nationale de Paris, ainsi que les séminaires de quelques intellectuels en vue ces années-là, tels ceux de Roland Barthes ou de Michel Foucault, sans renoncer à son engagement politique, qui l’a même conduit à effectuer quelques séjours dans des camps d’entraînement situés dans des pays ennemis du régime marocain, comme la Syrie ou la Libye d’alors. C’était s’exposer aux sanctions d’un régime endurci, et quand il rentra au pays en 1981, il se fit confisquer son passeport. Il fallut l’action de personnalités influentes de l’USFP, parti d’opposition mais parti légal en ce temps, pour qu’il se le fasse restituer et puisse renouer avec ses amis demeurés à l’étranger. La suite, on la connaît mieux, lorsque, sans renoncer à ses idéaux d’intellectuel militant, il intégra l’Université comme enseignant-chercheur, et adhéra au parti de l’USFP et au Syndicat National de l’Enseignement Supérieur (SNES). L’année 1981 constitue certainement une date importante dans sa vie. Certains témoignages évoquent un désabusement qui l’aurait gagné. Disons qu’il est devenu « plus sage », sans tomber pour autant dans le cynisme ou le carriérisme. Bien qu’il en eût la possibilité, il n’a jamais brigué une fonction syndicale ou politique. Il préférait aider, conseiller, organiser, c’est-à-dire agir, sans jamais se présenter à une élection ou accepter une position. Intellectuel engagé, il l’était certes, mais il tenait par dessus tout à son autonomie et à sa liberté de pensée.

3Il est difficile de décider laquelle des deux dimensions, militantisme partisan ou recherche scientifique, eut la prééminence dans sa vie, tellement les deux étaient imbriqués et présents dans son activité quotidienne, dans ses conversations, dans ses lectures et son écriture. Ce qui est certain, c’est qu’il était sollicité de toute part, et qu’il ne refusait pas de participer à des entreprises collectives, pourvu qu’il s’agisse de choses sérieuses ou simplement quand il fallait rendre service – nous nous souviendrons de lui en 1995, organisant le colloque « Historiens du Maghreb, historiens au Maghreb » entre l’EHESS et l’université de Fès, mais aussi, à Sefrou, en 2000, personnage-clé dans l’hommage organisé autour de Clifford Geertz sur les lieux même de sa grande enquête.2 Nous devons tous nous sentir un peu coupables aujourd’hui de l’avoir tant sollicité, non seulement parce que cela le conduisait à tirer sur son handicap physique et n’était donc pas très bon pour sa santé, mais aussi parce que cela l’a indiscutablement retardé dans ses projets de recherche et ses publications. Car nous mesurons mieux aujourd’hui le caractère inachevé d’une œuvre qui témoigne déjà d’une profondeur et d’une originalité certaines. Ce qui est sûr aussi, c’est que ses travaux, ses centres d’intérêt, le cercle de ses amis chercheurs aussi, ont largement débordé son domaine de spécialité, la « philosophie islamique », pour embrasser tout ce qui a un rapport avec la vie de la Cité, c’est-à-dire la politique bien sûr, mais aussi la sociologie, l’anthropologie et l’histoire. Dans tout cela, on peut donc dire que l’engagement politique prenait le pas sur la recherche « académique », ou du moins l’orientait.

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