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Pratiques des outils numériques et relations sociales

100 pages
Ce numéro 115 de Terminal tente de montrer à quel point les pratiques individuelles d'appropriation des outils numériques, des terminaux comme les tablettes ou les smartphones, et des outils d'échange en ligne affectent profondément les relations sociales, tant sur la place des individus que sur leur relation à l'objet culturel, ou sur la construction des modèles économiques de la culture numérique.
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terminal technologie de l’information, culture & société
n°115
PRATIQUES DES OUTILS NUMÉRIQUES ET RELATIONS SOCIALES e 11 SÉMINAIREM@RSOUIN
terminal n°115 S o m m a i r e
EDITO Terminal revue numérique
DOSSIER
PRATIQUE DES OUTILS NUMÉRIQUES ET RELATIONS SOCIALES e Contribution du 11séminaire M@rsouin
Les perspectives de-Inclusion dans le secteur du handicap mental
Le serveur de pages personnelles Mygale, la trajectoire dun chaînon manquant dans lhistoire de lInternet français
Les applications smartphones des chaînes de télévisions. Une configuration économique à lépreuve de la condition de mobilité
« Je suis peut-être un pirate, mais je ne me sens pas du tout délinquant » Note de Recherche
REPERES
Naissance de lObservatoire des libertés et du numérique (OLN)
e AFCDP : 8Université des CIL (Correspondants Informatique et Libertés)
Les trois offres du CECIL
Appel à contributions : Contrôle social, surveillance et dispositifs numériques
BLOC-NOTES :nouvelles parutions
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terminalest édité par lassociation Creis-terminal
© Copyright : terminal / LHarmattan. Directeur de publication: Jacques Vétois.Comité de rédaction: Michel Burnier, Dominique Desbois, Mélanie Dulong de Rosnay, Cédric Gossart, Nicolas Jullien, Guy Lacroix, Thomas Lamarche, Daniel Naulleau, Robert Panico, Jacques Prades, Bernard Prince, Chantal Richard, Jacques Vétois, Jean-Benoît Zimmermann
Conseil scientifique: Michel Armatte (Maître de Conférences en économie à l'Université Paris 9), Danièle Bourcier (Professeur de Droit à l'Université Paris 2), Philippe Breton (Chercheur CNRS en sociologie et infocom à l'Université de Strasbourg et à l'Université Paris 1), Dominique Carré (Professeur en infocom à lUniversité Paris 13), Michèle Descolonges (Sociologue à l'Université Paris X), Jean-Gabriel Ganascia (Professeur d'informatique à l'Université de Paris 6), Jean-Paul Haton (Professeur d'informatique à l'Université de Nancy 1), Blandine Laperche (Maître de Conférence en économie à l'Université du Littoral), Bernard Miège (Professeur émérite en infocom à l'Université de Grenoble 3), Pierre Musso (Professeur en sciences politiques et infocom à l'Université de Rennes 2), Alain Rallet (Professeur d'économie à l'Université de Paris-Sud), Gérard Valenduc (Maître de Conférences en Informatique et Société à l'Université FUNDP de Namur), André Vitalis (Professeur en infocom à l'Université de Bordeaux 3).
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Relecture, mise en page: Léa Martin Maquette originale: Michel Raby
Photo de couverture : Buenos-Aires Hackaton 2013
Adresse de la rédaction: 24, rue de la Chine – 75020 Paris
Courriel: redaction@revue-terminal.org
Site Web: www.revue-terminal.org
ISSN : 0997-5551 Imprimé en CEE
© LHarmattan, printemps 2014 ISBN :978-2-343-03763-9
Édito
Terminal revue numérique
ous tenez entre les mains le dernier numéro de la revue publiée en V version papier.Terminalva devenir une revue électronique. Pourquoi un tel changement ? Fondamentalement parce que l’édition électro-nique permet d’accroître la visibilité de l’activité scientifique et d’améliorer la diffusion des revues.
Pour l’heure,Terminalest publiée de manière plus ou moins régulière sous forme de volume papier et le site de la revue fournit les sommaires des numéros au fur et à mesure de leur parution. La mise en ligne de certains articles n’assure pas une diffusion suffisante de nos analyses des TIC et de leur impact sur notre société. La diffusion des numéros est de plus en plus limitée par les restrictions budgétaires qui frappent les laboratoires et les bibliothèques universitaires.
Il y a plusieurs façons d’envisager la publication de documents (livres, articles) en sciences humaines. La mise en ligne directe sur les sites d’une revue, d’un laboratoire ou d’une association, comme nous le faisons pour Terminal, est la plus simple mais cela reste noyé dans un océan de publica-tions et de sites sans intérêt. On peut également placer les textes dans des dépôts spécialisés comme «arXiv. o rg» pour les sciences dures qui orga-nisent l’information d’une manière adaptée aux productions scientifiques. Les documents sont accompagnés de méta-données (auteur, titre, labora-toire, mots-clefs…) qui en facilitent l’accès. Certains de ces dépôts sont consacrés aux revues (dossier, articles, notes de lecture) permettant la lec-ture en ligne (au moins pour une partie d’entre eux) et le téléchargement sous différents formats. Des outils logiciels simplifient la recherche dans le texte et peuvent éventuellement apporter des informations d’ordre statisti-que sur les documents étudiés.
Le portail OpenEdition
Ces portails de revues sont d’origine diverses. Certains sont la propriété de maisons d’édition mondialement connues comme Elsevier qui se paient
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en facturant relativement cher l’abonnement à leurs services. D’autres sont des initiatives publiques comme OpenEdition en France,« unensemble de plateformes de ressources électroniques en sciences humaines et sociales : OpenEdition Books (les collections de livres), Revues.org (les revues), Hypothèses (les carnets de recherche), Calenda (les annonces d’événe-ments). OpenEdition est une initiative publique à but non lucratif, soutenue par des institutions françaises de recherche et d’enseignement supérieur. Elle inscrit son action dans le cadre de la Bibliothèque scientifique numérique et a reçu, en 2012, le label Equipex des Investissements d’avenir.»
OpenEdition a développé un programme dit «Freemium »qui lie le libre accès pour les textes des articles en HTML et la commercialisation des services aux bibiothèques comme le téléchargement aux formats PDF ou ePub. Une partie des revenus de ces opérations sert à financer la plateforme d’accueil et le relicat est reversé aux revues et aux maisons d’éditions parte-naires. Cette formule nous a semblé répondre en partie à nos problèmes de diffusion, mais elle implique évidemment l’abandon de la revue papier que nous ne pourrons plus financer.
Le contenu
Dans un premier temps, il nous a semblé plus simple, par souci d’effi-cacité, de nous inspirer de la structure éditoriale actuelle de la version papier de la revue. Nous publierons trois numéros par an à date régulière. Un numéro com-prendra, comme actuellement, un éditorial et un dossier et les rubriques com-plémentaires habituelles.
Le dossier pourra comprendre à la fois des articles de recherche faisant l’objet d’un appel à contributions, et des articles de vulgarisation destinés à un public moins spécialisé. Des interviews de chercheurs ou de militants associatifs pourront s’ajouter au dossier si nécessaire. Des rubriques compléteront chaque numéro par des articles de recher-che sur différents thèmes relevant du domaine deTerminal: réseaux, multi-médias, stratégie, arts électroniques... Comme dans la revue actuelle, la rubrique Repères sera consacrée à des problèmes d’actualités. Le Bloc-notes permettra de continuer la recension d’ouvrages récents sur les thèmes de la revue et signalera les événements importants (colloques, séminaires, journée d’étude).
Terminalsera toujours le lieu d’une démarche critique sur les NTIC liant la recherche universitaire, dans le domaine de l’informatique et des technolo-
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gies, l’analyse des comportements sociaux, la stratégie des acteurs économi-ques, mais aussi la prise en compte de points de vue associatifs et syndicaux. Nous souhaiterions mettre en avant notre orientation interdisciplinaire et favoriser la multidisciplinarité. Cela nous semble essentiel à la lumière de la spécialisation croissante des revues académiques.
Terminalaccueillera comme précédemment les contributions relevant du domaine Technologie de l’information et Société, et des disciplines connexes trouvant place dans l’une de ses rubriques ou dans l’un des dossiers en préparation. Toute personne désireuse de soumettre un article en vue d’une publication dansTerminalest invitée à en adresser une version électro-nique à la rédaction.
Les articles anonymisés seront soumis à deux évaluateurs selon la pro-cédure du double-aveugle. Les auteurs sont invités à suggérer des évaluateurs potentiels, la rédaction se réservant le droit de faire appel ou non aux person-nes suggérées. Les dossiers ainsi que la rubrique Repères pourront être com-plétés par des interviews ou des articles demandés à des personnalités recon-nues de la recherche ou du monde associatif ou syndical.
Deux dossiers sont en préparation pour les premiers numéros de Terminalcomme revue électronique :
TIC et handicap.
Contrôle social, surveillance et dispositifs numériques, en collabora-tion avec la revuetic & société.
Jacques Vétois
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Dossier
PRATIQUES DES OUTILS NUMÉRIQUES ET RELATIONS SOCIALES e Contributions du 11séminaire M@rsouin
Coordination : Margot Beauchamps*, Nicolas Jullien**
rée en 2002 en Bretagne, le groupement dintérêt scientifique C M@rsouin regroupe les chercheurs en sciences humaines et sociales travaillant, en Bretagne, sur lanalyse des usages et limpact des TICs. Cela représente une soixantaine de chercheurs, issus de sept institutions (universités et écoles) et de 12 laboratoires, en géographie, histoire, sociologie, économie et management, psy-chologie, science de léducation, art, science de linformation, etc.
Cette vision large et le lien avec le Conseil régional de Bretagne, qui finance le groupement, permettent de lancer chaque année des projets de recherche et des enquêtes, dont les résultats sont présen-tés sur le site, mais aussi au cours dun séminaire annuel.
Depuis quelques années, ce séminaire sest ouvert à des contri-butions francophones, proposant un état des lieux des recherches, appliquées, sur la mesure et lanalyse des usages numériques. Lieu déchanges entre chercheurs et acteurs de la Société de linformation, il est ouvert à toute personne intéressée par lusage des technologies
* Courriel: margot.beauchamps@telecom-bretagne.eu, coordinatrice du Gis M@rsouin. ** Courriel : nicolas.jullien@telecom-bretagne.eu, maître de conférencesLUSSI - iSchool, M@rsouin. Institut TELECOM Bretagne & UEB. ] terminal n°115 [7
de lInformation et de la Communication. Pour prolonger la diffusion des résultats des présentations et les débats quil génère, M@rsouin a proposé à la revueTerminalde publier une sélection des recher-ches. Cette revue multidisciplinaire proposant une réflexion critique sur les mutations de la société à partir de la question des nouvelles technologies de linformation, correspondait bien à lambition du sémi-naire et du groupement.
En 2013, une trentaine de communications ont été exposées, et après appel à article, évaluation et révision, trois articles et une note de recherche ont été sélectionnés pour ce dossier spécial. Ils illustrent le positionnement méthodologique du groupement : recherche appli-quée, éclairant aussi bien les praticiens sur leurs usages que les cher-cheurs sur leurs analyses et leurs réflexions théoriques.
Les quatre travaux montrent à quel point les pratiques individuel-les dappropriation des outils numériques, des terminaux comme les tablettes ou les smartphones, des outils déchange en ligne (sites communautaires, réseaux pairs à pairs) affectent profondément les relations sociales, tant sur la place des individus que sur leur relation à lobjet culturel, ou sur la construction des modèles économiques de la culture numérique.
Pascal Plantard et Véronique Le Chêne (CREAD, université de Rennes 2), nous rappellent dabord que si le numérique et Internet ont permis une explosion de nouveaux usages, ils créent aussi de nou-velles inégalités, pour ceux qui ne sont pas en mesure de les utiliser. Notamment, les personnes en situation de handicap mental et/ou psy-chique, victimes de représentations sociales stigmatisantes, sont confrontées à ces inégalités. Dans ce premier article, ils nous présen-tent une recherche-action qui avait pour objectif détudier les proces-sus dappropriation personnels, professionnels et institutionnels de ces technologies (précisément des tablettes tactiles) dans un « éta-blissement et service daide par le travail » (ESAT) qui emploient des travailleurs en situation de handicap mental.
Ensuite, au temps du Web 2.0 et de lexploitation commerciale des contenus produits par les utilisateurs, Olivier Trédan, du CRAPE (université de Rennes 1) propose, avec lanalyse de lhistoire du serveur de pages personnelles Mygale, de revenir aux débuts de lautopublication, dès le milieu des années 1990, relisant les ten-sions entre velléités dindépendance du cyberespace et la quête de modèle économique viable sappuyant sur les contenus générés par les utilisateurs. 8] terminal n° 115 [
Le troisième article sintéresse à la façon dont les pratiques des utilisateurs transforment les modèles économiques traditionnels, dans la télévision. Virginie Sonet, de luniversité de Paris 2, montre les enjeux pour les chaînes de télévision, de la consultation de leur contenu sur les téléphones mobiles, qualifié de « troisième écran », dans la lignée du téléviseur et de lordinateur. Dans une perspective déconomie industrielle et se concentrant sur les chaînes de télévision historiques, elle étudie comment se construisent les logiques écono-miques et stratégiques de ces entreprises dans le domaine spécifique de la distribution mobile et applicative.
Finalement, issu dun travail mené dans le cadre du projet M@rsouin Adaupi (Analyse des décisions, attitudes et usages du pira-tage sur Internet), financé par la région Bretagne, Karine Roudaut (LABERS, université de Bretagne occidentale) revient et explique, dans une note de recherche, le paradoxe de la pratique du téléchargement illégal, sanctionnée par la loi, mais non déviante au sens sociologique du terme, en utilisant une démarche sociologique qui repose sur des entretiens avec des utilisateurs et parfois « pirates ».
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