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Prémonitions au quotidien

De
174 pages
Malgré l’idée répandue que les prémonitions tournent autour de visions sombres et d’avertissements de désastres futurs, en vérité, elles nous donnent plutôt et souvent des aperçus sur des détails infimes et personnels de la vie quotidienne. Divisé en trois parties, ce guide fouillé nous montre comment cerner nos prémonitions et comment démystifier les idées préconçues et les peurs à leur sujet. Il indique avec grands détails comment y réagir avec bon sens sans remettre en question toutes nos croyances. Découvrez dans ce livre les réponses à vos préoccupations les plus pressantes: Qu’est-ce que les prémonitions disent sur moi? Comment dois je réagir? Comment donner un sens à mes prémonitions alors que la société dans laquelle je vis n’y croit pas? Cet ouvrage, Prémonitions au quotidien, est l’unique livre qui se penche en détail sur le sens profond des prémonitions et qui vous aide à les intégrer à votre quotidien. Apprenez comment faire confiance à vos prémonitions, comment influer sur la nature même de vos futures prémonitions et comment trouver des semblables avec qui parler ouvertement de vos expériences.
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L o u a n g e s
« Prémonitions au quotidien porte un regard magnifique sur une expérience très commune,
l’impression de connaître un événement futur. Les prémonitions sont un droit inné, un don
naturel, un grand cadeau. Elles existent pour une raison. C’est pour cela que nous devons les
comprendre et leur faire honneur. Jeanne Van Bronkhorst dissipe le mystère et la confusion qui
entourent les prémonitions grâce à ce livre fascinant et facile d’accès. »
LARRY DOSSEY, auteur de La science des prémonitions
« Je recommande hautement la lecture de Prémonitions au quotidien à tous ceux qui s’efforcent
de donner un sens à leurs expériences prémonitoires. Animée par la venue d’innombrables
prémonitions dans sa vie, Jeanne Van Bronkhorst s’est penchée sur des études de cas
pertinentes traitant de ce sujet et a elle-même eu des entretiens soutenus avec tout un éventail
de gens ayant connu des prémonitions. S’appuyant sur cette base solide de connaissances et
sur son expérience en tant que conseillère et assistante sociale, elle a rassemblé une série de
directives très détaillées pour identifier les prémonitions, les normaliser et les intégrer de façon
sensée et utile dans la vie. Ce livre va beaucoup plus loin que les anciens traitements de cas, et
sa parution tombe à point nommé. »
SALLY RHINE FEATHER, auteure de The Gift (Le cadeau)
Copyright © 2013 Jeanne Van Bronkhorst
Titre original anglais : Premonitions in Daily Life
Copyright © 2015 Éditions AdA Inc. pour la traduction française
Cette publication est publiée en accord avec Llewellyn Publications, Woodbury, MN,
www.llewellyn.com
Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que
ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire.

Éditeur : François Doucet
Traduction : Annie Ollivier
Révision linguistique : Maryse Faucher
Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Audrey Faulkner
Conception de la couverture : Matthieu Fortin
Photo de la couverture : © Thinkstock
Mise en pages : Sébastien Michaud
ISBN papier 978-2-89752-618-4
ISBN PDF numérique 978-2-89752-619-1
ISBN ePub 978-2-89752-620-7
Première impression : 2015
Dépôt légal : 2015
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Bibliothèque Nationale du Canada

Éditions AdA Inc.
1385, boul. Lionel-Boulet
Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7
Téléphone : 450-929-0296
Télécopieur : 450-929-0220
www.ada-inc.com
info@ada-inc.com

Diffusion
Canada : Éditions AdA Inc.
France : D.G. Diffusion
Z.I. des Bogues
31750 Escalquens — France
Téléphone : 05.61.00.09.99
Suisse : Transat — 23.42.77.40
Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99

Imprimé au Canada

Participation de la SODEC.
Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du
livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition.
Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion
SODEC.

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et
Bibliothèque et Archives Canada

Van Bronkhorst, Jeanne, 1962-
[Premonitions in Daily Life. Français]
Prémonitions au quotidien : comment nous servir de la connaissance spontanée lorsque la
raison est inadéquate
Traduction de : Premonitions in Daily Life.
ISBN 978-2-89752-618-4
1. Précognition. 2. Perception extrasensorielle. 3. Parapsychologie. I. Titre. II. Titre :
Premonitions in Daily Life. Français.

BF1341.V3614 2015 133.8’6 C2015-940566-1
Conversion au format ePub par:
www.laburbain.comÀ Ann, mon bercail, qui rend tout possible.Remerciements
Je remercie du fond du cœur Susan Simmons, ma grande amie et brillante éditrice. À certains
moments, tu m’as encouragée, à d’autres tu m’as mise au défi et tu m’as appris à écrire pour un
auditoire composé de plus d’une personne. Cette virgule « , » est pour toi !
Mille fois merci à Charlie, Evelyn, Julie, Olivia, Phillip et Roger, qui ont pris le risque de
communiquer leur histoire. Votre cordialité, votre humour et vos intuitions nous donnent un
aperçu de la danse complexe, magnifique et louvoyante qui s’effectue entre la mémoire et
l’imagination au fil du temps.
Je suis reconnaissante envers Angela Wix, l’éditrice chargée de l’acquisition des nouveaux
livres, et le personnel de Llewellyn d’avoir découvert mon livre et d’en faire un succès. Toute ma
reconnaissance aussi aux auteurs dévoués et passionnés de la Canadian Authors Association
(Association des auteurs canadiens), dont les encouragements m’ont aidée à m’accrocher, à
continuer d’écrire et à trouver un éditeur.
Et, pour finir, tous mes cordiaux remerciements à B. Alford pour m’avoir procuré une
évaluation honnête et attentionnée de ma première ébauche. Qu’elle demeure en paix ! De
telles amitiés sont rares et doivent être chéries.
INTRODUCTION
Que feriez-vous ?
Imaginez que vous êtes dans un avion, assis dans votre siège, assoupi, le magazine de bord
sur les genoux pendant que les autres passagers se fraient un chemin pour arriver jusqu’à leur
siège. Autour de vous, vous entendez des conversations à voix basse, le cliquetis des
compartiments à bagage que l’on referme et le bruit des moteurs qui tournent au ralenti. Au
moment où l’avion recule pour s’éloigner du terminal, vous vous réveillez en sursaut. Dans votre
esprit, vous voyez une des roues du train d’atterrissage se déstabiliser et tomber sur le
macadam alors que l’avion fonce sur la piste de décollage. Et vous savez aussi que l’avion
dérapera et sortira de la piste avant de s’arrêter complètement, entraînant dans sa folle course
le personnel de bord et les passagers, vous y compris, effrayés et secoués.
Que feriez-vous ?
La plupart des gens savent que la peur de l’avion peut survenir à tout instant. Même les
voyageurs les plus avertis savent qu’ils connaîtront à l’occasion des moments d’angoisse,
moments qu’ils gèrent exactement pour ce qu’ils sont, c’est-à-dire des pensées angoissantes
qui n’ont rien à voir avec le vol réel. Ils repoussent ces pensées, se calment à l’aide de
statistiques sur la sécurité et se renfoncent confortablement dans leur siège.
Mais si vous êtes en train de lire ce livre, vous savez qu’il existe aussi une autre possibilité :
cette angoisse soudaine pourrait très bien s’avérer une prémonition. Cette possibilité soulève
des questions que la plupart des gens n’ont pas envisagées. Quel est l’élément d’information qui
vous apprend qu’il s’agit d’un avertissement de danger imminent et pas d’angoisse prenant une
nouvelle forme ? Si vous convenez que votre vision est une véritable prémonition, que
faitesvous ? Allez-vous en parler au pilote ? trouver à tout prix un moyen de quitter l’avion ? prévenir
les autres de quitter l’avion avec vous ? Ou bien vous préparez-vous discrètement à un accident
effrayant, mais non mortel ? Si vous croyez à la prémonition, pouvez-vous également croire que
les dégâts seront limités ? Que faites-vous d’une expérience intense et perturbante qui n’a
aucune explication sensée ?
La plupart des gens dans la société occidentale ont appris que les prémonitions n’ont rien de
réel, qu’elles appartiennent à un passé lointain, avant l’époque du Siècle des Lumières, où les
superstitions et la pensée magique dominaient l’imagination et les croyances des peuples. On
nous a appris que les prémonitions appartiennent à une époque datant d’avant l’ère rationnelle
et scientifique, et que nous nous portons mieux lorsque nous les y laissons.
Mais il semblerait que les prémonitions mettent au défi tout ce que cette société nous
enseigne quant à la direction du temps, à la loi de cause à effet, au libre arbitre et même aux
desseins de Dieu à notre égard. Bien des gens se demandent pourquoi ils devraient mettre de
côté tout ce qu’ils savent déjà sur le monde au profit d’un événement éphémère, rare et
aléatoire qui pourrait ne jamais se répéter.
Le problème en ce qui concerne les prémonitions
Le problème en ce qui concerne les prémonitions n’a rien à voir avec leur rareté. Les
recherches effectuées dans ce domaine indiquent que les prémonitions peuvent survenir chez
tout un chacun : hommes et femmes, enfants et adultes, savants et artistes, serveurs, fermiers,agents de police, infirmières, enseignants, consultants en affaires, étudiants, ingénieurs et
prêtres, que ces gens soient à l’aise ou pas avec ces phénomènes. La plupart des gens que je
connais peuvent au moins raconter l’histoire d’un moment où quelqu’un — peut-être un ami ou
eux-mêmes — a semblé savoir ce qui allait se passer avant même le moment où il aurait dû le
savoir.
En fait, des sondages effectués partout dans le monde indiquent que 50 à 75 % des gens ont
rapporté avoir fait des expériences parapsychologiques, la moitié d’entre elles étant de nature
1prémonitoire. C’est ce qu’affirme Richard S. Broughton, le directeur d’Intuition Laboratories . Il
s’agit d’un nombre faramineux de gens si l’on considère que, selon notre société, ce genre
d’expérience n’existe pas. Même si les chercheurs ont raison lorsqu’ils estiment que seulement
10 à 15 % de la population en général a vraiment fait l’expérience de ce que l’on peut appeler
une prémonition, cela représente tout de même des dizaines de millions de personnes, ne
2serait-ce qu’en Amérique du Nord .
Il existe des histoires de prémonitions dans toutes les cultures et à toutes les époques, y
compris à notre époque moderne. Dans presque toutes les autres cultures et sociétés, les
prémonitions sont reconnues comme des événements significatifs. Par contre, dans le monde
occidental, elles sont souvent accueillies par la confusion et la peur, ou encore balayées d’un
revers de main et qualifiées d’inepties. Pourtant, notre incrédulité n’empêche pas les
prémonitions de se produire et de s’immiscer dans notre mode de vie moderne, et ce, sans tenir
compte de nos arguments bien raisonnés à leur égard. L’intensité et la clarté irrationnelle de ces
prémonitions nous mettent au défi de réagir à ces dernières comme si elles étaient réelles. Elles
poussent même certains d’entre nous à choisir entre tout ce que nous pensions savoir et la
réalité de notre expérience directe.
Le problème que nous devons affronter en ce qui concerne les prémonitions, ce n’est pas
tant leur rareté que notre incapacité à en parler. Même si les prémonitions sont probablement
un aspect normal de la perception humaine, le fait de ne pas pouvoir discuter librement de leur
valeur ou de leur sens empêche la plupart d’entre nous d’amener le sujet sur le tapis avec nos
amis. Nous n’apprenons pas à composer avec nos prémonitions comme nous apprenons à
composer avec nos rêves. Nous n’apprenons pas à reconnaître une prémonition dans son
moment initial. C’est pour cela que nous nous retrouvons ensuite en état de choc lorsqu’un
événement advenant dans le futur est relié à une impression passée. Nous n’apprenons pas à
distinguer une possible prémonition de nos autres façons de penser sur le futur. Ensuite, nous
nous retrouvons pris entre deux possibilités extrêmes : d’un côté, croire que tout est prémonition
et, de l’autre, croire que rien n’est prémonition étant donné que les prémonitions ne peuvent
exister.
Pas étonnant que les gens aient peur ou se sentent dépassés ou même menacés par les
prémonitions. Sans les outils de base nous permettant de faire la différence entre une
prémonition et toutes les autres façons de penser sur le futur (entre autres la peur de l’avion),
sans avoir une idée des choix encore à disposition ou sans le soutien des amis, bien des gens
ne savent absolument pas quoi faire d’un avertissement prémonitoire.
Une autre façon
Les prémonitions ne doivent cependant pas obligatoirement nous rendre si perdus ou si confus.
L’exemple de la roue du train d’atterrissage qui se détache de l’avion m’a été donné par mon
ami Phillip, qui s’est une fois trouvé dans la même situation alors qu’il rentrait chez lui en avion
après un voyage d’affaires. Il somnolait dans son siège quand il a subitement été réveillé par lapensée qu’une roue allait se détacher pendant le décollage et que l’avion déraperait et se
retrouverait en dehors de la piste. Il ressentit une vague de peur se déplacer dans son corps
pendant qu’il essayait d’imaginer quoi faire. Heureusement, ce n’était pas la première fois qu’il
prenait l’avion ni la première fois qu’il éprouvait de l’angoisse à l’idée de voler. Mais, chose plus
importante par-dessus tout, ce n’était pas sa première prémonition.
Phillip disposait déjà mentalement d’une liste de vérification pour l’aider à déterminer si toute
impression inhabituelle était une prémonition ou une autre manifestation de sa peur de voler en
avion. Il a donc passé sa liste en revue, notant attentivement les différences entre ses peurs de
voler en avion et ses prémonitions. Il a remarqué qu’il s’agissait d’une pensée ayant surgi
soudainement et clairement au sujet d’un problème bien précis concernant l’avion. Il savait que
ses angoisses habituelles apparaissaient plus lentement ou étaient déclenchées par des récits
écrits ou oraux d’accidents. Ses angoisses habituelles se présentaient sous forme de question
du genre : « Et si l’aile se décrochait ? » ou « Et si le pilote s’endormait ? » Par contre, ses
prémonitions lui arrivaient souvent avec une certitude calme et claire concernant un problème
particulier, comme dans ce cas-ci.
Phillip a donc décidé qu’il s’agissait d’une prémonition, décision qui lui a donné une nouvelle
liste d’options à prendre en considération. Devait-il quitter l’avion ? Se préparer à un accident ?
Avertir les autres ? En parler aux agents de bord ? Ses options semblaient infinies. Par contre,
comme Phillip acceptait déjà l’idée de prémonition, il avait déjà aussi une bonne idée du sens de
ses prémonitions et de leur fonctionnement. Phillip savait déjà que les prémonitions étaient sa
propre capacité à voir des événements futurs avant qu’ils ne se produisent. D’après ses propres
prémonitions et tout ce qu’il en avait appris, Phillip savait fort bien que le futur était déjà fixé
dans le temps et qu’un événement inévitable ne pouvait pas être modifié. Alors que d’autres ont
des prémonitions sur tout sauf sur un moment futur déterminé, grâce à sa croyance, Phillip a pu
rapidement faire le tri parmi ses propres options. Il n’a pas essayé le moins du monde de
changer l’inévitable. Il savait aussi que l’avion roulait sur la piste et que les passagers avaient
tous bien bouclé leur ceinture de sécurité en prévision du décollage. Le fait d’avoir
préalablement compris que les prémonitions l’aident à se préparer à un futur inévitable lui a
permis de décider quoi faire. Il est resté assis et s’est préparé à un accident effrayant, mais
cependant pas mortel. Il n’a pas lancé l’alarme, car il ne pouvait pas voir comment cela pourrait
être utile. Ses décisions l’ont aidé à rester calme dans un moment de peur intense.
Était-ce la bonne décision ? Cela a clairement été le cas en ce qui concerne Phillip. Au lieu de
paniquer, il s’en est remis à son expérience et a ensuite fait le tri parmi ses options. Il est resté
calme et a imaginé ce qu’il pouvait faire, ce qui l’a aidé à se sentir émotionnellement prêt pour
accueillir tout ce qui se passerait.
Phillip savait aussi que chaque prémonition se présente en deux parties. Tout d’abord, il y a le
moment initial de la prémonition, suivi de l’événement futur auquel il est lié. Une prémonition
n’existe pas vraiment si le moment initial n’est pas connecté à un quelconque événement futur.
Lorsque son avion a décollé avec toutes ses roues quelques instants plus tard, Phillip a
seulement ressenti sa véritable angoisse. À ce moment-là, il n’a eu aucun événement futur à
rattacher à sa peur d’origine. Il a bien sûr ressenti un soulagement, mais également de la
déception. Il s’est demandé s’il n’avait pas tout simplement pris une simple angoisse pour une
prémonition, ce qui voulait dire qu’il ne savait pas reconnaître les prémonitions aussi bien qu’il le
pensait.
Plus tard dans la soirée, Phillip a entendu aux nouvelles qu’un autre avion ayant décollé une
heure plus tard que le sien du même aéroport avait perdu une roue au décollage et s’étaitretrouvé dans un champ, à la grande frayeur de l’équipage et des passagers. Les détails
correspondaient si parfaitement à sa perception prétendument injustifiée qu’il a su que cet
événement était celui de sa prémonition. Un véritable événement qui ne s’était pas encore
produit avait eu un impact sur lui.
Bien des gens voudront arrêter leur lecture ici, convaincus par l’histoire de Phillip que les
prémonitions sont uniquement porteuses de mauvaises nouvelles et qu’elles nous mettent dans
des situations impossibles et désespérées. Je sais que les chercheurs et les auteurs se sont
surtout intéressés aux prémonitions liées à des tragédies. C’est pour cette raison que les gens
ont toujours cru que les prémonitions n’apportent que de mauvaises nouvelles. Si nous
n’entendons jamais parler de l’aspect agréable des prémonitions, nous pourrions éprouver de
l’inquiétude pour ceux qui se mettent en quête de ces phénomènes et qui pourraient s’exposer à
un véritable danger.
Malgré cette réputation quelque peu surfaite, les prémonitions concernent le plus souvent des
petits moments de la vie personnelle qui n’ont rien à voir avec le danger. Plutôt que de nous
faire affronter des tsunamis dangereux, la plupart des prémonitions nous amènent à jouer dans
les eaux côtières qui nous procurent des visions sur des détails intimes et banals de la vie
quotidienne.
Véritables clins d’œil, les prémonitions peuvent être agréables et ludiques. Même s’il est vrai
que certaines prémonitions avertissent les gens de catastrophes, la plupart du temps elles
n’apportent qu’un aperçu d’événements futurs si simples ou si bénins qu’aucun avertissement
ne s’avère nécessaire. Une femme saura que deux amis se rencontreront et se marieront dans
l’année. Un homme se réveillera avec une chanson en tête, qu’il entendra une heure plus tard à
son autoradio. Un petit garçon aura un fort pressentiment juste avant que le téléphone ne
sonne. Une femme pensera à une vieille amie et rencontrera celle-ci le lendemain dans une rue
bondée de monde. Tous ces cas montrent comment les prémonitions se fraient un chemin dans
notre vie quotidienne. Elles sont si infimes que nous pouvons facilement ne pas les voir. Par
contre, il ne faut pas les ignorer.
Les rares personnes qui ont étudié leurs propres prémonitions de façon systématique ont
découvert que les moments anodins surpassaient de loin les avertissements sérieux, tout
comme nos moments de paix dans la vie surpassent de loin nos moments de terreur. Il faut
remonter jusqu’en 1927 pour découvrir que John Dunne avait noté, dans son livre An
Experiment with Time (Une expérience avec le temps), à quel point un nombre incalculable de
prémonitions sur des détails infimes se frayaient un chemin dans sa vie au moyen d’images
oniriques. Deux autres chercheurs ont repris ses recherches en consignant soigneusement leurs
propres rêves. Ils ont découvert que la majorité de leurs rêves prémonitoires avaient rapport à
3un moment anodin survenant dans les 24 heures suivantes . Ils n’auraient jamais pu remarquer
ces liens s’ils n’avaient pas consigné leurs rêves. En fait, ils ont remarqué les événements
uniquement parce qu’ils avaient établi un lien avec leurs rêves.
Synopsis
La première étape pour comprendre les prémonitions, et par conséquent la première partie de
cet ouvrage, consiste à observer la façon dont les prémonitions font leur apparition dans la vie
quotidienne. À l’occasion, une prémonition pourra prendre l’apparence d’une vision spectaculaire
qui surgit soudainement devant nos yeux. Mais, le plus souvent, les prémonitions sont subtiles
et vagues, et ressemblent davantage à une sensation soudaine de conviction sur ce qui se
passera l’instant suivant ou à une lente montée d’adrénaline sans aucune cause apparente. Etmême en ce cas, l’adrénaline et le sentiment de conviction peuvent établir un lien avec le futur
par des moyens plus ordinaires comme l’angoisse, l’intuition ou une prédiction fondée sur une
expérience antérieure. Cet ouvrage s’attarde sur certaines des questions que des gens comme
Phillip se posent avant de décider si un moment particulier est une prémonition ou pas. Nous
pouvons apprendre à nous servir du bon sens pour distinguer les véritables prémonitions de
toutes les autres façons dont le futur nous vient déjà à l’esprit. Nous pouvons apprendre à nous
prouver nos propres prémonitions, même si la vie quotidienne ordinaire ne peut jamais
correspondre aux normes exactes des recherches scientifiques.
La deuxième étape, et par conséquent aussi la deuxième partie de ce livre, consiste à donner
un sens aux prémonitions. Dans cette deuxième partie, je m’attarde aux questions les plus
récurrentes que les gens se posent au sujet de leurs prémonitions : Qu’est-ce que cela veut dire
? Qu’est-ce que cela dit de moi si j’ai une prémonition ? À qui puis-je en parler ? Que dois-je
faire de l’information que la prémonition m’apporte ? Je me pencherai aussi sur la façon dont
une prémonition peut toucher l’identité et comment nos semblables peuvent nous aider à
comprendre une prémonition et à croire en elle. Mais surtout, je m’attarderai aux options
inhérentes à une prémonition et aux choix dont nous disposons lorsqu’une prémonition survient.
Ce que nous croyons individuellement au sujet des prémonitions vient directement influer sur les
décisions que nous prenons à leur égard.
Le langage des prémonitions
La prémonition (ou précognition) est une des quatre perceptions extrasensorielles, les trois
autres étant la télépathie (perception des pensées d’autrui), la clairvoyance (perception d’un
acte ou d’un événement qui se produit ailleurs) et la psychokinèse (déplacement des objets
inanimés par la pensée). Ayant connu certains changements, la clairvoyance est actuellement
plus souvent qualifiée de vision à distance. La prémonition, la télépathie, la clairvoyance et la
psychokinèse sont quatre façons de percevoir en dehors de nos cinq sens habituels. Le concept
de la prémonition retient si peu l’attention que les mots pour décrire celle-ci ne sont pas encore
bien définis. Certains se servent de ce terme uniquement pour indiquer une sensation physique
de peur juste avant un événement dangereux, au lieu du terme précognition, qui désigne une
pensée ou une idée sur un événement futur. D’autres utilisent aussi bien prémonition que
précognition. En ce qui me concerne, je constate que le terme précognition est davantage
employé dans les recherches. C’est pour cette raison que j’emploie les termes prémonition,
perceptions extrasensorielles et événements parapsychologiques pour parler des prémonitions
dans la vie quotidienne.
Mon intérêt personnel
Ce livre a vu le jour en raison de mes questionnements sur les prémonitions et sur mon espoir
qu’elles puissent un jour être abordées comme une expérience humaine aussi cruciale que
l’imagination, les émotions et les rêves. J’ai eu des prémonitions assez souvent pour en
apprécier la véracité et même me fier à leurs avertissements occasionnels, même si je ne sais
pas comment elles fonctionnent dans le temps ou dans mon monde de cause à effet.
Le concept de prémonition ne faisait pas souvent l’objet de discussions dans notre famille
quand j’ai grandi. Mais, quand c’était le cas, mes parents les balayaient d’un revers de main
comme ils le faisaient avec les cauchemars. L’idée d’un événement futur ayant un impact sur le
passé était trop farfelue pour la formation en génie de mon père ou les enseignements
catholiques de ma mère. Les prémonitions ne concordaient tout simplement pas avec leur
monde, avec leur bon sens ni avec les concepts culturels plus généraux en fonction desquelsnous vivions.
La première prémonition que j’ai eue, je m’en souviens, s’est produite quand j’avais six ans,
durant l’été au cours duquel ma famille m’a emmenée à Sea World (Monde de la mer) pour (ce
qui m’a semblé être) la deuxième fois. Même à l’époque, je savais que les gens et les
événements ne devraient pas, ne doivent pas, se répéter à l’identique. J’ai ressenti de la
confusion et une grande peur. Au cours des deux décennies suivantes, j’ai observé les
prémonitions surgir comme de petites tornades dans mes moments ordinaires, bousculant
souvenirs, faits, connaissances, imagination, temps et toutes sortes de questions. Comment
est-il possible qu’un moment se répète ? Comment cerner une prémonition avant l’événement
qui lui correspond et comment mettre de côté toutes les autres façons dont je pense au sujet du
futur ? Une prémonition veut-elle dire que je suis condamnée à répéter le même moment ou
bien que mon libre arbitre me permet de le modifier ? Comment vivre en ayant connaissance
d’un événement futur que je ne peux ni maîtriser ni éviter ?
J’ai étudié la psychologie à l’université et j’ai appris à connaître le travail mental que nous
fournissons quotidiennement pour entretenir le maintien de la perception, de la mémoire et de
l’imagination. J’ai travaillé dans des centres de santé mentale, dans des hôpitaux universitaires,
des agences d’aide à domicile et des hospices, et j’ai écouté les gens donner un sens à leurs
pertes, à leur foi, à leur famille et à tout ce qui fait que la vie est belle. J’ai appris qu’une grande
partie de la vie existe en dehors de la compréhension scientifique ou religieuse, partie
profondément ancrée dans notre corps physique, dans les vérités familiales et dans les leçons
tirées des expériences personnelles.
Les prémonitions pourraient faire partie de tout cela et également faire partie de l’expérience
humaine. Que nous croyions qu’elles proviennent d’un guide supérieur ou qu’elles émanent d’un
déclenchement synaptique dans notre cerveau, nous faisons tous l’expérience des prémonitions
d’une façon humaine semblable. Les prémonitions sont ce que nous sommes : notre
imagination, nos rêves, nos réactions physiques inconscientes, nos souvenirs. Elles ne peuvent
être dissociées de notre vie quotidienne. Elles sont nous, elles font partie de l’être humain. Il est
grand temps que nous leur accordions de l’attention. Les prémonitions peuvent nous amener
aux confins de nos connaissances sur le temps, la vie et la transcendance. Elles peuvent nous
procurer du réconfort et, occasionnellement, nous offrir la plus radicale de toutes les libertés,
c’est-à-dire la chance de pouvoir choisir une deuxième fois les gestes à poser et ainsi de
modifier notre futur.
En rédigeant cet ouvrage, j’ai appris que quatre choses étaient possibles. Il est parfois
possible de reconnaître une prémonition avant même que l’événement futur ne vienne confirmer
notre impression. Il est toujours possible de trouver à nos prémonitions un sens personnel qui
nous confère une meilleure maîtrise de notre vie et une meilleure raison de vivre. Il est possible
de passer à l’acte à partir de l’information reçue, de nos valeurs, de nos croyances et de nos
inévitables limites humaines. Et il est possible de bien intégrer nos expériences pour mener une
belle vie, en nous assurant d’employer notre intuition, ainsi que notre expérience, notre
connaissance et notre bon sens.
PARTIE 1
De quoi est faite une prémonition ?CHAPITRE 1
Comment reconnaître une prémonition
Qu’il soit soudain, urgent, vague, confus ou physique, le moment initial d’une prémonition frappe
plus par les multiples impressions conflictuelles qui l’accompagnent que par sa cohérence.
Certaines de ces impressions conflictuelles sont suffisamment fortes pour nous tirer de nos
pensées routinières et nous habiter d’une intensité qui dure des jours, voire des semaines.
Quelle que soit la forme prise par une prémonition, nous la remarquons. Nous entendons une
voix qui nous avertit, sentons un pressentiment dans les tripes, avons un éclair d’intuition ou
savons tout bonnement ce qui va se produire. Même si nous ne le qualifions pas de
prémonition, le moment nous semble différent de tous les autres moments. Il est inhabituel, rare
même.
Une prémonition survenant dans la vie quotidienne exige davantage que cet initial précipité
d’impressions. Pour qu’une prémonition soit vraie, elle doit comprendre deux moments :
l’impression initiale et un événement ultérieur qui lui correspond d’une façon ou d’une autre. Ces
deux moments peuvent être séparés par quelques minutes, quelques jours ou même quelques
années. Mais l’événement dans le futur doit correspondre à un moment antérieur pour que les
deux deviennent une seule et même prémonition. Sans ces deux moments, une prémonition ne
peut exister.
Les prémonitions les plus connues ont un moment initial puissant et un événement important
qui lui correspond. Un moment initial d’avertissement et de frayeur renvoie à une tragédie, un
désastre ou un accident inattendus. C’est cette puissance qui a conduit bien des gens à tenir
pour acquis que les prémonitions transmettent presque toujours des informations sur des
questions de vie et de mort. Les chercheurs savent bien qu’il en va autrement.
En effet, ils ont remarqué depuis longtemps que de nombreuses prémonitions concernent
davantage des questions triviales que des événements dramatiques. Les petites prémonitions
ne capturent en général pas notre attention de la même façon que les prémonitions tragiques. Il
est plus facile d’ignorer les petites prémonitions ou de leur trouver une cause rationnelle, parce
qu’elles ne mènent pas vers des situations de vie ou de mort.
Si l’impression initiale est subtile ou l’événement correspondant quelconque, il se peut que
nous passions totalement à côté de la prémonition. Nous pouvons uniquement nous rappeler ce
que nous remarquons. Une impression initiale trop subtile passera à l’as, et nous n’établirons
jamais de lien entre elle et un événement ultérieur. Pareillement, si l’événement n’attire pas
notre attention, nous n’aurons aucune raison de nous demander si une impression initiale a pu
prédire l’événement.
Notre propre sensibilité au danger aide à expliquer, du moins en partie, la raison pour laquelle
la plupart des prémonitions concernent des accidents et des tragédies. Nous captons les
messages de danger en raison du potentiel de ce dernier à déranger notre vie, tout comme
nous sommes plus susceptibles de remarquer le son d’une sirène qui approche que le babillage
des mésanges dans un arbre proche de nous.
Mon amie Susan avait invité sa famille et des amis chez elle pour célébrer la traditionnelle
journée de l’Action de grâce avec la dinde, chacun devant apporter quelque chose, comme du
vin, de la salade, des haricots verts et de la tarte. La veille de l’Action de grâce, alors qu’elledéambulait dans le supermarché à la recherche des articles de dernière minute, elle a remarqué
une petite urgence à peine présente à passer par la pâtisserie, même si quelqu’un devait
s’occuper de tous les desserts. Elle s’est presque précipitée pour aller à la pâtisserie, mais a
finalement décidé de prendre son temps pour voir si le signal pouvait s’intensifier. L’urgence à
peine perçue un peu plus tôt s’est précisée en la nouvelle pensée qu’elle devait acheter une
autre tarte ou deux. Toutefois, son esprit rationnel a repris les choses en main. Elle n’avait pas
besoin d’autres tartes, avait-elle pensé, puisque son amie lui avait déjà confirmé qu’elle venait
avec des tartes maison. Son amie aurait été vexée de voir des renforts de tartes sur le plan de
travail, et Susan n’avait pas besoin de quatre tartes.
Le lendemain matin, le jour de l’Action de grâce, son amie l’a appelée en coup de vent. Sa
mère venait d’avoir une petite attaque le matin même. Comme elle devait rester à l’hôpital, elle
ne pourrait pas venir prendre le repas chez Susan. Après avoir assuré son amie de sa
compassion et de son soutien, et lui avoir promis de mettre de côté une assiette de nourriture et
du dessert pour plus tard, Susan a raccroché, regardé autour d’elle dans la cuisine et n’a pas pu
s’empêcher de rire. Elle n’avait aucune tarte.
Les prémonitions concernant les événements dangereux attirent davantage notre attention.
Les désastres et les tragédies font davantage travailler les médias, et un pied blessé retient
davantage notre attention qu’un pied sain. Nous nous rappelons sans problème et dans les
moindres détails nos moments tragiques, ainsi que tous les avertissements que nous aurons pu
recevoir avant. Par contre, les moments plus faciles passent sans que nous y repensions.
Il en va de même en ce qui concerne la façon dont nous parlons des prémonitions. Si je
devais choisir une seule anecdote de prémonition pour en faire part à des chercheurs, j’opterais
pour l’anecdote la plus marquante. En effet, les histoires les plus frappantes sont plus
captivantes et plus fascinantes, et signalent l’importance et l’utilité des prémonitions.
Les prémonitions concernant les événements tragiques requièrent davantage notre attention
dès le départ. Je peux facilement mettre de côté tous les petits liens que je peux faire entre la
vie quotidienne et mon imagination, précisément parce qu’ils sont infimes, mais un danger
potentiel sera beaucoup plus effrayant. Les gens qui ne remarquent pas les indices de
prémonitions bénignes remarqueront cependant une impression de tragédie imminente. Je sais
que j’ai eu davantage de prémonitions de calibre « tartes ou pas de tarte » dans ma vie. Par
contre, je me souviens plus clairement des prémonitions concernant des situations
désastreuses. Dans ces moments, les enjeux sont plus grands, ce qui rend l’avertissement plus
difficile à ignorer.
C’est pour toutes ces raisons que les histoires de prémonitions divulguées ne concernent pas
les événements ordinaires comme le travail, la famille, les passe-temps et les desserts
4manquants . Et toutes ces raisons font aussi qu’il nous est plus facile de trouver des
prémonitions ordinaires dans notre vie quotidienne. Si nous faisons l’effort de les remarquer, les
prémonitions pourront nous apparaître comme une enfilade de petites intuitions, comme cela a
été le cas pour Susan, qui avait ressenti le besoin d’acheter des tartes supplémentaires. Ces
petites prémonitions illuminent simplement nos journées et nous font réfléchir sur la nature du
temps. Si nous savons où regarder, nous pourrons saisir plus souvent ces petits moments
initiaux de prémonitions.
La première étape pour le faire consiste à déterminer quels moments appartiennent au temps
ordinaire et quels moments peuvent donner un aperçu du futur. Dans un chapitre subséquent, je
préciserai les questions que nous pouvons poser pour nous assurer que ces aperçus sont fort
probablement des prémonitions et pas quelque chose d’ordinaire, entre autres de l’angoisse ou