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Progrès technique et innovation

De
128 pages

Cet ouvrage  donne l'essentiel des analyses portant sur le thème " Progrès technique et innovation " dans un souci de pluralité des approches. Les enjeux liés au progrès technique sont nombreux car il est à la fois le déterminant principal de la croissance et la cause de nombreux bouleversements économiques et sociaux.

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SOMMAIRE
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .7
Chapitre 1 – Qu’est-ce qu’innover ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .9 1. – L’innovation est un phénomène multiforme . . . . . . . . . . . . . . . .10 2. – L’innovation est un processus multidimensionnel . . . . . . . . . . . .16
Chapitre 2 – Peut-on mesurer le progrès technique ? . . . . . . . .21 1. – Le progrès technique a d’abord été un facteur exogène . . . . . . .22 2. – Le progrès technique est aujourd’hui endogénéisé . . . . . . . . . . .25 3. – La mesure du progrès technique reste imparfaite . . . . . . . . . . . .29
Chapitre 3 – Quels sont les acteurs de l’innovation ? . . . . . . . . .33 1. – Le secteur privé est le secteur clé de l’innovation . . . . . . . . . . . .34 2. – L’État et la société civile sont des acteurs importants de l’innovation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .39
Chapitre 4 – Pourquoi le progrès technique est-il discontinu ? .45 1. – Les innovations sont à la base des cycles longs . . . . . . . . . . . . . .46 2. – Les innovations expliquent les fluctuations économiques . . . . . .49
Chapitre 5 – Par quels mécanismes les innovations stimulent-elles la croissance économique ? . . . . . . . . . . . . . .57
1. – Les innovations stimulent l’offre et la demande . . . . . . . . . . . . .58 2. – Les innovations dynamisent la productivité . . . . . . . . . . . . . . . . .61 3. – La relation « progrès technique-croissance » est parfois ambiguë . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .64
Chapitre 6 – Quels sont les effets du progrès technique sur l’emploi ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .69 1. – Le progrès technique modifie le volume des emplois . . . . . . . . .70 2. – Le progrès technique modifie la structure des emplois . . . . . . . .77
Chapitre 7 – La « nouvelle économie » n’a-t-elle été qu’un mythe ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .81 1. – Les nouvelles technologies semblent inaugurer une « nouvelle économie » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .82 2. – La « nouvelle économie » présente des limites . . . . . . . . . . . . . . .86
Chapitre 8 – Les transferts de technologies sont-ils un « espoir » pour les pays pauvres ? . . . . . . . . . . .93 1. – Les transferts favorisent le développement des pays pauvres . . .94 2. – Les transferts présentent des inconvénients pour les PED . . . . .97 3. – Les conditions de réussite des transferts sont multiples . . . . . . .99
Chapitre 9 – La technologie peut-elle être au service du développement durable ? . . . . . . . . . . . . . . . . .103 1. – La technologie a des effets ambigus sur l’environnement . . . . .104 2. – Le succès des technologies « propres » dépend de plusieurs facteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .109
Chapitre 10 – Quel est le rôle du progrès technique dans le changement social ? . . . . . . . . . . . . . . . .115 1. – La technologie s’accompagne de mutations socioculturelles . . .116 2. – Le progrès technique contemporain transforme la démocratie118 3. – Les nouvelles technologies engendrent des évolutions juridiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .122
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .125
Bibliographe générale
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .127
INTRODUCTION
Si on considère avec P. Samuelson (Prix Nobel d’économie en 1970) que la science économique est « l’étude de la façon dont les hommes et la société décident d’utiliser des res-sources productives rares à la production de biens et de services variés, et de répartir ceux-ci entre les différents indivi-dus et groupes qui constituent la société », on a déjà une raison fondamentale de s’intéresser auprogrès technique, dans la mesure où ce dernierrelâche la contrainte des res-sources rareset permet donc une croissance économique durable. L’identification du progrès technique comme unfacteur de croissancedécisif est ancienne. Elle remonte à la fin du e XVIIIsiècle, à travers les écrits du « père fondateur » de l’éco-nomie politique, A. Smith. Le progrès technique, qui est matérialisé chez lui par une innovation dans l’organisation du travail, permet d’accroître de manière très significative la pro-ductivité et donc la croissance économique. Mais l’histoire de la pensée économique nous révèle que le rôle du progrès technique a été, à la suite d’A. Smith, relative-mentsous-estimé. La science économique à ses débuts tendait à interpréter les relations économiques essentielle-ment comme des relations d’équilibre. Les sociétés connaissaient, en effet, un état d’équilibre, que seuls venaient rompre des facteurs externes, comme les guerres, les épidé-mies ou les catastrophes naturelles. Or le progrès technique oblige à raisonner en terme d’instabilitépuisqu’il introduit des fluctuations récurrentes de l’activité économique. e Les événements duXXsiècle, tels que la grande dépression des années 1930, la croissance rapide de l’après Seconde Guerre mondiale, l’instabilité récurrente depuis les années 1970, n’ont cessé de remettre sur le devant de la scène les ana-lyses en termes de déséquilibre. Les sociétés modernes
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PROGRÈS TECHNIQUE ET INNOVATIONS
semblent confrontées au choc incessant des mutations techno-logiques. Le progrès technique a pris une telle place aujourd’hui dans les économies, qu’il est de plus en plus courant de parler d’«économie de l’innovation». La capacité à innover est devenue l’élément essentiel de la croissance économique et de la domination mondiale. Si le progrès technique est aujourd’hui un phénomène central pour comprendre la dynamique des économies, il faut commencer par s’interroger sur le concept lui-même de pro-grès technique : • Qu’est-ce qu’innover ? (Chapitre 1) • Peut-on mesurer le progrès technique ? (Chapitre 2) • Quels sont les acteurs de l’innovation ? (Chapitre 3) • Pourquoi le progrès technique est-il discontinu ? (Chapitre 4) Puis, il s’agira de présenter les nombreux débats, souvent passionnés et contradictoires que suscite le progrès tech-nique : • Par quels mécanismes les innovations stimulent-elles la croissance économique ? (Chapitre 5) • Quels sont les effets du progrès technique sur l’emploi ? (Chapitre 6) • La « nouvelle économie » n’a-t-elle été qu’un mythe ? (Chapitre 7) • Les transferts de technologies sont-ils un « espoir » pour les pays pauvres ? (Chapitre 8) • La technologie peut-elle être au service du développe-ment durable ? (Chapitre 9) Enfin, pour saisir la complexité du progrès technique, il convient également de le présenter à travers l’approche pluri-disciplinaire suivante : quel est le rôle du progrès technique dans le changement social ? (Chapitre 10)
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PROGRÈS TECHNIQUE ET INNOVATIONS
L’innovation est un concept complexe qui peut prendre des formes et des dimensions diverses et qui a profondément évolué depuis les années 1980.
1. – L’innovation est un phénomène multiforme
a. – La typologie de Schumpeter Dans saThéorie de l’évolution économique(1912), l’économiste autrichienJ. A. Schumpeter(1883-1950) précise que l’innova-tionne doit pas être confondue avec l’invention. « Innover » n’est pas synonyme « d’inventer ». L’invention, qui est une découverte scientifique, ne devient une innovation que lors-qu’elle est introduite dans l’activité économique. Par exemple, l’invention du travail à la chaîne n’a été considérée comme une innovation qu’à partir du moment où cette nouvelle organisa-tion du travail a été utilisée par l’entreprise à des fins productives, ou encore, l’invention de l’automobile n’est deve-nue une innovation que lors de sa commercialisation. En d’autres termes, l’innovation est l’application industrielle et commerciale de l’invention. L’invention est le fait du chercheur alors que l’innovation est le fait de l’entrepreneur (qui prend le risque de la mise en œuvre de l’invention dans l’industrie).
Selon J. A. Schumpeter, l’innovation peut prendre cinq formes distinctes : • la fabrication d’un produit nouveau ; • la mise en œuvre d’une méthode de production nouvelle; • la conquête d’un nouveau débouché ; • la conquête d’une nouvelle source de matières premières ; • la réalisation d’une nouvelle organisation de la production.