Prostitution : fantasme et réalité

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Sujette à une éternelle polémique, la prostitution a toujours opposé de façon radicale et virulente ses détracteurs et ses défenseurs. Les débats, immanquablement traversés par des positions idéologiques, s'avèrent le plus souvent stériles et se soldent par des formulations simplistes, abondamment relayées par les médias. Si ces « débats » ? qui n'en sont pas ? rendent compte des positions éthiques de celles et ceux qui n'exercent pas, ils ne disent jamais rien des ressentis, vécus et doléances des personnes concernées.
Ce livre invite à découvrir les multiples réalités de la prostitution, et à comprendre les logiques ? individuelles et collectives ? qui traversent ce « monde à part ». Issu d'enquêtes de terrain basées sur l'observation participante et la création de liens
authentiques avec les acteurs et actrices du travail du sexe, il témoigne de réalités trop souvent occultées au profit de discours idéologiques véhiculant images et clichés misérabilistes présentés comme seule vérité possible.
Ainsi, le lobby abolitionniste, très présent dans les sphères politiques, a lancé une véritable croisade contre le travail du sexe, niant purement et simplement la parole des prostitué-es, et tentant d'imposer la vision idéaliste du monde qui est la leur.
Le client, quant à lui, est présenté comme le responsable majeur de la prostitution des femmes et doit donc être puni. Séduit par ce discours simpliste et bien-pensant, le gouvernement a, par la voix de sa porte-parole, décrété la guerre contre les hommes
qui fréquentent les travailleuses du sexe. Un projet de loi visant la pénalisation des clients est d'ores et déjà déposé à l'Assemblée nationale.
Ce livre s'adresse aux travailleurs sociaux ainsi qu'à l'ensemble des professionnels intervenant auprès de travailleu-r-ses du sexe. Il peut également intéresser tout lecteur désireux de découvrir les réalités de la prostitution.
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782710127895
Nombre de pages : 208
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Table des matières
Introduction 1 Les contours du phénomène prostitutionnel Préalable méthodologique Terminologie La population prostitutionnelle Les garçons de passe Les travestis Les MtF Réseaux, filières et immigration clandestine Le cadre juridique relatif à la prostitution en France La France : un pays abolitionniste La loi pour la sécurité intérieure Code pénal et proxénétisme L'assujettissement aux impôts L'espace géographique investi par le travail du sexe À Paris En province 2 Perceptions et représentations de la sexualité Le poids idéologique Espaces symboliques et prostitution Domination et hiérarchie entre les sexes Prostitution et domination masculine Une domination inversée Le mythe du client tout-puissant La domination masculine au masculin L'ascendant du travailleur du sexe sur son client La dignité serait incompatible avec le travail du sexe La prostituée réduite à une image monochrome Les réalités observées sur le terrain 3 Sexualité et prostitution Le poids de l'idéologie La mise en scène du corps Les pratiques avec les clients Les pratiques sexuelles Les velléités de transgression Les demandes de conversation Les demandes particulières Le baiser et les caresses Le rapport au plaisir Les clients handicapés La vie privée 4 L'identité des prostitué-es/ travailleurs du sexe Une identité commune La construction identitaire La marginalité comme espace social Famille et construction identitaire Un espace de réparation et d'affirmation de soi Marché du travail et transidentité Une marginalité redoublée
5 Choix et prostitution Relativité de la notion de choix Le choix de se prostituer Avantages et risques du métier Choix et classes sociales Une alternative au mariage L'indépendance L'argent Une dimension subversive Une dimension humaine voire humaniste 6 Classifications et hiérarchies dans la prostitution Les classifications établies par la société Un outil de contrôle social Changement ou continuité ? Les outsiders d'un classement binaire La hiérarchie instaurée par les prostitué- es Chez les travailleuses du sexe Du côté des femmes trans' Chez les travailleurs du sexe 7 Immigration, réseaux et filières Immigration et travail du sexe La traite ( réseaux et filières) Dols? et tromperies Les migrants indépendants 8 Sida et gestion des risques sanitaires Activité prostitutionnelle et risques de contamination Les travailleurs/ travailleuses du sexe face au sida L'usage du préservatif L'information Les tests de dépistage Attitudes et comportements des clients 9 Les mouvements de défense des droits des prostitué-es/ travailleurs du sexe En Europe Historique La notion d'empowerment En France La mobilisation des prostituées en 1975 La mobilisation de 2002 Le rassemblement devant le Sénat Une issue décevante : la création d'un nouveau délit Le collectif Droits et prostitution et les assises de la prostitution Le Syndicat du travail sexuel (STRASS) 10 Les clients La fréquentation des prostitué- es Les clients comme révélateurs du vécu de la sexualité : le Carnet de bal d'une courtisane Du côté des travailleurs/ travailleuses du sexe La diversité des profils Les agresseurs L'ambivalence du client Du côté des clients La pénalisation des clients
« L'hypothèse répressive » Le « modèle suédois » L'actualité du débat en France 11 Prostitution et police Pouvoir politique et prostitution Les services de police La lutte contre le proxénétisme La lutte contre le crime organisé La lutte contre le racolage Les rapports entre prostituées et police Interpellations et gardes à vue Une répression à géographie variable Des pratiques policières délictueuses La contre- expertise de la Ligue des droits de l'Homme 12 Prostitution et justice Rappel à la loi et procès Procès pour racolage Le déroulé des procès Les condamnations Procès pour proxénétisme Procès de clients de prostitué- es mineur( e) s 13 Associations travaillant auprès des prostitué-es Positionnements des associations Associations abolitionnistes L'Amicale du nid Aux captifs, la libération Associations de santé communautaire L'association des amis du Bus des Femmes Cabiria Grisélidis Autres regards Arap Rubis Entr'actes ANA (Avec nos aînées) Le PASTT STS (Support transgenre Strasbourg) ACCEPTESS-T (Actions concrètes conciliant éducation, prévention, travail, équité, santé, sport pour les transgenres) Pari-T (plate-forme d'action et de reconnaissance identitaire pour les transgenres) Le Pasaje latino Associations sanitaires Charonne Le Lotus Bus de Médecins du Monde Critique des démarches d'accompagnement social Conclusion Bibliographie Sigles
Prostitution : fantasmes et réalités
Françoise Gil
©ESF éditeur 2012
Division d'Intescia
52, rue Camille Desmoulins, 92448 Issy-les-Moulineaux Cedex
Directrice pôle social-sciences humaines : Sophie Courault
Responsable éditoriale : Martine Ollivier
Assistantes d'édition : Marie Marin et Élodie Nicod
ISBN : 978-2-7101-2789-5
ISSN : 1269-8377
www.esf-editeur.fr
Le Code de la propriété intellectuelle n'autorisant, aux termes de l'article L. 122-5, 2e et 3e a, d'une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective »et, d'autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l'auteur ou ses ayants droit, ou ayants cause, est illicite » (art. L. 122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Introduction
«Supprimelesprostituées,lespassionsbouleverserontlemonde;donne-leurlerangde femmeshonnêtes,l'infamieetledéshonneurflétrirontl'univers.»Saint Augustin,De Ordine, Livre II, chap. IV-12
Augustin d'Hippone, tenu pour dissipé dans sa jeunesse, est devenu plus tard l'un des quatre Pères de l'Église latine dont la doctrine a influencé toute l'histoire de l'Église médiévale. Il a été le premier à instituer un rempart entre les femmes honnêtes et les prostituées, en qualifiant la prostitution de « mal nécessaire » , eu égard au désir masculin considéré comme irrépressible. Cette vision manichéenne a durablement marqué les esprits au cours des siècles, jusqu'à aujourd'hui. Elle se retrouve notamment dans certaines normes de morale chrétienne ou de féminisme radical, par exemple.
Au cours de l'histoire, qu'il s'agisse de productions littéraires, picturales ou filmographiques, le thème de la prostitution a inspiré les créateurs de tous bords. Elles attestent des représentations, des perceptions et des réalités qui ont prévalu à différentes époques de l'histoire, selon qu'elles vantent ses mérites ou qu'elles en soulignent ses facettes les plus sombres. De Zola à Maupassant, en passant par Picasso, Toulouse-Lautrec, Manet ou Degas, les filles publiques ont toujours alimenté nombre de fantasmes, tant féminins que masculins. Lieu de perdition, de débauche, de plaisir, de liberté, selon les cas, la prostitution est parlée plus qu'elle ne parle elle-même ; la parole des prostitué-es est très rarement entendue et les quelques témoignages de personnes concernées ont fait l'objet dans la plupart des cas de commisération et de pitié, beaucoup moins souvent d'intérêt sur les réalités qu'ils évoquaient.
Depuis son origine, la prostitution ne cesse de poser question, de véhiculer fantasmes et idées reçues et d'être le théâtre de débats plus passionnés que rationnels sur sa légitimité à exister et son devenir. Ses réalités sont très peu et très mal connues, du fait de la quasi-clandestinité dans laquelle elle est enfermée et de la discrimination qui touche les femmes et les hommes?1qui s'y livrent, les contraignant sinon au silence du moins à la discrétion. C'est ainsi que sont favorisées les représentations les plus fantasmatiques, les idéologies les plus radicales, les réductions les plus invalidantes. Tout au long de l'histoire, au gré des événements, des courants de pensée, des changements sociaux, des transformations économiques, des bouleversements mondiaux, la prostitution a revêtu des visages différents et connu divers traitements, la seule constante à relever étant la force du stigmate attaché à l'activité. Condamnée ou encouragée selon les époques, prostitution sacrée en Mésopotamie, « mal nécessaire » au xixe siècle, la tolérance sociale est fonction du climat politique, économique et moral.
Prostitué-es et clients subissent ces aléas et sont soumis au regard social issu des évolutions culturelles. Les proxénètes - à savoir aujourd'hui essentiellement des réseaux ou des filières -composent avec les lois nationales en installant ou non les femmes dont ils exploitent le travail sur tel ou tel territoire, du fait de leur implication dans des marchés internationaux. Le rôle de l'État, quant à lui, est frappé d'ambiguïté ; tantôt permissif, le plus souvent répressif, il ne renonce pas à lever des impôts sur une activité à laquelle il dénie le qualificatif de travail. L'évolution législative récente est tout aussi ambiguë dans la mesure où elle permet l'exercice de cette activité, tout en limitant drastiquement les moyens de l'exercer?2.
Tout ceci rend possible que les prostitué-es ne jouissent d'aucun statut, ne bénéficient pas des droits sociaux élémentaires et se trouvent donc dans un flou juridique très inconfortable,
les obligeant à recourir à des procédés illicites pour nombre d'actes courants de la vie quotidienne. Ces apparentes contradictions législatives ne doivent rien au hasard ni à une supposée inconstance du législateur. Elles permettent les réajustements nécessaires, selon les événements?3, au contrôle d'une population condamnée à la marginalité.
La prostitution a été, ces dernières années, le théâtre de la mondialisation du crime organisé et de l'impuissance des États à le contrer. Si des groupes de femmes ont pu être installés si facilement sur les trottoirs en France par les mafias d'Europe de l'Est et les filières africaines, c'est en partie dû à l'absence d'une législation cohérente et à la non-reconnaissance du travail de celles qui exercent la prostitution de leur plein gré, sans proxénète. Face au phénomène et à sa médiatisation, l'amalgame s'est imposé dans les esprits, opposant les discours, faussant le débat et semant la confusion. Depuis les années 2000, marquées par l'arrivée massive de jeunes femmes des pays de l'Est, la prostitution est devenue synonyme de fléau. S'il est impossible de nier ou de minimiser la violence que représentent ces trafics, il convient toutefois de la mettre au crédit du phénomène de la traite des êtres humains, non à celui de l'exercice même de la prostitution. La visibilité de ces jeunes femmes sur les boulevards extérieurs de Paris a permis la diffusion d'images propres à mobiliser l'émotion collective. Les reportages sur ces femmes en provenance provenance de l'ex-Yougoslavie se sont multipliés, les scènes nocturnes sur les trottoirs des villes où elles apparaissent, penchées aux fenêtres des voitures pour négocier les tarifs ont été diffusées en boucle, devenant les clichés les plus représentatifs d'une activité jusque-là beaucoup moins attractive pour les journalistes.
La couverture médiatique de cet événement majeur a abouti à la constitution d'un amalgame préjudiciable à l'ensemble des personnes en exercice.
Très vite, la prostitution est devenue l'emblème de l'exploitation, de la violence et de la domination masculine dans les représentations collectives. Très vite, aussi, les tenants d'idéologies diverses se sont emparé de cette nouvelle donne pour mener campagne - sans distinction -contre la prostitution en général, qu'ils considèrent être le paradigme de la barbarie et de l'esclavage. Si les logiques internes au champ des médias conduisent à privilégier le spectaculaire, de par la concurrence et la pression qui y règnent, les réalités du terrain sont tout autres ; ce qui permet de parler de désinformation du public. Mais l'image étant plus forte que le réel, les dommages provoqués sont toujours présents. La question de l'esclavage dit moderne, son exploitation médiatique, politique et idéologique peut interroger ; certains se sont arrogé le monopole de l'indignation sur le phénomène et tout discours qui ne l'aborde pas par la même entrée est taxé d'immoral et de scandaleux. Il est étonnant, par exemple, qu'aucune analyse des causes, possibilités d'existence et conditions d'émergence de cette forme extrême de l'exploitation humaine n'apparaisse dans les discours de ceux et celles qui le dénoncent et entendent lutter contre.
Au nom de valeurs diverses, telles que la dignité des femmes, voire de la dignité humaine, de l'égalité hommes/femmes, du refus de la domination masculine, du droit à la sécurité des citoyens, un ensemble de voix à la fois hétéroclite et convergent réclame haut et fort la disparition pure et simple de la prostitution. Ces voix ont une particularité commune : une méconnaissance patente des réalités. Preuve en est le recours obstiné aux amalgames en tout genre, la confusion et le goût prononcé pour le sensationnel avec son cortège d'approximations et de caricatures.
De « mal nécessaire » , la prostitution est passée aujourd'hui à un « mal dont on doit se passer » , puisque la société se serait affranchie des contraintes et tabous frappant la sexualité. Si la prostitution constitue un révélateur des représentations, fantasmes et vécus en la matière, le traitement qui lui est réservé aujourd'hui est révélateur de l'émergence
d'une panique morale aux accents victoriens. Le besoin de réassurance face à une quête identitaire collective peut sans doute apporter des éléments de réponse à la véhémence et au parti pris des adversaires de la prostitution. Lorsqu'une société se sent menacée dans son intégrité, elle tend à procéder à l'amputation pure et simple du groupe social censé porter en lui les germes de la souillure, de l'impureté qui serait responsable de ses maux. La croyance primitive selon laquelle une coupe sèche du membre malade aura des effets salvateurs pour l'ensemble de la population et que le corps social tout entier s'en trouverait purifié, refait alors surface. L'histoire regorge d'exemples de ce type. Quand, par exemple, au xvie siècle, la peste menace la population, c'est en priorité aux prostitué-es que l'on s'attaque et qu'il apparaît légitime tant à l'État qu'à la population dans son ensemble de les pourchasser pour les faire disparaître de l'espace public. Au vu des nombreuses situations d'esclavage dans divers secteurs de l'économie, il semble qu'il y ait une émotion particulière pour le trafic humain propre à l'industrie du sexe. L'esclavage agricole et l'esclavage domestique suscitent visiblement beaucoup moins d'indignation chez les abolitionnistes et dans l'opinion publique. Pourtant, l'esclavage agricole, l'esclavage domestique et l'esclavage sexuel sont trois facettes d'un même système. L'esclavage est le résultat d'un système corrompu par essence, aux pratiques ouvertement mafieuses qui investit le champ de la prostitution, comme il peut investir un autre champ dès lors qu'il est rentable financièrement.
Alors, pourquoi faudrait-il supprimer la prostitution au motif qu'il y a de l'esclavage en son sein ? Doit-on - si l'on s'en tient à cette logique -supprimer le travail domestique au motif que des jeunes filles, voire parfois des petites filles, sont enfermées 24 heures/24, 7 jours/7 dans des appartements pour travailler seize heures par jour sans le moindre salaire ? Comme l'a fait judicieusement remarquer Marcela Lacub,«devrait-onappeler"prostituées"cesvictimes delacriminalitéorganisée?Peut-ondirequelesanciensesclavesaméricainsétaientdes agriculteurslorsqu'ilsrécoltaientducoton?Ondisaitd'euxqu'ilsétaientdesesclaves?4.» Cet amalgame infondé, qui altère les termes du débat, doit être écarté si l'on veut traiter d'un sujet qui a à voir avec la sexualité et son organisation sociale.
Ce qu'apporte la sociologie au travailleur social dans l'approche de la prostitution
Dans le maelström qui traverse la question de la prostitution, le regard sociologique sociologique a toute sa place. Aujourd'hui, les différents discours s'entremêlent, les prises de positions s'entrechoquent, les idéologies s'affrontent et la couverture médiatique, délibérément axée sur le sensationnel, s'emploie à vendre une image standard qui n'a que peu à voir avec la réalité. Tout cela a engendré irrationalité et confusion dans les esprits, mais a aussi véhiculé des représentations déformées, la plupart du temps fantasmatiques, que seules une observation et une analyse rigoureuses sont capables de déconstruire. Comme pour d'autres faits sociaux?5, la démarche sociologique est à même de révéler le décalage entre un phénomène social réel et l'ampleur qui lui a été donnée. Elle permet d'aider les individus à se défaire des illusions, du sens commun qui finit par prendre valeur de « vérité » . L'analyse sociologique ajoute à la compétence concrète du travail social, par le développement de la connaissance du contexte social et des évolutions sociétales en cours, elle permet d'interroger les représentations sociales, de mesurer leur évolution au regard de l'environnement culturel et d'identifier les facteurs de ces évolutions. Les évolutions multiples des représentations de la prostitution au cours de l'histoire (nouvelle donne imposée ces dernières années par le phénomène de la mondialisation), mondialisation), l'émergence de revendications des intéressé(e)s, assortie d'une nouvelle terminologie, constituent autant de bouleversements qui nécessitent une mise en perspective historique des politiques et des cadres législatifs régissant le travail du sexe. Ainsi, depuis le début des années 2000, l'arrivée de femmes originaires des pays de l'Est, d'Africaines anglophones venues du Ghana, du Nigeria ou de la Sierra Leone, et de femmes
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