Proverbes et idiotismes de sagesse des Bandzèbi

De
Publié par

Cet ouvrage met à la disposition de la jeune génération une parcelle de savoir et de sagesse des Bandzèbi. Cette partie de la population africaine parle indzèbi, une langue bantoue transfrontalière à cheval sur le Gabon et le sud-ouest du Congo-Brazzaville. La connaissance et la pratique des lois qui régissent la société humaine à travers les maximes constituent surtout une incitation à la préservation de ce précieux patrimoine immatériel.
Publié le : mardi 1 décembre 2009
Lecture(s) : 112
EAN13 : 9782296930841
Nombre de pages : 303
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

À la mémoire de mon symbole de patience, de persévérance, d’optimisme, de tendresse et d’affection, à mon très cher père Gabriel à qui je dois l’essentiel de ma formation. À la mémoire de celle qui m’a entouré de tous les soins, à celle qui a ensoleillé mes jours avec son inépuisable attachement, à ma très chère mère Henriette à qui j’ai toujours voué tous mes sentiments. À la mémoire de celui que j’ai rencontré dans mon jeune âge et qui a accepté de me porter dans son sein pendant près de deux décennies pour me faire naître au monde spirituel, à celui qui a guidé mes pas dans les différents niveaux de ma conscience, à celui qui m’a appris à être compatissant pour créer dans le monde subtil de l’âme, à mon maître spirituel Thomas qui m’a appris à me connaître moi-même en vue de me rassembler.

Remerciements ..................................................................................... 9 Préface ................................................................................................ 11 Introduction ........................................................................................ 13 Petit guide de prononciation............................................................... 17 Méthode.............................................................................................. 23 Particules habituellement utilisées ..................................................... 25 Proverbes et expressions proverbiales................................................ 27 Commentaires................................................................................... 187 Idiotismes ......................................................................................... 237 Lexique............................................................................................. 261 Locuteurs d’Indzèbi consultés.......................................................... 293 Lectures conseillées.......................................................................... 295 Annexes ............................................................................................ 297

Qu’il me soit permis de remercier par avance toutes celles et tous ceux dont le nom n’apparaît pas dans cette page, mais qui ont si généreusement contribué à faire de cette collection des proverbes, des expressions proverbiales et des idiotismes de sagesse des Bandzèbi un outil remarquable. Ils se reconnaîtront. J’adresse un merci tout spécial à Victor Mouboli qui a bien voulu accepter de préfacer cet ouvrage en plus d’avoir fourni à ce travail de recherche la documentation nécessaire sur les résultats du dernier recensement de la population gabonaise ainsi que la connaissance du mythe cosmogonique Ndzèbi. J’aimerais remercier singulièrement Antoine Bibanda (Juriste); Jacques Nziengué (Mathématicien); Jean-Pierre Lindoubi (Sociologue); Théophile Ngomo (Historien) et Daniel Mboyi (Géographe) dont l’expérience de la culture des Bandzèbi, les judicieux conseils et la rigoureuse correction ont contribué de façon significative à enrichir et à rehausser la qualité du produit final. Toute ma gratitude va à mon épouse Céline Hissiengué et à mon oncle Antoine Bibanda qui m’ont fortement encouragé à entreprendre ce travail. Leur connaissance éclairée de la langue Indzèbi et leur soutien attentionné m’ont permis de collecter un grand nombre de proverbes. Je désire adresser ma reconnaissance à mes trois filles Gabrielle Judrée, Fleurie Carène et Jaëlle Machlie pour leur disponibilité et tout l’amour qu’elles ont mis dans la transcription et la saisie des textes. Je reste reconnaissant à mon grand frère Raymond Kouédé qui a su rassembler avec l’aide d’autres vieillards les informations inhérentes à la vie des clans dans le terroir Ndzèbi. Cet ouvrage n’aurait pu être publié sans l’assistance multiforme de mon cadet Marcel Mouandza1. Conscient de l’éclairage que ce livre vient jeter sur la compréhension de la sagesse des Bandzèbi, il a sacrifié le maximum de son temps pour trouver un éditeur. Je lui en suis particulièrement reconnaissant.
1

En Indzèbi Nziengue, Lindoubi, Hissiengué, Mouboli et Mouandza se prononcent Ndjènghè, Loundoubi, Hishèngè, Mebôli et Nghwandza (voir petit guide de prononciation, p.17)

Enfin, je serais ingrat si je passais sous silence toutes les personnes de bonne volonté qui ont fait mention de ce projet dans leurs méditations quotidiennes afin qu’il devienne aujourd’hui tangible. André Yaba

10

Le répertoire langagier d’Indzèbi aussi bien au Congo-Brazzaville qu’au Gabon, en Afrique centrale, regorge de pensées, de savoirs endogènes, de croyances et de normes dont se sert le groupe ethnique Bandzèbi pour véhiculer sa culture et bâtir la société et, ce faisant, construire l’homme comme l’affirme bien Laurent Mucchielli : « L’homme est construit par son groupe ». Au fil des temps, ces sources de savoirs viables dans leur environnement composent, sans contredit, la sagesse des Bandzèbi. Aussi, est-elle traduite en proverbes, en expressions proverbiales et idiotismes, formes d’expression orale. Cette littérature orale est, à n’en point douter, un précieux outil pour la sauvegarde de la langue Indzèbi, patrimoine légué aux Bandzèbi par leurs ancêtres. En ce sens, soucieux de pérenniser ce trésor inestimable, dans une rigueur d’expression et un travail fort remarquable, André Yaba replace les paroles enfouies dans le musée de la sagesse des Bandzèbi dans la bibliothèque du savoir universel en associant ses connaissances scolaire et universitaire ainsi que son éducation traditionnelle et spirituelle. Ainsi, l’auteur aborde avec finesse, dans une méthode singulière, les subtilités de la langue Indzèbi en évoquant les différents aspects des structures sociales : le pouvoir, la gestion de la société, l’éducation, la santé, l’amour multiforme et d’autres référents en lien avec la vie sociale. Puis, André Yaba utilise dans la transcription d’un proverbe le triptyque : la traduction mot à mot, la traduction littérale et la traduction littéraire avec pour toile de fond le sens du proverbe. De plus, il présente dans son ouvrage des tournures idiomatiques c’està-dire des métaphores qui au demeurant ne sont pas familières à ceux ou celles qui n’appartiennent pas au groupe social Bandzèbi. Elles requièrent l’écoute régulière pour les comprendre et les assimiler. J’aimerais également encourager les lecteurs et lectrices qui souhaitent connaître ce pan de la sagesse Bandzèbi à explorer l’univers de la langue Indzèbi au regard du discours contenu dans le présent ouvrage. Ils ou elles y découvriront assurément cette langue dans sa beauté, sa richesse et ses profondeurs.

Enfin, cet ouvrage est, à mon avis, un outil utile à ceux ou celles qui ont besoin d’apprendre davantage la langue Indzèbi ou d’en conserver les acquis. De même, les chercheurs de tous les horizons dans leur quête sur la culture Ndzèbi ainsi que les jeunes générations trouveront, sans doute, à travers ce joyau un moyen de s’approprier la sagesse et partant les valeurs morales qui s’effondrent peu ou prou dans nos sociétés actuelles. Victor Mouboli

12

Les Bandzèbi2 peuplent la contrée qui s’étend du Haut-Ogooué à l’est à la Ngounié à l’ouest; du moyen Ogooué au nord aux cours moyens de la Louessé et de la Nyanga au sud. Ainsi, le territoire de Ndzèbi se situe dans la grande forêt équatoriale au cœur du massif montagneux du Chaillu à cheval sur le Gabon et le Congo. Cet espace se nommait Ndzèbi et couvre une superficie d’environ 35.000 km2. Ses habitants, les Bandzèbi ont en commun une langue de portée transfrontalière appelée « Indzèbi ». Elle comporte des micros différences qui justifient l’identité de plusieurs variantes, composantes d’une même matrice, parlées par les Baduma et les Bawènji (exclusivement au Gabon) ; les Miyôngho, les Batsèèngi, les Bandzèbi de la Douai et de Iluumbu (à cheval sur le Gabon et le Congo) ; les Bamboondo, les Bapèti et les Bangôngela (exclusivement au Congo). Les Bandzèbi vivent en grand nombre au Gabon où ils représentent 11,25% de la population totale3. Présents à Libreville où ils sont plus de 40 mille, on les rencontre surtout dans les provinces de l’Ogooué lolo (plus de 23 mille), de la Ngounié (plus de 22 mille) et du Haut Ogooué (plus de18 mille). Les Bandzèbi débordent sur le sud-ouest du Congo Brazzaville où ils sont environ 40 mille individus. Ils occupent localement les districts de Moungoundou Nord, de Mbinda, de Mayoko, de Moungoundou Sud et de Divenié dans la région du Niari forestier. Ils sont également présents dans les principales agglomérations du Congo notamment Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Nkayi et Mossendjo. Les Bandzèbi s’interpénètrent avec d’autres ethnies sur ce grand espace qu’ils occupent. Du nord au sud-ouest on rencontre les Bapuvi, les Basango, les Bumwélé, les Akélé et les Mitsogho. À l’est, du nord au sud les Bangomo, les Shamaï, les Bambéti, les Bakota, les Tumbidi, les Bambamba,
Chez les Bandzèbi, Mendzèbi signifie la femme ou l’homme de ce groupe ethnique. Bandzèbi est le pluriel de Mendzèbi. La langue parlée par les Bandzèbi s’appelle Indzèbi. L’espace occupé pas les Bandzèbi se nomme Ndzèbi. Ndzèbi peut également être employé comme adjectif qualificatif. 3 Population estimée à 1 011 710 habitants (recensement général de la population et de l’habitat, Gabon-RGPH 1993).
2

les Mbanghwin, les Mikaningi, les Bandasa, les Bavhuumbu et les Batèghè. A l’extrême sud, les Bapunu, les Baluumbu, les Bakuni et les Batsaangi que les Bandzèbi appellent les Bamfunu. Outre ces tribus parentes, les Bandzèbi ont de très fortes affinités linguistiques avec les Vili, les Kuni, les Yaka et les Batéké que les Bandzèbi appellent Bavili, Bakuni, Bayagha et Batèghè. Ces quatre tribus ont une origine commune avec les Bandzèbi et se réclament toutes de la descendance de Nguunu : mevili a nguunu; mekuni a nguunu; meyagha a nguunu; metèghè a nguunu; mendzèbi a nguunu. La majeure partie de la jeunesse Bandzèbi utilise dans ses conversations beaucoup plus la langue française que l’Indzèbi. Sa transplantation par le phénomène de l’exode rural et les études en langue française sont les causes fondamentales de son acculturation. La plupart des parents Bandzèbi, installés en grand nombre (40%) dans les centres urbains pour des raisons diverses, n’ont jamais réussi à faire accepter à leur progéniture l’Indzèbi qui est pourtant leur langue maternelle. Cette forte urbanisation des populations Ndzèbi risque de réduire la vitalité d’Indzèbi. Cette situation nous amène à rappeler à tous qu’une langue étrangère n’est qu’un pont, une passerelle qui nous met en contact avec d’autres peuples. Aucun homme ne peut bâtir une maison sur un pont. Notre maison nous pouvons aisément la construire dans notre langue maternelle qui nous permet dès notre tendre enfance de mieux appréhender les lois qui régissent notre existence car c’est elle qui recèle toutes nos valeurs morales et spirituelles. La langue maternelle s’adresse à notre conscience pour dire qu’elle existe toutes les fois que nous l’utilisons dans notre quotidienneté. En revanche, lorsque nos enfants la baragouinent, elle nous annonce visiblement son évanouissement. Il est donc bien judicieux d’alléguer avec Bernard Dadié, l’un des grands sages d’Afrique : « Rien n’est aussi douloureux que d’entendre mal parler une langue maternelle, une langue qu’on entend, qu’on apprend dès le berceau, une langue supérieure à toutes les autres, une langue qui est un peu soi-même, une langue toute chargée d’histoire et qui, à elle seule, pour un peuple, atteste son existence4 ». En regard de ce qui précède, nous avons eu le vif plaisir de présenter à tous un recueil de quelques proverbes et tournures idiomatiques d’Indzèbi car ils sont innombrables. Il va sans conteste amener les usagers de cette langue à se découvrir dans leur passé, à se reconstruire, à se reconnaître dans cet univers linguistique qui a fait d’eux ce qu’ils sont aujourd’hui et à réfléchir, un tant soit peu, à l’épineux problème d’extinction que vont
4

Dadié, B. (1956). Climbié. Paris : Les éditions Seghers.

14

connaître dans un proche avenir plusieurs langues africaines à cause du brassage de cultures et de races qui devient de nos jours une réalité incontournable. D’après les spécialistes, 25% des langues meurent chaque année au monde et d’ici à la fin du XXIe siècle, 50% des langues disparaîtront. En d’autres termes, les terriens parleront 3000 langues de moins d’ici 21005. Celles qui sont parlées par moins de 5.000 locuteurs sont aujourd’hui menacées de disparition. Par cet essai de maximes Bandzèbi, nous avons voulu également mettre à la disposition de la jeune génération une parcelle de savoir et de sagesse au travers de laquelle s’exprime le rude quotidien du Mendzèbi : la peur des maladies, des luttes fratricides et du mauvais sort ; l’allégresse des naissances, du bon voisinage, de bonnes moissons, de la cueillette, de la chasse ou de la pêche fructueuse… Cette sagesse véhicule ce qui nous vient du fond des âges par l’entremise des anciens. Ils nous transmettent grâce aux proverbes, les règles séculaires d’une vie communautaire par la sauvegarde des liens fraternels, l’amour propre, l’honneur, le respect de soi et des autres. Les proverbes nous apprennent à régler une palabre, à élucider une situation et à conclure un discours. Ils nous font découvrir en fin de compte que ce sont les anciens qui disposent d’un vaste savoir et d’un grand pouvoir qui leur permettent de diriger toute l’action humaine en milieu Bandzèbi. Ce sont les anciens qui donnent une femme en mariage, qui répartissent le travail, qui dirigent les affaires, qui font le bien et le mal, qui conversent avec les dieux et qui conjurent le mauvais sort. Les jeunes sont donc ardemment invités à se rendre vers cette brillante civilisation de la parole pour se former car elle représente à n’en point douter, l’âme du peuple Bandzèbi. Les parents ont l’impérieux devoir de cultiver cette parole dans leur progéniture afin que l’histoire et la culture des Bandzèbi vivent comme hier dans l’oralité et peut-être plus durablement dans l’écriture aujourd’hui. C’est un précieux patrimoine immatériel qu’il convient de protéger et de pérenniser car de son indispensable préservation dépend la conservation du savoir et de la sagesse traditionnels des Bandzèbi. Les proverbes sont des formules figées, souvent métaphoriques et connues de tout le groupe social. Il importe donc de les connaître, de les apprendre et de les mémoriser dans la mesure où il n'est pas facile de les traduire mot à mot.

5

Conférence de la linguiste française Colette Grinevald publiée dans le quotidien Le Monde du 31 décembre 2005. Elle travaille au laboratoire dynamique du langage de l'Institut des sciences de l'Homme Lyon-II.

15

Aussi, ce petit recueil essaie-t-il tant soit peu de combler un vide constaté. Les suggestions et critiques de tous les lecteurs, des scientifiques et autres universitaires ne pourraient que contribuer à son peaufinage et à son enrichissement. Nous osons croire que sa portée pédagogique servirait à nos étudiants, aux chercheurs et à tous ceux qui voudraient s’enraciner dans leurs origines pour mieux s’ouvrir au monde. L’auteur.

16

1- Les voyelles i (court) biki i (long) piingi (accentué) mbèd u (court) puku u (long) kuumbu ô (fermé) ikôta o (ouvert) letoto a (court) bata (accentué) pagh e leshinga é mekéla è (court) kèlè è (long) shèèbè

= = = = = = = = = = = = =

quoi comme dans le i de pic la plaie comme dans le ï de maïs le futur le trou comme dans le ou de boule le nom comme dans le ou de louve les parents comme dans le o de rôle la banane comme dans le o de robe fuis comme dans le a de rat la difficulté le filet comme dans le e de lequel la queue comme dans le é de étui le bruit comme dans le è de lèvre la corbeille comme dans le ê de rêve

2- Les syllabes longues Il existe des syllabes dans lesquelles on traîne sur les voyelles. Quelques exemples : Baata Bééna Booko Miuungu Diisa Pôôpa Pèèngè

= = = = = = =

les personnes vous les champignons les chenilles l’oeil la pêche nocturne au filet le menton

3- Les palatales Ce sont les voyelles ou les consonnes qui ont leurs points d’articulation situés dans la région du palais dur.

D comme dans medaanga = le clair de lune L comme dans ikila = l’embryon N comme dans baana = les enfants Nd comme dans ndèkè = le tisserin R comme dans irèèndè = le morceau d’étoffe Y comme dans yaanga = viens Dans la prononciation de Y la langue demeure immobile mais le son provient du souffle comprimé vers le palais. Le son Nd n’existe pas dans la langue française. 4- Les consonnes labiales Les consonnes labiales se prononcent en mettant les lèvres en mouvement. B comme dans biimba = les herbes M comme dans maama = ma mère Mb comme dans mbéénda = la calebasse = le chef Mf comme dans mfumu Mv comme dans mvungu = l’œuf Nghw comme dans nghwèèndè = le départ P comme dans mipata = l’argent Vh comme dans vhè = donne (les lèvres ne se touchent pas mais le son provient du souffle qui est fortement expiré) comme dans vhèèvhi = la panthère W comme dans wè = toi Dans la prononciation de Mf et Mv les lèvres ne se touchent pas. Le son provient du souffle fortement expiré, mais qui échoue sur la face intérieure de la lèvre supérieure. Les consonnes formées des lettres b, d, f, g, h, k, l, r suivies de w se prononcent buè, duè, fuè et ainsi de suite. Les sons commençant par Mf, Mv, Nghw et Vh n’existent pas dans la langue française. 5- Les consonnes gutturales Les consonnes gutturales se prononcent en appuyant la partie postérieure de la langue contre la partie postérieure du palais.

18

Gh (h aspiré) comme dans pagha = le résine Gn comme dans gnanga = la lumière du soleil K comme dans ikégni = le nouveau-né Ng comme dans ngata = la cause Ngh comme dans memboongho = le cochon Les sons Gh, Ng et Ngh n’existent pas dans la langue française. 6- Les consonnes sifflantes Les consonnes sifflantes se prononcent comme suit : Ndj comme dans ndjiimi = la grossesse Ndz comme dans ndzèèmbi = Dieu S comme dans soolo = choisis Sh comme dans shééla = la chose Ts comme dans tsoongi = le colibri Tsh comme dans tshèèngè = la houe Les sons Ndj, Nz, et Tsh n’existent pas dans la langue française. 7- Les consonnes dentales Les consonnes dentales se prononcent en appuyant le bout de la langue contre les dents ou les incisives supérieures. T comme dans taata = mon père 8- Les sons de la langue française qui n’existent pas dans la langue Indzèbi Dans la langue Indzèbi, les sons ci-après n’existent pas : o Les sons avec les lettres C comme dans ce ; G comme dans geste ; H comme dans hirondelle ; J comme dans joie ; Q comme dans lequel ; U comme dans lumière ; V comme dans voyance ; X comme dans texte ; Z comme dans zeste ; o Les sons ieu comme dans lieu ou yeux ; oui comme dans Louis ; ui comme dans lui ou l’huile o Les sons avec les voyelles orales eu comme dans cœur, peur, neuf ; eu comme dans peu, jeu, feu ; o Les sons avec les voyelles nasales in et ain comme dans pin et bain ; un comme dans brun ou parfum ; an et en comme dans cran et vent.

19

9- Le son « Ba » placé devant un mot au pluriel équivaut-il à l’article « les » ou indique-t-il le pluriel ? Dans ce recueil de proverbes et idiotismes de sagesse des Bandzèbi, j’ai fait usage des termes Bandzèbi, Badumu, Bawèèndji, Batsèèngi, Bakota, Bakuni, Batèghè, Bavili, Bayagha, Bapunu,… au lieu de Ndzèbi, Duma, Wèèndji, Tsèèngi, Kota, Kuni, Téké, Vili, Yaka, Punu… actuellement en vogue car dans le vocabulaire de nos grands-parents et de nos ancêtres ces mots à la mode n’existaient pas. Ils disaient Mendzèbi-Bandzèbi, MedumuBadumu, Mewèènjdi-Bawèèndji, etc. Les mots Ndzèbi, Punu, Iluumbu désignaient les territoires des Bandzèbi, des Bapunu, des Baluumbu et non les individus. L’opinion apparue dans les années 1960 selon laquelle le préfixe « Ba » placé devant un mot au pluriel équivaut à l’article « les » de la langue française est dépourvue de tout fondement. Bien des raisons me conduisent à refuser d’admettre que « Ba » signifie « les ». Tout d’abord, il n’existe pas d’articles en langue bantoue. On dit, par exemple : En langue des Bakuni : mpène mè kikwanga (donne-moi manioc) En langue des Bandzèbi : vhe mè piita/meyoondo (donne-moi manioc) En langue des Batèghè : gha mè ikwuo (donne-moi manioc) En langue des Bavili : mpène mè tshikwanga (donne-moi manioc) En langue des Bayagha : gha mè ingandi (donne-moi manioc) En langue Munukutuba : pèse munu kwanga (donne-moi manioc) En langue Lingala : pésa nga kwanga (donne-moi manioc) On pourrait aligner ici toutes les langues bantoues ou prendre plusieurs exemples, la formulation demeure la même : sujet-verbe-complément ou verbe-sujet-complément. Ensuite, si l’on admet que « Ba » signifie « les », il y a alors en langue bantoue plusieurs préfixes notamment « bi », « ma », « mi » équivalant à l’article « les ».

20

Exemples en Indzèbi : Singulier Shiimba Sholo Ighiindji Itèli Ikooko Lekaya Lemagna Ndzo Ndjaamba Tshèèngè Diisa Ghoogho Melèèmbè Mebôgni

Signification Herbe-herbes Sommeil-sommeils Empoté- empotés Fer-fers Projectile-projectiles Feuille-feuilles Pierre-pierres Maison-maisons Problème-problèmes Contrée-contrées Œil-yeux Bras-bras Doigt-doigts Cache-sexe/cachesexes Liimba Miimba Chanson-chansons Certains mots changent de forme selon qu’ils sont au singulier ou au pluriel : Singulier Lengètshi Lekugni Lekôôngi Pluriel Ngètshi Kugni Kôôngi Signification La noix de palme-les noix de palme Le bois de chauffe-les bois de chauffe Cil-cils

Pluriel Biimba Biolo Bighiindji Bitèli Bikooko Makaya Mamagna Mandzo Maamba Matshèèngè Miisa Mioogho Milèèmbè Mibôgni

D’autres sont invariables tels que Mèèdi (huile); Beghiindji (maladresse, inhabilité, bévue ou gaucherie). Pour d’autres encore, il n’y a aucune relation orthographique entre le singulier et le pluriel. Exemple : Ghuulu-miila (piedpieds) Nombre d’écrits et de livres anciens, tel que le livre d’histoire au cours moyen de Pierre Gamache utilisait les termes Bandzabi, Bakuni, Bayaka, Bavili, Bapunu, Bakongo, Batéké, Bakota, Bakwélé, Bakamba, Badondo et Babémbé etc. Ainsi, il ne fait l’ombre d’aucun doute que la particule ou le son « Ba » indique le pluriel pour certains mots et non un article.

21

La variante linguistique que nous avons utilisée dans notre travail est la variante Itsèèngi. Elle est parlée au Gabon dans tout le sud-ouest de la province du Haut-Ogooué (de Moanda à Lekoko) et dans le sud-est de la Ngounié. Les Batsèèngi6 se rencontrent également à l’extrême nord de la région du Niari au Congo Brazzaville dans les districts de Mbinda et de Mayoko. Ils représentent à eux seuls plus du quart de toute la population des Bandzèbi. Un proverbe peut avoir diverses interprétations. Aussi, avons-nous essayé de mettre en évidence les différents sens afin de produire une connaissance qui restitue au proverbe toute sa richesse. La méthode utilisée procède par une double voire triple traduction de chaque proverbe : la traduction mot à mot, la traduction littérale et la traduction littéraire. La traduction mot à mot dresse la nomenclature du proverbe à traduire afin de le connaître et de le comprendre dans tous ses fragments. Pour mieux le connaître et le comprendre, il importe de l’apprendre et de le mémoriser. En dépit du fait que la traduction littérale respecte le fil conducteur de la phrase originale, elle ne donne pas souvent un sens limpide et correct du texte. La traduction littéraire ou la traduction en français correct vient donc combler cette lacune. Elle est suivie du sens du proverbe qui est assorti, dans la seconde partie de l’ouvrage, d’un commentaire pour les proverbes dont la compréhension n’est pas aisée de notre point de vue. Tous ces proverbes sont en italique. C’est une véritable explication de textes à laquelle nous nous sommes astreint pour permettre au lecteur une meilleure appropriation de leur quintessence. Cependant, il nous paraît important de signaler que nonobstant la multiplicité des variantes dialectales de la langue Indzèbi et les diverses interprétations qui seraient suscitées par ce matériau, son fond reste le même. Le sens global du proverbe peut comporter plusieurs formulations qui montrent qu’il peut s’appliquer à différents contextes ou orienter l’usager dans chacune des circonstances que suscite son emploi.
6

Les Batsèèngi parlent l’une des variantes linguistiques d’Indzèbi. Cependant, les «Batsaangi» constituent une éthnie parente qui occupe localement la commune de Mossendjo. Elle est appelée les Bamfuuunu ou Batsèèngi de Mossendjo (Batsèèngi be mashèèndzè ou mashèèndjè) par les Bandzèbi pour les différencier de ceux qui parlent Indzèbi.

351.

Nous pouvons prendre comme exemple la transcription du proverbe

Proverbe : Mvwe (mvwa) ne meshibili mbinge u koonde vhè. 1. Traduction mot à mot : Mvwe (mvwa) : chien ; ne ; avec ; meshibili : guide ou rabatteur ; mbinge (mbinga) : chasse (chasse à courre) ; u koonde (u koondo) : échouer ou ne pas réussir; vhè : pas (négative). 2. Traduction littérale : le chien qui a un guide n’échoue pas à la chasse. 3. Traduction littéraire : un chien bien guidé fait une bonne partie de chasse. 4. Sens du texte : * Tout homme parvient à d’excellents résultats dans une activité s’il a un bon maître ou un bon guide. * À quelque niveau qu’il se trouve un dirigeant doit se faire entourer de personnes sages, formées et compétentes qui le soutiennent dans sa mission et dont il oriente et coordonne efficacement les activités afin d’aboutir à de bons résultats. La présentation des tournures idiomatiques, quant à elle, n’obéit pas à la même démarche. Ce sont des expressions ou des formules figées, souvent métaphoriques, qui se développent à l’intérieur de la langue et dont on s’approprie la signification par l’écoute régulière sur une durée relativement longue. Elles sont particulières à la langue Indzèbi et intraduisibles dans une autre langue. Les idiotismes sont donc bien connus des membres du groupe social des Bandzèbi non acculturés. L’ouvrage se termine par un lexique qui dresse la liste des mots-clés par ordre alphabétique dans le but de diversifier l’utilisation de ce recueil et de rendre les textes plus intelligibles.

24

Particules a a a a a, ba ba, be ba, bio ba, be, bi ba, bi, bu, bwa bwa bwa ka, ke ke, ko la, le la, le, li, lo la, le ma ma, me, mi me me ma, me na na, ne na, ne ne nga

Significations appartenance la négative le lieu; préposition conjonction de coord. auxiliaire pronom démonstratif pronom personnel pronom relatif; conj. l’appartenance le superlatif pronom relatif l’interrogative l’explicatif pronom relatif la démonstrative l’appartenance; prép. article la déterminative préposition; adverbe pronom relatif; moyen cause; pronom pers. Préposition; locution l’appartenance conjonction de coord. La démonstrative insistance

Abréviations appart. nég. lieu; prép. conj. coord. aux. pron. dém. pron. Pers. pron. rel. ou conj. appart. sup. pron. rel. interrog. expl. pron. rel. dém. appart. prép. art. déter. prép.; adv. pron. rel. moyen cause; pron. pers prép.; loc. appart. conj. coord. dém. insist.

nga, nge pi sha sha, shi, shia sha, shi, shia shi(a) she shi shi ti ti ti vhè wa, we, wô, wu wa, we, wô, wu wa, we, wu wè ya ya, yi ya, yi yé yi yi

l’attribution l’explicatif la démonstrative la déterminative préposition appartenance pronom démonstratif article pronom relatif pronom relatif la négative; adverbe conjonction de coord. la négative pronom démonstratif l’appartenance pronom relatif pronom personnel pronom personnel conjonction; auxiliaire préposition; interjection pronom démonstratif probabilité; impératif pronom relatif

attrib. expl. dém. déter. prép. appart. pron. dém. art. pron. rel. pron. rel. nég. adv. conj. coord. nég. pron. dém. appart. pron. rel. pron. pers. pron. pers. conj. aux. prép.; interj. pron. dém. probab. impér. pron. rel.

26

1- Ba gnudi be be dumughu na ngwèèli, paang u vhaanga ne mekolo Ba gnudi : les oiseaux ; be be : /pr. rel. / ; dumeghu (u dumeghu) : s’envoler ; na ngwèèli : le matin ; paanga : moyen ; u vhaanga : arranger ; u vhaanga ghwa paanga : trouver une solution ; ne mekolo : le soir - Quand les oiseaux s’envolent le matin, on ne peut les avoir que le soir. * Lorsque les paysans quittent leurs villages le matin, ils n’y reviennent que le soir. C’est à ce moment-là seulement qu’on peut les aborder pour un quelconque entretien. 2- Baane kôte benunu Baane (baana) : les enfants ; kôte (kôta) : repas ou provisions ; benunu : la vieillesse - Les enfants sont les provisions de la vieillesse. * Les enfants sont un investissement pour les vieux jours. 3- Baate bikiise bikiisa Baate (baata) : les hommes ; bikiise bikiisa : se remplacent - Les hommes se remplacent. - Les hommes se succèdent ou se relayent de génération en génération. * L’homme connaît la loi de la décrépitude. 4- Baate booli ba lôtele u noongo ba noongo na ghu betsughu Baate (baata) : les hommes ; boolo : deux ; ba lôtela (u lôtela) : être trop ou dépasser ; u noongo : s’acoquiner ; na ghu : dans ; betsughu : la nuit - Deux personnes qui s’aiment beaucoup le sont aussi dans les sciences occultes. * Un amour passionnel entre deux amis cache souvent des liens spirituels. 5- Baboongo nu lôta miuungu nu vhièèmbè ! Baboongo : les pygmées ; nu (ne u) : aussitôt ; lôta (u lôta) : passer ; nu vhièèmbè (u vhièèmbè) : disparaître - Les pygmées sont-ils passés que les chenilles ont vite disparu !

- Dès que les pygmées sont passés, les chenilles ont disparu. * Quand quelque chose a disparu, les soupçons se portent vers la dernière personne qui a été vue dans l’environnement immédiat. * On attribue volontiers certains actes à ceux qui ont la réputation de les commettre. 6- Babuti be bôta ti na wô letagha Babuti : les géniteurs; be bôta (u bôta) : engendrer; ti : /conj. coord/ ; na wô (wôôna) : celui-là ; letagha : la fesse, la source ou l’origine - Tout le monde engendre des enfants, mais celui-là est une source à problèmes. * Il s’agit ici d’un enfant dont le comportement laisse à désirer. 7- Bakaase kugni a miuuki Bakaase : les femmes ; kugni : le bois ; a / aux. / ; miuuki : la fumée (les fumées) - Les femmes sont comparables aux bois de chauffage qui fument. * Les femmes sont aussi nuisibles que la fumée qui attaque les yeux. * Toutes les femmes ont les mêmes défauts. Divorcer pour se remarier avec une femme correcte dans tous les sens est, dans la plupart des cas, une utopie, un leurre. 8- Bambèèghi ba mfutese tiina we mfutishi u shwèèmè Bambèèghi : les amis, les autres ou certains ; ba mfutese (u mfutesu) : tenter, tromper ou essayer ; tiina : la course ; we : tu; u swèèmè : se cacher - Quand tes amis prennent la fuite, essaye de te cacher. * Lorsqu’un problème se pose, nous devons l’aborder froidement et non pas suivre aveuglement les autres. * Il ne faut jamais se laisser emporter par les mouvements ou les opinions de masse. 9- Bambèèghi u tôle mevhindi, we shèlè inama ? Bambèèghi: Les amis ou les autres ; u tôle (tôla) : ramasser ; mevhindi : la jambe ; we : / pron.pers. / ; shèlè (u shèlè) : soulever ; inama : la cuisse - Les camarades ramassent la jambe, mais toi, tu soulèves la cuisse ! * Les actes que tu poses dépassent l’entendement. * Tu exagères.

28

10- Bamvwa be be nghangha u kaghe vhè Ba mvwa : les chiens ; be be : /dém. / ; nghangha (u nghangha): gronder ; u kaghe (u kagha): mordre ; vhè : /nég./ - Les chiens qui aboient ou grognent ne mordent pas. * Les tonneaux vides font beaucoup de bruit. * On ne doit pas avoir peur des braillards. Mais il faut se méfier des hommes d’apparence calme. Ils sont souvent dangereux. Le dicton se cite dans le même sens que le N° 347 : « Mvulu me idumu u bate vhè » et le N° 348 : « Mvulu me memfuung u bate vhè ». 11- Bandèkè ghu yulu mekumu na wa tshwaala Bandèkè : les tisserins ; ghu yulu : en haut ou sur ; mekumu : arbre « mekumu » ; na wa/ pron.dém. / ; tshwaala (u tshwaala) : amener - Les tisserins qui nichent sur l’arbre « mekumu » ont été amenés par quelqu’un. * Celui qui habite une maison ou un village doit savoir qu’il y est grâce à la présence d’un conjoint, d’un père, d’un oncle ou d’un patriarche. 12- Bandji bandji baséghi baséghi, ti bandji ba lôtele mekasa Bandji bandji : les mangeurs ou les consommateurs ; u ndja : manger ; baséghi baséghi : les producteurs de viande ; u sagha : chercher ; ti : /conj. coord/ ; ba / pron. pers. / ; lôtele (u lôtela) : dépasser ; mekasa : rapidité, avidité - Il y a d’un côté les consommateurs et de l’autre les producteurs de viande. Mais les consommateurs sont plus avides que les producteurs. * Il est des hommes qui sont exclusivement consommateurs et utilisateurs des biens et services, lesquels demandent toujours davantage aux producteurs. * Les producteurs de viande sont plus avides que les chasseurs. * Les producteurs des biens et services consomment moins que ceux qui ne produisent rien. 13- Bane bendja, bana u kwèdaanga mandzala, batèmenè bô meshèèndè u tsameghe ngwèèli Bane : les uns ; Bendja : mangent ; bana : les autres ; u kwèdaanga : mourir ; mandzala : la faim ; batèmenè (u tèmenè): se lever ; bô : dit-on ; meshèèndè : le campement, le bivouac ; u tsameghe (u tsamegha) : se détruire ; ngwèèli: demain

29

- Les uns mangent tandis que les autres meurent de faim et on se lève pour dire que le bivouac ne se détruira que demain. * Un peuple ne peut pas vivre dans la paix, dans la cohésion et dans la concorde si en son sein les inégalités sociales sont vivaces. * Dans la divergence des intérêts, les individus ne peuvent s’entendre. 14- Bangèbè ne mala, bangu ba baata na le balèlè Bangèbè : les enfants; ne:/prép/ ; mala : mensonge, colportage ; bangu : mères ; bangu ba baata : les adultes ; na le balèlè : ont dû dire quelque chose ; (u lèlè): dire - Si les enfants colportent, les grandes personnes ont certainement raconté quelque chose. - Si les enfants propagent une nouvelle, les adultes ont dû dire quelque chose. * Les enfants ne font que repéter ce que disent les adultes. 15- Bangèèmbi batakeghe ndzèli ndzambe mekoko Bangèèmbi : les fourmis magnans ; batakegha (u takegha) : traverser ou enjamber ; ndzèli : un cours d’eau ; ndzambe : lien, moyen ; mekoko : passerelle, tronc d’arbre - Les fourmis magnans ont pu traverser la rivière grâce à un bois mort. - Pour traverser la rivière, un bois mort a servi de passerelle aux fourmis magnans. * Il y a des objectifs qui ne sont atteints que grâce à des personnes ressources. * On a besoin dans certains cas d’un support pour surmonter une difficulté ou entreprendre un projet. 16- Bangu booli ndzèèmbi a sa a mebandze vhè Bangu : les mères ; bolo : deux ; ndzèèmbi : Dieu ; a : / aux. /; sa : engendrer, faire ou créer ; a : / nég. / ; mebandza : la discrimination, la distinction ou la séparation ; vhè : / nég. / - Dieu a fait qu’un enfant ait deux mères (une vraie mère et une ou plusieurs tantes) mais ce n’est pas une discrimination. - La mère et la tante maternelle doivent être considérées et traitées de la même manière par les enfants.

30

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.