Psychanalyse compréhensive

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Destiné à contribuer au suivi clinique, cet ouvrage présente à travers des illustrations cliniques un modèle général dans lequel l'être intérieur se distingue du self. À partir de cette distinction, l'auteur développe une notion méthodologique d'ensemble, composée de l'interaction des facteurs suivants : éloignement du contact avec l'être intérieur, sensorialité, fragilité du self, constellation de l'ennemi interne, angoisse de dissipation du self, structuration inconsciente et expansion de la conscience. Ces facteurs permettent une structuration du travail clinique dans un contexte unitaire, facilitant ainsi la réalisation de pensées cliniques.
Publié le : mardi 15 mars 2016
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EAN13 : 9782140004070
Nombre de pages : 320
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au-delà de la psychanalyse d’éléments –, aIn d’éviter l’atomisation des
mémoires. Il est l’auteur de plus de cent travaux scientiîques dans des
Walter Trinca
PSYCHANALYSECOMPRÉHENSIVE
Une conception d’ensemble
Traduit du brésilien par Pascal Reuillard
Études psychanalytiques
Psychanalyse compréhensive
Études Psychanalytiques Collection dirigée par Alain Brun et Joël Bernat La collectionEtudes Psychanalytiquesveut proposer un pas de côté et non de plus, en invitant tous ceux que la praxis (théorie et pratique) pousse à écrire, ce, « hors chapelle », « hors école », dans la psychanalyse. Dernières parutions Philippe COLLINET,Je est un autre, 2016. Joseph ROUZEL (dir.),Psychanalyse et écriture, Rencontre avec Pascal Quignard, 2015. Élisabeth LECLERC-RAZAVET, Georges HABERBERG, Dominique WINTREBERT,L’enfant et la féminité de sa mère, 2015. Laurent SOULAYROL,LesMémoires d’une aliénéed’Hersilie Rouy. Vers de nouvelles perspectives, 2015. Peggy DAVAIN-BERGEOT,La question de Dieu en psychanalyse. Naissance et mort de Dieu, 2015. Claude-Raphaël SAMAMA,Le Spirituel et la psychanalyse, 2015. Jean GODEBSKI,Le tout dernier enseignement de Lacan. Un renouvellement de la clinique?, 2015. Daniel LYSEK (dir.),Les maux du corps sur le divan. Perspective psychosomatique,2015.J. GAVELLO,Freud, l’inavouable secret, 2015. Lucien TENENBAUM,D’autres psychotiques que moi. Images de la psychose ordinaire en thérapie (et ailleurs), 2015.Catherine BRONNIMANN,La robe de psyché. Essai de lien entre psychanalyse et vêtement, 2015. Henri MIALOCQ,La trajectoire du désir. De Jacques Lacan à Thérèse d’Avila, 2015. Éric CHAMP, Anne FRAISSE, Marc TOCQUET,L’analyse psycho-organique. Les voies corporelles d’une psychanalyse, 2015. Valérie BLANCO,L’effet divan, 2014. Frédérique F. BERGER,Symptôme de l’enfant, Enfant symptôme, 2014. Soti GRIVA,Crimes en Psychothérapie. A-Voros, 2014.
Walter Trinca
Psychanalyse compréhensive
Une conception d’ensemble
Traduit du brésilien par Pascal Reuillard
À Tomás, toute ma
confiance en l’avenir.
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07904-2 EAN : 9782343079042
1 L’être intérieur, leselfet les perturbations psychiques Dans cet ouvrage, l’objectif est d’exposer certaines idées importantes pour une vision initiale de la psychanalyse comme science compréhensive d’ensemble de la vie mentale. Plus qu’une psychanalyse d’éléments, il s’agit d’une tentative de compréhension psychanalytique fondée sur l’interrelation entre certains facteurs considérés ici d’un point de vue macroscopique. Dans la psychanalyse d’éléments, les éléments sont séparés entre eux et se prêtent à une multiplicité d’usages, tandis que pour la psychanalyse compréhensive les facteurs s’inscrivent dans un contexte cohérent et englobant. Une psychanalyse de facteurs est avant tout une organisation méthodologique des données, et non une reformulation de concepts psychanalytiques classiques. Elle s’organise sur la base de la notion d’être intérieur qui se différencie de celle deself. Dans un premier temps, je propose de présenter quelques constantes psychanalytiques à partir du contact avec cet être, qui permet de mieux connaître les perturbations psychiques. L’être intérieur À partir de l’expérience directe avec son être, chaque personne est en mesure d’affirmer le suivant : ce qu’il y a de fondamental en moi, c’est la réalité primaire d’être constitué par un être qui exprime essentiellement qui je suis. Cet être, l’être intérieur, correspond à ce que je suis intrinsèquement depuis le début de ma vie. Il répond de mon existence, offre la notion de mon existence et me définit comme personne parce qu’il compose mes fondements les plus profonds. Il me donne également la réalité et la vérité de l’expérience d’être avec moi-même, c’est-à-dire l’expérience d’être moi-même – une expérience basique et élémentaire. L’être intérieur est un noyau central qui ne cesse jamais d’exister tant que dure la vie d’une personne. Dans sa condition existentielle, il est une unité reconnue comme étant fondamentalement identique dès que le sujet entre en contact avec lui-même. Il conçoit la personne comme entière et indivisible car il renferme sa manière d’être, qui n’est pas transférable aux autres. Il est par conséquent unitaire, singulier et spécifique. En tant que noyau d’existence et de courant profond, il contient la matrice de l’existence, un axe basique et une racine primordiale de laquelle se développent des processus qui rendent compte
(à différents niveaux) des constituants opérationnels et fondamentaux de la vie et de l’acte de vivre. Cet être présente une tendance permanente au mouvement et œuvre en faveur de l’organisation, de l’harmonisation et de l’unification de l’ensemble personnel. Il se différencie des forces conflictuelles, désordonnées et chaotiques du psychisme. Ses origines et ses processus sont non-violents et constructifs. Les notions que la personne a de son être intérieurvont dépendre du contact établi avec lui, et ce contact a des effets sur l’organisation et le fonctionnement de la vie psychique. Le contact n’est pas toujours conscient, mais quand c’est le cas il est en lien avec l’expérience d’entièreté. On ne peut parler de l’être intérieur comme d’une chose ou d’un objet concret, parce qu’il est un noyau d’existence ; cette acception ne comporte aucun indice de matérialité, aucun fragment de chosification. L’être intérieur est non sensoriel dans sa constitution et dans ses manifestations, et cette non-sensorialité s’exprime en tant qu’existence, vie et mobilité. Il n’est pas une énergie aveugle mais menée par la détermination d’un être vivant, mobile et opérant. En somme, il s’agit d’une notion qui dépasse toute conception de la science classique sur les objets de connaissance.
Le self La notion d’être intérieurne doit pas être confondue avec la notion de selfTrinca, 2001). De fait, le (cf. self est une forme de support et d’organisation globalisante, aux contenus variables et mobiles. Ses origines et ses processus sont en lien avec la complexité du maintien concret de l’existence de la personne, adaptation et survie comprises. Le selfun organe mental de conquête de cette existence, un moyen par est lequel elle se concrétise. Il a la capacité de se connecter plus ou moins bien avec l’être intérieur, mais il est par nature un champ de forces en conflit, le lieu où se heurtent les différentes tendances qui se présentent dans le psychisme. Parce qu’il est composé de plusieurs parties et d’innombrables constituants, il y a dans la multiplicité des composants les hérités et les acquis, le traitement des expériences deself-objets primitifs, les identifications et incorporations, l’empreinte des éléments éducatifs, sociaux, culturels, raciaux, religieux, familiaux et autres. Il est formé de segments qui peuvent être réunis ou séparés : certains dominent et se distinguent, d’autres deviennent secondaires et d’autres encore sont au service de compositions et d’arrangements. Certaines parties s’organisent séparément et d’autres se disputent la première place dans l’ensemble. C’est dans leself que se répercutent les instances psychiques divergentes et convergentes, avec des orientations qui se
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composent ou se percutent. Il forme un contexte saturé de conflits, de turbulences, d’incohérences et de paradoxes (Bunemer, 1991), de sorte que l’on pourrait aller jusqu’à parler de plusieursselfs. Mais sous un autre point de vue, leselfen relation, il reçoit des charges et effectue des est adaptations avec le monde externe, les objets internes, le corps, les pulsions, etc. Il stimule la dynamique des accumulations et des continuités, procède à des actualisations constantes par rapport au temps, à l’espace et à d’autres déterminants psychiques. Ainsi, leselfrésulte des processus et de l’interrelation de différents facteurs et éléments. Relations entre l’être intérieur et le self L’être intérieurdes influences sur le exerce self. Suivant le type d’influence, il détermine la nature et la qualité des processus qui se produisent dans leself. C’est pourquoi une plus ou moins grande influence va donner lieu à des modalités différentes deself. Un niveau d’influence raisonnable, donc de présence satisfaisante de l’être intérieurdans leself, permet à la personne d’être elle-même : on observe alors des degrés de participation non sensorielle d’un être qui répand la vie, lui donne sens et s’exprime en tant qu’énergie et légèreté. C’est de là que sont menées les activités de soutien des processus psychiques fondamentaux. Sous l’influence de l’être intérieur, leself se constitue en facteur central qui vise l’effectivité et l’organisation de l’individu dans le monde, dirige le processus d’intégration. Les systèmes d’équilibre qui passent par leself sont ainsi activés et il devient une instance de réalisations compatibles avec la réalité intérieure. De cette manière, l’organisation des centres directeurs est vivante, mobile et significative, et non pas quelque chose de stéréotypé ou tendant à l’inanimé. Si l’influence de l’être intérieursur leselfest insuffisante ou précaire, ce dernier peut devenir un champ miné par la fragilité ou saturé de sensorialité. Il se transforme en unselfqui obscurcit et occulte ce qu’est réellement la personne au lieu de la révéler. Il est susceptible de fonctionner sur des bases totalement étrangères à ce qu’est réellement la personne. Dans ce cas, on a souvent affaire à unselfd’éléments, rempli d’infiltrations, de résidus, de fonds d’impressions, de fragments, de produits de systèmes, de standards, de structures et de composants « sensorialisés », qui vont imposer leurs points de vue et leurs vérités, leurs conditionnements, leur logique, leurs théories et leurs valeurs, leur style de vie et leur vision du monde. L’individu finit par être perdu, il pense que leself représente la personne réelle et n’a plus de notions claires sur l’éloignement du contact avec l’être intérieur. Lorsque
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