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Psycho... thérapie ?

De
116 pages
S'engager dans une psychothérapie pose question. Cet ouvrage apporte quelques repères à ceux qui restent suspendus à des interrogations autour de cette démarche, véritable alliance entre un professionnel et un patient. Habité par un savoir-être et un savoir-faire indissociables, le premier se pose en guide, et, paradoxalement, se tient dans un retrait suffisant, qui garantit la liberté de pensée d'autrui. Le second avance dans sa propre subjectivité, en découvre point par point la complexité. Il enrichit ainsi sa vision de lui-même et des liens qu'il a tissés avec son environnement.
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Évelyne Amaré
Psycho... thérapie ?
27/05/15 17:16
Psycho… thérapie ?
Évelyne Amaré
Psycho… thérapie ?
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-05585-5 EAN : 9782343055855
Chapitre I Le praticien et son approche
Psychologue clinicien ?
Une des prestations que propose le psychologue, qualifié de clinicien, est la psychothérapie, littéralement, la "prise de soin" de la psyché de la personne. L'étymologie de cette spécialisation renvoie l'image de quelqu'un qui "s'incline", un schème qui sous-tend le fait d'observer et d'écouter, comme le ferait un médecin au chevet d'un patient. L'ouïe comme la vue participent de son observation. Sa mission première est de créer un espace de confiance, propice à la confidence, faciliter l'ouverture de la pensée et des sentiments de son interlocuteur. Formé à ne pas porter de jugement sur la personne, il choisit d' analyser et synthétiser le discours qu'il entend, repérer les liens entre les signifiants, tenter peut-être de saisir un sens caché, et, parallèlement, lire sur le visage les mimiques qui peuvent confirmer ou infirmer les paroles entendues. Ce professionnel note également le maintien général du corps, écho du vécu affectif, les blocages respiratoires et les crispations musculaires qui modèlent l'ensemble organique, donnent à l'apparence sa densité, sa courbe ou ses petits mouvements, en lien avec les tensions intérieures qui filtrent, à l'insu de la personne. Il se penche également sur ses propres ressentis. Ayant conscience qu'il peut se tromper, il ne communique pas ses impressions, dans l'instant, à moins qu'il ne le juge pertinent. Riche de ses hypothèses, il prend le temps de cumuler certaines
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observations similaires ou complémentaires, avant de se prononcer sur un diagnostic ou orienter l'investigation. Nanti d'un esprit scientifique, il s'appuie sur la fréquence de certains éléments, pour faire émerger un sens, celui que son "intuition" (ou appréhension synthétique) lui dévoile. Et même s'il croit pouvoir énoncer une forme de vérité (pour le patient), il sait qu'il s'agit d'une interprétation, qui, énoncée trop tôt, sera refusée par la personne, en raison de défenses psychologiques plus ou moins importantes qu'il choisit de respecter, les "défenses" étant ce à quoi se raccroche l'individu pour maintenir sa structure de base, dans sa forme habituelle, structure à laquelle il tient, même au prix de sa souffrance, faute d'autres solutions.
Savoir-faire ou savoir-être ?
La patience, l'acceptation des différences sont des qualités souhaitables chez le psychothérapeute : prendre le temps, respecter le rythme du patient, en ce qui concerne ses prises de conscience. Riche d'un savoir théorique et d'une aptitude à l'auto-analyse, il établit des parallèles avec ce que sa discipline et sa démarche personnelle lui ont enseigné, et il approfondit sa réflexion avant toute communication, ce temps-là étant celui de la maturation de la pensée et du vécu intime auxquels contribue la perlaboration, remaniement psychique qui a lieu dans l'inter-séances, qui enrichit la personne de nouvelles façons d'appréhender sa réalité, de vivre ses évènements affectifs. Le psychologue s'arrange avec ses propres frustrations, quand, sollicité pour tel ou tel problème, il se sait maintenu dans une forme d'impuissance, car il n'a pas de "clé en main" pour toute solution, ce qu'appelle, souvent
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désespérément, le patient, quand il énonce et formule un besoin d'aide. La psychothérapie est une rencontre entre deux personnalités, l'une ayant l'expérience de ce que l'autre demande à vivre, à savoir la démarche psychothérapeutique. Les termes de bon ou mauvais psychothérapeute sont difficiles d'usage et d'application, puisque nous nous plaçons dans le domaine subjectif, et donc se trouvent subordonnés à beaucoup de sentiments, agréables ou désagréables à vivre, sentiments dont la durée de vie, d'ailleurs, reste variable et incertaine. Cependant, si on doit obtenir quelques repères dans l'échelle des valeurs à prendre en considération pour juger d'un professionnel, il est important de s'en référer au code déontologique de la profession qui prône le respect de la personne, physique et morale, de sa liberté de pensée et d'éprouvé. Un psychothérapeute va d'abord être à l'écoute de la demande du patient, tenir compte de son échelle de valeurs, et se donne pour loi de ne pas lui imposer sa "vérité", ses opinions personnelles, bref, refuse de se poser en "donneur de leçon", ou en exemple à suivre. Cela implique une grande ouverture d'esprit, une tolérance face aux idées émises, dans le cas où elles ne correspondent pas à sa façon de concevoir les choses. Les décisions de vie et les choix du patient échappent au psychothérapeute, malgré une empathie nécessaire pour faciliter le travail de réflexion, une empathie qui s'applique comme une technique utile s'inscrivant au sein d'une méthode élaborée en correspondance avec une théorie. Savoir-être et savoir-faire s'intriquent.
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