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PSYCHOTHERAPIE POUR DAMES

De
160 pages
L'auteur psychothérapeute donne ses réflexions à partir d'une activité de consultation et de thérapie à forte dominante féminine pour cerner, à travers les plaintes, un univers propre de désirs, d'attentes et d'illusions et mieux comprendre les couples dysfonctionnels. Ces réflexions sortent largement du pathologique et sont de portée très générale.
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PSYCHOTHÉRAPIE POUR DAMES Les mariées sont toujours belles

@

L' Harmattan,

1999

ISBN: 2-7384-8506-5

Robert Michel PALEM

PSYCHOTHÉRAPIE

POUR DAMES

Les mariées sont toujours belles

Présentation

de

Jacques CHAZAUD

L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

Collection Psychanalyse et Civilisations Série Trouvailles et Retrouvailles dirigée par Jacques Chazaud

Renouer avec les grandes œuvres, les grands thèmes, les grands moments, les grands débats de la Psychopathologie, de la Psychologie, de la Psychanalyse, telle est la finalité de cette série qui entend maintenir l'exigence de préserver, dans ces provinces de la Culture et des Sciences Humaines, la trace des origines. Mais place sera également donnée à des Essais montrant, dans leur perspective historique, l'impact d'ouverture et le potentiel de développement des grandes doctrines qui, pour faire date, continuent de nous faire signe et nous donnent la ressource nécessaire pour affronter les problèmes présents et à venir.

Dernières parutions L'instinct et l'inconscient, W. H. R. RIvERS, 1999. Hallucinations et délire, Henri EY, 1999. La confusion mentale primitive, Philippe CHASLlN,1999. La réception de Freud en France avant 1900, André BOLZINGER, 1999. Récits de vie et crises d'existence, Adolfo FERNANDEZ-ZOILA, 1999. Psychanalyste, où es-tu ?, Georges FAVEZ,1999. Psychopathologie psychanalytique de l'enfant, Jean-Louis LANG, 1999. La figure de l'autre, étranger, en psychopathologie clinique, Zhor
BENCHEMSI,Jacques FORTINEAU,Roland BEAUROY (eds), 1999. De la folie, Etienne GEORGET, 1999.

A Paul Watzlawick et Esther Vilar, pour leur parfaite connaissance du couple et, plus encore, pour leur humour. Aux Dames du GRIF, pour leur courage.

PRÉSENTATION Nous vous présentons ici quelque chose comme un bilan de carrière, le Journal d'un psychothérapeute, ce qui reste quand on a tout oublié nous a dit son auteur qui aurait voulu garder l'anonymat (c'est bien normal et ce souci l'honore); masculin donc, ayant beaucoup pratiqué de psychothérapies individuelles et de couples, de femmes (75%) plus que d'hommes, sans "écrémage" nous dit-il. Pourquoi donc alors cette prépondérance féminine dans cette clientèle? Il n'a pas su nous le dire, il n'a pas envisagé, en aucune manière et en aucun sens, qu'il puisse y avoir dans cette particularité une "préférence" de l'un pour l'autre et réciproquement TI demeure songeur devant l'affirmation par Jung que la vraie raison de la névrose des femmes mariées est "qu'elles sont incapables de comprendre la tâche culturelle qui leur revient" et il promet de contribuer à leur donner leur chance. Mais les statistiques de l'IDREM montraient déjà, il y a vingt ans, que les Névroses étaient au premier rang des causes de consultation chez les femmes; au sixième rang chez les hommes. Les travaux de Shepherd, Cooper, Kalton et Brown sur l'épidémiologie des névroses ont également montré que les femmes étaient atteintes dans une proportion plus grande que les hommes: 117 pour mille contre 89 pour mille. C'est pourquoi, sans doute, c'est souvent (plus souvent) à elles que s'adresse l'auteur. Mais de sexe masculin par le hasard de la naissance, thérapeute par vocation (certes toujours à interroger), serait-il aussi phallocrate? Je ne le pense pas. S'il souligne la "différence" et l'accepte, il ne s'en réjouit pas plus qu'il ne faut S'il accepte son sexe (c'est la moindre des assurances), les avances et les défis qui lui sont adressés, il ne le "revendique" pas. Alors l'apparence peut venir, comme nous venons de le laisser entendre, des particularités du recrutement. Mais ne nous leurrons pas exagérément: un phallocrate est
* Quand ce ne sont pas les femmes elles-mêmes: voir tous les ouvrages d'Esther Vilar (L'homme subjugué, Le sexe polygame, Pour une nouvelle virilité), recommandés par l'auteur.

un homme qui dit tout haut ce que les autres hommes pensent tout bas*. C'est ce que me confia un grand psychanalyste parisien il y a vingt ans de cela, quand je lui demandai ce qu'il pensait de la réédition du livre de Moebius "De la débilité mentale physiologique chez la femme" (Solin ed. Paris 1980). Sans commentaire*. Il faut prendre les cas de figure évoqués ici comme des cas cliniques rencontrés dans la pratique (celle de l'auteur et des auteurs qu'il cite). Ils ont une valeur d'exemple. Ils appellent à la réflexion, mais leur singularité ne permet pas sans risque d'en faire des parangons ou des paradigmes. Derrière certaines affirmations, lancées pour accrocher le lecteur ou le réveiller, on devinera un souci de prudence dans la généralisation. Le parler de l'auteur est franc, sa parole est vive... à la mesure de ces paroles de femmes qu'il a recueillies pendant des années avec intérêt, respect, étonnement, effarement parfois; et qu'il nous livre, son sac de voyage déposé. Puisse-t-il ne pas tomber sous le coup de cette interpellation d'une "dame du GRIF" qu'il cite souvent: "tu as d'une parole vivante fabriqué un livre. Tu seras celui dont on parle pour n'avoir pas voulu être celui à qui on parle..." à moins qu'il n'ait voulu qu'il en soit ainsi. Ce qui soulève une question annexe mais cruciale: celle de l'épuisement du psychothérapeute (hémorragie libidinale, épuisement narcissique, effet de vases communiquants...), non traitée ici. Mais foin des symbologues, sexologues, sexocrates et sexopracteurs, des spécialistes du sens (et de la vérité), du sexe, du couple, de la famille Ls'irrite-t-il. Nous comprendrons pourquoi. Tout ce qui est relaté ici a été vu, rencontré, entendu...mais aussi imaginé (par les intéressés) et parfois interprété (par les "psy") nous a affirmé l'auteur; sans prétention à l'exhaustivité, à l'exemple ou à la pédagogie. Il y a couple ou non, entente ou
*J'en fis cependant un dans la revue Psychiatries: il parait difficile de pousser la misogynie plus loin et l'on a pu se demander qui a pu lui inspirer un pamphlet aussi accablant. Inutile de songer à sa femme, Moebius avait anticipé l'objection: "je vis seul et n'ai plus de désirs personnels". Son témoignage (plutôt profession de foi) est donc nul et non avenu dans le cadre de ce qui nous occupe ici. 8

déchirement: on est bien ou mal... Ce sont là les. seules distinctions qui lui importent pour la sélection des cas. En fait, ce sont eux et elles qui sont venus le voir pour ça; et il n'a fait que reprendre ses notes, trente ans après ses débuts. En d'autres termes il fut témoin, confident et thérapeute avant de prendre un repos bien mérité. C'est ce qui nous le rend si sympathique et ce qui rend ces notations si vraies et si utiles. On trouvera ici une relation de faits, d'adages,
d'apophtegmes, d'expériences, d'aventures

- il

essaiera de lever

cette ambiguïté dans la postface- qu'il faut recueillir avec indulgence, avec le sourire. Il y a des mises en garde mais pas de leçons. C'est une fresque ou plutôt un film, découSu comme la vie mais édifiant (comme Mondo cane), unjoumal à plusieurs niveaux et régimes (inégal donc comme, jadis, celui de Marcel Jouhandeau à la NRF). La vie est ainsi faite futile, tragi-comique, pesante et prenante à la fois. Elle n'est qu'exceptionnellement "l'insoutenable légèreté de l'être" (M.Kundera). Mais c'est, ici, un travail de professionnel. C'est le seul titre qu'il agrée, parmi tous ceux que je lui ai proposés. Jacques Chazaud

9

"oeul celui qui chtmge peul re.slerfidèle à luimême"
"91.s me par/enl

(Wolf Biennann)
ell/.s guérl.s.senl... "

(Françoise Dolto à la TV le 2-1-86) 'fie /ro écoule el I/.sme guéti.s.senf' (avis de recherche: Freud à Fliess ou Fliess à Freud?)

AVANT- PROPOS Mes hésitations dans le choix du titre de ces propos "à bâtons rompus", au gré d'une mémoire dont l'infidélité croissante me consterne, sont significatives, aussi je vous en fais la confidence: Lettre ouverte aux couples qui se posent des questions, expériences, apartés et apophtegmes, citations et miettes pour un repas qui se refroidit, traque aux leurres, Principes et préceptes du retour à l'évidence, pour parler comme Lanza DeI Vasto... Et puis non, quand même, parce que l'évidence c'est souvent comme l'inconscient: c'est pour les autres. Il y a des "noeuds" comme n'ont cessé de le montrer mes estimés collègues (Ronald Laing, Paul Watzlawick, Mara Selvini Palazzoli, Philippe Caillé...): des noeuds qu'il faut dénouer...ou trancher. C'est de cela que nous allons parler. Je dédie cette réflexion à mes patientes à qui j'ai donné la parole et qui maintenant (échange de bons procédés) me prêtent la leur1. Sans me prendre au sérieux plus qu'il ne faut; on se croirait à la Caisse des dépôts et consignations! Quelque part entre le sublime, "l'inique, l'unique et le cynique..." pour parler comme François Perrier2. On me fera crédit du sublime en suspend, quand même. Le regretté François Perrier qui est sans doute, des psychanalystes, celui qui a écrit les choses les plus intéressantes sur la femme et la féminité (en dehors des hommes de lettres, écrivains et poètes, bien sûr, d'Hélène Michel-Wolfromm la
C'est devenu une tradition puisque, comme Martine Delvaux en fait un livre (Femmes psychiatrisées, femmes rebelles), tous les grands Psychothérapeutes ont une malade-muse,"une folle", voire une simple "cliente" qui leur inspire des découvertes: Augustine pour Charcot, Anna O. pour Breuer, sa belle bouchère, Dora...pour Freud, Aimée pour Lacan, Mary Barnes pour Laing, Etc. 2 Ici, nous faisons du François Perrier-pour-débutants, nous n'allons pas au delà d'un second niveau d'interprétation; question de clientèle et d'auditoire. Nos clients vont au cinéma, lisent le Goncourt et François Nourrissier; ils ne lisent pas les Écrits et ne sont pas des toxicomanes de l'analyse.
1

gynécologue psychosomaticienne (Cette chose -là), de Piera Aulagnier-Spairani, la psychanalyste, et aussi des dames du GRIF), sera d'ailleurs souvent cité (le Séminaire sur ['amour, Le désir et la perversion). Moins Jacques Lacan dont la pensée exagérément sophistiquée ne se prête pas au type de vulgarisation que nous avons ici en vue...Une phrase comme "l'amour, c'est donner ce qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas"3 n'a aUcun sens en dehors des cénacles animés par Groucho Marx ou Jacques Lacan ou d'un enseignement programmé pas moins tortueux parce que balisé (cf François Georges). A tout prendre, je préfère la formulation de François Perrier: "...en amour, on donne ce qu'on n'a pas. C'est vrai. On donne ce qu'on demande à l'autre". Mais ils ne sont ni les seuls ni les premiers, ni les plus insignifiants, il faut bien le reconnaître, car qui comprendra cette déclaration (ou, plus psychologiquement, ce que son auteur met derrière) du grand Proust: "On serait à jamais guéri du romanesque si l'on voulait, pour penser à celle qu'on aime, tâcher d'être celui qu'on sera quand on ne l'aimera plus !" Ce genre d'acrobatie intellectuelle, proprement antipsychologique (ou foncièrement pervers), est hors de notre propos, sinon de notre entendement. Pour le reste, pour la plus grande part peut-être, on se dira: "j'ai déjà entendu cela..." ou l'on trouvera cela d'une grande banalité. Je saurai, alors, que j'ai été entendu, que nous nous sommes entendus. Car je parle, de cette arène indécise qu'est un cabinet de consultation, pour le plus grand nombre (le "tout venant") et non pour quelque cercles ésotériques confiscateurs des savoirs et de leurs emblèmes. Il est étonnant de voir que, encore aujourd'hui\ on pense que les deux genres (masculin et féminin) pourraient vivre ensemble et s'accepter dans l'absolu de leurs différences (Luce Irigaray) ou bien, à force d'égalité, pourraient presque finir par se confondre (Gilles Lipovetsky) mais l'on scotomise, minimise
3 ou, autre version: "donner ce qu'on n'a pas à un être qui ne l'est pas" (Bull. de Psychologie 25f12f58)
4

Le Monde du 26/12/1997

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ou refoule la bisexualité fondamentale (inégalitaire bien sOr) des uns et des autres (qu'on la prenne au sens des biologistes -Vera Dantchakoff- ou de certains psycho-analystes tels que Jung animus/anima-). Il parait entendu pourtant, depuis F.Perrier et W.Granoff que la féminité apparaîtrait mieux "comme supplément de la masculinité et non comme complément"; nous en reparlerons plus loin. On connaît le point de vue de Jean Baudrillard, esprit ô combien original: "Qu'est-ce qui nous fait dire que le masculin serait l'autre du féminin? Ils ne sont sans doute, comme le jour et la nuit, que des moments réversibles, qui se succèdent et s'échangent, dans une séduction incessante". L' Etrangèreté, plus radicale, n'est pas la Différence. Le sexisme (comme le racisme) n'existe pas tant que l'autre est Autre, tant que l'Etranger reste étranger. Il commence d'exister lorsque l'autre devient différent, c'est à dire dangereusement proche. C'est là que s'éveille la velléité de le tenir à distance". Mais "la différence est une utopie dans son rêve de départager les termes, et son rêve ultérieur de les réunifier',5 . Quoi qu'il en soit, tout le monde est compétent en ce qui lui est quotidien et expert en ce qui le concerne. N'importe quel "bien baisant"6 en sait plus qu'un éminent psychanalyste en pantoufles, qu'un psychiatre monogame ou que n'importe quel curé mal défroqué. Ou encore, avec François Perrier, "il n'est pas de spécialiste de l'amoue, sinon tout un chacun quand ça lui arrive, lui arrive encore ou ne lui arrive plus". Et la Morale? dira-t-on, sourcil froncé et hauteur dans la voix. Il en faut certes, mais comme dit François Perrier, l'amour du prochain, ça n'est pas que ça n'existe pas, mais ça n'est pas notre sujet d'aujourd'hui. Oserai-je dire aussi que les moralistes du couple et de la famille ont pris beaucoup de plomb dans l'aile depuis les débats
5
6

voir note 13 page 14. par antonyme les "mal-baisants" du Dr Gérard Zwang 7 N'empêche...certains sexologues en quête de

.
différenciation (de

singularisation, car quand tout le monde l'est ou dit l'être, comment se faire reconnaître comme tel ?) ont l'audace (impudence) de se dire maintenant "amourologues"! Il faut oser et ne pas craindre le ridicule.

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qui ont entouré le projet Neuwirth et la Loi Veil sur la contraception, en 1967, et que la nausée que leurs arguments nous occasionnèrent à l'époque, point si éloignée que cela, ne s'est pas encore dissipées. Jung le savait bien, qui était persuadé que "la grande vertu est toujours compensée intérieurement par une forte inclination à l'infamie". Et puis, c'est une femme de grande expérience qui l'affirme: "en amour les qualités morales ne paient pas" (Hélène Michel-Wolfromm). C'est ce que confirme Simone Veil, autre femme de grande qualité, à son corps défendant, en exprimant haut et fort son soutien au Président Clinton contre le Procureur Starr dans l'affaire Lewinsky (Le Monde, 15 septembre 98).

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cf "La pilule contre l'ordre moral", Le Monde du 28 déc.1997

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