Qu'est-ce qu'on attend ?

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Après avoir publié Le Développement soutenable en collaboration avec un consultant béninois, il semblait utile de poursuivre la réflexion sur nos modes de développement. Pour esquisser des propositions d'action, un blog a permis d'exprimer une libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable et sur des questions sociétales. Ce blog a donné à lire des chroniques hebdomadaires sur des sujets variés. Le temps est venu de rassembler les 100 premières chroniques.
Publié le : jeudi 1 avril 2010
Lecture(s) : 275
EAN13 : 9782296696990
Nombre de pages : 148
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Avant-propos Qu’est-ce qu’on attend ? • 1. La dimension économique • 2. La dimension sociétale • 3. La dimension environnementale • 4. La gouvernance

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Couverture : Le Grand Mont est une butte témoin du Pays de Bray, riche d’une centaine de plantes caractéristiques des coteaux calcaires, dont une dizaine d’espèces d’orchidées et la gentiane d’Allemagne. Ce site est emblématique du propos du livre : alors que toute les conditions semblent réunies pour une gestion conservatoire visant à pérenniser la biodiversité, la mise en place se fait attendre depuis bientôt une décennie. (Photo Olivier Gosselin, architecte, 2008)

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Après avoir publié « Le développement soutenable » en collaboration avec un consultant béninois, il me semblait utile de poursuivre la réflexion sur nos modes de développement, avec un œil critique, mais aussi pour esquisser des propositions d’action. C’est pourquoi j’ai commencé un blog, hébergé par Overblog, pour exprimer une libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable et plus globalement sur les questions sociétales. Depuis deux ans et demi, ce blog (www.michel-lerond.com) a donné à lire des chroniques hebdomadaires sur des sujets très variés. Le temps est venu de rassembler les 100 premières chroniques de façon construite, selon les piliers du développement soutenable : économie, sociétal et environnement, avec un regard sur la gouvernance. La chronique du 6 janvier 2009, « Qu’est-ce qu’on attend » prend ici une valeur emblématique par rapport à l’esprit du livre et en fait le titre.

L’auteur

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La crise économique actuelle ne doit pas faire oublier les autres, que sont les crises climatique, de la biodiversité et des énergies fossiles. Pour ce qui est du climat, nous ne sommes plus dans les hypothèses ou simulations, mais dans l’observation de phénomènes réels : les niveaux d’émission de gaz à effet de serre se situent au-dessus des scénarios les plus pessimistes du GIEC. Sur la lancée actuelle, le bond climatique de la fin de ce siècle pourrait être équivalent à ce que notre planète a franchi entre l’âge glaciaire et l’Holocène, soit 10 000 ans ! En matière d’énergie, nous sommes trop largement « pétrodépendants » et continuons, quelque soient les conséquences écologiques. Et les banques financent toujours de façon très majoritaire les énergies fossiles plutôt que les énergies renouvelables… Concernant la biodiversité, nous assistons vraisemblablement à la sixième grande extinction d’espèces vivantes, sans que cela n’émeuve vraiment les foules. La nature entière, les abeilles ou les plantes alimentaires en particulier, regorge de pesticides, jusqu’à vingt substances actives par repas que nous consommons ! Les mesures prises depuis quelque temps restent très insuffisantes, et ce qui frappe, c’est l’invraisemblable déficit d’évaluation des décisions prises qui ne visent que le bénéfice immédiat. C’est ainsi que l’Europe, en décembre 2008, s’est rangée derrière les égoïsmes nationaux et les pressions économiques pour adopter des ambitions énergétiques au rabais, sans aucune étude d’impact. De la même façon en France, le Grenelle de l’environnement n’a cessé de baisser les ambitions relatives à la réduction des pesticides en agriculture.

La résolution de la crise économique présente pourtant des opportunités pour avancer dans le bon sens, par exemple en orientant l’industrie automobile vers des technologies concourant à lutter contre l’effet de serre ou en décidant des investissements vers des technologies propres à énergie renouvelable. Allons-nous continuer, comme les passagers du Titanic, à attendre le choc pour être convaincus qu’il y avait bien un iceberg devant nous ? Il nous appartient de choisir entre le monde en crise actuel et un nouveau projet de société. Pour cela faut-il que des hommes politiques clairvoyants montrent la voie et que nous choisissions ceux-là plutôt que les pantins bonimenteurs qui ne font que reproduire sans cesse les mêmes schémas. C’est un choix politique majeur, une métamorphose qu’il faut faire ; c’est un choix qui nous appartient. Le nouvel an est une période propice aux bonnes résolutions, profitons-en pour commencer à réduire progressivement nos consommations et faire des choix collectifs qui épargnent nos enfants et petits enfants plutôt que les contraindre à des lendemains peu souriants. Bonne année ! Publié le 6 janvier 2009.

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;='>9 :9 >9:;39 . L’archipel corallien des Tuvalu, au centre de l’Océan Pacifique, compte 11 000 habitants. Ce bout du monde a été très médiatisé du fait de son altitude… à cinq mètres, ce qui rend les îles vulnérables à l’élévation du niveau de la mer, du fait du réchauffement climatique. Ce handicap a déterminé une partie de la population à émigrer vers la Nouvelle-Zélande. Voilà bien une « maquette » de ce qui nous attend à plus grande échelle. Certes, chaque évènement climatique peut trouver un précédent, même lointain. Mais la multiplication de ces évènements semble bien aller dans le sens des prévisions alarmistes du GIEC. Ainsi, après la sécheresse extrême de la fin 2006 en Australie, on a connu en 2007 : - De mai à juillet, l’Angleterre et le Pays de Galles ont reçu les plus fortes précipitations jamais enregistrées ; au sud de l’Europe, la canicule a fait les ravages que l’on sait ; une mousson cataclysmique a ravagé le sous-continent indien ; le Soudan a subi des crues et l’Afrique du Sud des chutes de neige record ; les Etats-Unis ont connu à la fois inondations et sécheresse. - En juin, le sultanat d’Oman, en Asie, a connu le premier cyclone de son histoire. - En juillet, vague de froid au sud de l’Amérique latine. - En août, crues catastrophiques en Corée du Nord. - En septembre, pluies torrentielles sur la bande sahélienne en Afrique ; cyclone désastreux sur le Bengladesh. Si la France a été épargnée, le sud a néanmoins souffert de précipitations estivales moitié moindre que les moyennes, tandis que le nord subissait des pluies trois à quatre fois supérieures à ces moyennes… Les Français, plus monarchiques que jamais, schizophrènes en diable, attendent des mesures autoritaires, … pourvu qu’elles ne les concernent pas. Pourtant, c’est tout de suite que des mesures s’imposent face à ces risques. Pour contribuer au ralentissement du réchauffement climatique, il faut réduire de 14

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